Changer de monde ou changer le monde sous l’angle de la pensée rationnelle

Janus au féminin, une figure de changer le monde ou de monde ?

Introduction

    Suivant l’angle de la culture, commune ou savante, on perçoit différemment les phénomènes. Ceci paraît évident. Mais on n’en est pas forcément conscient. On croit même appréhender toute la réalité sous sa propre perception des phénomènes.

    Aussi, lorsqu’on demande, voire lorsqu’on exige de passer de l’opinion au concept, que demande‑ t‑on au juste ? A première vue, cela ressemble à une conversion, c’est‑à‑dire à l’abandon irréversible d’un monde pour un autre monde jugé plus authentique : ce passage est comme une mort, suivie d’une autre vie, une « vraie Vie », en somme. Pourrait‑il, toutefois, s’agir d’un autre mode de passage, non plus une conversion mais une (re)construction, c’est‑à‑dire une réalisation immanente à un monde considéré comme l’unique monde, un changement du monde ou de soi dans le monde et non pas un changement de monde ? Une telle vision des faits, humains ou non, ne se comprend mieux qu’à travers le passage  subjectif de la pensée comme opinion à l’art de la pensée conceptuelle comme une figure de transfiguration de soi.

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La Réappropriation Joyeuse

CRÉPUSCULE OU AURORE ?

BRUNO DANTOU

(Revenir à l’essentiel avec le sourire en attendant de vivre à la campagne ou « y suffit pas d’y dire, faut y faire (dicton Lyonnais» ou Changer son monde avant de changer le monde)

Avant-Propos. 2

Introduction. 3

Pourquoi la Réappropriation. 5

Définitions et étymologies. 6

Les limites de la réappropriation. 8

Les conditions de la réappropriation : 9

Lé réappropriation joyeuse en pratique. 10

…de son temps. 10

…de son corps. 13

…de sa respiration. 16

…de sa voix. 17

…de ses émotions. 18

…de son mental 20

…de son alimentation. 23

…de son habitat. 28

…de son pouvoir d’agir. 29

…de sa spiritualité. 30

…de ses besoins matériels. 31

…de son bilan carbone. 31

…de ses choix. 33

…des modes de gouvernances. 34

…avant de conclure. 35

Conclusion. 35

 

Avant-Propos

Bienvenu sur le pas de porte de la « Réappropriation joyeuse »
A l’intérieur de cet essai, vous trouverez des réflexions, des informations, des expériences personnelles ainsi que des liens audio et video vers de nombreuses personnalités d’horizon divers (scientifiques, philosophes, psychanalystes, linguistes, écrivains, entrepreneurs, etc) qui nous aident à mieux penser notre époque complexe.

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L’aliénation de notre conscience par les objets techniques dont le portable. Peut-on en faire un usage rationnel ? Est-ce l’un des signes majeurs du triomphe de la technologie sur l’Humanité ?

In « Le 1/UN » N° du 134 -14 décembre 2016-  « Jamais sans mon smartphone »

I- Les méfaits d’une addiction au portable

Qu’est-ce qu’une addiction ?

    Selon Serge Tisseron, Docteur en psychologie, psychiatrie et psychanalyse, « l’addiction désigne la dépendance à des produits qui génèrent des états seconds auxquels le consommateur est invité à s’abandonner. La recherche du sens est totalement absente, le consommateur d’une substance cherchant avant tout à éprouver les effets de celle-ci. » Il en est de même des usages problématiques du Smartphone concernant les utilisations compulsives et pathologiques qui entrainent un sentiment de détresse et des difficultés physiologiques, physiques et sociales.

    Pour comprendre comment nous avons perdu notre liberté par et dans les objets techniques, lesquels nous conditionnent et nous dominent totalement, il nous suffit de nous référer à l’exemple d’un élève face à sa professeure qui ne peut plus le raisonner.

« Madame, mon portable, c’est ma vie »

     « Sur l’île déserte, disent- ils, ils n’hésiteraient pas une seconde : l’essentiel, l’indispensable tout-en-un, le smartphone, serait leur compagnon de solitude. D’ailleurs, lorsqu’il arrive qu’on en confisque un dont la sonnerie importune a malheureusement interrompu une lecture de votre poète préféré, l’enfant martyr est prêt à tous les compromis : « Oui, tout, madame, punition, heures de colle, ce que vous voulez, mais pas mon téléphone ! »

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Controverses anthropologiques sur l’essence du pouvoir politique

