Une nouvelle vision du Cosmos, des phénomènes et de la nature du genre humain, essentiellement cruelle, par la Philosophie des profondeurs

Cosmic hyperspace jump at speed of light. Colorful rainbow glowing light rays inside the infinite tunnel. Time warp. Teleport. Interstellar travel in space. Big bang. Futuristic technology. 3d render

Parmi les facultés éminentes du cerveau humain, La Raison et le penser philosophiques, seuls, unissent le genre humain à la Terre, Mère de tous le vivants, et celle-ci aux cieux pour donner Sens ontologique et métaphysique comme justification, destination, fondement et valeur à sa place en ce minuscule coin du Cosmos qu’est notre galaxie, la Voie lactée, dans notre univers. (In De l’Impuissance du Puissant Acheminement vers les causes réelles de l’extinction du genre humain- (EUE, Londres, Berlin, 2023)

   PIERRE BAMONY : Essai sur la Réunification de la Philosophie et de la Science – De la Philosophie des profondeurs … et de la théorie du tout ? (Éditions Vie, Berlin)

  Depuis le début du XXe siècle, la science physique suivant ses deux branches, classique et quantique, est en quête de la théorie du tout, une sorte du « Saint Graal », qui apporterait une réponse absolue aux questions contemporaines du genre humain. Mais elle s’appuie sur deux erreurs au moins. D’une part, elles sont totalement en désaccord en raison des modèles mathématiques et des résultats de leurs procédés de recherches et, donc, de la spécificité de leur vision du monde.

   D’autre part, cette donnée s’explique aussi par le fait que chacune d’elles a édifié une méthode de compréhension du monde si particulière que ni l’une ni l’autre ne parvient nullement à s’entendre sur les modèles logiques et mathématiques de calcul et de démonstration de la solidité de leurs théories. Or les mathématiques sont désormais l’organon qui fonde la scientificité de celles-ci.

    Face à cette impasse présente de la pensée scientifique, le Penser philosophique, en particulier de la Philosophie des profondeurs, doit procéder autrement pour trouver la fameuse théorie du tout en se fondant, mais de manière critique, sur les acquis et les progrès de l’une et de l’autre, conformément à la définition d’Aristote de ce genre d’êtres humains : « Le philosophe est celui qui possède la totalité du savoir dans la mesure du possible ». En effet, le Savoir universel de ces savants relève d’une question d’aera mentis, qui leur est propre. Nos maîtres à penser, soit les « Pionniers de l’humanité », n’avaient aucun diplôme ni de titre universitaire. Ils n’avaient ni le titre d’agrégés ni le statut de docteurs en quoi que ce soit. Ils n’avaient aucune ambition d’enrichissement matériel – ceci est l’anti-esprit philosophique par excellence -, ni l’orgueil de produire des quantités de livres par an ou par décennie qui n’instruisent pas forcément ni ne font aucunement avancer les lumières de l’esprit humain. Dans ce cas, c’est très souvent une performance ou une technologie de production massive, sans réel intérêt, si ce n’est celui de rechercher la gloire auprès des médias. Il en est tout autrement dans l’économie des investigations présentes.

  D’abord, la Philosophie des profondeurs s’applique méthodiquement à édifier des concepts nouveaux et féconds en vertu de leur efficience à expliquer un grand nombre de phénomènes en vue d’opérer la conjonction de l’infiniment grand et de l’infiniment petit dans l’immense espace du cerveau humain, tel que l’art d’une architectonique conceptuelle. Car cet éminent organe sommital de l’être humain est le père des Sciences et le fondement des cultures humaines. Mieux, c’estla source ultime qui permet à l’esprit humain de s’imprégner des phénomènes, dans la joie infinie de la création de nouveaux mondes conceptuels, pour édifier une vision novatrice de tout. Nos neurosciences contemporaines ne font que l’effleurer sans oser pénétrer dans ses méandres abyssaux, ses sinuosités insondables et ses pouvoirs quasi infinis qui submergent constamment notre conscience.

    Il s’agit, entres autres, de la Combinaison, qui s’opère continûment dans le cerveau, vaste espace vivant, et dans le Cosmos, espace physique infini. Cette conjonction peut être considérée comme un nœud conquérant de découvertes. Alors, se déploie, à cet effet, des concepts riches et inouïs : l’Intellection, soit ce qu’on pourrait reconnaître comme une éminente faculté du cerveau humain qui parvient à la compréhension de tout, sans pour autant, tout savoir – elle se fonde (sur) et se nourrit d’une culture savante ample et profonde- ; le cervotron, ou le duplicata spirituel du cerveau,qui accède à des horizons insoupçonnés des phénomènes pour les rendre intelligibles par la raison ; le Sura ou le principe du langage universel de tous les vivants, voire le lithion-Sura, soit l’ultime élément de l’Énéragentie, c’est-à-dire la Matière ; la Pera-énergie (PƏ), l’Endonénergie (EƏ), qui explique autrement les fameux trous noirs de l’astrophysique, etc. Ensemble, ilsdonnent au monde physique et humain de nouvelles modalités de compréhension des phénomènes. En ce sens, ils nous font émerger du brouillard où le monde contemporain nous a si longtemps jetés faute d’amour sincère de la Philosophie et de sa fille superbe qu’est la Science fondamentale.

    Ainsi, l’Intellection s’impose nécessairement comme le moyen qui permet de lever le voile sur les phénomènes, par une nouvelle compréhension des faits, considérés jusqu’ici comme des mystères ou des énigmes. Il en est ainsi de la Terre d’En-bas et de la Terre d’En-haut de Platon et des « êtres de là-bas » d’Aristote. L’on découvrira que les vivants visibles, dont le genre humain, ne sont pas les seuls habitants de la Terre : il y a également, en grand nombre, les V.I. ou les vivants invisibles, qui sont innombrables à la surface de la planète terre. Ils ne le sont que par les individus qui bénéficient d’une connexion neuronique singulière de leur cerveau. L’on découvrira également que l’esprit, l’âme, entités stellaires essentiellement libres et souveraines, prennent vie dans le corps-peau au sein de la Mère qui, seul, génère les liens culturels de frères et de sœurs. Aussi, tout masculin qui violente le Féminin, femme ou fille, est une bête brute en vertu de cette donnée essentielle du genre humain.

     Ensuite, la découverte de la conscience duonique et de la conscience claire et lucide permet de répondre à la question fondamentale suivante : « Pourquoi le genre humain est-il tel qu’il est ? Un monstre de cruauté ?» La conscience claire et lucide est la condition même et unique de la liberté des sujets humains qui s’affranchissent de l’aliénation mentale de leurs croyances culturelles, soit un tissu de mensonges, de faussetés et de préjugés des branches humaines  – et de leurs peuples – les unes par rapport aux autres. Il en est de même du narcissisme pernicieux des nations qui façonne notre vision de nos semblables, membres du genre du humain ; ce qui est source de nos haines mutuelles, mais sans fondement. En ce sens, cette conscience solaire est, surtout, la condition de notre acheminement vers l’Humanité vertueuse, illuminée par la Philia philosophique.

    Ainsi, la lumière de la Raison philosophique se déploie sur le tissu (de) et dans l’espace ouvert par quelques concepts fondamentaux en rendant alors possible la compréhension de tout ce qui résistait à l’explication philosophique ; ou qu’on a rejeté du côté de l’irrationnel. C’est à cette condition qu’il est possible de parler du retour triomphal de la Philosophie comme Science première et ultime et de sa régence sur tout savoir. Car la technoscience, malgré ses prouesses techniques, est incapable de théoriser ses résultats. Dès lors, la Raison heuristique de la Philosophique devient l’organon du Penser du tout par la création d’une formule logique qui rend compte de ce tout.

     Et telle est la modeste compréhension, c’est-à-dire une nouvelle vision des données, humaines et matérielles, qu’on peut tirer de la lecture de cet ouvrage singulier (plus de deux décennies de recherches et d’écriture). Car nous comprenons mieux la nature des phénomènes qui semblaient être des mystères pour notre intelligence, voire pour notre raison. Notre espèce de vivants, en tant que genre humain indivisible (les différentes branches qu’on appelle les Rouges, les Noirs, les Blancs, les Jaunes, les Cuivrés, etc., constituent un épiphénomène), pourrait, ainsi, connaître quelque progrès dans ses modes de penser et de fonctionner : entre autres, savoir demeurer en paix, dans le silence du Pouvoir, c’est-à-dire des élites politiques, soit les « Parasites du corps des peuples » (In Pierre Bamony : L’HORRIQUE DU GENRE H. – Jugement dernier et extermination de l’espèce humaine (Éditions du Net, Paris septembre 2023), avides de guerres vaines dans l’oubli total que nous sommes tous des mourants en sursis qu’un grain de poussière, vite, emporte par la Mue-ultime ; ce qu’on appelle d’ordinaire la mort. Car les élites politiques de tous les pays sont la cause essentielle des souffrances sempiternelles des Humains à la surface de la Terre, « Mère de tous les vivants ».  

  • Facebook: https://www.facebook.com/OmniScriptum/posts/pfbid02T5cvJNpQgcyF2kF7DmmQUx6yytzNLRavvaDTTESz6VgrgjW4zvRrCScBa2muSWdtl
  • Linkedin: https://www.linkedin.com/posts/omniscriptum-publishing-group_philosophy-science-truth-activity-7287108528077500416-cTF4?utm_source=share&utm_medium=member_desktop
  • Facebook Story: https://www.facebook.com/stories/101518988809295/UzpfSVNDOjkwOTAyMjA3NTQ0Mjc1MTU=/?view_single=1

 Extraits de l’explication des phénomènes par la Philosophie des profondeurs.

