Étude sur l’oeuvre de Gaston Bachelard : Fonction de l’imagination matérielle dans la rêverie poétique

Michèle Pichon, agrégée de philosophie

Conférence « Pavillon des Causeurs » 17/10/2017-Lyon

Repères biographiques

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* Naissance en 1884 à Bar-Sur-Aube d’une famille d’artisans cordonniers.
* 1903 à 1913: travail dans les Postes et Télégraphes à Remiremont puis à Paris. Période interrompue par le service militaire en 1906 et 1907.
* 1914: épouse une jeune institutrice de sa région natale. Mobilisation le 2 août dans les unités combattantes.
* 1919: Professeur de physique et de chimie au collège de Bar / Aube.
* 1920: Licence de philosophie. Mort de son épouse. Vivra avec sa petite fille, Suzanne.
* 1922: Agrégé de philosophie. Enseigne la philosophie à Bar / Aube tout en poursuivant son enseignement de sciences.
* 1927: doctorat de philosophie à la Sorbonne >>
Chargé de cours à la faculté de Dijon, professeur de philosophie de 1930 à 1940.
* 1940-1955: chaire d’histoire et de philosophie des sciences à la Sorbonne, directeur de l’Institut des sciences et des techniques.
* Mort en Octobre 1962.

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SENS DU NIHILISME EN PHILOSOPHIE ET DE SA TRANSCENDANCE CHEZ NIETZSCHE

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Le Rien est-il envisageable ? Pensable ? Imaginable ?

introduction

     Le nihilisme acquiert son sens moderne au XIXe siècle. Il aboutit à un ensemble de théories qui pensent le rien, le néant. Le mot est inventé par Jacobi, un philosophe allemand (1743-1819). Les théoriciens de cette doctrine sont les plus éminents sont allemands, en particulier, mais ses défenseurs et ceux qui vivent comme tel se reproduisant généralement dans toute l’Europe.


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Corps désirant, corps désiré, corps objet de plaisir supplicié par la religion chrétienne. Comment soigner les maux existentiels qui en résultent ?

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Grâce et splendeur d’un corps féminin

Introduction

     Si nous nous en tenons à la pensée du psychanalyste autrichien, disciple de Freud, en l’occurrence, Georg Groddeck, selon lequel nous n’avons pas à nous fonder sur le sentiment que nous avons de ce que nous appelons notre « moi » pour savoir qui nous sommes exactement. Car, dit-il « le Moi n’est absolument pas le Moi ; c’est une forme constamment changeante par laquelle se manifeste le ça et le sentiment du Moi est une ruse du ça pour désorienter l’être humain en ce qui concerne la connaissance de soi-même, lui faciliter les mensonges qu’il se fait à lui – même et faire de lui un instrument plus docile de la vie » (Le livre du ça, tel Gallimard, Paris 1973, p.299).

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Grossesse et adolescence Un risque ou une chance ? Une expérience institutionnelle

Marie-Joseph Bonnetain

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Humiliation publique du corps qui pèche hors mariage

Vous le savez sans doute, la vie est faite de rencontres singulières et dans un espace temps donné dont on ne mesure pas dans l’instant, qu’il aura des effets bien au-delà de ce que l’on peut imaginer !

   Alors, je vais tenter de faire un retour en arrière : le milieu des années 1980 à Lyon, rue de Gerland où j’ai eu le privilège de recruter Sylvie Bamony comme infirmière. Rencontre donc dans l’institution que je dirigeais depuis février 1980.

     C’est à partir de ce lieu là, un établissement d’accueil mères enfants, que je situerai mon propos, pour en venir à la question posée par le titre de mon intervention : « Grossesse et adolescence – Un risque ou une chance »
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Deuxième Partie. De la sublime beauté du silence : le choix du silence comme facteur de transfiguration heureuse de soi-même

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Se libérer de la ville pour aller contempler la beauté des cieux profonds

