Un bref commentaire d’un passage de Le Livre du philosophe de F. Nietzsche sur le mensonge extra-moral : le triomphe de l’art sur la philosophie

 

 

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Adam et Eve, le plus vieux mensonge religieux du monde

Introduction «  sur la vérité et le mensonge au sens extra-moral»

     L’un des «Dix Commandements» majeurs de l’Ancien Testament [1] s’énonce ainsi: «Tu ne mentiras pas» (8 ecommandement). Mais un tel commandement pose un problème d’un point de vue philosophique. D’une part, il sous-entend que le mensonge soit être fait réel et courant. Si tel est le cas, on comprend que le Dieu de la Bible invite tout homme à lutter contre ce penchant qui semble naturel. D’autre part, le mensonge est prévu sous l’angle de la moralité. C’est donc parce qu’il relève du moral qu’il est condamnable. Il est même considéré par les religieux comme un péché grave. Il doit être banni de la conduite, au quotidien, du pratiquant pour éviter un châtiment quelconque et, ce faisant, pour purifier le coeur et l’âme du croyant. Le point de vue, le mensonge est le contraire de la vérité avec le mensonge peut se définir comme le fait de fournir à autrui une information contraire à la vérité qu’il est censé connaître.

      Comme nous le montrerons, chez Nietzsche, la notion de moralité, telle que celle qui relève des religions dites révélées, relative au mensonge n’a aucun sens. Ou, suite au triomphe en Occident du judéo-christianisme, la philosophie, sous l’angle de la métaphysique, un travail, de penser, de façon éminente, le mensonge pour le rejeter promptement comme indigne de la bonne conduite humaine. Telle s’explique contre le mensonge. Ainsi en est-il de la thèse de Kant sur cette notion de mensonge. En effet, selon le philosophe allemand, le mensonge est, par définition et par nature, un «crime», à la fois sociale et ontologique. D’une part, c’est un «crime» social parce qu’il rompt la promesse implicite du langage, véhicule de la pensée. Car toute parole est un acte qui inclut un engagement, un serment qui peut s’énoncer ainsi suivant les principes du menteur: «tu peux me croire, car je ne mens pas». Ou, le mensonge rompt cette promesse du cadre général des conduites entre les êtres humains. Dans cette perspective, tout se passe comme si la personne qui était censé être dans le même temps: «je mens» et «je ne mens pas»; ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui «Je peux me croire, car je ne mens pas». Ou, le mensonge rompt cette promesse du cadre général des conduites entre les êtres humains. Dans cette perspective, tout se passe comme si la personne qui était censé être dans le même temps: «je mens» et «je ne mens pas»; ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui «Je peux me croire, car je ne mens pas». Ou, le mensonge rompt cette promesse du cadre général des conduites entre les êtres humains. Dans cette perspective, tout se passe comme si la personne qui était censé être dans le même temps: «je mens» et «je ne mens pas»; ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui le mensonge rompt cette promesse du cadre général des conduites entre les êtres humains. Dans cette perspective, tout se passe comme si la personne qui était censé être dans le même temps: «je mens» et «je ne mens pas»; ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui le mensonge rompt cette promesse du cadre général des conduites entre les êtres humains. Dans cette perspective, tout se passe comme si la personne qui était censé être dans le même temps: «je mens» et «je ne mens pas»; ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui ce qui est une absurdité qui exprime une dénaturation du langage, une destruction de sa vocation et de ses conditions de possibilité d’un point de vue de moral. D’autre part, c’est un «crime» ontologique, car le mensonge constitue une dénaturation de la conscience, une mystification intentionnelle, une volonté de tromperie de celle-ci. De cette manière, il institue le cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui il institue au cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui il institue au cœur de l’esprit une duplicité délibérée. C’est pourquoi, Kant remarque qu’un homme qui «Ne croit plus lui-même ce qu’il dit à un autre régresse … en deçà de la choisi» . Il forme de lui-même  «une caricature grimaçante de l’humanité» . Dès lors, le mensonge est «un crime contre soi-même, contre l’humanité en soi, contre Dieu» [2] . Ceci s’apparente à l’énonciation du vrai comme valeur universelle, quelle que soit l’intention du menteur. Mentir, same to save the life of a member of our family poursuiv par des ennemis, sachant pertinemment que l’on ment, est une faute morale, quoi qu’en soit l’intention et le contexte. C’est à une telle vision du mensonge sous l’angle du moral que Nietzsche va interpréter dans l’ensemble de son œuvre, notamment dans Le Livre du philosophe.