Chapitre premier : Des bornes de la raison philosophico-scientifique et des rêveries de l’astrophysique

I – Savoirs ou croyances institués par les sciences contemporaines ?

A- Science et limites des abstractions mathématiques comme Organon de l’invention ou de la découverte      

  À propos de notre culte contemporain de la science, censé nous apporter des connaissances fondées, profondes et définitives sur les phénomènes matériels et humains, Albert Jacquard apporte une nuance rationnelle remarquable. Selon lui, « l’objet de la science n’est pas, ne peut être, de décrire la réalité dans son essence ; elle n’a accès qu’aux apparences que la réalité veut bien donner d’elle-même lorsque nous l’observons. Quelles que soient les astuces imaginées pour la forcer à se dévoiler, nous ne pouvons jamais décrire que le résultat d’une interaction entre l’objet étudié et l’observateur. En fonction de ces observations, nous avons inventé des concepts et des mots (« onde », « particule ») qui se révèlent incapables d’expliquer totalement le comportement de l’objet étudié »[1].  On ne peut qu’approuver la thèse de cet éminent généticien des populations si on daigne regarder l’opacité des phénomènes en face…

   En réalité, notre connaissance du monde est toujours lacunaire et inachevée. Ce fait résulte du problème suivant : tout langage, de nature scientifique ou non, sert à établir des bornes, parce qu’il est l’expression d’une conscience toujours en situation. Car ce qui est dit, analysé ou pensé est une manière de puiser du vrai ou du réel dans le creuset de l’espace de cette expression. C’est comme si l’on prenait de l’eau dans un océan avec un récipient pour remplir un puits. Toutefois, nous n’avons aucun espoir de pouvoir le vider un jour de tout son contenu. Aussi, la pensée qu’elle est censée porter n’est valable que dans un espace réduit de l’instant d’une parole, d’une pensée rationnelle, qui ouvre des perspectives tout en les fermant. Autrement, grâce à son langage, fondement de la science, et à ce hublot de son être sensible sur le monde environnant qu’est sa conscience, l’Anthropos serait d’emblée savant, et il ne serait pas encore en train de chercher, de scruter les mondes lumineux et son univers visible. C’est sur ce point précis qu’Albert Einstein veut attirer notre attention, quant aux limites intrinsèques de la science[2] ; fait que le sens commun ignore encore, lequel a tendance à regarder la science, en la confondant avec la technoscience, comme une nouvelle religion susceptible de répondre à toutes nos questions, voire de résoudre nos problèmes en apaisant nos angoisses quant au destin et au sens de notre vie. Dans l’« Avant-propos » à l’un des tout premiers ouvrages de Lincoln Barnett, Einstein écrit : « Il est de toute première importance que le grand public ait la possibilité de prendre conscience – clairement et intelligemment – des efforts et des résultats de la recherche scientifique. Il ne suffit pas qu’une poignée de spécialistes, dans chaque domaine, s’attaque à un problème, le résolve et l’applique. Réduire et limiter le corps de la connaissance à un petit groupe anéantit l’esprit philosophique d’un peuple, et conduit à la plus grave pauvreté spirituelle »[3].

  Donc, on peut s’interroger sur le fait de savoir si le scientifique est en contact direct avec la Réalité ; et si, même un jour, il peut espérer y parvenir en raison de la modélisation et de la mathématisation à outrance de ses connaissances. Tel est son seul espoir. D’autant plus, selon Lincoln Barnett, que nous ne pouvons franchir les bornes de nos sens, qui s’interposent entre nous et la Réalité essentielle de la matière ou de ce que nous appelons désormais l’« Eneragentie ». Ce mot dérive du grec energeia, ou « force en action » et du latin agere, soit « faire agir ». Nous ne pouvons, donc, contempler celle-ci dans sa pureté. En outre, nous posons que cette Réalité ultime est elle-même composée de « lithion », du terme lithos, dont le sens ordinaire et premier désigne la pierre. Pour nous, désormais, le lithion est la structure élémentaire de l’Énergie sous ses diverses formes ou manifestations ; que celles-ci soient connues ou non par le génie humain grâce à ses instruments technologiques d’exploration de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. C’est parce que l’Eneragentie est composée de lithion qu’elle est susceptible de transmutations indéfinies. Même sous sa forme liquide, elle comprend aussi du lithion. Nous verrons ultérieurement que le lithion possède comme une face d’ombre qui explique tout dans le Cosmos. L’une des facultés de celui-ci consiste à rendre toutes choses proches dans et par cette entité même ; ou ce concept. C’est aussi l’un de ses pouvoirs essentiels. Nous reviendrons amplement sur ces concepts fondamentaux dans la suite de nos enquêtes présentes.

   Sans doute, le tort de nos physiciens contemporains, depuis plus d’un siècle, consiste à comprendre matériellement la nature des phénomènes par le truchement de logiques mathématiques et d’instruments expérimentaux, alors qu’ils sont de l’ordre de l’Intellection. À cet effet, ils peuvent donner, sous l’angle de l’abstraction pure, corps et existence aux composants illimités de la Matière/Énergie, pour employer le langage ou le concept conventionnel. Ils imaginent des formules mathématiques qui sont, elles-mêmes, des constructions ou des abstractions pures du cerveau sous la forme de ce qu’on appelle, d’ordinaire, l’esprit humain. Ils tâchent, par ce biais, de pénétrer les nœuds complexes inhérents à la Matière/Énergie. Ces abstractions ont ou auraient le pouvoir de définir, de préciser « la nature » d’un composant quelconque de la Matière/Énergie. Puis ils font construire, de par le monde, de gigantesques machines d’accélération des particules pour tâcher de détecter quelque chose (la « particulissime » chose) qui aurait les contours préalablement déterminés par des formules mathématiques. Ce fut le cas du neutrino, avec Wolfgang Pauli[4], du boson de Brout-Englert-Higgs pour ne citer que ceux-ci. Or nous savons fort bien qu’en raison des bornes de notre conscience et de ses outils de communication que sont les concepts, les mots, nous sommes incapables d’établir la nomenclature de tous les composants de la Matière/Énergie dans lesquels nous baignons.

   Aussi, n’importe quel constituant de celle-ci peut parfaitement se dévoiler à la captation des machines en correspondant tout à fait à la définition mathématique préétablie, tel que le boson de Higgs. En tant que tel, et dans l’absolu, il n’y a pas un, mais d’innombrables particules dans le Cosmos qui, par figure de « transphose » ou transmutation, pourraient y correspondre. C’est en ce sens que nous pensons que la science, notamment la physique, se trompe : elle veut tout dénombrer, tout quantifier, etc., alors que le « Tout » lui échappe totalement. Toutefois, nous sommes tout à fait d’accord avec son mode présent de raisonner ou de présenter les résultats de ses accélérations de particules. À titre d’exemple, le CERN avait annoncé le 4 juillet 2012 avoir identifié, avec un degré de confiance de 99,99997% (5 σ), un nouveau boson dans un champ de masse de l’ordre de 125-126- GeV c−2 qui semble compatible avec celui de l’hypothèse du boson de Higgs. Cette annonce, selon Gilles Cohen-Tannoudji et Michel Spiro[5], avait été suivie par la publication de deux articles dans la revue Physics Letters B 12-14 le 15 mars 2013. Suivant cette nouvelle conception du vrai ou, du moins, du réel, la recherche fondamentale en physique connaît un progrès extraordinaire par rapport à la philosophie contemporaine. C’est même le sommet de la reconnaissance de notre incapacité à atteindre la Vérité, selon la Philosophie classique, ou l’ultime Réalité, suivant notre manière de penser les phénomènes. Certes, l’Intellection peut nous élever à un haut niveau d’aperception de ceux-ci, mais, en vertu des bornes de notre conscience, leur secret ultime se dérobe à nous.

   Ce n’est donc pas dans l’immensément ou l’infiniment grand, comme l’objet de l’Astrophysique, ni dans l’infiniment petit, comme la matière de la physique subatomique, qu’elle trouverait la solution de sa recherche de la réalité scientifique du tout. C’est dans la puissance du concept, grâce à l’énergie de l’Intellection active, qui se met en état d’intuitionner rationnellement des constituants du Cosmos susceptibles d’apporter quelque lumière à notre volonté de savoir et de comprendre un tant soit peu le Cosmos, que la science trouverait des solutions à ses énigmes et à la problématique essentielle de sa quête, par exemple la découverte possible de la théorie du Tout… »

An illustration of a colorful galaxy against a dark background with drawn stars

B- Les paradoxes théoriques et aporétiques de l’Astrophysique

1) À propos de l’origine des phénomènes : une mythologie sous forme de science ?     

  «  L’analyse critique, ci-dessous, relative à nos connaissances en physique n’a nullement pour ambition de révoquer en doute les découvertes de celle-ci. C’est un fait indéniable et durablement établi pour certaines d’entre elles. Nos critiques ont affaire essentiellement aux connaissances théoriques de l’astrophysique et des paradoxes qui y règnent. Commençons par examiner rapidement le scepticisme du sens commun au sujet du mouvement universel.

   En vertu d‘un présupposé inhérent à son ambition d’explorer et de connaître la Matière/Énergie, pour employer les concepts conventionnels, la science, depuis sa création par les philosophes européens du XVIIe siècle, a rejeté l’idée de Dieu de son champ d’investigation. Dieu est un concept métaphysique et, à ce titre, il ne saurait être l’objet d’expérience ni sensible ni technologique. En outre, c’est une invention des religions. Celles-ci se situent dans le domaine des croyances. Leurs textes dits révélés, même s’ils peuvent être rationnels, même s’ils donnent, à leur manière, sens aux phénomènes, à la vie en général et à l’existence humaine en particulier, ne sont nullement scientifiques. Tout se passe comme si la manière scientifique de rendre compte des phénomènes est la seule susceptible d’atteindre la vérité/Réalité. Donc, et de ce point de vue, elle tend à soutenir que son explication de l’origine de l’univers est la seule valable.

