De l’immortalité de l’âme dans l’œuvre de Platon : Réalité ultime, Raison, mythe et croyance

Introduction : Platon, visionnaire de la vie après la mort

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Buste de Platon

     Nous vivons dans des temps d’une superbe illusion, comme trempés au cœur même de la Maya, cette Déesse de l’apparence de la philosophie et de la religion hindoues. Cela tient au fait essentiel qu’une même croyance s’est imposée à presque tous les contemporains ; et de façon universelle : la foi en la toute puissante technoscience que nous confondons scandaleusement avec la Science. Celle-ci se définit, selon Platon et son disciple Aristote, comme la connaissance désintéressée des phénomènes, c’est-à-dire le triomphe de l’intelligence humaine dans la pénétration au coeur de ceux-ci, voire le savoir pour le plaisir de connaître la nature des faits, à l’instar de la recherche fondamentale sous l’angle de l’Astrophysique, de la physique quantique, entre autres. A titre d’exemple : lorsque Hélène Courtois (U-Lyon) et ses collègues astrophysiciens Brent Tully(Hawaii U.),  Yehuda Hoffman(Hebrew U.) , Daniel Pomarède (IRFU, Saclay) In NATURE, VOL-513, NUMBER-7516, P71-(4-SEPTEMBER-2014) etc., suite à de très nombreuses observations du cosmos publient le fruit de leurs travaux sur Laniakéa découverte en 2014, une telle nouvelle vision du l’univers n’a aucune utilité pratique pour le confort du quotidien des hommes. Laniakea ou le « ciel immense et incommensurable » en langage hawaiien est seulement une gloire intellectuelle, une élévation de l’esprit humain aux confins de l’univers. Car ce superamas est une structure de 500 millions d’années-lumière, c’est-à-dire dix fois plus étendue que sa taille estimée auparavant. Il « regroupe la Voie lactée et 100 millions de galaxies semblables » dit-on dans “Science et Avenir” (Novembre 2014, N°813). De même, la théorie des cordes, qui n’a pas de finalité utilitaire, semble être une théorie pertinente qui pourrait bouleverser notre conception classique de la matière, de l’espace et du temps (Brian Green : L’univers élégant – Robert Laffont, Paris 2000).

      Il en est tout autrement de la technoscience, qui est l’application technologique de certaines données de la science fondamentale. Son but est toujours mercantile, financier et surtout l’ambition de dominer la nature (« Devenir comme maître et possesseur de la nature » selon Descartes –Discours de la méthode-) comme si, enfants de la nature, nous avons décidé par orgueil et par arrogance, de commettre l’imparable : le meurtre de la Mère. Malheureusement, les conséquences de cette technoscience, toujours gravissimes, sont le conditionnement, l’aliénation mentale des terriens ; lesquels se trouvent alors dans une situation de servitude volontaire. Dès lors, le présent triomphe de la technoscience nous incline à croire que nous connaissons un extraordinaire progrès par rapport aux humanités antérieures. Or, sur ce point, on confond superbement l’amélioration des conditions matérielles de la vie, voire le triomphe de la cybernétique, avec le progrès humain qui est essentiellement celui de l’esprit, de l’intelligence.

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De l’Humanité une et de ses diverses visions du monde sui generis

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Extrait de Pierre Bamony : Des pouvoirs réels du sorcier africain-Forces surnaturelles et autorités sociopolitiques chez les Lyéla du Burkina Faso- (Editions L’Harmattan, coll. « Etudes africaines », Paris septembre 2009)
Pierre Bamony : Of the real powers of African sorcerers. Natural forces and sociopolitical authorities among the Lyela in Burkina Faso

De l’Humanité une et de ses diverses visions du monde sui generis

Présentation en français et en anglais

   L’esprit du monde contemporain, qui fait de la croyance aux phénomènes matériels son seul credo, est devenu une nouvelle religion, une espèce de confession dont l’irrationalité dépasse, du moins, égale l’obscurantisme des temps anciens. Cette foi dans la machinerie matérielle, reconnu comme le critère de toute rationalité, oublie que la conception rationnelle des choses n’est pas capable, dans l’absolu, de nier l’esprit. Mais son combat contre cette dimension de l’homme confine, de nos jours, à une inclination sentimentale, pseudo-sicientifique même qui exerce une suprématie souveraine sur les intelligences les plus faibles en les entraînant dans toutes les formes d’adhésion.
Mais, a-t-on fini de découvrir les secrets enfermés dans les méandres de l’âme humaine ? Et si la véritable explication de l’opacité de la matière gisait dans la complexion de l’homme lui-même ? Comprendre comment fonctionne l’énergie qui compose la structure de la matière et de l’esprit, sous une autre modalité que les seules ratiocinations matérialistes, n’est-ce pas faire un pas en direction d’une intelligence différente de notre mystérieuse nature, par-delà les préjugés dangereux des savoirs positifs et les a priori des cultures ? Tels sont quelques enjeux que ces investigations anthropologiques s’emploient à dévoiler chez les Lyéla du Bukina Faso en montrant une autre perception des phénomènes.
Selon leur conception de la réalité humaine, les frontières qui séparent les règnes de la nature (matière/esprit) sont souples et peuvent être franchies par des moyens « surnaturels ». L’inorganique est vivant parce que tout est Pan-vie. Les fluides de la parole, alliés à la puissance psychique, deviennent un tissu de significations inépuisables. L’objet de la puissance est, dans ce contexte socioculturel, l’action par laquelle un sujet humain est capable d’user des pouvoirs de son esprit, en soi incommensurables, pour transformer une force physique en une puissance invisible ; en somme, pour accéder aux métamorphoses de la désintégration de l’union de l’âme et du corps. L’on peut ainsi dénouer les rets de l’existence par l’appréhension de la dimension profonde de l’être humain qu’est l’énergie psychique ou âme, là même où se tiennent les secrets de la vie et de la mort de tout un chacun. Lire la suite →

La femme et les interdits (susulu) des kwala ou clans chez les Lyéla (Burkina Faso)

« Cet ensemble complexe de relations interindividuelles, dans une cour lyel, s’organise autour d’interdits (susulu). Certains d’entre eux débordent le cadre précis de la vie d’une enceinte familiale car ils concernent tous les membres d’un même Kwala et ils sont redoutés par tous en raison de la sanction qu’entraîne leur infraction ; ce qui met toujours en danger la vie des hommes.

Avant d’en analyser quelques-uns, voyons la situation particulière de la femme par rapport à ces susulu. En fait, les Lyéla pensent que la femme n’a pas de susulu au même titre que l’homme. En effet, selon Joseph Bado de Sienkou et les anciens de Goundi dont les dires s’accordent sur ce point, « dans les paroles de n’importe quel kwala, il n’y a pas de traces d’interdits concernant la femme. Ceci résulte de la nature même de celle-ci. En effet, les susulu du Kwala peuvent ôter la vie à un membre masculin du clan tout en préservant celle de la femme par laquelle une faute a été commise. Quand un homme couche avec une femme d’un membre de son Kwala, on ne demande pas de compte à la femme mais à l’homme ». Ainsi, comme elle n’a presque pas de susulu, on croit que le poison ne tue pas facilement une femme.

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