Introduction – Les paradoxes de la technoscience

Une figure de l’art de décerveler l’intelligence des enfants
Dès le début du XXe siècle, l’on pensait que le progrès des sciences avait suffisamment éclairé les esprits en Occident. Or Alexis de Tocqueville écrivait, un siècle auparavant, avec raison, clairvoyance, voire avec prédiction et prescience ceci : « Car s’il y a des peuples qui se laissent arracher des mains la lumière, il y en a d’autres qui l’étouffent eux-mêmes sous leurs pieds »[1]. En fait, ce qu’exprime une telle thèse tient au fait suivant : d’une part, aucune branche humaine (Jaune, Noire, blanche, Cuivrée), dans sa totalité, ne peut atteindre un niveau optimum ou très élevé des savoirs qui éclairent l’intelligence humaine. D’autant plus que les individus sont conditionnés, au niveau des structures élémentaires de leur conscience, en raison de situations très diverses. Ce peut être la paresse inhérente à la nature humaine (homo piger) qui les éloigne du courage et/ou de la volonté de s’élever au-dessus des autres par un niveau supérieur des études dans les divers domaines des savoirs universitaires. Il s’agit aussi de situations d’existence difficiles qui empêchent un grand nombre d’accéder aux lumières de l’esprit par leurs propres efforts.
D’autre part, aucun peuple d’hier ni d’aujourd’hui, quelque glorieux qu’il ait été ou qu’il soit ne demeure jamais éternellement à son niveau culturel savant le plus magistral. Des facteurs de déclin immanents au devenir des civilisations humaines conduisent, comme par nécessité, à jeter des ombres sur leur lumière ; voire à générer le trouble, les désordres dans leur modalité d’existence glorieuse. S’agit-il d’une « loi » naturelle liée au fait même d’exister du genre humain ? Même si l’Occident avec l’ensemble de ses peuples, en tant qu’entité géographique, semblait suffisamment éclairé par l’expansion des sciences (des penseurs parlent même de post-modernité ou d’hypermodernité, comme si le genre humain avait brusquement changé qualitativement de nos jours – en réalité, pour le moment, il n’en est rien -), il n’en demeure pas moins que l’on délaisse de plus en plus la zone lumineuse (l’heureuse influence de la Philosophie, Mère des sciences) pour courir après la partie ombreuse, ténébreuse. Il s’agit, d’abord, de la fascination pour les armes de destruction intensive, c’est-à-dire à la fois massive, généralisée et profonde. Ensuite, de la cécité par rapport au triomphe absolu et insidieux des outils technologiques sur l’intelligence humaine, elle-même source de tous les progrès.
C’est, sans doute, ce qui explique l’état présent de notre monde, qui court à sa perte dans tous les sens des mirages de la clinquante quincaillerie des armes les plus dangereuses, sans conteste pour la vie de tous les vivants de la Terre, Mère de tous les êtres qui se meuvent à sa surface. En effet, ces armes sont les plus nucléarisées possibles ! Et quelque fou, parmi les tyrans du monde contemporain, ne manquerait, quelque jour prochain, d’en faire usage en obligeant les autres grandes puissances militaires nucléarisées d’agir de la même manière pour se protéger. Et telle serait l’une des figures de la fin des mondes humains annoncée depuis des millénaires par toutes les religions révélées de la planète terre.
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