La Réappropriation Joyeuse

CRÉPUSCULE OU AURORE ?

BRUNO DANTOU

(Revenir à l’essentiel avec le sourire en attendant de vivre à la campagne ou « y suffit pas d’y dire, faut y faire (dicton Lyonnais» ou Changer son monde avant de changer le monde)

Avant-Propos. 2

Introduction. 3

Pourquoi la Réappropriation. 5

Définitions et étymologies. 6

Les limites de la réappropriation. 8

Les conditions de la réappropriation : 9

Lé réappropriation joyeuse en pratique. 10

…de son temps. 10

…de son corps. 13

…de sa respiration. 16

…de sa voix. 17

…de ses émotions. 18

…de son mental 20

…de son alimentation. 23

…de son habitat. 28

…de son pouvoir d’agir. 29

…de sa spiritualité. 30

…de ses besoins matériels. 31

…de son bilan carbone. 31

…de ses choix. 33

…des modes de gouvernances. 34

…avant de conclure. 35

Conclusion. 35

 

Avant-Propos

Bienvenu sur le pas de porte de la « Réappropriation joyeuse »
A l’intérieur de cet essai, vous trouverez des réflexions, des informations, des expériences personnelles ainsi que des liens audio et video vers de nombreuses personnalités d’horizon divers (scientifiques, philosophes, psychanalystes, linguistes, écrivains, entrepreneurs, etc) qui nous aident à mieux penser notre époque complexe.

Et face à cette complexité, la recherche du « buen vivir » cher à Patrick Viveret (philosophe et économiste) devient un enjeu majeur des prochaines années. C’est un acte politique.
Les philosophes et les spirituels nous invitent à aller chercher, à l’intérieur, cette énergie et cette source de joie pour éviter la dépression et les passions tristes. Cette quête n’est pas égoïste, elle nous oriente dans la direction de la vie bonne, pour soi et pour la société.


Plutôt que de casser « le système », je préfère l’idée de s’en détacher petit à petit et de se réapproprier joyeusement, autant que possible, le maximum de choses.


La réappropriation joyeuse est politique mais sans les bords, car elle touche ce qu’il y a de commun entre nous :  notre santé, notre corps, notre mental, nos besoins et nos rêves. 

Je vois la réappropriation joyeuse comme un acte de résistance contre : la marchandisation du temps, de la santé, des loisirs, de l’alimentation, le cloisonnement, la ‘tyrannie des algorithmes’ qui « nous rend absent à nos vies » comme le dit Miguel Benasayag (psychanalyste et philosophe). La réappropriation des choses me semble également un rempart contre l’uniformisation qui fragilise nos écosystèmes internes et sociétaux.

Vous trouverez dans cet essai un point de vue pratique pour ne pas rester uniquement dans le monde des idées et parler d’actions incarnées. Mon idée est de proposer quelques bouts de ficelles à tirer sur la pelote de l’espoir.


        (source : Petits Dessins et Aphorismes)

Introduction

La crise mondiale provoquée par la diffusion du virus Covid19 démontre que les forces les plus puissantes ne sont pas forcément celles que l’on aurait imaginé. Nous avons découvert avec stupéfaction des puissances et des puissants aux pieds d’argile.

Un virus, grand de quelques nanomètres (1 nm = 0,000001 mm) a ramené au port les portes avions des grandes puissances mondiales et remis nos responsables politique les pieds sur terre, face au réel. Le rouleau compresseur du système capitaliste et néo-libéral a été mise à l’arrêt en quelques jours.

Dans cette histoire, ce qui nous saute aux yeux (ou à la gorge pour les plus en colère), c’est que l’on ne fait rien sans la santé. La santé étant selon l’OMS « un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

On ne fait rien sans la santé et « il n’y a pas d’homme en bonne santé sur une planète malade »comme le dit ce slogan du WWF.

Avec cette crise, nous voilà à courir partout comme des poulets sans tête pour trouver des blouses et des masques afin d’assurer le minimum de dignité et sauver des vies. La situation, si elle n’était pas gravissime serait cocasse.

Comme un symbole, ce virus attaque ce qui est fragilisé en nous : nos poumons intoxiqués par nos voitures et nos usines.
Nous allons devoir porter pendant des mois des masques devant la bouche, message fort de la nature qui nous « cloue le bec » ou clin d’œil de sa part pour nous dire qu’ « il faut arrêter de se la fermer ».

