De la sublime beauté du silence. Première Partie – Ce que le silence n’est pas : les paradoxes de la solitude, éternel masque de l’existence humaine

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Signe du  silence profond de la solitude existentielle ?

Introduction

     Chacun des êtres humains peut faire le constat suivant : il est évident qu’il naît seul, même dans le cas des vrais jumeaux ou des faux jumeaux. En effet, l’un émerge du sein maternel après l’autre, hormis les anomalies biologiques comme les triplés, les quadruplés, les quintuplés ou les sextuplés. Et tout au long de son existence, il vit seul, même dans l’expérience de l’amour. En celle-ci, le couple est présent à soi-même pendant les préliminaires marqués par les caresses mutuelles. Mais, comme nous le verrons dans les analyses faites à ce sujet par des hommes de lettres ou encore des philosophes, dans l’orgasme, chacun des conjoints ou des partenaires sexuels est, de fait, prisonnier de l’empire de son corps, de la plénitude et de l’intensité de celui-ci. C’est l’instant de l’éclipse du lien avec l’autre. Les prolongements du coït font durer cette éclipse. En ce sens, on peut définir la solitude comme l’état d’une personne qui est isolée psychologiquement ou physiquement. La solitude est l’éclipse des liens tangibles avec autrui.
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Deuxième Partie : Le temps existe-t-il ou bien n’est-il qu’une fiction et/ou structure de notre esprit ?

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Le temps serait-il une invention mathématique ?

Introduction

   Le sens commun emploie souvent le terme d’existence comme un synonyme de « vie ». Par exemple, il arrive que nous nous plaignons que « notre existence n’est pas une vie » en vertu de nos problèmes existentiels spécifiques, parfois de notre mal-être. Or, la philosophie autant que les sciences du vivant montrent bien que tout ce qui existe n’est pas « vivant » ; du moins, si l’on entend par là le fait que tout vivant est destiné à mourir. D’un meuble, d’un théorème comme celui de Pythagore, on peut dire qu’ils sont, mais que l’être humain seul existe. « Exister », au se­ns large, ce n’est donc pas seulement être en vie, mais se projeter, s’autodéterminer.

   De même qu’ils ne semblent pas être « en vie », un certain nombre d’êtres que le sens commun dit « exister » sont également soustraits aux effets destructeurs du temps. A titre d’exemple, le Dieu de la Bible est représenté comme « l’Éternel» ; on peut tout aussi bien reconnaître qu’une démonstration mathématique ou une loi physique paraissent bien être des vérités « éternelles », elles aussi. Sans doute, avant qu’une intelligence humaine ne la perçoive intuitivement et ne la formule par après, d’une cer­taine façon elles étaient « vraies ». De ce point de vue, elles ne cesseront pas à l’avenir d’être vraies, quand bien même la postérité finit par les oublier. Doit-on, pour autant affirmer que ces vérités sont hors du temps ? Sont-elles affranchies du temps ?

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De l’Amour comme enchantement du Verbe et de ses illusions

Introduction au désir de comprendre les faits humains, objet de ce site Internet

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    Dans l’approche et le désir de comprendre les phénomènes humains, on peut admettre deux perspectives qui sont en même temps deux niveaux de la connaissance.
D’une part, il y a ce qu’il est convenu d’appeler la vulgarisation ou le sens commun de la culture. Cette culture commune, mis à part tout jugement de valeur, est ce que nous avons tous, et d’emblée, en partage en raison de notre longue période de vie passée dans l’enfance. Nous nous mouvons donc dans des idées répandues par et à travers les sociétés et leur niveau culturel ; et même à travers les individus et les différentes occurrences que chacun de nous peut connaître au cours de sa vie depuis l’école primaire en passant par le collège, le lycée jusqu’à l’université. Et si nous n’avons pas assez de force pour nous libérer de la tutelle ou de l’influence de nos formateurs, ces préjugés dominent notre conscience, en s’y installant comme à demeure. Pire, ils nous font voir autrui à travers leurs prismes déformants que nous considérons comme nos propres pensées, alors qu’il n’en est rien. Nous saisissons au vol ces données de la vie courante, nous nous en approprions sans nous interroger sur la validité, la justesse, la solidité de ces idées communes.
C’est en raison du caractère commun et imprécis de ces savoirs que Descartes a entrepris, dans son Discours de la méthode, de les révoquer en doute pour aller chercher ce qui le constitue lui en tant que personne humaine singulière, authentique, et non pas le simple produit d’une culture, d’une famille, d’un milieu social etc. Etre cartésien consiste aussi à effectuer individuellement une telle démarche pour prendre possession de soi, comme lui-même l’a fait avec élégance. C’est aussi au sujet de cette culture commune aliénante et non fondée que Spinoza parle de connaissances « par-ouï-dire » (Ethique). En effet, les connaissances du premier genre correspondent à la perception sensible dont chacun de nous fait l’expérience au cours de sa vie (je vois, j’entends, je ressens), aux opinions courantes ou connaissances acquises par « ouï-dire », comme le reconnaît Spinoza. C’est le domaine de l’expérience sensible et irréfléchie. Ces connaissances sont partielles et douteuses car nos sens nous trompent souvent, les opinions sont diverses et contradictoires, et l’expérience de la vie est relative à chacun de nous.
D’ailleurs, avant Spinoza, Platon avait montré, dans son Protagoras, le caractère inconsistant des savoirs sensibles et l’erreur des Sophistes, qu’il a dénoncée avec vigueur, consiste à se fonder sur une telle expérience commune pour affirmer que « L’homme est la mesure de toute chose ». La vérité est donc relative à la perception de chaque individu ; et ceci de manière irréfutable. Ainsi, en matière de nourriture, ce qui est bon pour moi peut être amer pour toi. Lire la suite