   Or une telle théorie ne manque pas de poser quelques problèmes à la raison philosophique. En effet, l’explication de l’origine des phénomènes comporte quelque chose de semblable entre religion et science. D’une part, La Bible[6] (Premier Livre de la genèse) nous apprend que Dieu a créé le monde (et non pas l’univers) en plusieurs jours : ce qui pourrait signifier aussi plusieurs millions ou milliards d’années. D’ailleurs, qu’importe la durée temporelle de cette création ; l’important étant un point de départ présumé de ce qu’on appelle « monde ». La Bible parle du « Premier récit de la création » et les premiers moments s’énoncent ainsi : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un Vent de Dieu tournoyait sur les eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit » et la lumière fut. » On y perçoit clairement l’idée du Début absolu comme quelque chose d’inorganisé. Donc, pendant des jours, l’auteur de la Création va s’employer à lui donner la forme générale organisée du monde (humain) tel que nous en faisons l’expérience, hic et nunc.

   Pourtant, dans un livre de l’un des plus grands physiciens de notre temps, en l’occurrence, Steven Weinberg[7], mondialement connu pour ses travaux en physique des particules élémentaires et pour sa contribution essentielle à la cosmologie contemporaine, on trouve un récit semblable à celui de La Bible. Cet auteur écrit en effet : « Au commencement, il y eut une explosion. Non pas une explosion comme celles qu’on peut voir sur la terre, partant d’un centre déterminé et s’étendant en englobant un volume croissant de l’air environnant, mais une explosion qui eut lieu partout simultanément, remplissant tout l’espace depuis le début, chaque particule fuyant toutes les autres… Après un centième de seconde environ, le moment le plus ancien dont nous puissions parler avec une certaine assurance, la température s’élevait à près de cent milliards (1011) de degrés centigrades ».

   Qu’y a-t-il de fondamentalement différent entre ces deux récits de l’origine des phénomènes ? Qu’est-ce qui pourrait incliner notre esprit à adhérer à un récit plutôt qu’à un autre ? Certes, d’un côté, il est question de l’émergence des phénomènes d’une sorte de néant absolu signifié par les ténèbres. Puis, Dieu organise progressivement ce qui s’apparente à un chaos initial en créant la lumière par l’efficience de son Verbe tout-puissant. Avant cet avènement, la lumière n’existait pas. Or dans sa reconstitution de l’origine de l’univers en laboratoire ou par déduction, par démonstrations mathématiques, la science soutient la même idée. Selon l’ouvrage de Steven Weinberg « en plus des électrons et des positions, il y avait, en nombres considérables divers types de neutrinos, particules fantomatiques sans masse ni charge électrique nulle appelées photosis ». Telle est la découverte de Max Planck appelée le « Mur de Planck ». Selon nos divins physiciens, il a fallu attendre 380000 années après le Big Bang pour que la lumière apparaisse. Celle-ci parvient enfin à se libérer de la soupe primordiale des particules alors enfermées dans un espace aussi gros qu’« une coquille de noix »[8]. Dès cet instant, elle inonde l’univers de son rayonnement jusqu’alors plongé dans une opacité dense.

   Si l’on suppose qu’il y a une différence entre les deux récits de l’origine des phénomènes, elle tiendrait à ceci : par rapport au récit biblique, la physique se fonde sur une histoire supposée de l’espace-temps qui daterait d’il y a 13.819 millions[9] d’années. À l’aide des instruments technologiques, des modélisations, des schémas, des logiciels et autres ordinateurs, des modèles mathématiques, elle propose des démonstrations qui donnent l’apparence qu’effectivement les choses se sont déroulées telle qu’elle est supposée le prouver. Or il n’en est rien. Il s’agit d’une logique construite rationnellement qui obéit aux exigences et aux attentes de la raison humaine. Toutefois, comment peut-on raisonnablement croire en ce modèle de représentation de l’univers puisqu’aucun être humain ne peut prétendre avoir été témoin de la manière dont les choses se sont réellement passées ? Nous sommes un produit borné et fondamentalement limité du fonctionnement de l’Eneragentie. Celle-ci nous contient absolument comme moment transitoire d’un ensemble qui nous dépasse infiniment. Aussi, nous ne pouvons avoir l’intelligence ni du commencement absolu ni de la fin ultime. Mais l’Antropos ne peut se résoudre à admettre que le Cosmos-Combinaison n’a ni commencement ni fin. Il est éternel, c’est-à-dire atemporel. Une telle compréhension absolue des phénomènes – penser et percevoir le commencement et la fin du Cosmos -, en dehors de notre imagination rationnelle, nous est interdite. Aussi, la théorie qui pose une origine possible du cosmos/univers (le big bang)[10] et une fin éventuelle de celui-ci (le big Crunch) est tout simplement le fait de notre superbe nature. Nous avons tendance à oublier que la science est l’exact miroir logique de nos constructions rationnelles. En dehors de celles-ci, nous n’avons aucune idée exacte de ce qui est réellement la nature des choses, comme l’origine ou la fin ultime du Cosmos ou de l’univers ; du moins tel que celui-ci est pensé, construit par notre raison ».

3) La géophysique comme science ultime de la cosmographie  

   « S’il y a la possibilité d’un « multivers », les forces fondamentales de la théorie standard seraient-elles valables pour cet ensemble infini d’univers ? Cette théorie de la physique des particules, dite universelle et exacte, a été élaborée par un certain nombre de physiciens éminents, dont Steven Weinberg. Elle est censée permettre aux scientifiques de mieux comprendre le fait que l’univers est composé de douze constituants de base appelés particules fondamentales, gouvernés par quatre forces fondamentales de la nature reliées entre elles. Cette nomenclature des particules divise celle-ci en deux familles : les quartz et les leptons. Les quatre forces en question sont les suivantes : d’abord, la force nucléaire qui cimente les nucléons dans les noyaux. C’est elle aussi qui associe les quartz3 par 3 à l’intérieur des nucléons en donnant naissance à l’énergie nucléaire. Ensuite, c’est la force nucléaire faible qui rend possible la transformation des neutrons en protons et vice versa lorsque les conditions la favorisent. Même si celle-ci est plus forte que la gravité (pauvre force !), la force nucléaire faible est considérée comme cent fois moins faible que la force électromagnétique. Mais cette dernière n’agit que sur les particules chargées, soit positivement comme les protons, soit négativement telles que les électrons. En outre, ces mêmes scientifiques posent l’existence possible des gravitons, soit des « particules d’interaction associées » à la gravité. Selon Bryan Greene, ceux-ci n’ont jamais été détectés par les plus puissants accélérateurs de particules du monde tels le CERN ou le Grand collisionneur de hadrons. Toutefois, ils sont bien convaincus qu’ils existent. Tout se passe comme s’ils raisonnent sur ces matières hypothétiques comme si elles étaient évidentes. Dès lors, si, de façon générale, la force gravitationnelle domine les phénomènes (l’équilibre des corps célestes), du point de vue de la raison philosophique, le raisonnement qui consiste à affirmer que la gravitation est intrinsèquement une « force très faible »[11], est une contradiction absolue par rapport à la théorie du même nom qui est encore au fondement de la pensée scientifique contemporaine. De même, on ne peut dire que le graviton, qui n’existe pas, est essentiellement faible. On en est réduit à spéculer sur l’hypothèse que le graviton perdrait l’essentiel de sa force – elle s’évaporerait – dans le choc des particules au cours de l’expérimentation ; ce qui le rendrait indétectable. Malgré ces contradictions, la quête de ce fameux et hypothétique graviton se poursuit toujours telle la recherche du « Graal ».

   En outre, la force électromagnétique, pour autant que nous avons compris ces données, a une double fonction, pourrait-on dire. D’une part, elle forme les atomes en attachant les électrons aux noyaux ; d’autre part, elle soude les atomes, en quelque sorte, en les « obligeant » à partager leurs électrons pour former les molécules. Enfin, la force gravitationnelle découverte par Newton[12] au XVIIe siècle agit par attraction sur toutes les masses de l’univers conventionnel. Elle est considérée comme la plus faible des quatre forces dans la nature. Mais laquelle ? Paradoxalement, c’est la force incontournable et la plus éminente dont la portée est universelle puisqu’elle agit sur l’ensemble des corps inhérents à l’univers. Mieux, elle constitue le ciment de tous les corps massifs du Cosmos. Car l’intensité de cette force dépend essentiellement de la masse des objets. Donc, elle est « reine » à l’échelle astronomique. Nonobstant ce, ces schémas de modélisation, de conceptualisation fondée sur différents modèles mathématiques conduisent les physiciens contemporains à une impasse absolue. Puisque la physique classique ou l’astrophysique est supposée obéir aux lois qui reposent sur le principe du déterminisme absolu et que la physique subatomique ou physique quantique est régie par l’indéterminisme absolu ou « principe d’incertitude » de Heisenberg[13], comment faire s’accorder cet ensemble antithétique dans un même univers ? Cette question fondamentale a conduit nos scientifiques à faire le projet d’une théorie de l’unification de toutes les forces de l’univers suivant ses deux dimensions de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. C’est ce à quoi s’est employé Einstein pendant le reste de sa vie à partir du moment où la théorie quantique, avec Niels Bohr[14] et ses amis, s’est imposée comme l’une des connaissances fondamentales de la physique contemporaine. De nos jours, la théorie des cordes semble avoir pris la suite pour réaliser la théorie du tout. Mais celle-ci provoque plus de désaccords entre physiciens que d’accords. On pourrait dire que nous sommes alors entrés dans l’ère de l’incohérence théorétique et du brouillard des modèles mathématiques.

