Les gens du voyage, immigration de l’intérieur. Quelle insertion ? 

 

Le choix du voyage continu dans l’espace comme mode d’existence de certains peuples

Par Célia  TURREL : Dossier  Mémoire  du Diplôme d’État de conseillère en économie sociale Familial session 2009  en Avignon (84) 

Petite Introduction  histoire de comprendre

       Les gens du voyage ont une présence séculaire dans les régions Françaises. Et pour cette raison précise ils nourrissent de nombreuses histoires et apparaissent dans bien des légendes. Il semble bien souvent que leur mode de vie dérange. A la fois partie intégrante des paysages urbains et ruraux et relégués dans des espaces qui les soustraient à notre regard. 

       Les gens du voyage, ont un statut à part, au sein de la société puisqu’ils en sont partie intégrante mais n’en cultivent pas moins une culture distinctive.

       Pour cette raison, ils me semblaient un sujet d’étude particulièrement pertinent en ce qu’ils illustrent la rencontre interculturelle, les barrières à dépasser pour éviter de porter des jugements de valeur fondés sur le seul critère de «la différence ».  

       Je souhaitais comprendre les mécanismes en jeu dans cette différenciation et tenter de réfléchir sur l’existence et la pertinence des mécanismes d’insertion qui leurs sont proposés, afin de notamment de tenter de cerner la place d’une professionnelle de l’économie sociale Familiale en accompagnement auprès de cette population.   

       Il s’agissait aussi pour moi de tenter de comprendre à travers eux « Dans quelle mesure les gens du voyage représentent une immigration de l’intérieur ? »  

       J’ai eu l’occasion de noter chez certains des difficultés sociales permanentes causées tant par l’illettrisme que par des logiques de logiques relatives au statut particulier des gens du voyage. 

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DÉONTOLOGIE PROFESSIONNELLE

Agir par devoir, quels que soient les dangers encourus, est-ce raisonnable ?

I- Définition de la déontologie

  A- Sens général

     Le terme de « déontologie » dérive de la philosophie soit de  déon-ontos qui signifie étymologiquement la « science des devoirs ». Mais, notre époque contemporaine a limité cette notion philosophique au droit professionnel et l’a concrétisée dans une formulation des devoirs et des règles professionnelles. La déontologie relève à la fois de la morale et de l’éthique quotidienne liées à l’exercice d’une profession.

    C’est l’ordre des médecins qui a fait entrer la déontologie dans le droit positif, en se dotant d’un code de déontologie qui a été approuvé par le Conseil d’Etat en 1947 et qui est devenu un règlement d’administration publique. Ce code s’est élaboré, d’une part, dans le contexte d’une époque de grandes réflexions éthiques sur les limites de la science, notamment à cause des expériences nazie dans les camps d’extermination ; et d’autre part, en application de l’ordonnance du 24 septembre 1945. Mais le code est révisé périodiquement.

    Dès lors, en France, les professions organisées par des textes législatifs nationaux, ayant un conseil de l’ordre ou une organisation officielle reconnue, ont un code de déontologie respecté par les pouvoirs publics et qui s’impose à tous les membres de cette profession. Dès lors, il y a de nombreuses professions qui possèdent soit des règles déontologiques pour leur activité commune, soit leur propre code interne de déontologie. On observe même une extension de cette préoccupation, avec l’assentiment des pouvoirs publics. Par exemple, un décret du 18 février 1993 fixe les règles professionnelles relatives aux infirmières et infirmiers libéraux ou salariés Français, leur accordant ainsi une reconnaissance plus forte.

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Barack Obama, premier Président africain-américain des Etats-Unis d’Amérique : un exemple d’intelligence et de réussite pour tous les chefs d’Etats de l’Afrique-Première Partie

Barack Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique

A- Un enfant à la destinée incertaine

      L’éclatante réussite de Barack Obama aux Etats-Unis a fait oublier qu’il fut un enfant au destin tissé d’embûches. Au regard de la situation compliquée de sa mère, rien ne pouvait suggérer que cet enfant aurait pu devenir un jour le premier Président noir des Etats-Unis d’Amérique. Qu’on en juge par la brève analyse que j’en ferai dans cette annexe.