De l’impossibilité du bonheur humain et du « réalisme » philosophique

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Introduction 

   Le bonheur, de par sa définition étymologique même, est un leurre. En effet, si l’on s’attache à son étymologie, on s’aperçoit qu’il est lié au hasard, à la chance. Bonheur, sous cet angle, signifie « bon heur » du latin bonum augurum ou quelque chose qui annonce ou présage un événement favorable. Le bonheur, même si on consent à le définir comme un état de satisfaction suprême, qui dépasse le plaisir résultant de la simple possession des objets désirés, il est ce qui nous advient, ce qui nous échoit. Et quand bien même il est indépendant de mon désir, de ma volonté, il n’en demeure pas moins qu’il se présente comme une fin universelle. En effet, le bonheur est recherché par tout le monde car tous les hommes, sans exception, désirent être heureux. Mais peut-on jamais être heureux au regard des scories de la vie qui troublent continûment notre existence, notre sérénité ? En ce sens, tout indique, au fond, que c’est l’homme lui-même qui est inaccessible au bonheur. Certes, toute circonstance de la vie donnerait à chacun une chance de bonheur, à condition d’en être, hic et nunc, conscient et de savoir l’accueillir et le vivre pleinement.

    Une autre difficulté aporétique de cette notion réside dans le fait de lui donner un contenu spécifique. Car le bonheur, en fonction du mode d’être de chacun de nous, véhicule des représentations différentes, des choix divers et variés comme si chacun avait le sien et que les formes de bonheur des autres ne s’accorderaient pas avec le nôtre : son sens est relatif aux modes de vie et même aux préférences sexuelles. En outre, parfois, au moment précis où il nous est donné de connaître une figure de bonheur, nous n’en sommes pas nécessairement conscients et nous ne sommes capables de reconnaître notre bonheur qu’après coup. Mon bonheur, dans ce cas de figure, apparaît comme une idée fugace, parfois frivole, donc insaisissable. D’où une forme de frustration existentielle. Au fond, le bonheur figure parmi ces notions absurdes que l’espèce humaine a inventées pour s’infliger une souffrance métaphysique dès lors qu’il s’agit de quelque chose de réellement impossible comme le prouvent les propos acerbes de ces passages de l’un des livres de Martin Winckler.

I- Le désastre de la vie humaine et sa souffrance rédhibitoire

« Dans un vieux cahier

     La vie à deux, le plus souvent, ce n’est pas une vie de couple, mais une vie de coups, une vie de cons. J’ai vu tant de couples mal assortis, à la fois haineux et complaisants, pour lesquels le seul enjeu était le pouvoir – imposer la couleur du canapé et le carrelage de la salle de bains, choisir le nom des enfants et la façon de les habille, refuser le plaisir au nom du devoir ; voler des plaisirs au nom de la liberté individuelle, rejeter le désir de l’autre pour justifier ses propres frustrations, le laisser baiser à droite et à gauche pour ensuite, avec magnanimité et compréhension, mieux l’enchaîner en lui pardonnant.

