De l’Humanité une et de ses diverses visions du monde sui generis

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Extrait de Pierre Bamony : Des pouvoirs réels du sorcier africain-Forces surnaturelles et autorités sociopolitiques chez les Lyéla du Burkina Faso- (Editions L’Harmattan, coll. « Etudes africaines », Paris septembre 2009)
Pierre Bamony : Of the real powers of African sorcerers. Natural forces and sociopolitical authorities among the Lyela in Burkina Faso

De l’Humanité une et de ses diverses visions du monde sui generis

Présentation en français et en anglais

   L’esprit du monde contemporain, qui fait de la croyance aux phénomènes matériels son seul credo, est devenu une nouvelle religion, une espèce de confession dont l’irrationalité dépasse, du moins, égale l’obscurantisme des temps anciens. Cette foi dans la machinerie matérielle, reconnu comme le critère de toute rationalité, oublie que la conception rationnelle des choses n’est pas capable, dans l’absolu, de nier l’esprit. Mais son combat contre cette dimension de l’homme confine, de nos jours, à une inclination sentimentale, pseudo-sicientifique même qui exerce une suprématie souveraine sur les intelligences les plus faibles en les entraînant dans toutes les formes d’adhésion.
Mais, a-t-on fini de découvrir les secrets enfermés dans les méandres de l’âme humaine ? Et si la véritable explication de l’opacité de la matière gisait dans la complexion de l’homme lui-même ? Comprendre comment fonctionne l’énergie qui compose la structure de la matière et de l’esprit, sous une autre modalité que les seules ratiocinations matérialistes, n’est-ce pas faire un pas en direction d’une intelligence différente de notre mystérieuse nature, par-delà les préjugés dangereux des savoirs positifs et les a priori des cultures ? Tels sont quelques enjeux que ces investigations anthropologiques s’emploient à dévoiler chez les Lyéla du Bukina Faso en montrant une autre perception des phénomènes.
Selon leur conception de la réalité humaine, les frontières qui séparent les règnes de la nature (matière/esprit) sont souples et peuvent être franchies par des moyens « surnaturels ». L’inorganique est vivant parce que tout est Pan-vie. Les fluides de la parole, alliés à la puissance psychique, deviennent un tissu de significations inépuisables. L’objet de la puissance est, dans ce contexte socioculturel, l’action par laquelle un sujet humain est capable d’user des pouvoirs de son esprit, en soi incommensurables, pour transformer une force physique en une puissance invisible ; en somme, pour accéder aux métamorphoses de la désintégration de l’union de l’âme et du corps. L’on peut ainsi dénouer les rets de l’existence par l’appréhension de la dimension profonde de l’être humain qu’est l’énergie psychique ou âme, là même où se tiennent les secrets de la vie et de la mort de tout un chacun. Lire la suite

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Eléments d’analyse de l’anthropologie quantique

            L’anthropologie quantique (celle-ci est, pour nous, la science qui pose que l’être humain est au centre de l’interaction de la matière et de ses multiples structures comme l’énergie. L’Homme est matière/esprit à l’état d’être d’Energie et aussi dans la dimension du continuum de l’Espace-Temps. Il est une composante essentielle de la Réalité ultime et de ses multiples dimensions) que nous avons initiée à travers nos recherches scientifiques depuis quelques décennies a pour ambition de dépasser le champ des savoirs construit par la raison aristotélo-cartésienne. Celle-ci nous a illusionné pendant très longtemps (environ 4000 ans) sur la solidité de ses savoirs constitués supposés traverser la muraille de la structure du monde de l’apparence et/ou des sens. Cette si longue illusion s’explique fort bien : la forme rigoureuse des constructions de la raison nous a naturellement inclinés à recevoir cette belle apparence, faite, pourtant, de répétitions continues, comme la Science même. Elle s’est imposée, bien sûr, comme la conformité même du savoir, malgré, parfois, ses contradictions insurmontables, ses limites immanentes, son dogmatisme et son intolérance à l’égard de toute autre forme de vision et de pensée des phénomènes. D’autant plus que, en matière des sciences de la matière (Astrophysique, physique, biologie etc.), nous avons oublié que les résultats partiels obtenus, voire le déchiffrement de quelques pans cachés de l’univers sont dus aux bonnes questions que nous posons à la nature et qui nous répond en conséquence.

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