Acculturation, fragilisation et désordre au niveau de la personnalité. La double ou la triple cultures sont-elles une chance ou un problème pour les Africains ?

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Une symbolique du métissage biologique et culturel

Introduction : Le métissage des Humains et de leurs cultures est-il un phénomène ancien ou bien récent ?

     Les tests génétiques auxquels on recourt très souvent, de nos jours, révèlent des surprises à ceux qui en ont fait pour rechercher leurs origines biologiques. Ces tests dévoilent aux descendants de l’Homo sapiens à quel point les théories de la pureté du sang sont des inepties, voire des fictions. En effet, en quelque lieu où il se trouve sur notre commune terre, chaque sujet humain est une synthèse d’un mélange biologique composite. Ce qui leurre les tenants de telles théories tient à leur obsession de la différence de la peau des êtres humains en oubliant que celle-ci est absolument inessentielle. C’est une simple apparence qui couvre l’être que la génétique s’emploie à déceler. Sous l’angle de l’être, tous les êtres humains sont en quelque sorte semblables, hormis la singularité de l’individu. Et ils ont les mêmes origines génétiques.
Même les études biologiques dans le champ de la paléo – anthropologie et de l’anthropologie ont prouvé qu’une grande partie des descendants de l’Homo sapiens contemporains possèdent des gènes issus de l’homme de Néandertal Les prolongements de ces investigations montrent que la rencontre entre les Homo sapiens et ce dernier, rencontre qui avait dû provoquer des conflits majeurs pour la conquête des espaces favorables à leurs conditions de vie, n’avait pas empêché les croisements sexuels. Tout se passe comme si l’Homo sapiens avait dû s’accoupler avec les femmes du Néandertal avant de décimer les mâles. Ce processus dynamique de rencontres des espèces humanoïdes, c’est-à-dire de conflits, d’accouplements, voire de génocides s’est inscrit, pour ainsi dire, dans la nature et dans le mode d’expansion des descendants de l’Homos sapiens à travers l’espace et durant toute leur histoire jusqu’à présent.
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De l’expérience de trois années de maturation en Prépa littéraire Seconde Partie

De Pauline Khalifa.

« Me tournant vers le torero, j’observe que pour lui également il y a règle qu’il ne peut enfreindre et authenticité, puisque la tragédie qu’il joue est une tragédie réelle, dans laquelle il verse le sang et risque sa propre peau. »

 Michel Leiris, De la littérature considérée comme une tauromachie.

I/ Dernières considérations.

A/ « Tu es khôllée, ma chérie. »

Oubliant de mentionner nos très chères khôlles – ou colles pour les psychorigides, je vais profiter de cet oubli pour l’intégrer dans cette seconde partie sur les expériences de la prépa littéraire dans la peau d’une créative-perfectionniste. La khôlle n’est pas à entendre au sens traditionnel du terme comme une punition essuyée au collège ou au lycée. La khôlle est un oral d’une heure de préparation – voire plus comme une heure et demie ou deux heures dans le but de présenter un travail à votre professeur. La khôlle répond à une organisation de la part des élèves et des professeurs. Certaines khôlles sont des commentaires de texte, d’autres des versions de Latin, d’autres des mini-dissertations, tout dépend des exigences de votre professeur. Vous avez dix minutes pour l’ASH (oral de sciences humaines), vingt minutes de parole pour la majorité de vos khôlles, ou une heure selon les modalités de l’oral, et dix minutes de questions, ou quinze minutes de questions et de reprise. L’avantage de la khôlle est d’une part d’être suivi par votre professeur qui peut corriger voire rectifier votre travail, et d’autre part il est en mesure de faire le point sur votre bien-être en tant qu’élève. La première khôlle est toujours un moment fatidique. Nous avons tous notre première khôlle très chère à notre cœur. Et ensuite le temps passe et elles s’accumulent. Et là. Vous êtes anesthésié. Totalement. Lire la suite

De l’expérience de trois années de maturation en Prépa Littéraire Première partie

De l’expérience de trois années de maturation en Prépa Littéraire : Première partie.

De Pauline Khalifa.