Il est vital donc de changer, de se changer car je pense que le changement des sociétés doit passer d’abord par un changement individuel, changer son rapport à soi, à ses actes de la vie de tous les jours, ses sources d’information, son rapport au pouvoir, etc.

Une transformation du bas vers le haut.

 La complexité et la rapidité du monde est trop grande aujourd’hui pour que quelques gouvernants « haut perchés » comprennent tout et trouvent des solutions à tout. Cela n’est plus possible dans le monde complexe actuel. La gestion hasardeuse de cette crise par le gouvernement Français avec un pouvoir concentré au sommet de l’état semble être une parfaite illustration des défauts de ce type de système. Je ne souhaite par la suppression des structures d’état car elles sont nécessaires, mais il s’agirait de revenir vers un fonctionnement plus démocratique et plus équilibré. Cela implique donc pour nous citoyens d’y contribuer activement.

Comme le disait Thucydide « Citoyens, il faut choisir : se reposer ou être libre »

Une transformation du plus petit vers le plus grand.

Cette pandémie démontre à quel point le petit est à prendre en considération. La santé comme bien d’autres choses, commence au niveau microscopique, invisible. La seule chose que nous pouvons faire c’est d’en avoir conscience, de l’imaginer et surtout de la respecter.

Gardons en tête que la matière et la vie naissent de l’invisible. Je vous renvoie au lumineux exposé d’Etienne Klein sur le boson de Higgs qui nous plonge au cœur du vide et de la matière.


La vie n’est pas attrapable par l’homme mais, elle, nous attrape ! Face à elle : « Humilité plutôt qu’humiliation ».

Un changement individuel nécessaire également pour rééquilibrer nos vies aujourd’hui trop « pilotée » ou trop « endormies ». Edgar Morin compare d’ailleurs notre état de somnambulisme actuel à celui des années 30. L’avenir nous dira si cette crise sanitaire va nous permettre de nous réveiller.
 

Aux termes de décroissance ou de sobriété, j’ajoute celui de « réappropriation ». Cela signifie entre autre, mettre en pratique l’aphorisme de Ghandi « soi le changement que tu veux voir advenir dans le monde » sans oublier le précepte de Marc Aurèle : « donne-moi le courage de faire ce qui est dans mes moyens et la sagesse d’accepter ce qui ne l’ai pas ».

Je vois la réappropriation des choses comme un « enrichissement » et non comme une perte. Le bonheur tant recherché ne se trouve pas à l’extérieur, les philosophes et les spirituels nous le disent, il est en nous et mérite donc toute notre attention. Avancer vers une joie intérieure nous rend moins dépendant de ce qui se passe à l’extérieur. Je n’ai pas lu l’Ethique de Spinoza car c’est un Everest philosophique mais j’ai pu en comprendre le sens au travers de 2 lectures « Le bonheur avec Spinoza – l’Ethique reformulée pour notre temps » de Bruno Giuliani et « Le Miracle Spinoza » de Frederic Lenoir.

Pourquoi la Réappropriation

Depuis de nombreuses années, des courants, des idées se font entendre pour changer de logique ou de logiciel. Je pense en particulier aux mouvements de la décroissance et de la sobriété heureuse. Force est de constater ces mouvements n’ont interpelé pour l’instant qu’une minorité de citoyens dans l’adhésion et encore moins dans les actes. C’est un constat d’échec politique que fait Vincent Mignerot (Chercheur indépendant et essayiste) : voir la conférence donnée à Science Po Lyon sur ce sujet.

Les alternatives de la décroissance et de la sobriété, bien que raisonnables et vertueuses renvoient à quelque chose de négatif et à l’idée de se priver. Cela n’apparait pas comme un objectif désirable par la majorité d’entre nous et cela ne changera pas le problème de fond d’après V Mignerot.

Son hypothèse est intéressante : le système capitaliste ne serait pas un but mais un moyen. D’après lui, la cause est la volonté de puissance de l’homme qui l’aurait poussé, dans un premier temps à conquérir (par tous les moyens d’ailleurs) les territoires à la surface du globe, puis, lorsque cette limite (vision horizontale) a été atteinte, l’homme a poursuivi sa « conquête » (ou course folle) en travaillant sur la productivité et en puisant dans les ressources humaines et terrestres (vision verticale). Dans cette 2ieme phase de conquête la question était : comment obtenir plus sur un territoire limité.

