« Amour mystique » et sensualité triviale : une interprétation de l’expérience spirituelle de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix, mystiques espagnols selon la philosophie nietzschéenne

« Amour mystique » et sensualité triviale : une interprétation de l’expérience spirituelle de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix, mystiques espagnols selon la philosophie nietzschéenne

« Mystical love » and trivial sensuality: an interpretation of the spiritual experience of Spanish mystics, Saint Teresa of Avila and Saint John of the Cross, according to Nietzschean philosophy

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 Il existe des gens éprises de pureté ou de respect des phénomènes religieux et/ou spirituels. Nonobstant ce, cette posture mentale, en apparence pieuse, a, au fond, quelque chose d’hypocrite puisque toute religion, par définition, dérive du latin religare. En d’autres termes, la religion est ce qui fait lien, d’abord, entre les croyants et leur Dieu (lien vertical), ensuite, lien entre ces derniers eux-mêmes dès lors qu’ils partagent la même foi (lien horizontal). En ce sens, aucune religion ne descend directement des cieux : elle est inhérente à la conscience humaine. En effet, la religion, pour les personnes soi-disant pieuses, doit toujours rester dans un halo d’inconscience et d’innocence. De cette manière, elle gardera sa pureté, son élévation, voire ses mystères à la seule condition qu’une sorte d’enveloppe nébuleuse fasse barrière à son voile d’illusions. En ce sens, parler de la sensualité dans ce qu’il y a de plus divin, à savoir l’amour mystique, peut paraître étrange et même scandaleux.
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Nietzsche et Lou ou l’amour et la haine

Nietzsche et Lou ou l’amour et la haine

Extraits In (Recherches en cours de rédaction) ….

C- Les entraves à l’amour de Nietzsche et de Lou

       On peut souligner trois raisons essentielles qui semblent avoir constitué les obstacles majeurs à l’union de Lou et Nietzsche. D’abord, la traitrise et la malhonnêteté de son ami et frère d’esprit Paul Rée. D’une part, avant sa rencontre avec Lou Andréas-Salomé, ce dernier était très inquiet de l’état de solitude de Nietzsche ; et désirait, comme je l’ai montré ci-dessus, absolument, avec Malwida Meysenbug, lui trouver une compagne qui apporterait affectivité, assistance et présence réconfortante. En outre, depuis qu’il tomba sous les charmes envoûtants de Lou, il se montra lâche en n’osant pas avouer à son ami et frère d’esprit son propre amour pour celle-ci. Et dans leur expérience amicale à trois, il tira davantage profit de Lou que Nietzsche. En effet, il dut la voir plus souvent que lui. Ensuite, par pure jalousie et par bassesse d’âme, il se pourrait fort bien qu’il ait pu informer Lou que Nietzsche n’était pas aussi abstinent que sa sœur Elisabeth le croyait ou en répandait le bruit. En effet, elle racontait un peu partout que son frère avait quelque chose du Surhomme. En réalité, Nietzsche n’était ni un « saint homme », ni un extraterrestre. Sur le plan de sa vie sexuelle, Paul Rée semblait mieux le connaître que la  sœur de ce dernier. En effet, il était complice de la vie et/ou de l’activité sexuelle cachée de Nietzsche. Dans la discrétion la plus totale, Paul Rée organisait la visite d’une femme du peuple dans un hôtel à l’intention de  Nietzsche. Et il dû révéler à Lou le fait que Nietzsche souffrirait d’une infection syphilitique. Dès lors, avec un tel fardeau, même si Lou avait été séduite par Nietzsche, elle n’aurait pas osé courir un si grand risque pour sa vie et sa santé.

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Nietzsche et la solitude

Introduction

       Le genre humain, contrairement à toute autre espèce vivante, comporte des individualités qui, par leur singularité, échappent aux normes, coutumes, modes de penser ou d’être, bref à toute forme de soumission aux lois socio-culturelles des communautés. Si chez chaque espèce vivante, en raison de la sérotonine, hormone de la reproduction, chaque individu cherche frénétiquement, mais inconsciemment, au risque de sa vie, à se reproduire coûte que coûte, des particuliers humains se montrent souverains par rapport à tous ces impératifs naturels. Ils décident de mettre à distance le noyau dur du groupe avec ses formes d’abrutissement par trois modes de solitude.

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