  La question, pertinente, qu’un philosophe pourrait se poser, au sujet de cette complexité dans laquelle la science s’est embourbée aujourd’hui, est la suivante : pourquoi ne pas choisir la théorie ou la découverte la plus adéquate dans cet ensemble aux ramifications indéfinies[15] ? En effet, dans le champ de la physique quantique, on multiplie à l’infini la nomenclature des éléments de ce qu’on appelle la matière ou la nature. Les physiciens parlent volontiers d’Électron, de Neutrino électrique, de Quark Up, de Quark Down, de Muon, de Neutrino mu, de Quark charm, de Quark strange, de Tau ou Tauon, de Neutrino tau, de Quark Top, de Quark Bottom, de Bosons, etc. On perd la boussole dans ce brouillard de dénominations de particules élémentaires. Si la théorie de Newton présente des failles, entre autres, en raison du fait qu’il ignorait la force à l’œuvre dans la gravitation, et si l’électromagnétisme découvert par James Clerk Maxwell est effectivement ce qui lève le voile sur les mystères supposés de la gravitation, pourquoi ne pas choisir cette découverte comme la théorie universelle puisqu’elle explique un grand nombre de phénomènes physiques visibles ou invisibles et qu’elle permet de comprendre aussi la mécanique quantique ? Dès lors que cette force est à l’œuvre dans les corps infiniment grands et infiniment petits, on ferait l’économie de toute cette nomenclature des éléments de la physique quantique et même de la Relativité générale d’Einstein. On pourrait même la nommer la nouvelle théorie de Newton – Clerk Maxwell, soit l’électromagnétisme de la gravitation, avec une proposition d’écriture mathématique suivante … »

« Chapitre IV : Le lithion-sura ou le photon de la proximité de tout dans le Cosmos

II- Langage premier et unité indéfectible de tous les êtres et de tous les vivants   

  «  En réalité, cette intelligence immanente n’a nullement de degrés supérieurs ou inférieurs, suivant la complexité des vivants. En fait, tout vivant est, en soi, très complexe par-delà la connaissance que nous en avons. Elle est égale en elle-même et en tout être vivant ou non. Nous sommes tous dans des dispositions de compréhension et de communication mutuelles. Ainsi en est-il des végétaux. Nous rêvons que nous les dépassons infiniment par notre soi-disant intelligence abstraite. En effet, ils nous suraperçoivent aussi, peuvent sonder les reins de nos ultimes secrets. Ils nous observent, sondent nos intentions par rapport à eux. Ils nous comprennent quand nous leur parlons et ils communiquent avec nous sous leurs modalités d’appréhension du même monde que le nôtre. Mais l’Anthropos, qui est un monstre d’égoïsme, est indifférent par rapport à eux. Il ne les comprend ni ne les écoute. En fait, la faiblesse des végétaux réside dans leur passivité essentielle, leur impuissance par rapport à la domination du genre humain. Ne pouvant se faire comprendre par eux-mêmes à leurs bourreaux que sont les descendants d’Homo Sapiens, ils se contentent de pâtir et de se laisser mutiler, violenter, brûler, agresser, détruire, abattre comme on le fait par rapport à la vie des arbres, etc. Pourtant, ils nous protègent, nous procurent du bien-être, rendent possible notre vie (la qualité de l’air que nous respirons) sur notre commune Terre. Nous savons que nous appartenons tous, Anthropos, animaux, végétaux etc., à celle-ci. Or nous nous illusionnons sur le fait que nous la possédons par nos droits et propriétés, publics ou privés. En réalité, nous nous leurrons puisque, individuellement, collectivement nous serons vite emportés dans le Néant. Malgré notre conscience qui nous éclaire souvent sur le fait que nous sommes tous des mourants en sursis, nous continuons à mépriser le végétal, en général, et notre expansion continue dans l’espace terrestre se fait toujours et encore au détriment de lui.

   Toutefois, quels que soient leur niveau et leur forme de vie, les végétaux sont bien doués d’intelligence immanente plus ample et plus fine que la nôtre. La leur embrasse la nôtre et peut la contenir. Il est vrai que notre singularité réside dans notre pouvoir d’abstraction. Comme l’a déclaré, de manière très juste, Nikola Tesla : « Le jour où la science commencera à s’intéresser aux phénomènes non physiques, elle fera plus de progrès en une décennie que dans les siècles de son existence »[16]. Nous avons déjà souligné, dans notre ouvrage[17], l’ignorance dont nous faisons preuve par rapport aux pouvoirs immenses de notre cerveau en nous fondant sur justement les travaux de Peter Tompkins et Christopher Bird, entre autres. Notre cerveau peut effectuer bien plus de prouesses que nous ne pouvons l’imaginer, comme l’entrée aisée en contact avec les plantes et tout autre vivant sur la terre ou ailleurs, avec les éléments de la nature et même du Cosmos. Quelques analyses et exemples tirés de cet ouvrage et du nôtre seraient de nature à nous éclairer sur ce point. Ainsi, ces deux auteurs rapportent dans leur ouvrage que Pierre-Paul Sauvin, un ingénieur-électronicien américain, a fait une expérience quelque peu étrange : il apprit à un philodendron à arrêter un petit train électrique. En effet, cette plante réussit fort bien à couper le circuit électrique de son petit train par l’intermédiaire d’un relai. Car le philodendron serait susceptible de réagir à la douleur qu’un être humain peut éprouver. De même, en 1966, à New York, un policier eut recours à une plante comme détectrice de mensonges. Il s’agit de Cleve Backster, doué d’un cerveau quantique.

   D’abord, à titre d’expérience, il fit souffrir une plante d’appartement, que sa secrétaire avait achetée, en désirant brûler la feuille sur laquelle il avait placé des électrodes. Il voulait observer ses réactions électriques. Au moment où il prit cette décision, avant même de sortir son briquet de sa poche pour passer à l’acte, il remarqua aussitôt que l’aiguille enregistreuse du galvano avait bondi brusquement par l’indication d’une conductivité accrue de manière violente. Soumise au détecteur de mensonges, la plante semblait avoir ressenti la menace de douleur venant de sa part ; une menace seulement formulée au niveau de sa conscience. Toutefois, il fit semblant de vouloir brûler une autre feuille ; mais il n’y eut aucun mouvement de l’aiguille, comme si la plante savait qu’il n’avait nullement l’intention de passer à l’acte. Alors, il fut persuadé que les végétaux doivent percevoir nos sentiments et éprouver de la sensibilité au même titre que les animaux ou les êtres humains.

   Ensuite, pour prouver qu’une plante est en mesure de trouver un coupable, il fit l’expérience suivante : il ordonna de bander les yeux de six individus soumis à l’expérience, puis les invita à prendre dans un chapeau un papier plié au milieu de tant d’autres. Il avait fait écrire sur l’un de ces papiers l’ordre de détruire, en l’arrachant, l’une des deux plantes qu’il avait mises dans son bureau. L’un des six individus fut désigné, de manière fortuite, pour commettre le forfait, à l’insu des cinq autres. Il ne restait donc qu’un seul témoin dans le bureau, à savoir la plante épargnée. Il fit mettre des électrodes sur celle-ci avant de demander que chacun des six individus défile, à tour de rôle, devant la plante. Mais, au passage de l’un d’entre eux, l’aiguille de galvano, soudain, se mit à s’affoler ; ce qui désignait expressément le coupable. À défaut de savoir scientifiquement ou rationnellement par quel moyen la plante reconnut le coupable, il fit l’hypothèse que ce pourrait être par une espèce de télépathie ou par quelque faculté inhérente à tout vivant que la raison humaine ignore encore.

  Enfin, l’ultime expérience, que nous retiendrons parmi tant d’autres effectuées par Cleve Backster, consistait à se demander si les plantes étaient aussi sensibles à la mort que les espèces animales. À cet effet, il plaça dans deux pièces différentes, éloignées l’une de l’autre, des crevettes et une plante. Les premières, encore vivantes, frétillaient sur un plateau instable et déposé au-dessus d’un récipient d’eau bouillante. Au terme d’un certain temps, à force de mouvements désordonnés, les crevettes basculèrent toutes dans l’eau en ébullition. Pendant ce temps, dans l’autre pièce où se trouvait la plante et sur laquelle on avait mis le galvanomètre, Cleve Backster et son équipe remarquèrent un tracé turbulent des réactions électriques sur une feuille avec des coordonnées. Ils se précipitèrent dans la pièce où se trouvaient les crevettes et s’aperçurent qu’elles étaient en train de mourir dans l’eau bouillante. La plante[18] avait, alors, perçu ou senti, avant tout le monde, la mort des crevettes par l’intermédiaire du tracé électrique tout à fait différent de celui qui peut enregistrer une émotion.

  Ainsi, toutes les espèces vivantes, émergées à partir des mêmes structures biochimiques élémentaires peuvent communiquer entre elles par des médias propres et inconnus de l’espèce humaine. Donc, il est possible de soutenir que tout ce qui est, perceptible ou non, est en synergie de façon absolue, en intersensibilité, en intercommunication dans le creuset de la Matière/Énergie/Esprit. Les végétaux, les animaux et toute autre espèce vivante sur terre, si l’on s’accorde à reconnaître que la vie, c’est de l’Énergie, à l’instar de la matière elle-même, communiquent par des réactions chimiques organiques et opèrent des transmutations continues, par combinaisons irradiées du lithion-sura, qui nous échappaient totalement ; du moins jusqu’ici.

