De la discience et de la révélation de Diaboado Tankoano, prêtre-devin, relatives aux phénomènes de la sorcellerie en Afrique noire / Burkina Faso

Une figuration des forces du mal, visage du sorcier ?

Présentation

  L’esprit du monde contemporain, qui fait de la croyance aux phénomènes matériels son seul credo, est devenu une nouvelle religion, une espèce de confession dont l’irrationalité dépasse, du moins, égale l’obscurantisme des temps anciens. Cette foi dans la machinerie matérielle, reconnu comme le critère de toute rationalité, oublie que la conception rationnelle des choses n’est pas capable, dans l’absolu, de nier l’esprit. Mais son combat contre cette dimension de l’homme confine, de nos jours, à une inclination sentimentale, pseudo-scientifique même qui exerce une suprématie souveraine sur les intelligences les plus faibles en les entraînant dans toutes les formes d’adhésion.

    Mais, a-t-on fini de découvrir les secrets enfermés dans les méandres de l’âme humaine ? Et si la véritable explication de l’opacité de la matière gisait dans la complexion de l’homme lui-même ? Comprendre comment fonctionne l’énergie qui compose la structure de la matière et de l’esprit, sous une autre modalité que les seules ratiocinations matérialistes, n’est-ce pas faire un pas en direction d’une intelligence différente de notre mystérieuse nature, par-delà les préjugés dangereux des savoirs positifs et les a priori des cultures ? Tels sont quelques enjeux que ces investigations anthropologiques s’emploient à dévoiler chez les Lyéla du Burkina Faso en montrant une autre perception des phénomènes.

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SIGMUND FREUD (le roman  de ?) : Dévoilement par un psychanalyste de la grande escroquerie morale, intellectuelle et pseudo-scientifique du XXe siècle

                                     Par Jean-Pierre Friedman

Freud et sa mythification

« La psychanalyse ? Un problème qui se prend pour une solution » (Karl Kraus)

« Aucun homme n’est assez riche pour racheter son passé » (Oscar Wild)

I- NOTE DE L’ÉDITEUR

    Sigmund Freud est mort le 23 septembre 1939, à Londres où il s’était réfugié avec une partie de sa famille en juin 1938. Ses cendres y reposent dans un cratère grec. Il avait quatre vingt deux ans et souffrait depuis dix sept ans d’un cancer du maxillaire supérieur qui avait nécessité plusieurs pénibles opérations.

    Adolphe Hitler qui avait besoin d’humaniser son image avait consenti à laisser partir le plus illustre des Juifs vivants,, moyennant caution cependant, sous la pression d’intellectuels du monde entier et surtout l’intervention de l’ambassadeur des États-Unis William Bullitt, un vieil ami de Freud. Ses quatre soeurs, âgées à l’époque de plus de soixante quinze ans, n’ont pas eu cette chance puisqu’elles sont mortes en déportation en 1942, les unes à Theresienstadt, les autres à Auschwitz. Les temps avaient changé. Hitler avait baissé le masque. Le reste de la famille s’était heureusement déjà mis à l’abri.

   J’ai trouvé le présent manuscrit dans le coffre de mon père après sa mort en 2002. L’écriture en était presqu’illisible. Il a fallu plusieurs semaines d’un travail difficile pour arriver à le déchiffrer et le transcrire. Son contenu était tellement surprenant que j’ai tout d’abord douté de son authenticité. Mais les experts auxquels je l’ai soumis, ont été formels. Il s’agit bien, même altéré par l’âge et la maladie, de l’écriture de Sigmund Freud dont on possède de nombreux échantillons et même des originaux dans les Archives Freud conservées à Londres et à New-York. Les chapitres sont de longueurs inégales, le plus souvent brefs, comme s’ils avaient été plutôt déterminés par l’état du scripteur que par un souci de cohérence. Peut-être pour les mêmes raisons on n’y trouve pas de construction logique. Il semblerait que le vieil homme ait laissé vagabonder sa pensée au grès de ses humeurs.

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Le cas de l’homme noir en l’Humanité : Entretien avec Marie-Thérèse Taqui, écrivaine

Barack Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique, figure contemporaine de la réussite d’une individualité noire dans le monde

De la réussite d’individualités africaines dans l’Europe du plein esclavage du XVII au XIXe siècle. Quelques exemples typiques dont celui du philosophe allemand d’origine africaine Antoine Guillaume Amo

Introduction

      L’histoire ne retient que des aspects particuliers et partiels des faits humains en tant que ceux-ci répondent aux attentes des politiques ou à l’intérêt d’un peuple – ce que, dans mes travaux politiques, j’ai appelé le « narcissisme des nations ». On comprend alors le sens de la critique de Georges Davy qui réfute l’histoire événementielle, laquelle laisse dans l’oubli la vie réelle des gens. Autrement, le sens commun, par l’enseignement de l’histoire à l’école, saurait que, à côté de l’Europe marchande d’esclaves, il y a eu la finesse et la beauté de l’intelligence d’une certaine intelligentsia européenne. Il saurait également que, malgré l’esclavage des Noirs, certains d’entre eux ont émergé des ténèbres à la lumière de la méritocratie sous ses diverses figures.

     Certaines de ces individualités ont essentiellement triomphé grâce notamment à la fraternité d’esprit, universelle et essentielle, de la Franc-maçonnerie. Car elle a su reconnaître la compétence de leurs frères noirs, les a accompagnés dans leur élévation, les a défendus même, en cas d’infortune. En ce sens, l’esprit fraternel franc-maçon fait penser à la manière dont Claude Bernard concevait l’« esprit philosophique » dans son Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, qui, non seulement nous permet de tout comprendre, mais même d’accéder à l’élévation de notre intelligence à l’Universel. Un tel esprit expliquait le triomphe de la philosophie stoïcienne au cours de l’apogée de l’empire romain au IIe et IIIe siècle après J-C.