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Pinocchio, une personnification du mensonge

     Aussi, la lecture de l’histoire de la philosophie, telle que l’opère Nietzsche, lui renvoie son activité incessante de construction d’un idéal métaphysique. Cet idéal est obtenu au terme de cette «puissante abstraction» Nietzsche fait la détermination essentielle, dans l’ensemble de fragments réunis sous le titre Die Vorplatonischen Philosophen, Les philosophes préplatoniciens [3] , du « logos»»Parménidien. Chez Parménide, ne soyez pas l’objet d’un examen critique de notre faculté de savoir en quoi l’on ne peut pas penser que l’être dans la mesure où une représentation du non-être peut être donnée, l’activité philosophique dans la recherche des prédicats possibles de l’être. Que cette recherche aboutisse à la conclusion selon laquelle aucune prédiction, aucune pluralité ne peut s’attacher à l’illusion de l’unité cette riche activité, qui est idéale pour l’anime, depuis Parménide et sa prodigieuse abstraction de l’être, la pensée en général [4], où Parménide est désigné explicitement comme le défenseur d’une idéalité toute transcendantale des phénomènes. Tel est le sens de l’affirmation du 1955 du livre du philosophe ( op.cit ., Page 229): «Parménide – l’autre monde derrière celui-ci; celui-ci comme problème ».

       Nietzsche: Les Eléments – Parménide et les anti-Eléates – Anaxagore, Démocrite, Qui est une sorte de Kant précritique, Empédocle, genre de préfiguration de Schopenhauer. Celles-ci reproduisent la lutte qui est menée par Nietzsche contre Kant, le kantisme et certains aspects de la philosophie de Schopenhauer. L’histoire de la philosophie est alors lue selon le prisme d’une solidarité conceptuelle qui ne dément pas l’apparente variété des systèmes. Ainsi, malgré les différences notables qui existent entre l’idéalisme transcendantal de Kant et l’abstraction idéalisante du logosselon Parménide, un même schème mental parcourt et solidarise ces doctrines: la représentation du monde, le devenir et le corps comme «illusions», qui revient à un autre, qui présente les propriétés intrinsèques, bénéficiant, contre toute attente, du nom de «Réalité».

«Parménide tire cette conclusion suivante: le devenir appartient au monde des illusions, car il ne peut appartenir ni au monde de l’être, ni au non-être de ce dernier n’existe pas. A cette fin, Parménide fit, le premier, une importante critique de notre appareil cognitif. Le philosophe dit au vers 55 (éd. Karsten): «Pour atteindre la vérité, on ne doit pas suivre l’œil stupide, l’oreille retente ou la langue, mais on doit saisir le Loyco avec la force de la pensée» ( … »» [5]

     D’une certaine façon, Kant contribue lui aussi à la compréhension et à la récitation du dogmatisme. Mais en prononçant l’idéalité transcendantale des phénomènes, il s’adonne à une activité séculaire et classique de la philosophie. Ce n’est pas tant que la critique du dogmatisme qui préoccupe Nietzsche que le niveau et fondamental encore de l’orientation de notre faculté de connaître. Ce que Nietzsche découvre dans la philosophie grecque, par sa lecture singulière, au tournant de la naissance de la tragédie, c’est l’inversion des valeurs liées à l’utilisation de l’ontologie métaphysique, qui produit l’habitus d’une réalité représentée comme illusoire. Ce dévoiement, qui conduit à redoubler la phusis d’une méta-phusis,naît avec la pratique parménidienne de l’abstraction, se poursuit dans un dévouement moral sous l’impulsion de l’ultime figure de Socrate, et devient donc, pour le philosophe, le fond commun et routinier de la représentation. Ainsi, les valeurs morales et leur inversion réactive dans une activité onto- métaphysique de la philosophie dans la mesure où l’idéal, identifié au Bien, se substitue aux forces réelles engagées dans le monde des corps, celui de la phusis et de la vie même.