I/ Annonce de ton ironique

De nombreux stéréotypes entretenus par des inconnus ou par d’anciens élèves de ce milieu relativement fermé, cultivant un certain mythe social, nous invitent à réfléchir à nouveau aux expériences vécues par les étudiants de Prépa littéraire (A/L). Entre l’exigence intellectuelle des concours de la BEL, comme l’ENS de Lyon ou d’Ulm, demeurant la Tour de Babel d’un symbole de « réussite sociale », et la rigidité personnelle que certains étudiants s’imposent par souci de bien-faire et de perfectionnisme, la Prépa semble mettre en exergue une image anxiogène de son parcours. Si nous nous amusons un instant à énumérer de manière ludique toutes les croyances relatives au Prépa – et la liste n’est pas exhaustive, nous aurions : milieux élitistes, pédanterie gratuite, compétition, dépression et sentiments de culpabilité durant l’inactivité, perte de vie sociale, solitude… Lire la suite

Ce que j’ai compris de la philosophie

« La philosophie a pour but de rendre claires et de délimiter rigoureusement les pensées qui autrement, pour ainsi dire, sont troubles et floues. » affirmait Ludwig Josef Wittgenstein dans son ouvrage : Tractatus logico-philosophicus. En effet, l’être humain, qu’il le veuille ou non, est constamment confronté à de nombreuses pensées qui perturbent son esprit. C’est pourquoi ce dernier nécessite une réorganisation ordonnée afin d’éviter une manière de penser,  de vivre erronée.  C’est, donc, dans un sens ce que cette « initiation » à la philosophie veut nous faire voir les choses, le monde d’une manière différente. Ainsi, en seulement un an d’apprentissage, on peut avoir une vision totalement différente des  choses, et c’est ce que je vais développer ici.

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Thomas Sankara du Burkina Faso (21 décembre 1949 -15 octobre 1987) : un modèle du respect et du sens élevé des principes d’un Etat contemporain

In PIERRE BAMONY : Pourquoi l’Afrique si riche est pourtant si pauvre ? -De la faillite des élites de l’Afrique subsaharienne- Tome 1 (Editions Le Manuscrit, juin 2010, 449 p)

Thomas Sankara

     Dans cette analyse sans aménité sur la technique gouvernementale des élites politiques africaines subsahariennes – et il semble que toute personne de bon sens, apologue des intérêts vitaux des peuples de cette zone du continent africain, pourrait s’accorder avec moi sur le sens de ma révolte – on ne peut passer sous silence l’expérience politique de deux leaders du Burkina Faso. Malgré la pauvreté de ce pays, les dures conditions de ses habitants, les hommes de ce territoire sont restés attachés à la défense de leur liberté, quelle que soit la nature de leur gouvernement. Car certains parmi les peuples de ce pays, comme les Lyéla, les Nuna, les Kassena etc., ont toujours fait preuve d’un esprit de liberté, d’indépendance et de l’art de la dispute démocratique. Il en est, d’ailleurs, ainsi de la quasi-totalité des peuples africains subsahariens, avant l’instauration du système maffieux des trucages des élections dites démocratiques et qui n’ont de démocratique que le nom, grâce à l’appui des gouvernements français ; plus précisément, de la fameuse et monstrueuse « Françafrique ». A titre d’exemple, les Voltaïques et, de nos jours, les Burkinabés font montre d’un esprit et d’une maturité politiques qui seraient admirables, voire exemplaires si les débats et contradictions politiques ne touchaient, parfois de façon essentielle, à la personne même des adversaires en jeu. Jusqu’à l’arrivée de la fameuse rectification militaire, ancrée résolument à droite, l’essentiel des joutes politiques consistaient dans la défense des valeurs de gauche. Même encore aujourd’hui, on compte un nombre fort important de mouvances gauchistes qui rendent, d’ailleurs, vaines les diverses tentatives d’unité de formation d’un groupe politique solide autour d’une personnalité de grande envergure ; et qui serait en mesure de constituer une formation politique d’opposition crédible. Celle-ci aurait alors pour effet de conduire à une alternance politique en ce pays. Et c’est la forte représentation syndicale, dans l’enseignement, comme dans les autres corps de la fonction publique, voire dans certaines structures importantes du secteur privé qui a toujours avivé la flamme de la politisation en ce pays, avant l’avènement du CDP de Blaise Compaoré. Ce parti politique et son chef lui ont brisé les reins par la baisse des conditions de vie économiques et par la dissémination des germes du venin de la division des syndicats. Cette flamme politique constituait, en amont et en aval, la seule force d’opposition réelle face aux différents gouvernements. Quels qu’ils furent, cette puissance des syndicats les avait toujours fait trembler.

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