     Sa mère, Ann Dunham, anthropologue, jeune fille très engagée politiquement contre toutes les formes d’injustices humaines, féministe avérée défendant la liberté, le pouvoir d’autonomie des femmes dans le monde et singulièrement aux Etats-Unis, était révoltée contre le racisme exacerbé dans son pays. Originaire d’Hawaï où ses parents s’étaient installés après avoir quitté leur Kansas natal, elle rencontra un jeune étudiant kényan, Barack Obama Sr, à l’université d’Hawaï. Il y faisait des études d’économie et, plus tard, il les terminerait à Harvard. Ils se marièrent et de leur union naquit Barack Obama Jr à Hawaï. Son père, suite au divorce d’avec Ann Dunham, s’en retourna au Kenya en abandonnant son ex-femme et son fils.

Ann Dunham et son fils

       Pour autant, Ann Dunham n’avait pas manqué d’ambition quant à la réussite et au devenir de ses deux enfants, issus de pères différents et d’origine également. Malgré ses difficultés financières, mais avec le soutien de ses parents, elle put envoyer son fils à Punahou, la meilleure école privée d’Hawaï. Elle savait qu’en raison du racisme ambiant et féroce dans son pays, son fils ne pourrait, sans doute, accéder plus tard à aucune fonction officielle prestigieuse, comme ses camarades blancs, s’il ne faisait des études supérieures et prestigieuses. Il ne connaissait pas son père pour le comme prendre modèle, puisqu’il était reparti au Kenya où il travaillait pour le gouvernement de ce pays. Toutefois, quand il eut 10 ans, celui-ci revint à Honolulu pour leur rendre visite. Ce fut la seule et dernière fois qu’il le vit. Certes, Obama Sr entretint une correspondance avec son fils, mais qui dura seulement pendant quelque temps. Car ces liens s’arrêtèrent, sans doute, à la suite de son assassinat par les autorités politiques de son pays.  Plus tard, Obama prit conscience, mais de loin, des tensions tribales qui secouaient les peuples du pays de son père. Ces faits lui semblaient être une forme quasi permanente  des conflits entre des gens semblables par leur apparence physique ; c’est aussi une plaie géante en Afrique noire.

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Deuxième Partie. Barack Obama : Jeunesse, handicaps, recherche de sa voie et premiers pas vers la Présidence des Etats-Unis d’Amérique

Barack Obama, ses parents et son grand-père maternel

A- Origine modeste et engagement en faveur des personnes simples et modestes, sans oripeaux de quelque grandeur quelconque

   Contrairement à un grand nombre d’élites politiques dans le monde qui, même si elles sont issues de milieux très modestes, une fois parvenues au pouvoir, notamment exécutif, ne manquent de se prendre pour le nombril de l’univers, Barack Obama resta fidèle à ses origines de classes moyennes, voire humbles. A Harvard, il était entouré de camarades venant de la classe bourgeoise ou de l’aristocratie politique[1] blanche, déjà assurés du bel avenir qui les attendait. Ses grands-parents étaient de condition modeste[2], et sa mère, une intellectuelle sans moyens financiers optimaux. Malgré tout, ceux-ci, tout autant que sa mère, étaient contents de leur condition et de leur mode de vie. Aussi, par rapport à ses camarades de classe à Harvard, il s’est toujours senti différent d’eux. Même s’il entretenait des liens de qualité avec eux, il se conduisait suivant les données de sa classe socio-économique.