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Elites politiques, maîtres et rois du mensonge parmi les êtres humains

     L’essai sur «Le mensonge et la vérité au sens extra-moral» articule donc chronologiquement (1873) et logiquement le lien qui est établi entre les leçons que l’on peut tirer de l’analyse des pratiques en philosophie, de illusion de l’art et de la critique des valeurs. L’art doit être conduit à sa nécessité et l’intellect, le produit d’une contingence, est en son fond le lieu d’une lucidité, c’est le même usage de cet instrument qui conduit le penseur à affronter et à affirmer la contingence de son origine, l’intellect essentiellement essentiellement pessimisme : «Art. Pieux mensonge et mensonge gratuit. Ramener ce dernier à une nécessité. (…) La vérité dans le système du pessimisme. La pensée est quelque chose qui ne vaudrait pas mieux qu’elle n’existe point. » [6]

     De ce point de vue, la philosophie est saisie dans son activité principale, dans son ultime figure grecque, a instauré le dé-saisissement du primat du devenir et de la vie, et qui, dans son premier moment grec, matérialisait la préoccupation pour le devenir et la nécessité du jeu des contraires, producteur d’ordre. Nietzsche avait le projet d’un ouvrage général, le Livre du philosophe ou des philosophes , distribué en deux parties. La première, historique et publiée en français sous le titre La philosophie à l’époque tragique des Grecs ( op.cit.), n’a pas trouvé d’achèvement, et se situe dans la lignée de l’interprétation philologique du corpus grec qui occupe Nietzsche dans les années 1872-73. La seconde partie, d’ordre théorique ou théorique, est seulement fragmentaire; mais on dispose de quelques éléments pour affirmer que l’essai sur la vérité et le mensonge constituait dans l’esprit de Nietzsche une introduction possible («Vérité et mensonge», groupe 19 des Fragments Posthumes) à l’ouvrage projeté, dont l ‘ intention avouée est de penser le rôle du philosophe comme un «Médecin de la civilisation (Kultur) ».

   Que l’on ne trompe pas, il y a une figure légitime du philosophe, question de l’analyse de la philosophie grecque, ou plutôt la question de l’analyse de la Kultur grecque comme mise en œuvre de la justification de son statut de matrice de la philosophie. Ainsi, dans La philosophie à l’époque tragique des Grecs ( [op.cit., p. 13), Nietzsche écrit: «Les Grecs, parce qu’ils sont tous les sains, ont une fois pour toute légitimé la philosophie elle-même du simple fait qu’ils ont philosophé, et bien plus en effet que tous les autres peuples. Ils n’ont jamais su s’arrêter à temps, voiture même au cours de leur vieillesse stérile ils se sont comportés dans ardents thuriféraires de la philosophie bien qu’elle n’eût alors plus pour eux que le sens des pieuses subtilités et des sacro -saintes ratiocinations de la dogmatique chrétienne ».

     Cette figure grecque de la philosophie, doit, donc, les mains à la naissance de la tragédie , c’est-à-dire à l’affirmation éclatante du primat de l’art dans la civilisation grecque. Il Fallait Donner, à Travers le Livre du Philosophe et contre la ligne par esthétique Radicale R. Wagner défendue, un philosophe au statut propre, de la triple sortir Categoriale de détermination La Naissance de la tragédie: «Il y a un phénomène éternel: le vouloir avide trouve toujours moyen, grâce à l’illusion qu’il s’est répandu sur les choses, de retenir dans la vie ses créatures et de contraindre à continuer de vivre. L’un est retenu par le plaisir socratique de connaître et l’illusion de pouvoir guérir par la connaissance de la blessure éternelle de l’existence, l’autre s’empêtre dans les plis flottants du voile charmeur de la beauté, un troisième est sensible à la consolation métaphysique qui veut que la vie éternelle coule indestructible sous le tourbillon des phénomènes. (…) Ces trois degrés de l’illusion ne valent que pour les natures nobles qui ressentent plus douloureusement le poids et la difficulté de l’existence, et on peut tromper sur cette douleur en utilisant des stimulants choisis. Ce que nous appelons une civilisation se réduit à cet ensemble de stimulants; selon le dosage du mélange nous avons une civilisation soitsocratique, soit artiste, soit tragique »(§18).

