
Pour réaliser un tel projet, il faut que l’initiative parte d’un citoyen ou d’un groupe relativement restreint au départ de citoyens éclairés, indépendants des partis politiques existant où presque tous les membres cherchent à devenir présidents au mépris des intérêts du peuple français.
Son principe doit être celui-ci : l’intérêt général du peuple français et non pas l’intérêt de tous ni l’intérêt commun.
Limite de ces deux concepts : l’intérêt de tous, c’est la somme de l’intérêt des particuliers, c’est-à-dire individuels. Or, nous le savons, ce que chacun désire ne peut avoir de sens pour les autres. Et les intérêts entrent très vite en conflit comme le montre le Parlement et les partis politiques français. Autant dire que « c’est la guerre de tous contre tous », selon la formule de Thomas Hobbes (Léviathan). D’où l’impasse institutionnelle. D’où également la faiblesse des démocraties qui se fondent sur les partis politiques agissant toujours en fonction de leurs intérêts partisans. En France, des gens sont élus au Parlement sans étiquette politique : ils le sont pour leur qualité intrinsèque ou pour leur programme politique ; et non pas dans l’intérêt d’un parti politique quelconque.
Quant à l’intérêt commun, il s’agit de la défense de la France quand elle est en guerre contre un autre pays. Dans ce cas de figure, tout le monde (tous les citoyens, de manière uniment se lèvent pour la France) s’engage pour s’opposer à la fracture de son territoire, pour sauver son honneur, sa liberté, etc. Il n’y a rien, dans ce cas, qui puisse être regardé comme un casus belli ou conflits d’intérêt entre les composantes de la population.
Pour réaliser un tel projet de société, il faut du temps, de l’abnégation, de l’engagement total, de l’acception d’aliéner quelque peu une partie de sa liberté quant aux servitudes de sa vie active. Si ce groupe de citoyens parvient à édifier des principes juridiques et institutionnels forts, clairs, rationnels en mettant en avant l’intérêt de la France et de l’ensemble de son peuple dans sa morphologie présente, c’est-à-dire différenciée, ce serait une belle œuvre pleine d’avenir certain. En revanche, l’unité du peuple français implique naturellement de rejeter tous les groupuscules politiques en pleine prolifération de nos jours et hantés par la haine d’autrui. Leur credo consiste à prôner la division du peuple. Il faut leur recommander la lecture du livre du Savant Hervé Le Bras (Il n’y a pas de race blanche) pour que tous ces gens-là comprennent que le peuple français est une belle mosaïque par ses diverses origines depuis l’époque romaine. Car ces gens-là se prétendent Français (de souche ?) – ce qui n’existe pas, selon Hervé Le Bras -. Or ils ont des noms d’origine étrangère, européenne ou orientale.
En réalité, certains d’entre ces spécialistes de la démagogie, voire de la surenchère sur la thématique de l’immigration, entre autres arguties, sont eux-mêmes fils ou petit-fils d’immigrés algériens. Tout se passe comme s’ils ont honte de proclamer publiquement cette origine étrangère. Ce sont généralement de petits esprits, c’est-à-dire des individus incultes, qui tentent une réelle décérébration d’une petite partie du peuple en vue de faire triompher leurs propagandes politiques dont certains aspects trouvent leur assise dans une sorte d’idéologie politique nazie. Ce faisant, ces personnes agissent dans l’ignorance totale ou feinte de la plus grande partie éclairée des Français, qui veulent vivre en paix avec la morphologie présente de la population, et non pas dans les bagarres, les conflits, les vains babillages politiques sempiternels, en soi frivoles et insignifiants. D’ailleurs, l’immigration, du point de vue de la raison, ne saurait être une thématique d’ordre économique. En effet, ce thème ne rapporte rien aux uns et aux autres en matière d’amélioration des conditions de la vie des Français au quotidien. La preuve : il ne surgit sur la place publique (les médias) qu’à l’occasion des élections. En ce sens, l’immigration sert uniquement à effrayer ceux que l’on nomme, sans doute à tort, « les petites gens » et à triompher aux élections depuis quelque décennie.