   Dans la mythologie commune, vivre en couple, se marier, avoir des enfants, c’est « créer la vraie famille dont on a rêvé et qu’on n’a jamais eue ». En réalité, c’est surtout reproduire la mauvaise famille dont on est issu, restaurer en plus caricatural la foutue famille sur laquelle on a craché jadis, donner un semblant de légitimité à une association équivoque, de circonstance ou de convenance.

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Qu’est-ce que Le mal ?

« Vendredi 13 novembre, 21h 20, LA TERREUR A PARIS »

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« Au Bataclan, « du sang partout, des cadavres»

Au moins 80 personnes ont été tuées dans cette salle de spectacle du 11e arrondissement de la capital.

Dans les premières secondes, les spectateurs croient à une pétarade accidentelle. « J’ai pensé qu’une enceinte avait explosé, puis les lumières se sont allumées. Les tireurs que j’ai vus avaient le visage dissimulé par des capuches et des écharpes », raconte Benoît. Il se trouvait près d’une des sorties de la salle et a réussi à s’échapper avec son amie.

A l’intérieur, la panique gagne la foule. Les gens se jettent au sol. « J’étais allongé dans la fosse, la fille à côté de moi est morte. Ils ont beaucoup tiré…

A l’intérieur de la salle de spectacle, les otages vivent un cauchemar. Les assaillants ont achevé les blessés au sol. « J’avais un morceau de chair sur moi, il y avait du sang partout, des cadavres », raconte un jeune homme, l’air hagard, des traces de sang séché sur son pantalon beige. Il fixe le parquet du bar dans lequel il s’est réfugié. Il assistait au concert avec son père, mais ignore à présent où se trouve ce dernier. « Peut-être avec les pompiers, peut-être mort ». Quand la fusillade commence, père et fils sont dans la fosse, près des barrières, à quelques mètres de la scène. Certains de leurs voisins tombent sous les balles. Tous sont à terre, les membres paralysés par la peur, corps contre corps, vivants contre morts … Dans les poches, les téléphones vibrent. L’attente dure presque deux heures, jusqu’à l’assaut{…}.

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TRIBUNE LIBRE : l’Etat, Baal ou le dieu cannibale

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    Dans le fracas des événements de notre monde contemporain, l’urgence des faits inessentiels si complaisamment traités par les médias qu’ils aliènent, à notre insu, notre esprit critique, nous n’avons plus la nécessaire disponibilité de nous mettre en retrait pour comprendre la nature effective des choses. Nous sommes tellement pris au quotidien, dans le maelström de diverses informations en provenance de tous lieux de notre commune terre, dite mondialisée, que nous tombons aisément dans les fers de la prégnance de l’événement, la force de ce qui se passe ici maintenant, et qui se donne à entendre comme dévoilement des phénomènes. Or, il n’en est rien : au lieu d’éclairer les esprits pour les rendre plus vigilants, cette masse informe de notre monde présent génère l’ignorance crasse. Celle-ci se distille insidieusement, subrepticement dans les esprits en raison des savoirs à peu près qui est son essence même, car elle n’instruit pas, elle embrouille.

    Ainsi, l’embrouillamini des faits quotidiens annihile la prise de distance nécessaire pour réfléchir et tâcher de comprendre comment notre monde est tel qu’il est aujourd’hui ; en l’occurrence, un monde tragique pour la vie des peuples, seule et permanente réalité humaine, et pour les risques que les élites politiques contemporaines des pays démocratiques ou non font courir à notre devenir commun. En ce sens, il importe de savoir décrypter le mensonge des politiques, comprendre le sens de leurs actions présentes par un recours au passé récurrent pour analyser la nature des faits qui expliquent ceux d’aujourd’hui. C’est ce que je tente de mettre en exergue dans cette tribune libre à propos des agissements dans le monde de la plus grande puissance planétaire, en l’occurrence, les Etats-Unis, en accord avec la soi-disant communauté internationale, laquelle n’est telle que par le simple vocable.

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De la difficulté d’enseigner la philosophie en Terminale

    Quelques interrogations d’un professeur de philosophie en classes Terminales générales

1- Enseigner en terminale est une tâche éminemment difficile et délicate

     Comment m’exprimer ici en des termes simples ? Je crains de ne pouvoir le faire, eu égard à la nature même de l’objet en question. Qu’on me pardonne pour mon langage particulier sur une matière singulière et tout à la fois complexe. La Philosophie est, en effet, singulière pour les raisons suivantes.

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