Une brève réflexion critique sur les savoirs constitués du monde contemporain – la production industrielle des savoirs se répétant continûment est un handicap pour le progrès de la Philosophie et des sciences

 

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Lever du soleil et symbole du ciel de la Philosophie comme lumière

Considérons l’état du monde présent sous trois angles différents.

D’abord, notre ère contemporaine, c’est-à-dire notre période spatiale en tant qu’elle est caractérisée par des faits spécifiques de civilisation, est sous l’empire des idées stériles parce que manquant de dynamisme et de possibilités de création novatrice en matière de vision universelle des phénomènes. C’est pourquoi, le monde de prison se manifeste continûment sous l’angle de la digestion perpétuelle des savoirs déjà institués. À titre d’exemple, les sciences des matières (physiques astrophysiques), depuis les théories révolutionnaires et innovant d’Albert Einstein et de Niels Bohr, il y a plus d’un siècle, n’a pas encore pu accéder à une nouvelle lumière de l’esprit qui opère une révolution extraordinaire au niveau des paradigmes. Et pourtant, ce qu’on a convenu d’appeler la science est, depuis le XIXe siècle, érigé au rang d’une Déesse, objet d’un culte populaire et d’une vénération profonde de la part des techniciens de son champ de savoir, ceux qui ne sont éclairés que par leur formation technique, avec une certaine maîtrise de ces outils de longueur, mais sans avoir pu se donner la peine d’accéder à l’esprit scientifique d’un point de vue théorique. On est totalement immergé dans la croyance que cette fameuse science a le pouvoir divin d’apporter une néo-intelligibilité lumineuse des phénomènes. Ce faisant, nous sommes entrés dans l’ère des annonces des progrès inouïs de la science.

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EVANGILE DE PAUL ET INCULTURATION

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JÉSUS, L’UNIVERSEL

RÉMY DOUSSET

PREMIÈRE PARTIE : EVANGILE DE PAUL ETINCULTURATION

MÉMOIRE PRÉSENTÉ À LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE LYON

EN VUE DE LA MAÎTRISE EN THÉOLOGIE

PAR RÉMY DOUSSET

EVANGILE DE PAUL ET INCULTURATION

DIRECTEUR DU MÉMOIRE ROBERT BEAUVERY

 JUIN 1991

CORRIGÉ ULTÉRIEUREMENT PAR PIERRE BAMONY

INTRODUCTION

 » Ceci est le fruit de plus d’un demi-siècle de réflexions.

Il ne s’agit pas de faire un récit de mes expériences personnelles : peut-être plus précises que beaucoup d’autres, elles n’ont quand même rien d’exceptionnel et s’inscrivent dans un ensemble d’expériences similaires faites par de très nombreux chrétiens de France et d’ailleurs.

J’en donne ici, en introduction, un bref aperçu, que je serai, amené à développer plus loin.

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Sciences et Philosophie

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Par Frédéric Baldit, Professeur de mathématiques

I- QU’EST-CE QUE PHILOSOPHER ?

1-La philo au quotidien

De façon inconsciente ou non, lorsque nous agissons, nous le faisons toujours en fonction de nos opinions, de nos jugements, de nos connaissances tirés de toutes nos formes d’expériences.

Ces idées proviennent toujours d’une infinité de rapports, de relations, d’expériences accumulées au cours de notre vie.

Progressivement se mettent en place des conceptions générales de la réalité qui guident nos comportements pratiques. En ce sens, personne n’échappe à la philosophie. (Cf Monsieur JOURDAIN).

Alors les philosophies, élaborées, savantes, donnant des systèmes explicatifs du monde seraient-elles les Sciences de la Totalité ? (Science des Sciences comme elles l’ont longtemps soutenu dans l’histoire de la pensée occidentale.)

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« Dieu pour quoi, pour qui ? »

Par Paul Gravillon, ancien journaliste du « Progrès de Lyon, écrivain, poète

Intervention au « Pavillon des causeurs », juin 1999

 Dieu ou dieu anthropomorphe ?

     A la question beaucoup plus classique, même si elle est un peu trop directe, « Qui est Dieu ? », vous avez préféré la question, à mon avis plus logique, « Dieu pour quoi, pour qui ? ». Elle est plus précise et, en même temps, plus modeste. Car, en fait, la première n’est pas une vraie question, du moins c’est une question seulement pour le croyant, et encore, même dans ce cas, ce n’est pas vraiment une question : cela devient une « interrogation », c’est-à-dire une question « adressée » à Dieu. Car il faut déjà croire en Dieu pour lui demander : « Qui es-tu ? » Lui seul peut répondre. Comme je ne suis pas Dieu, je vous remercie de ne pas l’avoir posée. La seconde nous convient beaucoup mieux, c’est une question d’homme à homme, nous pouvons nous interroger les uns les autres sur le « pour quoi » et le « pour qui ».