   Cette panintelligence, répandue dans le Cosmos grâce au lithion-sura, est également partagée par toutes les espèces vivantes sans exception. Tous les animaux parlent non pas suivant la puissance du verbe, mais en vertu d’un langage qui opère des combinaisons intelligentes et toujours prescientes par rapport à l’espèce humaine. C’est un langage ou ensemble de codes intellectifs des profondeurs de l’être ; un langage d’arrière-monde qui, se passant de mot, s’opère dans un fluide invisible, mais densément réel. Or nous venons tous de ce creuset des profondeurs et ensemble nous y vivons. En ce creuset primordial et unitif, la communication sous ses diverses figures, voire la compréhension intelligente s’opère sans la puissance du verbe qui ne sait que discourir. La communication se fait d’emblée intelligence mutuelle sous forme de fluide invisible ou de nano-ondes. Elle a lieu au-delà de la différence constitutive de tous les vivants. Il nous suffit, pour étayer la réalité de cette nouvelle compréhension des phénomènes, de citer l’histoire du fameux Poulpe appelé « Paul la pieuvre » et surnommé « l’oracle de d’Oberhausen »…

Chapitre VI : L’Anthropos comme créature complexe et agent de la Combinaison – Une autre herméneutique du sujet humain

B- L’intelligence du corps humain et ses multiples mondes endogènes

« Notre corps peut se prévaloir d’une unité qui le caractérise en profondeur : aucun animal, même s’il l’annonce, ne l’atteint à ce niveau. Mais l’intégration ne peut signifier l’homogénéité. Il lui faut donc des différences : il les appelle dans la mesure où il ne se ramène pas à l’uniformité. On n’unit vraiment que le dissemblable, sinon, à mêler seulement le même avec le même, on retombe dans la simple addition » (François Dagognet : Le corps (PUF, coll. « Quadrige », Paris 2008, p.12).

1) Le corps est un univers impensable

  « Il est expédient de comprendre autrement l’image du corps qu’elle n’est appréhendée dans la Philosophie et les sciences modernes.

   D’aucuns seraient, peut-être, surpris de lire ici l’expression « l’intelligence du corps ». Toutefois, dans l’économie de nos investigations, une telle posture de l’esprit n’a pas lieu d’être. En effet, dans les chapitres précédents, nous avons déjà démontré qu’en raison du lithion-sura qui traverse à la fois l’Enéragentie ou Matière/Énergie et toutes les formes de vie qui peuplent tout le Cosmos, l’intelligence, quelle que soit sa forme spécifique, est inhérente à tous les phénomènes ou êtres, à tous les vivants sans exception. Par exemple, sur notre commune Terre, grâce au lithion-sura, tous les êtres ont accès à la même forme de communication mutuelle sous diverses figures et modalités. Ce faisant, tous participent à l’intelligence universelle immanente à la structure élémentaire de ce qu’on appelle classiquement la Matière. Toutefois, il ne s’agit nullement de degré supérieur ou inférieur du mode d’intelligence des êtres et des vivants, mais des modalités différentes de la même intelligence qu’ils ont tous en partage. Chez les Humains, grâce au langage logique qui a conduit à l’émergence de la conscience et, donc, de la raison, l’accès à l’Intellection permet seulement une vision globale, universelle des phénomènes. Ce faisant, la singularité de notre conscience n’a donc pas nécessairement voix au chapitre de l’intuition prédictive immanente à l’intelligence première transversale, ni de la suraperception propre aux cerveaux quantiques.

  En revanche, l’inconvénient d’une telle faculté, c’est-à-dire le langage logique, consiste en ceci qu’elle opère une scission essentielle entre les Humains et les autres espèces vivantes tant animales que végétales. Ce qui fait que ceux-ci ne participent pas au langage universel et à sa pancommunication si ce n’est par privilège ou par artifices. Le privilège concerne ceux d’entre les Humains que le cerveau dote de grâces, ou de facultés exceptionnelles permettant d’opérer l’effraction de l’enfermement du langage logique pour pouvoir accéder à la forme universelle de la communication. Ils ne sont pas légion sur la terre. Mais ils se rencontrent chez tous les peuples. Quant aux artifices, ils tirent leur efficacité et leur dépassement des limites du langage logique grâce aux instruments de la technoscience. Nous avons déjà montré comment des expériences effectuées sur des plantes aux États-Unis[19] ont prouvé, de façon manifeste, que les plantes, par ce qui leur est propre comme finesse de la sensation, « connaissent » mieux les êtres humains que ceux-ci ne peuvent l’imaginer. Ce n’est pas une question de croyance ou de foi, mais de constat. Une telle forme d’intelligence est semblable à celle du corps humain[20] sous sa dimension propre, c’est-à-dire tout l’espace de sa courbure.

    En réalité, holos par excellence, comme le Cosmos suivant sa propre dimension, le corps échappe à toute pensée fondamentale. Cela tient au fait qu’il est insituable en vertu de l’ensemble des facultés qui ont émergé en lui, tels que l’âme, la conscience, le cerveau et l’esprit en quelque sorte, mais qui ne sont rien sans sa polynoeudalité – nous le montrerons ultérieurement – en termes de fonctionnement complexe et de combinaisons indéfinies d’énergie. Malgré la position éminente du cerveau dans la verticalité de l’être humain, il n’en demeure pas moins que le corps se pose comme la matière finie et première de celui-ci. Tous les secrets de l’immensité de ses pouvoirs s’enracinent en lui, prennent vie en lui. Les éventuelles limites du cerveau ne sont pas à chercher dans les bornes du corps qui semble, au contraire et dans l’absolu, en être dénué. C’est pourquoi le corps humain paraît un étrange étranger à la pensée. Celle-ci glisse sur lui comme frappée d’impuissance à en faire le tour, à le pénétrer si ce n’est par les pouvoirs de l’imagon qui suscite toujours des désirs intéressés. Elle est comme dépourvue de la volonté de le connaître intimement. Du moins, elle n’a qu’une vue partielle de lui.

  C’est pourquoi, au sujet de la complexité du corps, François Dagognet n’hésite pas à écrire : « Le corps, concrétisation du vivant, nous paraît malaisé à déchiffrer, tant il mêle l’« en soi » et le « pour soi », l’extériorité et l’intériorité. À s’en tenir à l’un de ses aspects, on manque l’autre et donc on s’égare »[21]. Il le dissèque dans cet ouvrage comme un « méta-corps » qui « émerge et se développe » dans le monde tel un phénomène qui néantise nos moyens de le comprendre. Car le « méta-corps » dépasse et surextériorise le nôtre dans la culture – avec le retour au naturel ». En d’autres termes, le corps n’est pas un épiphénomène comme les philosophes ont manqué de l’étudier, de le comprendre et, ainsi, de le connaître. C’est la réalité même des Humains en tant qu’objet de toutes les formes de revendication, de toutes les figures de la pensée, des recherches scientifiques et médicales, des questionnements métaphysiques et religieux, etc. En d’autres termes, le corps est, par excellence, une totalité close comprenant son organe supérieur qu’est le cerveau. C’est lui qui ordonne et conduit ses activités, toutes ses fonctionnalités de manière souveraine. En réalité, nous ne pouvons pas le connaître puisqu’il possède, en soi, tous les savoirs.

   Malgré la négligence ou le mépris du corps par la pensée philosophique, il n’en demeure pas moins que celui-ci est l’objet quotidien des conversations en tant qu’il est à la fois l’ombre et la lumière. L’ombre parce qu’il est absolument et intimement inconnaissable. Donc, il semble être toujours une énigme, un ensemble complexe de mystères. Il nous effraie par les pires pathologies dont il est potentiellement porteur. C’est le cas des germes de nos multiples formes de cancer qui se tapissent dans ses méandres les plus obscurs, les plus abyssaux. Et nous désespérons de le voir résister encore face aux pires supplices, aux tortures les plus abominables, aux souffrances indicibles des maladies gravissimes. C’est un gigantesque miroir aux multiples facettes que nous promenons, tout au long de notre existence, au milieu des autres, nos proches dans nos environnements. Il en est de même de nos liens établis avec nos lointains semblables – les êtres humains des autres continents – à travers des instruments de la technoscience contemporaine tels que le téléphone, la télévision ou l’Internet. Notre corps est le temple même de tous les paradoxes humains en tant que, par lui, nous pouvons être objets de haine, de mépris, de rejet. Mais, inversement, on lui témoigne peu d’admiration, d’amour hormis l’effet des phénomènes hormonaux qui rapprochent des êtres humains en vue de la reproduction de l’espèce. Certes, il y a l’amitié philosophique. C’est même le plus beau sentiment de toutes les vertus humaines. Mais il est rare. Tel est, d’ailleurs, le sens de la lumière du corps figurée par toutes les sources de l’éclat de l’Humain. Il se transfigure essentiellement quand il manifeste le signe du divin en lui par l’expression des vertus éminentes comme le respect d’autrui, l’amitié, l’oblation, la grâce de l’amour, etc. Par de telles vertus, il accède à la figure du Divin ; mieux, il devient lui-même comme l’image du Divin, soit un divin à sa manière dans l’amplitude de la lumière polygalactique du Divin ».

