De la décadence comme fatalité inhérente à l’essence même des phénomènes

images.duckduckgo-3.jpg

L’Humanité peut-elle échapper à une forme de décadence ?

I- Etudes théoriques : émergence et mort des peuples et des mondes

Introduction

     La décadence est une notion confuse, d’un point de vue philosophique, qui mêle le psychologique et l’historique ; elle est à fois descriptive et normative, et comporte une forte dimension axiologique : il y a toujours quelque chose comme un verdict dans le diagnostic de décadence. Cette notion se revendique traditionnellement comme un concept opératoire dans l’historiographie. Dans cette perspective, elle doit être distinguée de la déchéance, qui renvoie à l’histoire personnelle d’un sujet, de la dégénérescence, qui relève d’une corruption d’une pureté raciale – si ce mot race a un sens s’agissant des descendants d’Homo sapiens -, et du déclin, qui se mesure, et qui est de l’ordre du constat plutôt que du diagnostic. Corrélativement, elle doit être articulée à deux concepts clés : celui d’origine, d’une part, comme point de référence et commencement absolu, et celui de progrès dont la décadence est comme l’envers, d’autre part.
Lire la suite

Victor ou l’enfant sauvage de l’Aveyron – En quoi l’histoire de Victor a-t-elle constitué et constitue encore aujourd’hui probablement un fait insolite ? –

l_enfant_sauvage_1969_portrait_w858-600x423

 

Léger Charlène

De Vaujany Sébastien

(Lycée Saint-Marc 2003-2004-TPE, Thème L’insolite)

Document corrigé par Pierre Bamony

Introduction

   On parle, généralement d’objets, de situations ou encore d’événements insolites mais trop souvent de manière excessive. En effet, on a tendance à englober, sous ce terme, tout ce qui a trait au sensationnel, au surprenant, au «hors norme ». Pourtant, à l’origine, l’adjectif « insolitus » signifie «non accoutumé, inhabituel, qui agit contrairement à ses habitudes ou à sa nature» (Dictionnaire francais-latin, Bordas).

   Les histoires humaines exceptionnelles représentent, quant à elles, une autre forme d’insolite encore moins répandue. Ainsi, les enfants sauvages constituaient, autrefois, un « phénomène de société» et hantaient déjà, depuis longtemps, les mythes et l’imaginaire des hommes. Romulus et Remus dans la mythologie en est un exemple pertinent.

   L’étrange histoire de Victor de l’Aveyron est différente. Les faits – incontestables – se déroulèrent il y a deux cent ans à peine. L’affaire fit grand bruit jusque dans la capital… avant de tomber dans l’oubli le plus complet.

     Certains savants ou philosophes de cette époque fertile en débats auraient aimé vérifier leurs théories sur ce cas concret et singulier. .. mais la réalité résista à leurs analyses. Même le docteur ltard qui recueillit le garçon ne réussit pas, par sa pédagogie novatrice, dans sa tentative d’éducation.

   Encore à l’heure actuelle, l’enfant sauvage de l’Aveyron interroge, fascine : le mystère que cet enfant porte en lui n’est-il pas une part du mystère de l’Homme ? Dès lors, le regard que l’on porte sur Victor change. L’Aveyron a longtemps eu honte de son sauvage, plus de cent ans les langues se sont tues … Aujourd’hui, elle le revendique. Saint-Sernin lui a même dressé une statue, peut-être pour se faire pardonner d’être le lieu de sa capture et de ne pas avoir su l’apprivoiser.

Lire la suite

Du peuple et de la lie de l’Humanité comme dimension de l’egolâtrie

De l’intelligence des peuples et de leur pouvoir de se révolter contre les injustices  de leurs élites politiques contemptrices   (Extrait du livre)

1) De la nature d’un peuple

       « La notion de peuple semble difficile à préciser – et les dictionnaires de la langue française, comme Le Robert, le prouvent également – en raison des connotations péjoratives véhiculées par l’histoire européano-orientale. Ainsi, selon le Robert, le terme « peuple » dérive du latin populus qui « désigne l’ensemble des habitants d’un Etat constitué ou d’une ville ». Nonobstant ce, pour préciser la nature des choses, les auteurs de ce dictionnaire ont été amenés à effectuer une lexicologie de ce mot pour tâcher d’en donner une ou des idées plus claires. Comme la structure politique de la zone de la terre, que je pourrais qualifier d’européano-orientale, a toujours été organisée en castes, en strates hiérarchisées et discriminatoires, le mot « peuple » connaît de multiples usages en fonction même de ces données historiques. Qu’il s’agisse de la Grèce antique ou de l’empire romain, on a eu tendance à opposer les franges de la population d’une même entité politique entre elles. Dans ces contextes sociopolitiques, le peuple, ensemble de classes inférieures, est opposé naturellement aux élites politiques (il s’agit de l’aristocratie ou des nobles), seules destinées à exercer le pouvoir. Ce faisant, on dénie aux gens appartenant aux classes dites inférieures, c’est-à-dire à ce public diffus ou monde indifférencié, toute forme d’intelligence ou d’autonomie. Les Romains, sous l’Empire, aimaient employer le terme de « plèbe » pour qualifier ce monde massif et non différencié. La plèbe n’a d’autre rôle social que de procréer en vue de fournir des soldats aux légions romaines, ou d’être gouvernée. Comme cette catégorie sociale est composée d’un grand nombre d’individus-comme si ce qui fait nombre est naturellement dénué d’intelligence, de dignité-, elle ne peut aucunement jouir des privilèges de la noblesse ou, à partir du XVIIIe siècle européen, de ceux de la bourgeoisie.

Lire la suite