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L’art du penser autrement dans la Philosophie des Profondeurs. Court dialogue d’un esprit humain avec un « Eon »

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Une figuration de la Philosophie des profondeurs ?

Brève introduction à la Philosophie des profondeurs

 

Il est tout à fait possible de parvenir, avec l’esprit et la raison universels de la Philosophie, à une autre dimension de cette science première et ultime qu’on peut appeler la Philosophie des profondeurs. Celle-ci se gausse d’une quelconque spécialité scientifique, laquelle est très souvent signe de connaissances techniques inclinant à la répétition d’une nomenclature propre à une science. Mais, qu’est-ce donc que la « Philosophie des profondeurs » ? Celle-ci, en tant qu’opération de l’intelligence rationnelle ou activité du penser permet d’accéder au trésor de la pensée synonyme de l’intellection pour créer des dimensions de réalités nouvelles qui rendent possible l’élévation ou le progrès de l’esprit humain. La pensée est un état, synonyme du trésor des connaissances savantes et communes qui sont perpétuellement répétées par l’enseignement ou par l’écriture de livres et de thèses sur ces savoirs figés. A l’inverse, le penser est une activité continue ouvrant des horizons toujours nouveaux à la création de nouveaux savoirs et de sciences novatrices par l’efficience des concepts qu’elle découvre. Le penser est un facteur de progrès continu en tant qu’il est dynamique, contrairement à la pensée qui est une statique susceptible de nous enfermer dans la répétition du même.

 Les extraits de livre proposés ci-dessous s’inscrivent dans le cadre du penser qui n’a de cesse d’interroger les phénomènes pour aller découvrir le fond des choses au-delà de leur apparaître et de la manière dont leur connaissance est instituée par la pensée.

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Un bref commentaire d’un passage de Le Livre du philosophe de F. Nietzsche sur le mensonge extra-moral : le triomphe de l’art sur la philosophie

 

 

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Adam et Eve, le plus vieux mensonge religieux du monde

Introduction «  sur la vérité et le mensonge au sens extra-moral»

     L’un des «Dix Commandements» majeurs de l’Ancien Testament [1] s’énonce ainsi: «Tu ne mentiras pas» (8 ecommandement). Mais un tel commandement pose un problème d’un point de vue philosophique. D’une part, il sous-entend que le mensonge soit être fait réel et courant. Si tel est le cas, on comprend que le Dieu de la Bible invite tout homme à lutter contre ce penchant qui semble naturel. D’autre part, le mensonge est prévu sous l’angle de la moralité. C’est donc parce qu’il relève du moral qu’il est condamnable. Il est même considéré par les religieux comme un péché grave. Il doit être banni de la conduite, au quotidien, du pratiquant pour éviter un châtiment quelconque et, ce faisant, pour purifier le coeur et l’âme du croyant. Le point de vue, le mensonge est le contraire de la vérité avec le mensonge peut se définir comme le fait de fournir à autrui une information contraire à la vérité qu’il est censé connaître.

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De la tolérance à la vertu affirmative du respect d’autrui en Philosophie

Introduction : Une inversion des valeurs ?

   Le Philosophe mathématicien et logicien, Ludwig Josef Wittgenstein, dans son ouvrage, Tractatus logico-philosophicus, affirme que « La philosophie a pour but de rendre claires et de délimiter rigoureusement les pensées qui autrement, pour ainsi dire, sont troubles et floues » (Tel Gallimard, Paris 2001). En partant de ce principe, commençons par préciser le sens des concepts en jeu dans cette analyse. D’abord, selon Le Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré, le terme « tolérance » dérive du latin « tolerare » signifiant supporter. De ce mot dérive « tolerantia », signifiant l’endurance, la patience, la résignation. Dès lors, et de façon ordinaire, on entend par tolérance l’action de supporter ou de ne pas interdire ce que l’on désapprouve chez autrui. En d’autres termes, on admet chez autrui une manière d’être ou de penser différente de la sienne. On peut aller même jusqu’à admettre la singularité de la liberté d’autrui. Or, par essence et par définition, toute liberté humaine est différente. Il ne peut en être autrement puisque chacun de nous un prototype génétique de l’Humanité, une unicité différente de tout autre, une singularité irréductible à aucune autre ; donc une manière authentique de s’approprier le sens de la liberté, de vivre sa liberté.
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