II- Le corps est un compendium de corps microscopiques

A- Les connaissances du vivant vers le fondement de la réalité du corps composé de corps

   « Lorsque l’on s’avise d’inspecter le corps humain du dehors, il donne l’apparence de la figure de quelque chose d’uni et de simple. Si l’on s’en tient à cette vue extérieure pour tâcher de l’appréhender, de le connaître ou d’en proposer une conceptualisation, inévitablement on risque de se tromper. En revanche, si nous faisons l’effort d’observer attentivement l’anatomie de ses différentes couches qui le conforment, on est frappé d’admiration par le génie de l’ensemble de ses infrastructures qui, par collaboration et relation mutuelle, rendent possibles les puissances infinies de combinaison à l’œuvre dans son fonctionnement, dans sa vie. On comprend alors que François Dagognet, au sujet du vivant et de sa structure interne complexe puisse soutenir, avec raison qu’« on le tient pour un « transformateur », un incomparable « opérateur », sinon une sorte d’agent industriel »[22]. En effet, une telle affirmation se comprend tout à fait quand on sait que lui-même a déjà entrepris une exploration en profondeur du corps. Il a initié une aventure inverse de celle de ses prédécesseurs philosophes qui ont semblé fuir ou, plutôt, négligé le corps. François Dagognet, en vertu de sa méthode de philosopher qui consiste à connaître tous les objets de la réalité humaine, s’était donné pour mission de ne rien négliger dans l’étude philosophique du corps, y compris jusque dans l’analyse du « corps libidinal » (p.109) puisque la Raison philosophique se donne tout l’être à explorer, à tâcher de connaître pour demeurer fidèle à ses principes de Science première du Tout. En cela, sa vision des phénomènes est claire : rien de ce qui concerne les réalités humaines, le monde ne doit être laissé de côté. La Raison philosophique a pour finalité de s’intéresser à tout. C’est pourquoi sa pensée le conduit à « la reconnaissance de plusieurs corps dans le corps même, mais ils sont susceptibles, malgré tout de se conjoindre »[23]. Il l’a exploré, disséqué, fouillé sous l’angle de la santé (physiologie) tout autant que sous celui de ses multiples pathologies et de leurs approches thérapeutiques. En ce sens, il est permis d’affirmer que ses travaux sur le corps, antérieurs à ceux de Giulia Enders[24], sont plus complets dans la connaissance de celui-ci par la Raison philosophique et scientifique. Cette dernière s’en est tenue à ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler le « deuxième cerveau », c’est-à-dire la zone du bas ventre[25].

   Au regard des données précédentes, le terme « corps », qui évoque l’idée de matière inerte, si l’on peut dire, disconvient totalement pour le qualifier suivant sa structure complexe et ses niveaux de vie et de fonctionnement. Convenons de le nommer autrement : la biocorpora[26]  en tant que biosphère en soi, c’est-à-dire au sens premier de ce terme. En effet, selon Le Robert, c’est ce qui est composé de « globule supposé à l’origine de tous les corps organisés ». Car le terme « globule dérive du latin « globulus », « petite boule, diminutif de globus » ou globe. Donc, la conformation des composés élémentaires du corps montre ainsi que chacun est, en soi-même, un globe biochimique, voire une biosphère à part entière. On voit déjà poindre à l’horizon de la définition et de la pensée du corps l’impasse dès lors que les microstructures du corps dépassent infiniment tous nos moyens ordinaires issus de la raison. À ce sujet, Giulia Enders parle « des zones qui sont pour nous terra incognita » (p.103) dont les populations indéfinies et innommables telles que les microbiotes, qui peuplent tous les espaces et environnements du bas-ventre.

    Mieux, toutes les disciplines scientifiques qui prennent le corps pour objet d’études manquent de le connaître de manière générale et universelle. Il est, certes, présent en chacune d’elle par la spécialisation de sa nomenclature conséquente. Ce faisant, chacune ayant pour objet d’études une minime partie du corps qu’elle explore à loisir et dissèque à l’infini, les sciences du vivant ont fini par créer une sorte de Tour de Babel. Dès lors, elles ne se comprennent plus entre elles. Chacune propose une connaissance particulière et partielle du corps. Mais elle ignore ce que font toutes les autres disciplines ni la nature de leurs savoirs spécifiques. Donc, toutes ignorent ce qu’est le corps comme un tout, comme une unité, et elles manquent de le connaître réellement. Ainsi, en anatomie visible, plusieurs nomenclatures servent à l’institution de savoirs spécifiques. Il est question d’appareil ou de système tels que : l’Appareil cardiovasculaire, l’Appareil digestif, le Système endocrinien, la constitution lymphatique, l’organisation musculaire, le Système nerveux, l’Appareil reproducteur, l’Appareil respiratoire, la structure immunitaire. Si nous prenons une sphère donnée, telle que celle de l’ORL (Oto-rhino-laryngologie), elle comprend les zones suivantes : l’ouïe, la voix, la déglutition, le goût, la respiration, l’odorat, l’équilibre, etc. Et chacune de ces multiples mini-parties du corps, complexes en soi, nécessite autant de spécialistes qu’il est possible.

    En dehors de l’agencement et de l’armature du squelette, ossature du corps, qui est déjà une organisation d’une finesse outrepassant nos moyens de création, la disposition du système nerveux central et périphérique dans le corps comme système complexe de réseau donne le tournis à la raison. Face à une si parfaite harmonie de la complexité, notre raison est frappée d’impuissance. À un autre niveau des couches successives de la substruction du corps, l’architectonique du système circulatoire sanguin clos semble être l’œuvre d’un artiste divin. Son organisation défie toute tentative de pensée rationnelle. Elle voue à l’échec tout essai de comprendre effectivement comment ce réseau complexe de relations s’harmonise en parvenant à fonctionner de manière si parfaite. À ces armatures ingénieuses du corps humain se conjoint, suivant la même cohérence et la même complexité, la texture du système musculaire. En effet, la morphologie structurale des muscles est ingénieusement complexe par la conformation, l’agencement des diverses plaquettes tissulaires, des filaments, des plissures si nombreuses et si complexes, voire élémentaires, qu’il manquerait des mots adéquats pour décrire avec exactitude et précision la réelle biosphère qui en est la substance. Depuis les muscles du visage, du cou, de la poitrine, des épaules, des bras et des avant-bras jusqu’à ceux de l’abdomen, des fessiers, des cuisses, des genoux, des mollets et des pieds, on est frappé d’admiration par la manière dont ils s’emboîtent les uns dans les autres. Ils apparaissent comme des paysages avec des reliefs structuraux, des superpositions de filaments, des ligaments, des épaisseurs variées à l’infini, des couches infra et supra disposées finement et harmonieusement. Tout cet espace complexe donne la vision d’une ossature avec un réseau de dispositions et de relations, voire de texture fort bien composée.

   Cette biosphère infiniment complexe est lissée finement par une couche de matière biochimique depuis la tête jusqu’au bout des doigts et des orteils. C’est ce fonctionnement délicat, harmonieux, équilibré et fort bien ordonnancé qui amène Dagognet à écrire qu’« Avec le vivant l’ininterrompu assure la vraie compénétration, une solidarité qui ne peut pas égaler le « bout à bout » même le plus adhésif »[27], comme le fait l’ingéniosité humaine dans la création de certaines œuvres artistiques. En d’autres termes, non seulement le corps, malgré ses divers niveaux de complexité et d’emboîtement, travaille avec art, mais use d’une intelligence singulière qui dépasse infiniment la nôtre. Le corps est la maîtrise de l’art de combiner des forces différentes, des biosphères si variées que Dagognet écrit encore à son sujet : « Notre corps peut se prévaloir d’une unité qui le caractérise en profondeur : aucun animal même s’il l’annonce ne l’atteint à ce niveau. Mais l’intégration ne peut signifier l’homogénéité. Il lui faut donc des différences : il les appelle dans la mesure où il ne se ramène pas à l’uniformité. On n’unit vraiment que le dissemblable, sinon, à mêler seulement le même avec le même, on retombe dans la simple addition »[28]. En d’autres termes, notre corps fait figure d’un univers hermétique : la peau tâche de protéger l’organisme des formes d’agressions extérieures. Mieux, il réussit à gérer l’extrême diversité, les niveaux multiples de complexités, les différences indéfinies de ses constituants au point que tout ceci confine à un sublime niveau de perfection. À titre d’exemple, personne n’entend les bruits infernaux de la circulation du sang dans ses propres artères. On eût dit les bruits assourdissants qu’on entend dans une usine de fabrication d’automobiles. C’est ce que les professionnels de santé appellent les bruits de Korotkoff (Nikolaï). On en fait l’expérience soi-même lorsque ceux-ci prennent la mesure de notre pression artérielle avec un stéthoscope posé sur notre artère brachiale ; ou pendant l’examen de nos artères par un angiologue… »

« Chapitre X : De la nature manifeste du genre humain

I- Considérations générales sur la cruauté comme marque distinctive de l’espèce humaine et ses effets néfastes sur les comportements

« En fait, lorsque tout être humain est sous l’empire duonique de sa conscience, il faut admettre que la cruauté est la marque distinctive de l’Anthropos. Certes, par diverses manières, qu’on pourrait considérer comme des subterfuges, ce dernier a toujours tenté de se distinguer des autres espèces vivantes. Les religions dites révélées, par un grossier mensonge qui prétend qu’il est l’œuvre la plus parfaite de leur Dieu, faite, en outre, à son image, puis la Philosophie qui l’a élevé au-dessus de tout par la culture de la raison sont, entre autres arguties, les sources de ce sentiment de son orgueil démesuré. Pire, il va cheminer dans cette illusion de sa supériorité par rapport à tout autre vivant en établissant même une prétendue hiérarchie entre soi et soi-même. À cet effet, il invente un concept, la « race ». Or ce mot est destiné à l’origine à distinguer les différentes espèces végétales ou animales dont il cherche justement à se différencier. Par l’usage de ce terme, il veut démontrer, à la faveur d’un superbe mensonge, qu’il y aurait des races différentes parmi les descendants d’Homo sapiens. Certaines d’entre elles seraient supérieures à d’autres. Mais comment un être humain peut-il se croire supérieur à un autre alors qu’il est astreint aux mêmes besoins de son organisme que tout autre ? Il se reproduit par les mêmes mécanismes ataviques que tous les autres mammifères. Au cours de sa vie, il sera contraint maintes et maintes fois de s’asseoir sur le trône des déjections. S’il voulait réellement échapper à son destin de l’être le plus cruel qu’il est, unique en son genre sur notre commune Terre, cette voie, qui consiste à se croire supérieur à tous les autres êtres dans le règne des vivants, est un échec manifeste.