     A ces types correspondent les réalités historiques des civilisations alexandrine, hellénique et hindoue. Ou, Nietzsche affirme que «notre monde moderne» (Ibidem) est de type alexandrin, promettant l’idéal de l’homme théorique dont l’initiateur était Socrate. Cet idéal est aussi celui de la philosophie elle-même, telle que les Présocratiques nous l’indiquent. Le philosophe, l’alexandrin «bibliothécaire (…) et correcteur d’imprimerie dans l’âme, (…) perd misérablement la vue, dans la poussière des livres et la correction des épreuves» (Ibidem). Ce texte intervient à l’intérieur d’une conciliation entre le point de vue de l’art et celui de la science. L’art, en mettant en avant l’illusion comme constitutive de sa démarche, La philosophie de la pratique de la philosophie, la pratique de la parité et la préservation du lieu où Nietzsche s’exprime, l’avantage de la sincérité. La civilisation grecque s’est construite autour de la mensonge utile de l’art et cette réussite doit contribuer à révéler la nature des métaphores dégradées, stratifiées dont la science fait usage et, avec elle, la philosophie. L’ensemble de l ‘Essai sur la ligne moderne de la pensée de Nietzsche. Car si on ne remet pas en cause la supériorité de l’art pour fonder une culture, moins les tentatives de l’année 1873, plus axées vers la pensée d’un statut convenable pour le philosophe que vers le cru du fossé entre ce dernier et l’artiste, dans ces lignes un aboutissement. Cet infléchissement de l’influence wagnérienne, et la nécessité d’un retour vers l’affirmation d’une puissance propre à la philosophie se fait sentir dès les premières lignes de la philosophie à l’époque tragique des Grecs(op.cit., §1, p.12): «Il y a des adversaires de la philosophie et l’on fait bien de la lecture surtout quand ils déconseillent la métaphysique aux têtes malades des Allemands, et leur prévoir en revanche de se purger grâce à la physique, comme Goethe, ou de se guérir par la musique, Comme Richard Wagner. Les médecins du peuple rejettent la philosophie, et celui qui veut que la justification se serve de la preuve.

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Artémis et Apollon massacrant les Néibides

     L’image du médecin, qui se termine par le fragment cité plus haut: Nietzsche a le sentiment d’une participation possible de la philosophie à la fondation des civilisations, et ce rôle qu’il voudrait lui faire jouer se déterminer, d’une part, contre l’unilatéralité du primat de l’illusion artiste, et d’autre part, dans la suite exacte des analyses d’un sens légitime de la philosophie chez les Grecs. Certains peuples communistes dans la philosophie, qui se présente comme un ciment acceptable de la civilisation. C’est le cas de la Grèce archaïque telle qu’elle est présentée dans la section II des Études Théorétiques du Livre du Philosophe(Paris: Aubier, 1969, pp. 165-67): «§173 (…) Nous avons trouvé cet aspect du philosophe où il se tourne vers le peuple et ne discute pas sa nature curieuse (…). Cet aspect est maintenant, difficile à connaître: parce que nous ne possédons pas une unité de la civilisation.

     Pour cette raison, on peut penser que les Grecs trouvent le philosophe comme médecin de la civilisation (§ 175): (…) Je parle des Pré-platoniciens, voiture avec Platon, commence l’hostilité ouverte contre la civilisation, la négation . Mais je veux savoir comment se comporte une civilisation présente ou à venir la philosophie qui n’est pas une ennemie: là le philosophe est l’empoisonneur de la civilisation. »

