De la décadence comme fatalité inhérente à l’essence même des phénomènes

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L’Humanité peut-elle échapper à une forme de décadence ?

I- Etudes théoriques : émergence et mort des peuples et des mondes

Introduction

     La décadence est une notion confuse, d’un point de vue philosophique, qui mêle le psychologique et l’historique ; elle est à fois descriptive et normative, et comporte une forte dimension axiologique : il y a toujours quelque chose comme un verdict dans le diagnostic de décadence. Cette notion se revendique traditionnellement comme un concept opératoire dans l’historiographie. Dans cette perspective, elle doit être distinguée de la déchéance, qui renvoie à l’histoire personnelle d’un sujet, de la dégénérescence, qui relève d’une corruption d’une pureté raciale – si ce mot race a un sens s’agissant des descendants d’Homo sapiens -, et du déclin, qui se mesure, et qui est de l’ordre du constat plutôt que du diagnostic. Corrélativement, elle doit être articulée à deux concepts clés : celui d’origine, d’une part, comme point de référence et commencement absolu, et celui de progrès dont la décadence est comme l’envers, d’autre part.
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De l’impossibilité d’une science absolument exacte, dénuée d’erreurs, et de la quête continue de la Seconde Fondation Deuxième Partie

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I- Retour sur les limites du plan Hari Seldon

       Il est vrai que  le plan Seldon accuse quelques limites dans le déterminisme rigoureux des événements futurs, et comporte un facteur subtil et complexes qui semble avoir échappé à des générations d’hommes, même les plus avisés. Nous l’avons vu plus haut ; sa limite essentielle réside dans l’impossibilité de prévoir l’avènement des particuliers qui peut introduit quand même du désordre dans le déroulement déterminé de l’histoire de la fondation. Tel est le cas du Mulet. Le mérite de Hari Seldon est d’avoir compris, par déduction mathématique, le long mais de manière sûre le déclin de l’Empire galactique. C’est comme une sorte de paralysie annonciatrice de la fin définitive, surtout inéluctable de celui-ci. Il réussit cette prouesse grâce à la science de la psychohistoire, sciences mathématiques d’une infinie complexité dont il a emporté le secret dans sa disparition. En effet, avec le concours de ses collaborateurs psychohistoiriens comme lui-même, il sut prévoir l’évolution des grands courants socio-économiques qui allaient advenir dans la Galaxie pendant des millénaires. Entre autres – et à titre de rappel – l’effondrement de l’Empire sera suivi d’au moins trente mille années d’anarchie avant l’émergence d’un nouvel Empire.

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De la conquête perpétuelle du pouvoir politique et de ses crises récurrentes. Une brève analyse de l’oeuvre d’Isaac Asimov Fondation Première partie

Couverture des tomes

Introduction

     L’un des grands maîtres contemporains du genre littéraire qu’on nomme ordinairement la « science-fiction » est sans conteste Izaac Asimov. Il fut un auteur à la fois ingénieux, inventif et prolixe. Faire le tour de toute son œuvre demanderait une décennie de lecture assidue. Cependant, une majorité de ses lecteurs connaisse essentiellement le cycle des Robots et le cycle de Fondation dont un aspect nous intéresse ici.
Mais, d’abord, qu’est-ce qu’une science fiction ? C’est un genre narratif qui se fonde essentiellement sur des hypothèses relatives au passé et, surtout, au futur comme l’exprime clairement l’oeuvre d’Asimov. L’espace où l’action se passe peut être la terre, des planètes éloignées, des mondes parallèles etc. Généralement, elle se fonde sur des connaissances scientifiques et technologiques contemporaines. Tel est le cas des œuvres de Jules Verne, l’un des tout premiers auteurs de science-fiction de la fin du XIXe et du début du XX e siècle. Dans le cas des livres de cet auteur, il y a une dimension d’anticipation qui effleure l’intuition prédictive. Tel est le sens de son ouvrage De la terre à la lune, paru en 1865.
Dans le cycle Fondation d’Asimov, les récits et les intrigues se passent autour de voyages interplanétaires ou interstellaires dans un futur fort éloigné de nous. Ces récits, même s’ils sont fortement arbitraires et purement imaginaires, ont des rapports avec des théories astrophysiciennes de son temps ; d’autant plus qu’il était lui-même de formation scientifique. Dans ce cycle, les déplacements à travers les longues distances prennent une place centrale en raison de la vasteté de l’Empire interstellaire ou galactique dont Trantor est l’éminente Cité grandiose. Il en est de même de l’art militaire et de la nature des armes futuristes. Lire la suite