Anthropologie de pratiques culturelles chez les Lyéla du Burkina Faso : activités socio-économiques et loisirs

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L’ombre superbe d’un arbre au crépuscule

Présentation

            Chez les Lyéla du Burkina Faso, tout le monde est, par nécessité de subsistance, agriculteur : les hommes, les femmes s’adonnent essentiellement à l’agriculture. Seule la culture maraîchère, parce qu’elle se pratique sur des gwara ou enclos autour de l’habitat familial, généralement affectés aux hommes mariés, distingue les hommes des femmes. Dès lors, si tout le monde est, avant tout, agriculteur, cela suppose qu’en ce qui concerne toutes les autres activités dans la vie des Lyéla, personne n’est spécialisé en quoi que ce soit. Même le forgeron, qui est un métier singulier réservé exceptionnellement, chez les Lyéla, à un clan donné, ne vit pas de la forge. Comme tout le monde, il est aussi agriculteur et pratique son métier de forgeron soit par nécessité, soit en dehors de son temps de travail aux champs. Il ne pense même pas à vivre de la production de la forge, mais naturellement de celle de ses champs, c’est-à-dire de ses activités agricoles. Comme le forgeron, tous ceux qui pratiquent une activité, en dehors de l’agriculture, le font à titre de complément de celle-ci, comme nous le montrerons à travers quelques travaux saillants chez cet ensemble de clans du Burkina Faso.

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Etude comparée d’une institution chez les Lyéla et les Nuna du Burkina Faso : du kwala comme loi fondamentale chez les Lyéla à la conception du kwara comme grand fétiche de guerre chez les Nuna

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Coalescence harmonie des forces de la nature et puissance du verbe humain

Première partie : L’institution du Kwala chez les Lyéla

Les Gourounsi ou Gurunsi parmi lesquels sur la classe des Lyéla, sont, même, que les Nioniossi, les Kibissi, les Sénoufo, d’autres, comme des auteurs autochtones comme Guiltrem Marcel, Sylvain Toé, Jean Hébert [1964: 199]. Mais, comme le soutien Anne-Marie Duperray, dans son introduction à un troisième cycle, les Gourounsi ne constituant pas en soi-même un ensemble homogène. En effet, écrit-elle, «  dans l’actuelle République de Haute Volta, le terme Gourounsi définit un groupe de populations: les Léla, les Ko, les Pougouli, les Nouna, les Sissala, les Kasséna, les Nankana et les kousace qui , malgré l’absence d’une langue et d’institutions politiques communes, présente une unité culturelle incontestable  » [1] [ 1984: 10 ].

Le nom «Gourounsi», avant d’être le fruit d’une taxinomie coloniale, d’être attribué à cet ensemble composite par leurs voisins puissants, en l’occurrence, les Moosé, comme une injure en raison, d’autres, de son manque d’organisation politique apparente. Aujourd’hui, faute d’un autre nom aux nuances plus positives ou affirmatives qui caractériserait les Gourounsi en leur totalité, les chercheurs burkinabés ont accordé pour cette appellation.

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Etude des formes de la pratique médicinale traditionnelle chez les Lyéla du Burkina Faso

Résumé 

   Les médecins traditionnels lyéla distinguent généralement deux genres de pathologies : les maladies dites naturelles et celles causées par l’action mortifère des membres sorciers des familles. Comme ces maladies ne sont pas de même nature, ils sérient les approches. Les dernières étant d’un genre particulier, elles nécessitent des cérémonies rituelles variées, exigeant même des sacrifices divers et, donc, des soins spécifiques. C’est ce sens que tout soignant est à la fois médecin, devin et prêtre quel que soit le niveau de ses connaissances qui l’autorisent à pratiquer ce type de métier

   Dès lors, les praticiens dits traditionnels doivent tenir compte des phénomènes complexes d’interactions dans les diagnostics et les traitements des pathologies. Traiter celles-ci consiste non seulement à soigner une maladie singulière et localisée dans le corps-peau, mais également à restaurer un état de perturbation vitale chez un malade.


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La femme et les interdits (susulu) des kwala ou clans chez les Lyéla (Burkina Faso)

« Cet ensemble complexe de relations interindividuelles, dans une cour lyel, s’organise autour d’interdits (susulu). Certains d’entre eux débordent le cadre précis de la vie d’une enceinte familiale car ils concernent tous les membres d’un même Kwala et ils sont redoutés par tous en raison de la sanction qu’entraîne leur infraction ; ce qui met toujours en danger la vie des hommes.

Avant d’en analyser quelques-uns, voyons la situation particulière de la femme par rapport à ces susulu. En fait, les Lyéla pensent que la femme n’a pas de susulu au même titre que l’homme. En effet, selon Joseph Bado de Sienkou et les anciens de Goundi dont les dires s’accordent sur ce point, « dans les paroles de n’importe quel kwala, il n’y a pas de traces d’interdits concernant la femme. Ceci résulte de la nature même de celle-ci. En effet, les susulu du Kwala peuvent ôter la vie à un membre masculin du clan tout en préservant celle de la femme par laquelle une faute a été commise. Quand un homme couche avec une femme d’un membre de son Kwala, on ne demande pas de compte à la femme mais à l’homme ». Ainsi, comme elle n’a presque pas de susulu, on croit que le poison ne tue pas facilement une femme.

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De la parentalité alternée : une autre forme d’éducation des enfants chez les Lyéla du Burkina Faso

Résumé

   Parmi les diverses figures de parentalité qui existent dans les pays africains sub-sahariens, la plus répandue est la parentalité alternée. Chez beaucoup de peuples de cette zone de l’Afrique, en général, et particulièrement chez les Lyéla du Burkina Faso, la vie, l’éducation, la formation humaine de l’enfant ne se réduisent pas à la seule autorité de ses parents biologiques. D’abord, dès qu’il est sevré du sein maternel, il est sous la surveillance, voire la vigilance des membres proches du groupe familial (la cour).

   Ensuite, à partir de 5 à 7 ans, il est de coutume de confier la tutelle de l’enfant à des parents de « substitution », alliés ou amis de sa famille biologique. Chacun des tuteurs successifs s’emploie, à sa manière et suivant l’éthique, les valeurs sociales et/ou humaines, partagées par toute une collectivité, à accomplir sa mission d’éducateur, de parents alternants, le mieux possible en vertu du bien de l’enfant.

  Enfin, une telle forme d’éducation humaine ne génère pas outre mesure des perturbations, des troubles psychologiques de nature à empêcher l’équilibre, c’est-à-dire une vie sociale « normale » de l’individu. 

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