
Une figuration idéelle de la Cité de la Science de Platon
Une brève introduction
C’est à l’occasion d’une comparaison entre la justice dans l’individu et dans la cité que, au début du livre II de la République, la constitution politique est advenue comme objet d’une thèse essentielle à ce niveau de cet immense traité de philosophie politique si riche, si dense et si complexe qu’on en débat encore aujourd’hui sept mille plus tard. Car la notion de l’« individu » est vite remplacée par celle de l’« âme ». Aussi, on peut, comme l’a fait Jean-François Pradeau (Platon et la cité, (coll. Philosophie, Paris, PUF, 1997), parler de « psychologie politique » quant à la thématique générale de la République. Car les livres II à IV exposent la constitution de la cité, de telle sorte que la République aurait pu, sans doute, s’arrêter à ce niveau. Or les livres V à VII sont consacrés aux trois vagues d’objections qui pourraient épuiser le projet : exiger des femmes qu’elles partagent toutes les tâches, y compris celle de la défense ; instituer la communauté des femmes et des enfants ; donner le pouvoir aux philosophes. Enfin, les livres VIII à X décrivent le devenir, c’est-à-dire possibilité de la corruption de la constitution excellente, avant de revenir au point de départ en définissant l’homme juste.
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