    Sa mère, Ann Dunham, en tant que femme engagée, avait des opinions très tranchées quant à l’injustice du monde, l’inégalité entre les Humains de par le monde, d’une part et, d’autre part, elle était aussi révoltée contre l’égoïsme d’un grand nombre d’individus. Aussi, elle ne manqua pas d’enseigner à son fils une sorte de philosophie de la vie pour lui permettre de prendre conscience de la force aveugle qui meut le monde humain. Elle souhaitait secrètement qu’il s’en inspire pour faire face, avec lucidité, aux réalités humaines brutales et cruelles le plus souvent. A propos de l’égoïsme des gens, elle lui fit un jour la réflexion suivante : « Tu sais, Barry, m’a-t-elle dit (c’était le surnom que  me donnaient mes grands-parents et, elle quand j’étais petit, souvent abrégé  en « Bar », mais prononcé « Bear »), il y a des gens dans la vie qui ne pensent qu’à eux. Ils se fichent de ce qui arrive aux autres, du moment qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent. Ils rabaissent les autres pour se sentir importants ». Mais elle ajouta, comme pour faire contrepoids aux comportements de cette catégorie de gens la réflexion suivante : « Et puis il y a des gens qui font l’inverse, qui sont capables de se mettre à la place des autres et qui veillent à ne jamais se comporter d’une façon qui pourrait leur faire du bien.

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Les principes de base de la réussite : Comment j’ai gagné mon premier million de Dollars et Comment vous pouvez faire de même

Marie T. Taqui : Comment j’ai gagné mon premier million ?

I – Introduction à la vision états-unienne du monde et des réalités humaines

   J’emploie le terme « états-unienne » à dessein. Car le nom « américain » manque de précision. En effet, le continent américain comprend, outre les Etats-Unis d’Amérique, l’Amérique du Sud et le Canada. Certes, quand on emploie le mot « américain » dans les écrits ou dans les conversations communes, voire quotidiennes, on pense qu’il s’agit seulement des habitants des Etats-Unis d’Amérique. Ceci est inexact, confus et imprécis puisqu’on occulte, ce faisant, les autres habitants de ce continent, en l’occurrence les Canadiens, les Américains du Centre ou du Sud.

  Ce terme d’américain étant précisé, venons-en à l’esprit états-unien. Or il semble qu’on ne peut comprendre le sens général et la problématique majeure de l’ouvrage de Marie T. Taqui (Comment j’ai gagné mon premier million de dollars), si on ignore ce qu’est l’esprit états-unien dans lequel  s’inscrivent la trame et l’enjeu majeur de son livre.

    D’abord, d’un point de vue philosophique, cet esprit, sous toutes ses dimensions, sa nature fondamentale et sa dynamique se comprend suivant la portée de la thèse de William James (1842-1910). Il s’agit du principe du « Pragmatisme ». Grâce à ce concept novateur en son temps, William James, philosophe et psychologue, est parvenu au statut de professeur à Harvard ; bien qu’il ne fut pas lui-même l’inventeur réel de ce concept, fondateur de la vision d’une société : celle des peuples des Etats-Unis d’Amérique. En fait, William en a été instruit et, par la suite, il le lui a emprunté et défendu farouchement jusqu’à son triomphe XXe siècle – par Charles S. Peirce (1839-1914. C’est bien le père fondateur de la doctrine du « Pragmatisme ». Les deux hommes s’étaient rencontrés à Cambridge (Massachusetts). Ensemble, ils participaient à un club de savants pour débattre des thématiques de la philosophie et des sciences. Ils y ont fait connaissance et s’étaient liés d’amitié. Or, si le fondateur du « Pragmatisme » fit preuve de prudence dans l’usage expansif et exclusif de ce concept – celui-ci est, certes, dynamique, mais il nie les autres aspects, les autres réalités de la personne humaine, comme le principe de la moralité, entre autres -, William James fut un propagandiste acharné et ardent, voire tout entier engagé dans la divulgation du pragmatisme aux Etats-Unis d’Amérique. Pendant qu’il triomphait, Charles S. Peirce s’était engagé dans d’autres champs des savoirs philosophiques, comme les recherches fondamentales à la limite, c’est-à-dire à la jonction de la logique, de la linguistique et de la philosophie. Ses travaux essentiels – il les fit en solitaire – ont donné lieu à une théorie générale des signes dont la sémiotique est issue au XXe siècle. Toutefois, il n’avait pas pu trouver de poste universitaire, contrairement à William James qui devint professeur de professeur de philosophie et psychologie à Harvard.

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