Réflexions sur la dialectique du privé et du public dans l’action humaine

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Terre contrastée comme les actions humaines

Introduction 

     L’action humaine se déploie à la fois dans le domaine éthique (morale individuelle et morale sociale) et dans le domaine juridique qui implique une organisation politique. Elle est par excellence le lieu où se manifestent à la fois des prétentions ou des intérêts particuliers – qu’ils soient ceux d’individus singuliers ou de groupes plus ou moins différenciés (familles, corporations , églises etc.) – et des visées ou des intérêts généraux, qui sont ceux de la Respub1ica, c’est-à-dire de la communauté politique, quels qu’en soient la forme historique ou le régime gouvernemental.

     Or, si les volontés privées et la volonté publique sont autonomes en raison des objectifs qu’elles entendent atteindre, elles ne sont point indépendantes ou séparées : il existe toujours entre elles des rapports qui peuvent être d’englobement – que le public l’emporte sur le privé ou que le privé cherche à triompher du public- ou de tension. L’erreur est donc de considérer que le privé est ce qui est purement et essentiellement individuel (l’individu comme tel existe-t-il ?) et que ce qui est public est toujours et uniquement collectif (ne faut-il pas des individus pour former une communauté, voire pour la faire fonctionner ?).

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Lecture anthropologique : l’aventure singulière d’un Africain au Groenland et son expérience des mœurs sexuelles lascives et libertaires des Inuit. Première Partie : l’odyssée d’un jeune togolais de 16 ans

 

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L’odyssée de TETE-Michel Kpomassie du Togo – Lomé-  en Europe par les routes

Introduction : une expérience du genre anthropologique en totale immersion en terrain inconnu

      Lorsqu’on s’avise de suivre l’histoire les Homo sapiens sur notre commune terre, on est frappé d’admiration pour son audace. En effet, en quittant son continent d’origine, en l’occurrence, l’Afrique, on pourrait dire qu’il était encore un pré-adolescent fragile, au corps frêle et maladroit dans sa récente posture bipède. Malgré ses handicaps majeurs, accouplés au nombre restreint de ses membres, c’est-à-dire ses congénères, quelque fatalité ou force majeure aurait pu les anéantir totalement. Qu’il s’agisse des catastrophes naturelles comme les pluies diluviennes et les inondations, des prédateurs au sol et dans les airs de toutes sortes et de toutes tailles impressionnantes, l’Homo sapiens était à la merci de tout et courait tous les dangers. Et pourtant, il réussit à sortir de son continent d’origine – jusqu’ici la science ignore encore les raisons réelles de cette fuite ou de cette odyssée – et à mettre les pieds sur l’autre versant des terres émergées, en l’occurrence, ce que nous appelons aujourd’hui l’Arabie.

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Frères de clan, frères paternels, frères maternels : la phratrie et les niveaux de fraternité chez les Lyéla du Burkina Faso

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Présentation

D’après la définition de l’”Encyclopédie Universalis”, la pratrie est un “terme qui désigne à l’origine des groupes de parenté (phrater : frère) rassemblant plusieurs familles (au sens large) dans le culte d’un ancêtre commun”, on trouve chez les Lyéla du Burkina faso un mot qui a un sens voisin, en l’occurrence, le Dwi. . Celui-ci désigne, d’abord, le clan ; ensuite, la famille étendue. A ces acceptions, il faut inclure les alliances de différents clans, grâce aux échanges matrimoniaux, et les liens de parenté qui en résultent par la naissance des enfants. Selon le glossaire L’Elé-Français du Père François-Joseph Nicolas, le terme dwi (pluriel dwa) désigne d’abord, « race, clan, famille » (au sens très large). Une telle conception du dwi conduit à une notion de fraternité qui s’étend sur plusieurs niveaux de sens qu’il importera de préciser.

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A propos du conseiller d’orientation

   Quelques réflexions au sujet de l’Orientation dans l’Ecole actuellement. J’ai sans doute choisi mon orientation professionnelle. Je souhaitais être à l’écoute des gens qui vivent dans la société, et offrir aux adolescents ce que j’ai trouvé de la part des adultes qui écoutent, qui aident à faire face à cette crise d’un moment de la vie. Dans les années 70, le service public d’information et d’orientation se mettait en place lentement. Je retiens l’idée que mettre en place un lieu de parole pour les utilisateurs de l’Ecole est essentiel. Je suis conduit par mes études supérieures à rencontrer des adultes dans le monde du travail qui vivent sans arriver à faire le deuil de leur vie étudiante. Ils apparaissent comme habitant un monde vide sans paroles reçues, ni transmises mais seulement situés face à une tâche facilement réalisable avec un minimum de consommation d’énergie. Ces adultes m’apparaissaient bien souffrant à travers un non-dit, installés dans quelque chose qui les dépassait.

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De la parentalité alternée : une autre forme d’éducation des enfants chez les Lyéla du Burkina Faso

Résumé

   Parmi les diverses figures de parentalité qui existent dans les pays africains sub-sahariens, la plus répandue est la parentalité alternée. Chez beaucoup de peuples de cette zone de l’Afrique, en général, et particulièrement chez les Lyéla du Burkina Faso, la vie, l’éducation, la formation humaine de l’enfant ne se réduisent pas à la seule autorité de ses parents biologiques. D’abord, dès qu’il est sevré du sein maternel, il est sous la surveillance, voire la vigilance des membres proches du groupe familial (la cour).

   Ensuite, à partir de 5 à 7 ans, il est de coutume de confier la tutelle de l’enfant à des parents de « substitution », alliés ou amis de sa famille biologique. Chacun des tuteurs successifs s’emploie, à sa manière et suivant l’éthique, les valeurs sociales et/ou humaines, partagées par toute une collectivité, à accomplir sa mission d’éducateur, de parents alternants, le mieux possible en vertu du bien de l’enfant.

  Enfin, une telle forme d’éducation humaine ne génère pas outre mesure des perturbations, des troubles psychologiques de nature à empêcher l’équilibre, c’est-à-dire une vie sociale « normale » de l’individu. 

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