  Sigmund Freud, par ses travaux en psychanalyse, a voulu faire croire à l’humanité que la cruauté – il s’agit d’une forte inclination à faire souffrir autrui ou à s’infliger des tortures atroces pour jouir dans un cas comme dans l’autre – serait de nature pathologique. En d’autres termes, Freud pense qu’il s’agirait de désordre psychique lié à un inconscient morbide dont les origines sont à chercher dans l’histoire infantile de ce genre de malades. Qu’il s’agisse de « sadisme », soit le plaisir éprouvé dans l’acte, l’art même d’infliger des souffrances à autrui, ou de « masochisme », c’est-à-dire la jouissance éprouvée dans les douleurs qu’on fait subir à son propre corps, Freud voulait exempter la majorité de l’Humanité de son inclination cruelle. Celle-ci est, pourtant, bien tapie au fond de son être. Or, avant lui, le Marquis de Sade avait bien prouvé que la cruauté est inhérente à ce qu’il appelle la nature humaine ; même si celle-là est quelque peu atténuée par la culture ou la socialisation. C’est en ce sens qu’il écrit : « La cruauté, bien loin d’être un vice, est le premier sentiment qu’imprime en nous la nature ; l’enfant brise son hochet, mord le téton de sa nourrice, étrangle son oiseau, bien avant que d’avoir l’âge de raison »[29]. On comprend alors que c’est bien la culture qui corrompt la nature sous sa figure brute et, donc, féroce. Mais, ce qui manque de clarté dans ses analyses tient au fait qu’il ne spécifie nullement ce qu’est la fameuse nature en question.

  Il faut dire, sur ce point, que ni la Philosophie, ni les sciences dites modernes, quelles qu’elles soient, ne nous éclairent davantage sur ce qu’est la nature humaine. Pourtant, ce concept occupe tous les débats, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Il remplit même et les livres et nos bibliothèques sans que, pour autant, on n’ait encore pu lever le voile ou le flou qui le recouvre. En réalité, tel que nous semblons tous l’entendre, la nature désignerait notre organisme. Il ne peut en être autrement puisqu’on parle volontiers de nature[30] humaine ou de nature animale. Mais, à la première, on adjoint, il est vrai, soit la raison, soit l’âme, soit la conscience, etc. Pourtant, nul ne peut s’aviser de parler de cruauté animale dans son mode de fonctionnement vital par rapport à ses congénères de la même race, par exemple, les lions, et même eu égard à des races différentes, en l’occurrence, les animaux qui leur servent de proies. D’où vient donc que le concept de « nature humaine » n’ait pu être éclairé, précisé, approfondi par les plus brillants esprits parmi les « Pionniers de l’Humanité » que sont les Philosophes ?  Sans doute, on peut tout à fait penser qu’ils ont manqué de vigilance par rapport à l’examen minutieux du fonctionnement du cerveau humain. 

    Précisons davantage. Ce que l’on appelle « nature humaine », qui s’apparente, d’ailleurs, à un concept abstrait, vide, indéfini, voire dénué de détermination précise s’enracine, en réalité, dans une constitution elle-même fondée sur une structure composée d’éléments bio-psycho- culturels complexes, divers et variés. En elle, il convient de distinguer deux composantes différentes qui la constituent : ce qui est universel et que tous les vivants ont en partage, c’est la dimension bio-physico-chimique. Sous cet angle, la Philosophie, autant d’ailleurs que toutes les autres sciences qui dérivent d’elle, regarde la nature comme ce qui dérive de l’inné. D’autant plus que ce terme dérive du participe latin natus, né, du verbe nascor. Suivant cette étymologie, la nature d’un être se transmet par hérédité[31]. Sur ce point, l’Anthropos a eu tort de vouloir se mettre à distance de ce qu’il appelle l’« animal ». Or, comme on le sait, lui-même n’est rien d’autre qu’un animal comme les autres espèces vivantes. Car toutes sont douées de mouvement comme principe fondamental servant à les définir ou à les qualifier. En revanche, ce que l’on pourrait reconnaître comme « nature humaine » et qui est spécifique au genre de vivants dits humains tient au fait que ses caractéristiques morphologiques et psychologiques se fondent sur une constitution bio-psycho-culturelle.

    En d’autres termes, la « nature humaine » est, en définitive, une donnée permanente et structurante de la personnalité individuelle – celle-ci est toujours susceptible de connaître des mutations heureuses ou néfastes – et un habitus transmissible propre aux modalités d’existence des peuples. Il prend des formes variées par la prégnance et, donc, la pesanteur de leurs cultures. Dans ces travaux d’investigations, nous avons montré comment les phénomènes de la mutation culturelle s’opèrent dans le cerveau humain au sujet du cas d’Herman Lehmann, un enfant issu de parents immigrés allemands devenu indien à la suite de sa capture à 11 ans par un groupe d’Apaches dans le territoire du Texas au XIXe siècle. Ce cas, qui n’est pas le seul aux États-Unis, illustre bien notre définition de la nature humaine qui réfute le concept d’innéité par rapport à la force des facteurs culturels sur l’idiosyncrasie des individus.

   On dit couramment que l’habitude est une seconde nature. Il faut inverser ce vieil adage des nations : la nature humaine est édifiée, construite, codifiée, établie et achevée par l’habitude. En ce sens, celle-ci est première et la nature dite humaine est seconde. Cependant, une fois que le travail initial de l’habitude est achevé, il n’en demeure pas moins qu’elle reste toujours active dans l’édification de la nature des peuples et des individus. C’est ce qui explique que la nature humaine est relative dans la mesure où elle se constitue en fonction des environnements physiques, des religions et de diverses croyances, des savoirs, de l’art, de la mise en avant de valeurs culturelles érigées au rang d’êtres métaphysiques suprêmes, de conduites et de dogmes rigidifiés, d’impératifs catégoriques, etc.

    En réalité, la difficulté de la pensée humaine à se détacher de soi pour mettre à distance ce qui fait sa nature résulte du fait fondamental qu’elle est, aussi, le fruit d’une combinaison binaire. Car, en elle, il y a à l’œuvre l’intrication des éléments bio-physico-chimiques communs à tous les vivants, d’une part ; mais, d’autre part, le travail des composantes psychiques et de l’imagon gouvernent les causes de l’émergence des cultures dans leur diversité indéfinie. C’est aussi ce dernier principe qui structure l’habitus tant en amont qu’en aval. Il s’agit de l’origine de celui-ci et de la fixation des résultats de son travail originel et originaire – ceci qualifie les conduites individuelles qui se modèlent sur celles d’une communauté donnée – tout autant que la permanence de l’activation inhérente à l’imitation. En effet, il est établi que tout apprentissage, toute conduite, toute éducation se fonde sur cette dernière dans le règne animal, c’est-à-dire toutes les espèces vivantes, dont le genre humain. Et l’on comprend tout à fait les raisons pour lesquelles il a toujours été difficile d’expliquer la nature humaine. Jusque-là, l’on se contente de l’effleurer ou, tout simplement, de l’admettre telle quelle sans en connaître l’essence effective, comme nous l’avons vu ci-dessus » etc.


[1] Voici le temps du monde fini (Seuil, Paris 1991, p.43)

[2] A ce sujet, Lincoln Barnett écrit : « Cependant, à chaque pas que fait l’homme à la découverte du réel, le mot expliquer s’appauvrit de contenu un peu plus. La science est incapable d’expliquer vraiment ce que sont l’électricité, l’électromagnétisme, la gravitation. On peut mesurer et prédire leurs effets, mais leur ultime essence nous est aussi inconnue qu’elle pouvait l’être à Thalès de Milet qui, le premier, vers 585 avant Jésus Christ, méditait sur l’électrification de l’ambre » (p. 14)

[3] Einstein et l’Univers (Idées/Gallimard, Paris 1951, p.p. 7-8)

[4] Dans son livre Physique moderne et philosophie – Trad. Claude Maillard-(A. Michel, Coll. « Sciences d’aujourd’hui », Paris 1999), ce physicien rapporte les aventures du neutron qui s’appellera ultérieurement neutrino, et la difficulté qu’il a eue à convaincre le collège des scientifiques de son temps de l’adopter comme l’un des composants possibles ou potentiels de la matière. D’abord, il reconnaît, c’est Ernest Rutherford – il est considéré comme le père de la physique nucléaire – qui, le premier, « avait proposé pour la nouvelle particule hypothétique correspondante le nom de neutron » (p. 237). Ayant été convaincu lui-même du sérieux de cette entité potentielle, il adresse une lettre à ses collègues réunis à Tübingen en décembre 1930 en les invitant à lui prêter leur attention étant entendu qu’elle pourrait résoudre alors, l’impasse relative à l’élaboration cohérente de la science de son époque : la physique quantique. C’est en ce sens qu’il écrit : « Il s’agit de la possibilité qu’il existe dans les noyaux des particules électriquement neutres, que je propose d’appeler neutrons, dotés d’un spin de valeur1/2, obéissant au principe d’exclusion et qui de surcroît se distinguent des quanta de lumière par le fait qu’ils ne se déplacent pas à la vitesse de la lumière. La masse des neutrons devrait être du même ordre de grandeur que celle de protons » (p.239), etc. On remarque, par les termes de cette lettre, qu’il s’agit de créer un être en précisant les éléments de sa définition auxquels il doit correspondre pour être capturé par les machines. Donc, la création d’un concept en physique émerge de données mathématiques prédéterminées pour lui conférer une existence scientifique.

