
Une superbe figuration de la manifestation de la puissance de la volonté sous la conduite du cerveau humain
Introduction – De la nécessité de définir les mots pour les rendre intelligibles et pour accéder à une nouvelle vision des phénomènes humains et physiques –
Dans l’Avant-propos de notre Essai[1]…, nous avons commencé par clarifier une donnée fondamentale, qui se donner à comprendre comme l’une des figures de l’essence de la philosophie. Il s’agit de la clarification des concepts. C’est en ce sens que nous avons apporté quelques nuances à la formule élégante de Hegel : “C’est dans le mot que nous pensons”[2]. Cette thèse de Hegel, qui a donné lieu à une foisonnante production de commentaires philosophiques, est, en soi, erronée, voire ambiguë.
D’une part, l’usage courant du mot sert de moyen de communication ordinaire entre les Humains. Mais, très vite, l’habitude le fige dans des sens usuels et tellement particuliers qu’il devient obscur. Sur ce point, nul n’ignore le mépris de Platon par rapport à l’opinion (la doxa) dénuée de tout souci de rigueur et de précision dans l’usage des mots qui structurent ce bas niveau de la pensée imaginaire. Car toute conscience s’approprie le mot à sa manière, lui confère un sens propre suivant sa façon de s’en servir pour exprimer un sentiment si singulier qu’il finit par perdre sa signification universelle. Le mot[3] déchoit donc de son statut d’Organon de l’intelligibilité mutuelle et de la pensée universelle. En ce sens, on pourrait dire que le mot, suivant sa signification courante, sert seulement de piédestal à la Raison philosophique qui, seule, peut le hisser au rang d’entendement universel par le nécessaire travail de conceptualisation. Il convient alors de dire plutôt : c’est dans et par le mot que nous construisons le concept ; et c’est dans le concept que nous pensons. Seule la conceptualisation permet à l’intellection du particulier d’opérer des effractions dans l’univers du langage en ouvrant des visions indéfinies des phénomènes humains ou non. Tel est le sens de nos investigations présentes sur la volonté dont la signification et le fonctionnement ne pas sont si simples comme le croyaient ou le pensaient nos Maîtres. Or c’est une complexité en soi qui, pour être intelligible, exige de passer par le cerveau humain. Car c’est lui seul qui conditionne la pleine puissance de la volonté en nous.
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