De là, nous avons vu advenir : l’utilisation massive du vivant comme ressource sans se soucier des impacts écologiques (« on verra plus tard on trouvera bien des solutions ») et l’exploitation de l’homme par l’homme sans se soucier des impacts sociaux (« (en)marche ou crève »).
Rentabilité, profitabilité, croissance…et tutti quanti.

Cet élan « naturel » de l’homme l’aurait donc poussé dans 2 directions vaines, dont l’une a conduit à la détérioration significative de son environnement, l’autre à aggraver sérieusement ses propres souffrances. Je pense à la déclaration du milliardaire Warren Buffett « Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c’est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons.« 

Il serait donc vain de tout mettre sur le dos du « système capitaliste » et de s’en débarrasser tant que le travail n’aura pas été fait sur la cause.

Cette hypothèse de moyen et de cause me semble cohérente avec l’idée de faire du travail sur soi la priorité. Le fil conducteur serait donc : travailler sur la cause, en travaillant sur soi, en se réappropriant les choses.

Se réapproprier dans le sens de ne pas tout déléguer à des tiers, questionner ses automatismes, ses usages, ses comportements et ne pas laisser de « terrains » en jachère.

Quand on parle de « travail sur soi », on pense spontanément à l’approche psychanalytique. Mais pour la majorité d’entre nous travailler sur soi ne passera pas par le canapé du psy.

Je vois la « réappropriation joyeuse » comme une voie possible pour reprendre la barre et mettre le cap vers le continent du « buen vivir ». Etre sur le pont, observer et agir.
L’histoire nous a montré que le vent du fascisme et les dictatures sont toujours prêt à nous pousser sur les récifs.

Pour l’agir juste il faudra être au clair avec soi-même, avoir une conscience élargie de soi, du groupe et de la société, se mouvoir dans un cadre éthique pour à agir de façon la plus consciente, cohérente et responsable possible.

Définitions et étymologies

La sémantique est un pilier de la compréhension et de la communication. La publicité l’a vite compris et l’a mis à profit, puis rapidement les sphères politiques ont suivi. Les communicants usent et abusent des formes de langage comme les euphémismes et autres oxymores qui nous empêchent de penser les choses. Par exemple, le fameux « croissance verte » d’apparence vertueux masque en fait une réalité bien différente.
Si le sujet vous intéresse, je vous renvoie vers les savoureuses conférence gesticulées et autres ateliers de désintoxication de la langue de bois de Franck Lepage.

Une des premières choses à se réapproprier est certainement l’usage des mots. Un enjeu d’autant plus crucial dans nos sociétés numériques. « Au commencement était le verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu» (l’Evangile selon Jean).

Pour éclairer mon propos voici donc quelques définitions et étymologies :

Réappropriation (source : Universalis.fr)
fait de s’approprier à nouveau, de refaire sienne une culture, un bien perdu

Ethique (définition Petit Robert)
Science et théorie de la morale, ensemble des valeurs, règles morales propre à un milieu, une culture, un groupe.

L’Ethique (selon Paul Ricoeur)
« Une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes »

France Culture, dans l’émission Les Chemins de la connaissance nous offre 4 épisodes pour comprendre la philosophie de Paul Ricoeur : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/la-pensee-de-paul-ricoeur-14-soi-meme-comme-les-autres

Investissements éthiques : placements qui intègrent des critères sociaux et environnementaux

Appropriation (définition Petit Robert)
Action d’approprier, de rendre propre à un usage, à une destination
Action de s’approprier une chose, d’en faire sa propriété.
Les choses sans maître sont susceptibles, par nature, d’appropriation.
Contraire : inadaptation. Abandon, aliénation.

Réapproprier (définition Petit Robert)
 S’approprier à nouveau (quelque chose) .
« Permettre aux exclus de se réapproprier un avenir
 »

Rapproprier (définition Petit Robert)
Du latin proprius : « propre » / Nettoyer, rendre propre
Se rapproprier : mettre des vêtements propres

Joie  (définition Petit Robert)
émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience.
la joie est différente du bonheur, du plaisir et la gaieté.
« Le bien être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect
 » H. Laborit

Appropriation (Source : CNRTL)
Latin : appropriatio
Assimilation par l’organisme


Je trouve intéressant de voir que l’origine du mot « appropriation » est directement lié au corps. C’est pour moi évident que le corps dans sa complexité, sa totalité est un grand oublié de nos sociétés occidentales, chrétiennes et technologiques.  C’est à mon avis un champ de de réappropriation majeur et prioritaire.