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Question II – Y a-t-il des raisons qui empêchent qui empêchent les pays africains contemporains de se développer économiquement, c’est-à-dire de progresser à la manière du monde occidental comme l’Europe de l’Ouest, les Etats-Unis d’Amérique ou le Canada ?

Une figure africaine d’Erebos, puissance de la nuit et de la matière noire dans le monde physique

La réponse à cette question complexe, Madame Taqui, nécessite une longue analyse. Je vais insister sur 3 données fondamentales

1 – Le culte d’Erebos ou les forces de la nuit et du mal très répandu en Afrique noire : son refus du progrès et de la réussite des individualités noires

   D’abord, il y a une réalité singulière aux peuples noirs, comme l’avait reconnu de son vivant le maréchal Mobutu Sese Seko. C’est ce que rapporte Bernard Lugan dans son ouvrage Mythes et manipulations de l’histoire africaine. Un jour, cet ancien chef d’Etat du Zaïre avait dit ceci : « Les Blancs ne voient que l’Afrique du jour, la réalité, c’est l’Afrique de la nuit ». En effet, la vision des phénomènes physiques et para-physiques est perturbée par le culte d’Erobos. Je m’explique : ce qu’on a coutume de nommer la sorcellerie, spécifique aux peuples noirs, est le facteur culturel permanent, authentique et actuel, obsédant et omniprésent qui domine les esprits et les actions des gens. Ce faisant, il est le plus grand frein au changement heureux des réalités locales dès lors qu’il s’agit d’une donnée culturelle structurante des mentalités à la manière dont une religion révélée conditionne la vision culturelle du monde par l’empreinte des formes de croyance. J’ai longuement analysé ce phénomène unique chez les humains dans mon livre. Il fascine par les croyances multiples qui en résultent. « La force du mal », soit la réalité de la nuit, dérive de l’adoration triomphale d’Erebos. J’ai emprunté ce concept à Hésiode. Dans sa Théogonie, il est question d’une divinité primordiale et infernale née du Chaos ou Erebos qui personnifie les ténèbres, l’obscurité des Enfers.

    C’est pourquoi nul ne peut regarder le visage gorgonesque et nocturne de ce qu’on nomme couramment la sorcellerie en Afrique noire s’il n’est lui-même destiné à supporter cette énergie noire répandue dans le Cosmos, origine des forces de désordre, de dysharmonie et de catastrophe sociales. Pour ceux qui connaissent la théorie des Cordes, cette perception des phénomènes humains et non humains se comprend aisément. Puisqu’il y a des dimensions parallèles inhérentes au Réel originaire, qui sont habités par des entités physiques visibles et invisibles, tout se passe comme si, dans les ténèbres, tous les ordres de réalités se combinent d’une infinité de manières. Elles sont terrifiantes au sens où elles se manifestent de façon impitoyable et mortifère par rapport à la vie humaine.

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Question III – Suivant vos analyses, qu’est-ce qui pourrait permettre à l’Afrique noire de connaître d’heureuses mutations et de se développer, enfin,  comme les pays de l’Asie du Sud-Est ?

L’éducation de qualité est l’organon, par excellence, de changer la physionomie de l’Afrique noire en bien

Un jour, Nelson Mandela a dit ceci : «  L’éducation est l’arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le monde ».

     Partant de cette thèse, qui a été soutenue par ce grand homme à l’intention des peuples africains, il est clair que l’une des voies royales pour obtenir des mutations heureuses en Afrique noire, consiste en la création de pôles d’excellence en termes d’éducation. Or, il n’en est pas ainsi dans les pays africains subsahariens. En effet, les systèmes éducatifs, notamment francophones sont, aujourd’hui, dans un état de désastre avancé. Tout se passe comme si les dirigeants de ces Etats fragiles faisaient tout pour plonger leurs jeunesses dans les ténèbres de l’esprit et des lumières de l’intelligence rationnelle. Tout se passe comme si on refuse de créer des conditions optimales à tous les niveaux des cursus scolaires, primaires, secondaires, universitaires pour leur permettre d’éblouir le monde présent par leur intelligence propre. Au contraire, dans beaucoup de pays de l’Afrique noire, l’on se contente de former les jeunes gens au rabais autant dans le système scolaire public que dans celui du secteur privé en vue de les préparer à devenir des fonctionnaires ou de les occuper à des tâches qui tuent leur intelligence rationnelle ou qui annihilent son développement de la meilleure manière possible. Seul le privé confessionnel, qui est moins mercantile ou mercenaire, échappe aujourd’hui à ce jugement général en Afrique noire.

     Certes, en son temps, Félix Houphouët-Boigny avait-il perçu la nécessité d’une éducation de qualité comme fondement du développement économique et du progrès social de son pays, La Côte d’Ivoire, et de l’Afrique noire. A cet effet, il avait créé des Ecoles de qualité pour accueillir et les étudiants méritants ivoiriens et ceux des autres pays francophones subsahariens. Il avait eu la volonté d’éclairer les peuples africains par une éducation supérieure performante. Il avait mobilisé beaucoup de moyens financiers pour réaliser des établissements de qualité, entre autres, à Yamoussoukro. Hélas, il n’avait pas été suivi par ses concitoyens qui étaient alors plus préoccupés de vivre le mieux possible ici et maintenant. Donc, ils n’avaient pas compris le sens de ses ambitions pour son pays et pour l’Afrique noire.

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