   Le médecin contre l’empoisonneur: nulle métaphorisation n’exprime mieux le primat des forces réelles en jeu dans le procès de la Kultur. Mieux, c’est par rapport à cette Kultur que se détermine la valeur de la philosophie tout comme la valeur de toute production liée au maniement du langage et des catégories. Ce n’est donc pas un fatum propre à la philosophie que de se cantonner à la réactivité d’une hostilité à la Kultur . C’est le style propre de la philosophie de Socrate, symptôme d’une philosophie décatie, incapable de cette ouverture aux peuples – précisons que le Volk,concept qui est le même que celui qui intervient chez Hegel, l’unité populaire de la civilisation étant comme le doublet nietzschéen de l’esprit d’un peuple déterminé par son moment propre dans la Bildung produit par l’histoire – qui caractérisent les philosophies heureuses. Si la philosophie n’a jamais entraîné le peuple dans son sillage, n’a jamais contribué à fonder une civilisation comme seul l’art parvient à le faire – même Empédocle, Ibidem, p. 167, et son cortège mystique – mystiscken Vehikel– ne parvient pas à se rallier le peuple, c’est-à-dire à l’enivrer -, en revanche, elle peut jouer le rôle, certes accessoire, mais réel, de contrôle dirigé tout autant vers le flux d’une poésie trop libre dans l’art que vers l’activité métaphorique dégradée du savant et du moralisateur. Toute la difficulté réside dans la permanence d’un sens – extra moral, extra scientifique de la véritéqu’il faut conforter et non détruire. L’affirmation et l’acquiescement dionysiaques, perçus en 1888 comme l’aboutissement du nihilisme le plus radical, ne se fondant pas sur la destruction de la vérité ou de l’activité philosophante, mais bien au contraire à partir d’une maximalisation et d’un apurement du vrai: «Quelle dose de vérité un esprit peut-il supporter, quelle dose de vérité peut-il risquer? Voilà qui fait pour moi le vrai critère des valeurs » [7]. L’énergie fébrile et diurne de l’artiste peut bien fonder une solidarité, cimenter l’esprit d’un peuple, seul le philosophe voit son activité funeste et nocturne accéder à un critère du vrai – choisi que sur l’croyait un peu vite évanouie après la critique nietzschéenne de l’intellect comme illusion qui ne se sait pas -. L’hellénisme, au fond, ne serait pas réduit à l’opposition du dionysiaque et de l’apollinien dans sa version présocratique, la philosophie ne méconnaît pas la nécessité de son utilisation pour la vie elle-même. L’idée d’une philosophie comme consolation, remède et médecine contre le fardeau de la vie constitue, par rapport à la naissance de la tragédie,une donnée nouvelle de la doctrine de Nietzsche. C’est sans doute ce qui a pris part au froideur de la réception de ces textes par le Maître Wagner.

     Ce retour aux rivages de la philosophie est, par ailleurs, chancelant. En effet, on trouve dans les Fragments Posthumes (manuscrit UI 7, 1-125, La philosophie à l’époque tragique des Grecs  »l’affirmation catégorique, et contemporaine de l’ensemble des textes que nous analysons, selon laquelle« l ‘ is art , plus puissant Que la Connaissance, car c’est lui Qui veut la vie, TANDIS Que le mais qu’atteint la Connaissance ultime Ne est que … l’Autre anéantissement »( op. Cit p.176 ).

     Intervenant dans un fragment où les premières lignes de «Vérité et mensonge au sens extra-moral» sont fidèlement reproduites, il s’agit d’un passage qui en oriente le sens général, sans invalider pour autant l’affirmation selon laquelle les recherches nietzschéennes , qui se poursuivirent de 1870 à 1873, ne sont pas totalement inféodées à la ligne des «adversaires de la philosophie» qui construisent le programme et la culture de Bayreuth.

       L’intelligence et la raison sont malmenées dans ce texte, mais cette moquerie indique en creux l’exigence de penser la formulation des concepts qui ne soient pas créés sur une illusion inconsciente et irréfléchie. L’articulation de l’art et du concept est donnée, une fois encore, par le corps présocratique dont l’ambition, l’occurrence, révèlent les secrets de la vie, ne sont pas dans la négation, par la raison, des forces qui sont en jeu dans la vie. L’entreprise, interrompue par la rédaction des wagnériennes Considérations inactuelles , se présente comme l’élaboration d’une convergence entre les thèses de la Naissance de la tragédie et celles, non abouties, qui, à travers l’analyse des philosophes grecs, préparant la critique des valeurs et la généalogie qui, dans les œuvres de maturité, seront autant le fait d’une pensée artiste que d’une rationalité désireuse et affirmative .

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Dieux grecs contemplant la voie de vivre des êtres humains sur terre ?

[1] La Bible de Jérusalem (Desclée de Brouwer, Paris 1975)

[2] Emmanuel Kant Doctrine de la vertu , § 9, Dans Métaphysique des moeurs, II – Doctrine de la vertu , Œuvres philosophiques, coll . «Bibliothèque de la Pléiade» Paris 1980 )

[3] Paris: L’éclat, 1994, p. 172 pour l’adaptation française.

[4] Voir le §15 de La philosophie à l’époque tragique des Grecs (Paris: Gallimard-Folio / Essais, 1990)

[5] Die Vorplatonischen …, op. cit., p.175)

[6] Livre du philosophe , op. cit., § 183, p. 211.

[7] Fragments posthumes, 16, 32, (Gallimard, Paris, 1975, p 244)

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