Dans les définitions, il est aussi question de « s’approprier à nouveau »,de retrouver ce qui EST. Il ne s’agirait donc pas d’inventer mais plutôt d’intégrer pour éviter la ‘désintégration’ 

Les limites de la réappropriation

Il ne s’agit pas de tout se réapproprier pour finir isolé comme Robinson Crusoé sur son île. Cela n’a pas de sens dans nos sociétés modernes et connectées. Ensuite, ce travail de réappropriation à un « cout » en temps, en confort, en remise en cause personnelle. D’où l’utilité de la coopération et de la mise en commun pour répartir les charges.

Il n’est pas question pour moi de retourner à la bougie ou au char a bœuf. De toute façon, les outils et les connaissances à notre disposition aujourd’hui ne nous feront pas faire les choses de la même façon qu’autrefois. Ce que fait l’homme est directement connecté à sa connaissance et aux outils à disposition. D’où l’importance de se questionner sur nos outils. Je pense en particulier aux outils issus de la révolution numérique.

Pour illustrer ce propos, j’ai découvert dans un documentaire sur l’art préhistorique que l’homme préhistorique a produit le maximum de ce qu’il pouvait faire avec les outils et matériaux à sa disposition. Autrement dit, un artiste contemporain, avec les mêmes moyens ne ferait guère mieux que l’homme de Cro-Magnon coté décoration de grotte ! Et inversement, on pourrait imaginer qu’un homme de Cro-Magnon pourrait être très doué pour créer de splendides peintures avec nos outils et procédés actuels. Cela rends humble. (https://youtu.be/s6H-sqwJyZw)

Les conditions de la réappropriation :

  1. Un état d’esprit ouvert pour permettre le changement
  2. Du temps disponible pour permettre ces réappropriations
  3. De la volonté pour décider de s’engager

Dans nos sociétés industrielles, l’obsession du travail, d’en avoir ou d’en trouver, ne nous autorise pas à avoir beaucoup de temps pour nous. Et lorsque nous avons du temps « libre » il est souvent mis à profit pour se divertir, oublier le temps « non libre », se reposer pour être en mesure de tenir le rythme.

Il est donc indispensable de faire le tri parmi tous les événements dramatiques en cours sur l’ensemble du globe. L’information continue sur les chaines de TV apporte au mieux un fond sonore dans le séjour au pire une bonne dose de déprime ou de colère.
Comme le dit bien le chanteur Didier Super nos vraies préoccupations sont celles de notre environnement proche plus que les catastrophes à l’autre bout du monde. (Julien Lepers 1 – Fukushima 0)

Pourquoi blâmer ou s’énerver contre les autres alors qu’il y a tant à éclaircir dans nos vies. Le dicton populaire dit qu’il faut commencer par « balayer devant sa porte ». J’ajouterais qu’il est tout aussi important de ranger à l’intérieur.

Dans les 2 cas, l’invitation est de respecter, renforcer et améliorer notre équilibre interne, condition de l’équilibre externe de la nature mais que la société humaine et en train de détruire et déstabiliser.
2ieme et dernière intermède musical, j’écoutais ça au Lycée

Jean Louis Aubert, l’âme du poète de Boris Vian

Midnight Oil, l’âme militante de ce groupe engagé :
https://youtu.be/ejorQVy3m8E

Lé réappropriation joyeuse en pratique

…de son temps

C’est pour moi le premier pas. On ne gagne pas de temps bien sûr, une journée fera toujours approximativement 24h et une vie environ 700 000 heures. La question intéressante porte sur l’usage que l’on fait de ce temps. On parle plus de son « emploi » du temps (surchargé) que de son « usage ». Patrick Viveret nous invite à « résister à la marchandisation du temps ».

A propos du temps je ne résiste pas à vous poser la question en forme de Koan « que font les gens du temps qu’ils ont gagné » ?
(wikipedia : le kōan est un objet de méditation qui serait susceptible de produire le Satori ou encore de permettre le discernement entre l’éveil et l’égarement…rien que ça !)  


