Introduction : Les voies de la connaissance du cerveau sont-elles impénétrables ?

L’attrait du cerveau humain pour la beauté serait-il le fruit du fonctionnement du neuromine ?
Les neurosciences exercent aujourd’hui une fascination insensée sur les gens, savants ou non. Cet émerveillement a particulièrement cours dans les études de médecine où l’on accorde un prestige singulier aux neurobiologistes, bref, au corps global des études qu’on appelle les neurosciences. Une telle considération tient au fait que l’exploration du vaste champ du cerveau est encore (ou toujours) inachevé, voire inconnu. Car cet organe sommital du genre humain est un immense réservoir de secrets dont la connaissance pourrait éclairer les êtres humains sur ce qu’ils sont eux-mêmes. Il s’agit du dévoilement sur des pans de la méconnaissance profonde des pouvoirs immenses et occultes, latents, mystérieux même de notre cerveau. De telles découvertes pourraient surhumaniser les êtres humains, leur permettre, par le truchement des recherches en technoscience, de réaliser effectivement certains des pouvoirs, entre autres, de « l’Homme augmenté » ; à moins de penser, comme beaucoup de savants sensés, qu’il s’agit, là, d’une mystification ou d’une imposture humaine de plus, voire d’un rêve insensé comme Icare de la mythologie grecque. Il est question précisément de lever le voile sur les méandres de la structure élémentaire inhérente aux plissements complexes des neurones ; ce qui confère à notre cerveau sa complexification inouïe. Car les tenants de ces théories pensent que les secrets de leur transcendance y gisent par-delà les limites indépassables de leur nature biologique.
Sur ce point (les rêveries du « Transhumanisme »), l’Anthropos a-t-il jamais cessé de rêver de devenir dieu ? Voire de détrôner les dieux en prenant leur place dans les cieux ? Ainsi et par ce truchement, il pourrait accéder au statut d’immortalité. Cet orgueil démesuré du genre humain est la source de l’ire des dieux contre lui. En effet, les mythologies constitutives de la trame de son histoire sont pleines de ces rêves extravagants de l’homme-dieu en ce sens que le statut de dieu est ce qui confère la qualité de l’immortalité par excellence. A titre d’exemple : dans le Banquet[1] de Platon, Aristophane rapporte le mythe des premiers Humains sur la terre sous la figure des Androgynes. Ils étaient à la fois masculins et féminins. Leur forme sphérique leur conférait une puissance exceptionnelle dans leur déplacement dans l’espace. En effet, en tant que telle, cette figure sphérique se mouvait par culbute, en roulant sur elle-même. Au regard de leur surpuissance par rapport à d’autres êtres vivants, l’ambition ou l’éternel sentiment d’orgueil des Humains – ce qui pourrait les perdre quelque jour prochain par leur extermination définitive du fait de leur propre volonté aveugle – donc la prétention de ces premiers êtres humains les amena à vouloir devenir égaux aux dieux en se lançant à l’ascension de leur demeure (les cieux) pour les combattre et, si possible, les supplanter. Alors, Zeus, le roi des dieux, les punit de leur témérité, non pas en les détruisant de la surface de la terre, mais en les affaiblissant. En effet, il coupa chacune de ces entités humaines en deux moitiés : l’une mâle, l’autre femelle. La raison sous-jacente – Platon est le premier philosophe à penser, sous l’angle de la raison, la norme des préférences sexuelles chez les êtres humains ; et, ainsi, combattre les préjugés à l’égard des homosexuel(les) – de cet acte divin tient au fait qu’une telle faiblesse a un avantage énorme pour les dieux. En les divisant, Zeus multiplie les occurrences des cultes que ces êtres humains rendraient aux dieux.
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