Bio-anthropologie de la sexualité – Homosexualité et Hédonisme féminin –

Extraits

D’une part :

 « A) La copulation avec les individus du même sexe est un phénomène universel

   Si l’on s’accorde avec le principe d’Epicure sur la définition de l’essence du vivant, selon lequel tout vivant, quel qu’il soit, recherche comme par nécessité, le plaisir et fuit, comme par nécessité, tout ce qui est source de douleur, alors peu importe la forme par laquelle il obtient ce plaisir. Dès lors, ce qui compte et qui est premier, c’est le fait d’atteindre une forme de bonheur puisque celui-ci est synonyme de plaisir ou absence de douleur. Epicure précise bien ce phénomène propre à l’être humain, voire au vivant, en général : le bonheur et/ou plaisir « est au principe de nos choix et refus, il est le terme auquel nous atteignons chaque fois que nous décidons quelque chose, avec, comme critère du bien, notre sensibilité. Précisément parce qu’il est le bien premier, épousant notre nature {…} Tout plaisir est en tant que tel un bien… »[1] En cette vie, que nous avons en partage, chacun recherche donc le bonheur/plaisir qui est conforme à sa propre nature sans que personne n’ait à en juger. Il est d’office disqualifié parce qu’il est étranger à la personne d’autrui qu’il s’octroie injustement le droit de juger.

       Si, donc, il y a chez le vivant, en général et, particulièrement chez l’espèce humaine, ce que Maurice T. Maschino appelle « le terrorisme de la jouissance »[2], on conçoit mal qu’au nom de la morale, religieuse notamment, dans le champ de la culture où l’on prétend nier les réalités biochimiques, on veuille juger les comportements sexuels en vertu de leur conformité supposée ou non à la nature. Tel semble être l’anathème qui frappe l’homosexualité comme genre de recherche de plaisir. Sur ce point, de nos jours, les interprétations biologiques, censées accorder les esprits compétents et éclairés dans ces matières varient considérablement en fonction de l’idéologie, de l’éthique religieuse et de la posture intellectuelle des auteurs ».

D’autre part :

« Le sens de l’analyse présente pourrait être mieux compris si l’on saisit la portée de la vocation naturelle du féminin telle que Sade l’attribue à son essence. Selon lui, la femme n’est pas naturellement destinée à devenir l’objet d’une appropriation masculine dans le cadre de la monogamie. Car celle-ci n’est rien d’autre qu’une convention instituée arbitrairement par le masculin en vue de s’accaparer la vie, le corps d’une épouse contrainte à la fidélité sexuelle dans l’intention de s’assurer la paternité de sa procréation avec elle ; fidélité à laquelle il s’empresse de manquer en sortant du lit de la nuit de noces. Aussi, dans le cadre de sa philosophie qui prône la libre jouissance sexuelle féminine et masculine comme conformité à la nature, Sade invite le féminin à se libérer du joug du masculin par le refus du mariage monogamique, voire l’attachement amoureux toujours aliénant pour la femme. C’est en ce sens qu’il exhorte les femmes en ces termes : « O filles voluptueuses livrez-nous donc vos corps tant que vous le pourrez ! Foutez, divertissez vous, voilà l’essentiel ; mais fuyez avec soin l’amour… Les femmes ne sont pas faites pour un seul homme : c’est pour tous que les créées la nature. N’écoutant que cette voix sacrée, qu’elles se livrent indifféremment à tous qui veulent d’elles… jamais amantes, fuyant l’amour, adorant le plaisir, ce ne sont plus que des roses qu’elles trouveront dans la carrière de la vie ; ce seront plus que des fleurs qu’elles prodigueront ! »[1993 : 104-105].Une telle thèse, en apparence excessive, s’explique par le fait que le corps de la femme est, dans toute sa dimension, un nœud profond de plaisirs abyssaux. Cette donnée de sa réalité spécifique l’incline à ne pouvoir se contenter de peu ; à moins de la contraindre par des artifices moraux ou psychologiques de conditionnement total à demeurer coite dans les bornes de sa nature sylvestre. En effet, la femme a l’unique apanage, d’avoir, en sa seule nature, trois pertuis de son être holiste ; d’autant plus qu’elle peut transformer chacun d’eux en une source inouïe de plaisirs intenses… »

  [1] Lettre à Ménécée (Hachette, Paris, 1999, p. 11) [2] Ils ne pensent qu’à ça ? (Calmann-Lévy, Paris, 1998) Acheter les ouvrages sur le site amazon.

Bio-Anthropologie de la sexualité - Fiche de présentation   Bio-Anthropologie de la sexualité - Fiche de présentation2

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