Il y a les temps difficilement modifiables comme les heures de repos et de sommeil, le temps nécessaire pour obtenir des ressources financières ou pour assumer ses responsabilités familiales. Néanmoins, ces temps difficilement modifiables ou remplaçables peuvent être réduits ou réaménagés.

L’idée est de faire un meilleur usage de son temps pour être plus connecté à la vie. Prendre conscience que le temps est l’une de nos plus grandes richesses.

Se réapproprier du temps peut amener à découvrir ou redécouvrir l’art de contempler, écouter, sentir, réfléchir, parler, marcher, se questionner, méditer, donner, écrire, dessiner, apprendre, faire la cour ou faire l’amour (pour la rime).

Un exemple très concret de réappropriation de temps : la méditation. Ne rien faire, accepter le temps dans sa forme la plus brute et la plus « troublante ». Réussir à se poser 2 minutes tous les jours sur un coussin est une grande victoire sur soi-même. On pause et on se pose. 2 minutes d’assise en silence les yeux fermés est d’une facilité toute trompeuse car le mental se rebelle rapidement entrainant avec lui la cohorte de jugements, d’obligations, de liste de course à faire, etc. Des années de pratiques quotidiennes sont nécessaires pour maitriser cette pratique simplissime : ne RIEN faire.
Pour casser les schémas automatiques et prendre de nouvelles habitudes, il y a une technique de Yoga qui consiste à répéter pendant 40 jours consécutifs la nouvelle habitude pour permettre l’enracinement du changement. Comme le dit le maitre spirituel Sri Sri Ravi Shankar (fondateur de Art Of Living) « nous sommes bien plus grand que notre mental » seulement il faut se réapproprier cet espace-temps sachant qu’il y a toujours une partie de nous qui ne veut rien modifier.

Je voudrais vous parler d’une autre réappropriation de son temps un peu plus conséquente, qui est de réduire son temps de travail. Peu de personnes en capacité de le faire, passent à l’acte car il y a une auto censure pour des raisons de conformité sociale, de barrières psychologiques, de peur de « décroitre ». Pourtant, il est possible que votre employeur soit prêt à accepter un temps partiel (80% ou 90%).

Pour la perte de salaire, en étant un peu créatif et en acceptant d’aménager sa vie, on peut tout à fait compenser ou amortir la diminution de salaire. Le temps qui n’est plus dédié à son employeur redevient un temps à soi pendant lequel va fleurir ce qui ne demande qu’à germer en vous (et il y a plein de choses).


Du temps pour soi, s’est se donner la possibilité de sortir de l’autoroute du tout fait, tout pensé, tout cuit. L’occasion d’aller chercher les choses moins facilement accessibles. Du temps pour soi permet de regarder à côté, plus en profondeur, de manière plus décalée ou avec plus de hauteur. Le temps « libéré » permet d’aller chercher des sources d’informations en dehors des « mass-média» détenus par les grands groupes de presse (voir la cartographie du Monde Diplomatique : https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA)

Voyant la puissance de ces grands groupes, il nous est permis d’émettre quelques réserves quant à leur liberté d’expression, sans parler, de la vente de nos cerveaux aux publicitaires. Je fais référence aux propos de Patrick Lelay un ancien PDG de TF1.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Temps_de_cerveau_humain_disponible


Dans la liste des intellectuels qui nous aident à penser, je me dois de citer l’américain Noam Chomsky (linguiste) qui parle dans cet extrait d’auto-défense intellectuelle, des medias et de la fabrique des consommateurs : https://youtu.be/QXiZ6_ixyjg

Le temps ou plutôt les temps n’ont pas tous les mêmes saveurs.
La semaine n’a pas la même saveur que le temps du weekend end. En ville, un après-midi en semaine ne ressemble en rien à la frénésie shopping du samedi. A la campagne, l’heure avant le lever du jour n’a pas la même saveur qu’à 12h. L’homme connait ces mouvements et nuances subtiles de la nature mais nos modes de vie « hors sol » nous les font oublier.
Cette chronobiologie est inscrite dans l’infiniment petit de nos cellules. Dans les années 60 Michel Siffre a passé 2 mois dans une grotte à 130m sous terre, en l’absence totale de lumière et sans aucun appareil lui permettant de se repérer dans le temps. (Température : 3°C, Hygrométrie : 98% d’humidité).
2 mois plus tard (il a l’impression d’y avoir passé 1 mois) il sort de la grotte épuisé psychiquement et physiquement. Les scientifiques analysent alors les informations enregistrées durant l’expérience.
Je cite Michel Onfray qui relate cette expérience dans son livre Cosmos :

