
La vie humaine est comme la sérénité du lever du soleil ou vie-lumière
« … Certes, ces diverses obsessions de la mort, en raison du dévoilement de sa présence en ton être, à cause de la maladie, pouvaient, parfois, laisser penser que tu avais déjà pris congé de la vie. En réalité, il n’en était rien : la proximité de la mort t’avait conféré une conscience différente de celle du commun des gens, qui vivent en l’ignorant. Car tu aimais encore la vie et tu y étais viscéralement attaché. En effet, je fus surpris par la manière dont tu en étais venu à en parler. Jamais auparavant je ne t’avais encore entendu rendre un tel hommage à la vie. Et cette discussion d’un soir de printemps m’avait bien surpris. Etait-ce même une discussion ? C’était un long monologue dont je me contenterai de rapporter ici l’essentiel.
« La vie humaine, disais-tu, est comparable à la vue qui s’ouvre sur la lumière du monde ; ou plus exactement sur les merveilles de la terre. Elle est, en un certain sens, assimilable à la voûte céleste qui nous contient, comme une sublime coupole coiffant la nef d’une cathédrale gothique. En cette enceinte, nous sommes comme baignés par un soleil généreux, mais suffisamment lointain dans les cieux pour nous éviter d’être accablés par un excès de chaleur. Bien au contraire, il nous gratifie de doux rayons matinaux. Ceux-ci, avant de nous bercer délicieusement, délicatement, tendrement et susciter, ainsi, en nous, un sentiment de ravissement, sont atténués par des vents frais ; un zéphyr qui nous fait beaucoup de bien. Cette lumière-vie a, pour pendant en nous, la joie, qui a le pouvoir d’illuminer les ténèbres douloureuses de notre existence, aux heures creuses, pénibles et terrifiantes et les occurrences de la vie qui égrènent notre temps.
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