Penser le corps. Réalité ou abstraction de la raison ?

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Corps tangible, corps flexible, corps dansant et vivant

Introduction

Notre analyse porte bien sur le corps et non des corps : corps n’est donc pas à prendre ici au sens classique d’objet étendu, de portion de matière. C’est du corps humain, et non du corporel ou du corporé en général, qu’il est question. Or, si penser le corps, c’est penser le corps humain, l’objet de l’analyse paraît très paradoxal. En effet, mon corps semble, de prime abord, un fait donné dans l’expérience au même titre que les autres objets. A partir de cette expérience du corps, il devrait être possible, non seulement de penser, mais de connaître le corps — et de fait le corps, en tant qu’objet empirique, a donné naissance à des savoirs formalisés par des disciplines scientifiques, comme par exemple la physiologie ou la biologie. En ce sens, la connaissance du corps ne devrait pas poser de problèmes qui ne soient en droit solvables par ces sciences. Dès lors, pourquoi parler alors d’une pensée du corps ? La raison en est que dans l’expérience du corps, le génitif est aussi bien subjectif qu’objectif : l’expérience du corps est aussi celle que fait mon corps. Dans la mesure où il est le point d’ancrage des facultés sensibles, voire le lieu de naissance de l’activité mentale, le corps apparaît comme la condition de possibilité de toute expérience et de toute pensée. Il se présente alors comme une sorte de point aveugle à partir duquel la connaissance peut se déployer, mais dont l’accès demeure, sinon fermé, du moins mystérieux. Dans cette perspective, la pensée du corps ne peut donc se déployer que dans l’espace d’une torsion, d’un redoublement qui est aussi un dédoublement de soi par rapport à soi.
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Bio-anthropologie de la sexualité – Homosexualité et Hédonisme féminin –

Extraits

D’une part :

 « A) La copulation avec les individus du même sexe est un phénomène universel

   Si l’on s’accorde avec le principe d’Epicure sur la définition de l’essence du vivant, selon lequel tout vivant, quel qu’il soit, recherche comme par nécessité, le plaisir et fuit, comme par nécessité, tout ce qui est source de douleur, alors peu importe la forme par laquelle il obtient ce plaisir. Dès lors, ce qui compte et qui est premier, c’est le fait d’atteindre une forme de bonheur puisque celui-ci est synonyme de plaisir ou absence de douleur. Epicure précise bien ce phénomène propre à l’être humain, voire au vivant, en général : le bonheur et/ou plaisir « est au principe de nos choix et refus, il est le terme auquel nous atteignons chaque fois que nous décidons quelque chose, avec, comme critère du bien, notre sensibilité. Précisément parce qu’il est le bien premier, épousant notre nature {…} Tout plaisir est en tant que tel un bien… »[1] En cette vie, que nous avons en partage, chacun recherche donc le bonheur/plaisir qui est conforme à sa propre nature sans que personne n’ait à en juger. Il est d’office disqualifié parce qu’il est étranger à la personne d’autrui qu’il s’octroie injustement le droit de juger.

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