[5] Le boson et le chapeau mexicain : un nouveau grand récit de l’univers (Gallimard, Paris 2013)

[6] La Bible de Jérusalem (Desclee de Brouwer, Paris 1975)

[7]  Les trois premières minutes de l’Univers (Seuil, Paris 1978, p.p.14-15)

[8] Stephen Hawking L’univers dans une coquille de noix. (O. Jacob, paris 2001)

[9] La science physique a beaucoup varié sur cette datation sous prétexte qu’on parvient à une fine précision des outils technologiques permettant une telle estimation. Il y a quelques décennies, on parlait de 20 milliards, puis 18, puis 17, puis 15 etc. Chaque fois, nous croyons en ces données comme réelles ou vraies

[10] Ce terme ironique a été inventé par l’astrophysicien anglais Fred Hoyle le 28 mars 1949, lors d’un programme de la BBC. Il en a fait usage pour signifier, de manière ironique, le concept « d’explosion originelle » qui, dès les années 1920, avait été introduite dans le modèle cosmologique initial par l’astrophysicien belge Georges Lemaître, d’une part, et de l’autre, par le russe Alexander Friedmann. Suivant cette donnée, il semble que les physiciens et astrophysiciens se jouent eux-mêmes de concepts peu solides ou vagues ; du moins, ils ne se sont pas donnés beaucoup de peine pour construire sérieusement un modèle et un concept solide quant à l’origine des phénomènes. Ils se sont accommodés d’un terme ironique qui, au fond, ne signifie rien de bien sérieux. Mais, puisqu’il existe déjà, ils s’en sont saisi comme un trésor précieux.

(In Jean-Philippe Uzan CNRS Éditions, 2010 http://www.openedition.org/6540)

[11] Il est certain que si les physiciens choisissent d’autres modèles mathématiques applicables au calcul complexe de la gravitation, les mathématiciens et les physiciens trouveraient que cette gravitation, dans son champ spécifique, est la force suprême par rapport à d’autres qu’ils ne cessent d’inventer grâce aux outils mathématiques ; et que ce serait une nécessité.

[12] Principes mathématiques de la philosophie naturelle (Hachette Livres/BnF, Paris 2016)

[13] Les principes physiques de la théorie des quantas –Trad. B. Champion, E. Hochard – (Edit. Jacques Gabay, 1990)

[14] La théorie atomique et la description des phénomènes – Trad. Andrée Legros, Léon Rosenfeld (Edit. Jacques Gabay, Coll. « Les grands classiques Gauthier-Villars », 2000)

[15] Plutôt que de multiplier à l’infini les forces à l’œuvre dans l’espace Matière/Energie, comme le fait la technoscience, il convient de les comprendre en tant que manifestations multiples du même être : l’Energie. En ce sens, elles doivent être dissoutes, fondues en celle-ci seule pour signifier leur unification absolue.

[16] In Peter Tompkins, Christopher Bird : La vie secrète des plantes (Robert Laffont, Paris 1975, p. 326)

[17] Le génie du cerveau humain et ses merveilles. Tome 1 – De l’anthropologie quantique comme science ultime de l’Homme – (L’Harmattan, Paris 2015)

[18] Les thérapeutes traditionnels chez Lyéla, les Yana, voire les peuples amérindiens savent communiquer avec les plantes. A titre d’exemple, Bila Sawadogo nous a instruit que l’efficience de l’essence des plantes est fonction de l’exposition ou non au soleil. La médecine phytosanitaire est fondée sur un certain nombre de règles à respecter. Ainsi, suivant la nature de la pathologie à laquelle doit faire face un soignant, il doit tenir compte du moment où une plante ou ses feuilles doivent être cueillies. Ce peut être à midi, à 10h, à 14h, à 17h, voire à minuit ou à 2h etc. Avant de lui emprunter une part de son énergie, il importe de lui demander l’autorisation d’abord. Autrement, on court le risque de ne pas obtenir l’effet escompté.

    Quelques années auparavant, un autre médecin traditionnel, Handi, l’un des grands maîtres des transhumains de Diapaga, (Pays Gourmantché situé à l’Est du Burina Faso), nous confiait ceci au cours de l’été 2006 : « les produits que la nature nous donne et qui sont destinés à telle ou telle fin, ont une puissance efficiente neutre. Leur pouvoir d’action réel tient essentiellement à la force de la parole qu’on leur adresse ou qu’on prononce sur eux. Leur effet se présente comme actif ou inactif. C’est donc ce que nous voulons, que nous ordonnons à un produit (remède, talisman, théurgie, produit de charme etc.) de réaliser qui va provoquer l’effet escompté, qui va mettre sa puissance potentielle en branle et le faire agir suivant nos fins propres. Autrement, en soi-même, un produit de ce genre n’est rien. Dans son état initial, il ne produit aucun résultat. Dès lors, la puissance, l’efficacité de tout produit résulte de la force et de l’énergie psychiques d’un individu tout entier engagé dans sa parole, sa volition, dans la fin qu’il s’est fixée d’atteindre à travers l’efficacité d’un produit ». Celui-ci est constitué de ce que nous avons qualifié de nano-ondes ou de nanions. Il s’agit de forces potentiellement agissantes ou vectrices d’énergie.

[19] In Tompkins Peter, Christopher Bird (1975) : La vie secrète des plantes (Robert Laffont, Paris)

[20] Certes, d’éminents auteurs dans divers champs de la science comme David Wechsler (La mesure de l’intelligence de l’adulte- PUF, Paris 1973) ou de Daniel Goleman (L’intelligence émotionnelle Comment transformer ses émotions en intelligence –Robert Laffont, Paris, 1997) ont bien montré les limites de la conception de l’intelligence logique par la philosophie et la science. Selon le premier, l’intelligence logique ou cognitive chez l’être humain est une restriction de l’amplitude et de la variance de la capacité de l’être humain à s’adapter à l’environnement. Bien au contraire, l’intelligence, en son sens général, n’est pas une capacité unique. Elle se définit comme un agrégat, c’est-à-dire un ensemble de plusieurs formes d’aptitude spécifique à interagir avec son environnement. Quant au Dr Goleman, il insiste sur le fait que la définition classique de l’intelligence logique laisse dans l’ombre le pouvoir des émotions qui régissent d’autres parties des comportements humains. La preuve : il existe des personnes au quotient intellectuel élevé qui s’avèrent incapables de réussir leur vie au quotidien, alors que d’autres moins bien dotés sur ce point s’en sortent parfaitement. Dès lors, sa conception de l’intelligence émotionnelle permet de rendre compte de ces faits.

[21] Le corps multiple et nu (Edit ? Les Empêcheurs de penser en rond, Paris 1992, p.208)

[22] La maîtrise du vivant (Hachette, coll. « Histoire et Philosophie des Sciences », Paris 1988, p. 13)

[23] Le corps (PUF, coll. « Quadrige », Paris 2008, p.12).

[24] Le charme discret de l’intestin- Tout sur un organe mal aimé – (Actes Sud, 2015)

[25] Il faut dire que le succès mondial de cet ouvrage tient davantage à sa dimension pratique (hygiène de vie, recherche de bien-être, de santé etc.), à son langage et à ses dessins quasi enfantins qu’à une connaissance révolutionnaire de cette partie du corps humain. C’est le caractère utilitaire des recherches liées à la technoscience qui fait son succès auprès du grand public comme on dit ordinairement.

[26] Pour mieux comprendre le sens de ce concept par l’image, on peut voir avec un grand intérêt le documentaire « Notre corps, ce réseau social », de Pierre-François Gaudry (France-Japon, 2020). Il est passé sur France 5 le 19 novembre 2020 à 20h50. Dans ce film, il est question du « corps comme une fabuleuse machine communicante ». Notre corps y apparaît comme un réel réseau social, au sens courant de cette expression. Il est traversé de part en part par des interconnexions parce que nos « organes se comportent {comme ses réseaux sociaux} : ils tweetent, envoient des alertes, créent des réseaux… ». En d’autres termes, ce documentaire est un « fabuleux voyage à la découverte de conversations secrètes de notre corps », etc. La biocorpora est une totalité physique vivante, toujours en activité comme un volcan actif, au risque de la cessation immédiate de la vie en soi et pour soi-même. C’est même l’image du monde humain entier en un espace clos et bouillonnant.

[27] La maîtrise du vivant p.36

[28] Le corps (PUF, Coll. « Quadrige » Paris 2008 p. 109)

[29] Sade (Le Marquis de) : La philosophie dans le boudoir (Folio Classique, Paris1976) 

[30] Certes, par extrapolation, le concept de nature sert aussi à désigner le monde physique qui nous contient comme l’un de ses éléments quelconques.

[31] C’est une telle conception de la nature humaine qui a donné lieu aux idéologies biologistes dites racistes du XIXe

et du XXe siècle. Même des scientifiques, notamment des biologistes, des philosophes, des historiens, etc., ont été profondément infectés par ces croyances scientifico-culturelles. Du haut de ce piédestal de savants supposés, ils ont empoisonné par leurs soi-disant savoirs scientifiques les liens entre les peuples et les individus en raison de la couleur de leur épiderme. Ils ont érigé l’épiderme blanc au sommet d’une prétendue hiérarchie des être humains. Ils ont surchargé de valeurs magnifiques les uns et nié de telles qualités aux autres. Il s’agissait essentiellement d’attributs culturels qui favorisaient ou non l’émergence et le développement de l’intelligence, le progrès de l’esprit, entre autres qualités laudatives. Pourtant, ils n’avaient aucune idée précise d’un tel concept, comme s’il n’était qu’un prétexte pour des êtres humains de haïr d’autres.

Laisser un commentaire