
I- La guerre des sexes et le plus grand mensonge de tous les temps.
Platon : La République (Livre V)
« Si donc il apparaît que les deux sexes diffèrent entre eux pour ce qui est de leur aptitude à exercer certain art ou certaine fonction, nous dirons qu’il faut assigner cet art ou cette fonction à l’un ou à l’autre ; mais si la différence consiste seulement en ce que la femelle enfante et le mâle engendre, nous n’admettrons pas pour cela comme démontré que la femme diffère de l’homme sous le rapport qui nous occupe, et nous continuerons à penser que les gardiens et leurs femmes doivent remplir les mêmes emplois…
« Il n’est aucun emploi concernant l’administration de la cité qui appartienne à la femme en tant que femme, ou à l’homme en tant qu’homme ; au contraire les aptitudes naturelles sont également réparties entre les deux sexes, et il est conforme à la nature que la femme, aussi bien que l’homme, participe à tous les emplois, encore qu’en tous elle soit plus faible que l’homme.
« Donc la femme et l’homme ont même nature sous le rapport de leur aptitude à garder la cité… » (Platon : République , Garnier Flammarion, Paris, 1966, p.p.209-210)
L’identification génétique des individus et, surtout des sexes se contente d’établir une différence spécifique suivant l’ordre de la nature. Pourtant, elle est devenue la source de toutes les misères parmi l’espèce humaine. La pire d’entre elles réside en la simple distinction du masculin et du féminin ; ce qui, en réalité n’est qu’une forme apparente de reconnaissance de soi, comme la science l’établit à juste titre. En effet, la nature, en générant deux sexes différents pour la perpétuation de certaines espèces vivantes a, pour ainsi dire, établi deux dimensions de réalités absolument antagonistes, suivant l’affirmation de Bryan Sikhes : « Comme toutes les autres espèces sexuées, nous sommes irréversiblement divisés en mâles et femelles. Notre identité commence toujours par cette définition… en tant que « lui » ou « elle ». Notre sexe, notre genre, est le préalable à toute description de ce que nous sommes et fixe presque tous les aspects de notre comportement depuis le berceau jusqu’au tombeau. La création de deux sexes a bien pu mettre un terme à une ancienne guerre, mais ce fut pour la remplacer par une guerre d’extermination réciproque durable[1], et c’est sur ce champ de bataille avec les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, que nous passons notre vie entière, comme nos ancêtres, avant nous[2] ». Cette identification sexuelle implique une différence et celle-ci n’est pas synonyme de jugement de valeur comme être grand ou petit, gros ou maigre, en termes de supérieur ou d’inférieur. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer l’infinie diversité de la nature elle-même : parmi les couleurs, on distingue des vertes, des rouges, des roses, des mauves, des bleus, des blanches, des oranges etc. ; la végétation compte une infinité de variétés de grandes espèces d’arbres, des arbustes, et il en est de même chez les animaux. La nature ne qualifie pas l’éléphant de supérieur ou d’inférieur à la baleine, au crabe, à la truite, au ver de terre, à l’amibe ou encore au lion ou à la lionne, au renard, à l’aigle etc. Elle prend seulement acte de leur diversité. Cette dernière montre, au contraire, sa prodigalité, son infinie richesse comme si elle trouvait un immense contentement à se contempler dans le dissemblable et non dans le semblable.
Lire la suite



