
La couleur de l’épiderme des membres du genre humain est indéfinissable. Elle est simplement SUBLIME !
Introduction – Comment on devient ce qu’on n’est pas : les effets de la culture sur l’idiosyncrasie de l’être humain
Pour comprendre comment la conscience du sujet humain, de manière générale, porte durablement, parfois définitivement, les empreintes de la culture où le hasard de la vie l’a fait naître, nous allons nous fonder sur un exemple précis et étayé. Nous suivrons, à cet effet, notre méthode d’investigation sur le cerveau humain en partant des effets pour remonter (aux) et tâcher de comprendre les causes des phénomènes culturels et de leur forte prégnance sur la conscience individuelle.
Le cas qui nous a intéressé dans cette perspective est celui d’Herman Lehmann, l’un des enfants d’un couple d’immigrants allemands. Ses parents s’installèrent sur le territoire texan en 1846. Selon J. Marvin Hunter, l’éditeur qui a recueilli son témoignage[1], il est né le 5 juin 1859. À l’âge de 11 onze ans, il a été capturé avec son frère Willie – celui-ci réussira à s’échapper, quelque temps plus tard, et à revenir en famille -, par un groupe d’Apaches. Il vivra pendant plusieurs années parmi ces derniers en tant que fils adoptif de Carnoviste, chef de cette communauté. Certes, en tant que fils de visages pâles, il sera soumis, de manière brutale, à trois données culturelles fondamentales de ce peuple qui figure parmi les « Premières Nations » de ce continent qu’on nomme l’Amérique.
I) Étude du cas Herman Lehmann chez les Apaches
D’abord, Herman Lehmann, en tant qu’étranger au groupe, les enfants de son âge et même certains adultes haineux des visages pâles, dont des femmes particulièrement méchantes, ont fait subir à celui-ci toutes sortes d’humiliation, d’agressions, de violences sans nombre ni la moindre commisération – ces peuples ignorent ce qu’est le sentiment de pitié autant envers les membres de leur propre communauté qu’à l’égard de l’étranger -. Puis, l’adaptation au régime alimentaire de la viande crue, la répugnance alimentaire qu’on éprouve la première fois quand on en mange, fut brutale, c’est-à-dire sans aucune préparation initiale. Du moins, c’est ce qu’il confie lui-même à J. Marvin Hunter : « Nous approchons d’un veau… Sur un regard de Carnoviste, je comprends immédiatement ce qu’il me demande : je dois essayer de m’emparer de l’animal. Je m’exécute et finis par y parvenir. Carnoviste saute alors de son cheval, le couteau à la main, tranche la gorge de la bête et plonge sa lame dans son estomac. Du lait en jaillit qu’il avale avec une délectation qui me soulève le cœur. Il me fait signe de boire, je lui fais comprendre que je n’en ai aucune envie, mais il se saisit de moi, me plonge le visage dans la panse de l’animal. Il arrache l’organe caoutchouteux, m’en frotte le visage, les yeux, le nez et les oreilles, me pince le nez pour me forcer à avaler cette mixture aigre. Impossible pour moi de la retenir. Je vomis. Carnoviste, le couteau à la main, découpe les rognons, le foie, m’ordonne de les manger, ils sont encore chauds. Je vomis à nouveau, rien ne peut rester dans mon estomac ! Mon bourreau trempe alors quelques morceaux de viande dans du sang frais. Je parviens à ingurgiter quelques-uns » (p.17).
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