Introduction

     Nous avons montré précédemment les paradoxes de la solitude, à la fois comme phénomène psychologique et social, c’est-à-dire comme l’essence de l’être humain. Il est vrai qu’il y a une nuance entre la solitude et l’isolement et nous l’avons aussi déjà indiqué. À l’instar de l’ermite – nous y reviendrons longuement ci-dessous – l’isolement peut être considéré comme physique ou géographique. Car l’impression d’isolement est compatible avec la proximité physique. À titre d’exemple, un étranger découvrant pour la première fois une ville où il n’était jamais allé auparavant éprouve le sentiment lié au dépaysement, qui se traduit par une solitude intérieure ; et ceci malgré la forte densité de la population proche, état de la promiscuité. Cet étranger est isolé du reste des êtres humains, qu’il voit et qu’il se contente de côtoyer. Il y a comme un mur entre lui et ceux-ci. C’est ce que Laurent Mauvignier a bien montré dans son roman Dans la foule (Edit. de Minuit, Paris 2006). Dans un entretien au « Les Cahiers Forell-Formes et représentations en linguistique et littérature- », il revient sur le fait que nous ne pouvons point échapper à notre solitude, même dans une foule compacte. C’est en ce sens qu’il écrit : « Il se trouve que le cas particulier s’oppose à la multiplication des points de vue, à la masse, ou alors il faut faire de la foule, du nombre, une entité à part entière, et donc lui soustraire sa nature même, qui est d’être multiple et indiscernable. C’est donc une limite et un enjeu très fort, d’autant que le monde est de plus en plus le résultat de mouvements de masse… une masse, une foule, ce n’est jamais que 1 + 1 + 1 des milliers de fois, même si les statistiques, les chiffres, l’effet d’ensemble nous donnent à croire qu’il s’agit d’une nuée, d’un corps mobile en action, qui prendrait lui-même ses décisions, qu’il serait libre – et, de fait, souvent nous avons cette impression, par la puissance de la foule – , alors qu’à l’intérieur, si l’on change de focale, on ne voit que de petites unités humaines, notre unité de base. C’est donc ça qu’il faut regarder ».
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De la sublime beauté du silence. Première Partie – Ce que le silence n’est pas : les paradoxes de la solitude, éternel masque de l’existence humaine

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Signe du  silence profond de la solitude existentielle ?

Introduction

     Chacun des êtres humains peut faire le constat suivant : il est évident qu’il naît seul, même dans le cas des vrais jumeaux ou des faux jumeaux. En effet, l’un émerge du sein maternel après l’autre, hormis les anomalies biologiques comme les triplés, les quadruplés, les quintuplés ou les sextuplés. Et tout au long de son existence, il vit seul, même dans l’expérience de l’amour. En celle-ci, le couple est présent à soi-même pendant les préliminaires marqués par les caresses mutuelles. Mais, comme nous le verrons dans les analyses faites à ce sujet par des hommes de lettres ou encore des philosophes, dans l’orgasme, chacun des conjoints ou des partenaires sexuels est, de fait, prisonnier de l’empire de son corps, de la plénitude et de l’intensité de celui-ci. C’est l’instant de l’éclipse du lien avec l’autre. Les prolongements du coït font durer cette éclipse. En ce sens, on peut définir la solitude comme l’état d’une personne qui est isolée psychologiquement ou physiquement. La solitude est l’éclipse des liens tangibles avec autrui.
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Marie-Joseph Bonnetain L’adolescence au risque de la maternité : Un défi ou un appel

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« Le Forum » dans la Rome Antique était « la place où le peuple s’assemblait, il était le centre des Affaires Publiques et Privées ».

C’est ce que nous donne comme première indication le Grand Larousse Encyclopédique sur le terme de Forum.

Aujourd’hui donc, ce qui va être au Centre de nos débats, c’est un sujet à la fois public, mais qui touche aussi à l’espace privé, voire intime, puisque l’on y aborde le thème de la « Petite Enfance ». Impossible en effet de faire l’impasse, face à un tel sujet sur notre propre histoire d’enfant, ou/et de parent !

Impossible d’esquiver la grande question qui nous poursuit jusqu’au terme de nos jours, celle de se savoir l’enfant de tel père et de telle mère, avec toutes les empreintes, tous les marquages génétique, affectif, social, culturel, qui s’y rattachent !

Question encore plus grave et plus angoissante, lorsque l’on ignore qui sont nos parents, ou qu’un secret longtemps gardé à couvert d’un voile pudique, une histoire que l’on imagine honteuse, ou dans une perspective optimiste, romanesque !

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