L’on ne demande pas aux peuples, aux individus de s’aimer. Ils en seraient incapables ; d’autant plus qu’ils vivent continûment sous l’angle de la conscience duonique qui leur voile l’importance même de leur lucidité rationnelle. Donc, aux peuples entre eux et aux citoyens d’un pays entre eux, quel qu’il soit, il est recommandé de consentir à la nécessité et au bienfait de la concorde sous la dimension de la conscience claire et lucide qui, seule, permet aux êtres humains d’atteindre l’état de la bonne intelligence mutuelle en vue de l’intérêt général de la société. En d’autres termes, il s’agit du rapport moral, soit la situation de fait qui existe entre des personnes ayant la même disposition de cœur, d’esprit eu égard à notre humanité vertueuse. Celle-ci nous incline à vivre en harmonie les uns avec les autres en collaborant, en ce sens, à une œuvre commune : l’exigence de la vie en société. Dès lors, ce qu’on appelle ordinairement le « racisme », qui est une absurdité, relève simplement d’une figure de pathologie mentale chez des êtres humains, généralement ignorants ou faibles d’esprit. Car haïr un individu qui vous a causé du tort se conçoit fort bien. Toutefois, exprimer un tel sentiment à l’égard de l’ensemble de ses semblables en raison de la couleur de leur épiderme tels que les Blancs, les Jaunes, les Noirs, les Cuivrés, etc, n’est rien d’autre qu’une attitude irrationnelle. D’autant plus que ceux-ci ne nous ont rien fait et que nous ne les connaissons pas en fait. En outre, dans un tel cas de figure (le fameux « raciste »), c’est la personne possédée par la haine de l’autre qui souffre davantage mentalement et physiquement que sa ou ses victimes : l’être humain haï. Car ce type de ressentiment indispose durablement la psychologie de tous les individus en état de souffrance. En revanche, la Philia, soit l’amitié au sens noble de ce concept, par son pouvoir efficient de transfiguration, nous permet de réaliser le bien, de sentir le bien-être en nous –mêmes et de vivre en bonne intelligence avec autrui, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne. Il en est de même du Jésuisme, fondateur d’une humanité fraternelle universelle et spirituelle, bien au-delà du christianisme. A ce sujet, il suffit à chacun de réfléchir un tant soit peu pour comprendre tout à fait le sens de cette thèse de bon sens.
Toutes ces données socio-politiques (division du peuple en soi-disant composantes authentiques ou inauthentiques par des arguties politiques) n’ont pas de raison d’être ; d’autant plus que nous vivons dans un État républicain. Que signifie alors « République » ? Prenons l’origine latine de ce concept : République, signifie res publica, soit au sens strict, « chose publique ». En ce sens, il désigne l’intérêt général de l’ensemble des personnes qui vivent sous la loi fondamentale ou Constitution de l’État D’où la définition que lui donne Jean-Jacques Rousseau dans le chapitre VI -Du Pacte social- (In Du Contrat social ) : le pacte social étant une libre et souveraine association de sujets libres, une telle association « produit un corps moral et collectif qui s’appelle maintenant république ou corps politique (autrefois on disait : « Cité »), nommé par ses membres État quand il est passif, Souverain quand il est actif, Puissance en le comparant à ses semblables ». Les citoyens prennent le nom de peuple : Citoyens comme participant à l’autorité souveraine, Sujets comme soumis aux lois de l’État ». La République comprend, donc, un ensemble de personnes souverainement libres sans tenir compte de leurs caractéristiques physiques, telle la couleur de l’épiderme, ou morales. Elles sont égales les unes par rapport aux autres dès lors qu’elles sont régies par les mêmes lois de l’État et les mêmes droits en son sein.
Aussi, on peut qualifier d’acte illégitime toute initiative qui vise à diviser le corps social ou le peuple, de quelque manière que ce soit. C’est le cas des mouvements politiques ou idéologiques dits extrémistes. Un article du « Canard enchaîné » – mercredi 2 novembre 2025, montre bien, et de manière évidente, le fait que de telles postures mentales (c’est l’empire de l’opinion, soit la négation absolue de la raison) sont porteuses de divisions continues entre les citoyens, voire entre elles-mêmes en tant que différents groupuscules opposés les uns autres. De nos jours, c’est le cas en Bretagne, considérée comme une Région « submergée par une vague d’ultradroite résultant de « la montée historique du RN dans une région traditionnellement modérée {qui} désinhibe les groupuscules identitaires du Grand-Ouest, qui unissent leurs voix contre contre « l’État persécuteur ». C’est en ce sens que l’auteur de cet article, Olivier Picard, écrit : « Jusqu’à présent, l’activisme de ces zozos (identitaires, royalistes, païens, anarchistes, hooligans…) n’avait pas justifié la création de structures policières ad hoc en Bretagne ; aujourd’hui, les flics s’en inquiètent. « Ils ne représentaient pas une menace terroristes, et, surtout, ces petits groupes de quelques personnes restaient isolés les uns des autres, explique un membre des services de renseignement. Le problème, c’est qu’ils se sont décloisonnés après les dissolutions de groupuscules qui ont suivi l’assassinant du militant anti-fasciste, Clément Méric, en 2013, et ont été amplifiés sous l’ère Macron. Toute cette constellation gazeuse aux idéologies longtemps irréconciliables fédérées – merci à Telegram ! – contre « l’État persécuteur »… Après le lisier et les algues vertes, la Bretagne est désormais envahie par une troisième calamité : une vague brune ».