Signe de pouvoir dans l’Egypte ancienne

Une brève introduction

  Le sens du mot pouvoir demande à être clarifié pour poursuivre cette analyse. Avant de signifier la puissance politique, en fonction de son évolution linguistique et de connaître ainsi les mutations variées dans son acception, selon Le Robert, le mot « pouvoir » désignait simplement « le chef d’un groupe social, famille, clan, tribu… ». En un deuxième sens et par métonymie, le pouvoir qualifiera « la puissance politique considérée dans ses diverses fonctions et manifestations ». Si le pouvoir a plusieurs visages, s’il est, par essence, polymorphe, il faut admettre que la pensée politique, en particulier en Occident, y a figé des espèces de frontières mentales, idéelles étanches. On a quasiment occulté son essence de phénomène social, c’est-à-dire son caractère de canalisation, de creuset de relations sociales se fondant ou fondant soi-même le socle d’existence de la diversité des groupes humains.

    Le fait humain originaire et universel tient au constat que la société, avant de connaître une organisation politico-étatique, a su inventer des formes multiples de pouvoir pour subsister. Les auteurs de la philosophie politique, qu’ils soient naturalistes ou contratualistes, conviennent les uns et les autres, à leur manière, que la société est le fait humain premier. De nos jours, les études de l’anthropologie politique montrent que de nombreuses sociétés ont vécu ou continuent de vivre sans pouvoir étatique[1]. Or, si l’on s’avise de penser les divers types de sociétés humaines sans briser les grilles et les œillères de la conscience culturelle dont on est façonné, par exemple, à partir du champ d’une société étatique uniquement, on aura du mal à concevoir qu’il puisse exister des sociétés humaines sans pouvoir organisé et différencié. Faut-il voir dans les concepts traditionnels, voire éculés de l’anthropologie, en ce domaine comme en bien d’autres, cette simplification intellectuelle des phénomènes, comme le refus de notre science d’adapter ses notions aux réalités humaines en perpétuelle mutation ? En effet, de telles idées, comme nous le verrons ci-dessous, qui véhiculent une vision surannée des faits humains, confirment bien les reproches que les analystes critiques n’ont de cesse d’adresser à l’anthropologie et à l’ethnologie. Il s’agit, en l’occurrence, de l’idée qu’en refusant de créer de nouveaux concepts, mieux adaptés aux réalités contemporaines des peuples, plus critiques aussi à l’égard des notions du passé, à l’instar des sciences dures comme la biologie, l’anthropologie se ferme à toute forme d’évolution. Car ses concepts essentiels ont vu le jour au dix-neuvième et au début du XXe siècle, c’est-à-dire au moment où l’Homo occidentalis, se pensait (et croyait être) comme le sommet de l’humanité ; en d’autres termes, où il s’était élevé au-dessus de tout le reste. Et l’ensemble de ces notions, dans les champs des sciences humaines, notamment en anthropologie, a été forgé pour refléter fidèlement cet état de fait (et non de droit) historique et transitoire.

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RÉFLEXIONS SUR LA MORALE ET LA POLITIQUE DANS LA PHILOSOPHIE DE KANT

Introduction

   Les principes éthiques, que condense la loi du devoir, n’expriment rien d’autre que la légalité de l’esprit humain. La philosophie pratique renvoie au factum rationis de la loi morale. Par conséquent, une « métaphysique des mœurs » ne devient possible que dès lors qu’est reconnue la faculté de la raison pratique de donner des ordres ou, si l’on préfère, dès lors qu’est reconnu le pouvoir qu’a la volonté, dans l’être raisonnable, de légiférer.

   Mais la législation de la raison trouve à s’exprimer à la fois dans la morale et dans le droit qui structure la vie politique. En effet, si l’éthique est « le système des fins de la raison pure pratique » (In Doctrine de la Vertu, p. 51), il faut dire, à l’instar de Rousseau, qu’« il faudrait des dieux pour donner des lois aux hommes » et, qu’en conséquence, la politique ne saurait avoir la pureté de la morale.

    Ainsi se trouve posée la question des rapports de la morale et de la politique :            si, en sa pureté, la législation morale se confond avec les lois constitutives de 1’esprit, celles-ci ne demeurent pas purement formelles. C’est donc un impératif critique que l’impossibilité d’une fusion de la morale et de la politique. Pourtant, la politique est loin de tourner le dos à la morale ou d’en constituer délibérément l’antithèse. C’est donc que les rapports de la morale et de la politique doivent être envisagés suivant trois points de vue :

            -en leur principe

            -en leur spécificité

            -en leur finalité

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