Forces unies pour défendre l’intérêt général du peuple
Cependant, les principes fondamentaux qui devraient régir cette société (nouvelle) ne peuvent être créés a priori. Dans ce cas de figure, ils risqueraient d’être trop abstraits, c’est-à-dire sans liens réels avec les réalités concrètes des gens. Il sied de les élaborer ensemble, c’est-à-dire tous les initiateurs de ce projet et les volontaires parmi les citoyens libres. Donc, il s’agit, en d’autres termes, de construire, d’asseoir après des débats, des confrontations de données en lien avec la vie, les problèmes de la population dans le retrait de sa raison seule. C’est la volonté générale des uns et des autres engagés dans la recherche d’une nouvelle figure de la société contemporaine.
Car, à partir de ce noyau solide de citoyens libres, progressivement, un grand nombre d’autres citoyens adhéreront à cette Idée fondamentale du projet de penser une société plus unifiée, autonome et souveraine, propriétaire de ses richesses naturelles et produites. Autant dire que celles-ci ne seraient plus le bien quasi exclusif d’une caste politique (c’est le cas, de nos jours, de la ploutocratie), d’une minorité de privilégiés (familles, individus ou groupes).
A cet effet, il convient de faire appel à un grand nombre d’anciens (universitaires ou non) à la retraite. Car ils ne sont plus mus par des intérêts de pouvoir ou de richesses. Ils sont assagis par les luttes au cours de leur vie pour exister, s’affirmer ou réussir. Ils sont assagis, en somme ; donc, ils sont devenus plus désireux de créer un meilleur avenir, si possible, pour leurs enfants ou petits-enfants. Il convient, pour réussir cette entreprise, de bannir tous ceux qui n’aspirent qu’à l’acquisition du pouvoir et à ses privilèges. Désormais, ce serait le peuple en corps, c’est-à-dire en tant qu’entité unifiée qui déciderait lesquels d’entre ses membres seraient en mesure de le représenter en agissant en son nom…
Un exemple philosophique suffit pour bien comprendre que cette initiative d’un projet de société n’est pas utopique. En effet, au cours des temps modernes, les philosophes ont toujours pensé le devenir politique des peuples européens : même si eux-mêmes n’ont jamais été capables d’assumer des fonctions politiques. En réalité, ils ne s’y intéressent guère. Quand bien même on n’y pense guère aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que c’est Emmanuel Kant qui, au XVIIIe siècle, en usant de son Intellection, a dessiné les contours de ce qui allait devenir au XXe siècle l’Union européenne sous sa dimension et sa mutation politiques (In Projet de Paix Perpétuelle, – Édit. J. Vrin, Paris 1988). En effet, et en substance seulement, au moment où les pays européens étaient presque tous en guerre les uns contre les autres, il a eu l’audace de penser qu’au-delà de ces conflits atroces présents, l’Europe s’élèvera au statut de Fédération d’États… Libres. A cet, il pose les conditions suivantes, entre autres :
Un noyau de quelques États fondés sur une constitution républicaine se formera d’abord (l’Union européenne a commencé par six premiers États (La France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg) ; puis douze, puis quinze, etc. Cette condition de Républicanisme tient au fait que c’est la seule forme de constitution qui respecte réellement les trois principes des droits humains, à savoir : la liberté civile des sujets, l’égalité entre tous les citoyens, le principe de dépendance de tous «d’une unique législation commune ». En outre, « le Républicanisme est le principe politique qui admet la séparation du pouvoir exécutif (le gouvernement), et du pouvoir législatif » (p.19). Ce Traité de paix ou, plutôt, ce que Kant appelle aussi « l’alliance de paix » a pour finalité de mettre fin définitivement à toutes les guerres entre les peuples. En ce sens, elle « ne se propose pas d’acquérir quelque puissance politique, mais uniquement de conserver et de garantir la liberté d’un État pour lui-même et d’autres États alliés en même temps… La possibilité de réaliser (réalité objective) cette idée d’une Fédération qui s’étendrait peu à peu à tous les États conduisant ainsi à la paix perpétuelle peut se représenter. » (p.26)
En somme, au regard de cette sublime finalité de penser et d’unir les êtres humains suivant le statut de l’état de paix perpétuelle, une telle entreprise ne doit être arrêtée par quelque obstacle que ce soit. À cet effet, Emmanuel Kant reprend à son compte le proverbe suivant : « Fiat justicia, pereat mundus », c’est-à-dire : « Il faut que la justice règne quand bien même tous les coquins dans le monde devraient en périr » (p.70)
Toutefois, il admet, comme la majorité des grands philosophes penseurs de la chose politique, que la démocratie est nécessairement despotique au sens où les élites politiques se livrent au jeu stérile de formation de majorités arbitraires et illégitimes pour prendre possession du Pouvoir qui appartient au peuple.