« …l’équipe de scientifique découvre qu’un cycle dure 24h30. Il existe une régularité naturelle des cycles nycthéméraux. Une horloge interne règle une série incroyable du corps, donc de l’âme du vivant : les fréquences cardiaques, la pression sanguine, la température corporelle, le métabolisme le plus intime, l’élimination des substances toxiques présentes dans la nourriture… »

Se réapproprier son temps est aussi une opportunité pour découvrir et se resynchroniser avec son rythme naturel.


Le slogan « métro, boulot, dodo » des années 60, reste encore d’actualité pour une grande partie de la population. Du temps réapproprié pour son propre usage permet de diversifier sa vie et de s’engager dans des actions de bénévolat par exemple. Travailler pour une cause qui nous tient à cœur apporte énormément de satisfactions. En Yoga on parle du Seva (service désintéressé) aux multiples vertus. Nous avons la chance en France d’avoir 1,3 millions d’associations. Si vous êtes Lyonnais-es et en recherche d’idée, l’association Anciela édite tous les ans un annuaire des associations de la région en faveur d’une société plus écologique et solidaire.


…de son corps

en introduction de ce chapitre et pour faire un pont entre la question du numérique et le corps je vous propose cette courte video de Miguel Benasayag (France Cutlure) – Le numérique à la place du corps

Se tenir droit, renforcer son corps pour en jouir mais aussi pour avoir « un véhicule » ou « un outil » qui nous permet de faire le chemin. D’un point de vue métaphorique, se tenir, c’est également une façon de résister face aux « affaissements » pour ne pas dire « effondrements » en cours dans le monde (biodiversité, climat, C02, etc.)
Il me semble important de renforcer son dos, renforcer ses reins, renforcer son Hara (cher au Japonais).
Le hara se situe à quelques centimètres en dessous de notre ombilic. Les maitres d’arts martiaux notamment maitrisent le hara qui leur donne force et ancrage dans le sol. Il est ainsi extrêmement difficile de les déstabiliser. Graf Durkheim dans son livre « le hara central vital de l’homme » donne quelques indications de comment renforcer par la respiration son hara : étonnant et passionnant. Ce point en dessous du nombril a une place fondamentale dans de nombreuses cultures …de la danse du ventre en passant par les bouddhistes ou la médecine énergétique chinoise.

Je vois la colonne vertébrale comme le mat d’un bateau. Sans mat on ne va pas bien loin, sauf à avoir du pétrole ou des rames. En ce moment on a encore un peu de pétrole, mais on voit bien que l’on a commencé à sortir les rames. Il est temps de replacer le mat et de hisser la voile !

Les métaphores marines sont souvent très parlantes. Un voilier est un moyen de déplacement naturel, permettant d’aller loin et avec un moindre impact pour l’environnement. Ce que l’on perd en rapidité, on le gagne en écologie et en qualité. Ce qui vaut dans son contraire : ce que l’on gagne en rapidité impacte notre environnement. A savoir que le mat n’est pas planté dans le bateau pour son maintien, il est posé sur la coque et tenu par des câbles dont les forces opposées permettent au mat d’être parfaitement stable et vertical. Cette métaphore du mat et du voilier me plait car transposable sur notre coprs et nous rappelle le travail d’entretien physique à faire.
Il y a des forces de gravité qui nous tirent vers le bas et contre lesquelles nous devons lutter.

Se réapproprier son corps est un voyage en terre inconnue pour beaucoup d’entre nous. Marine, une amie ingénieure de formation mais aujourd’hui formatrice de BMC (Body Mind Centering) dit d’elle-même «un jour,  j’ai découvert que j’avais un corps en dessous de ma tête » . Cette prise de conscience a surement été le déclencheur de son parcours de réappropriation. C’est un acte courageux de se regarder et même si nous ne sommes pas bien haut « c’est parfois vertigineux d’être à sa hauteur ».

Notre corps nous permet de vivre notre passage sur terre. Il fonctionne sans notre intervention et il nous parle. On a tous expérimenté plus ou moins douloureusement la somatisation. Les déséquilibres et les émotions s’impriment dans la chair qui en garde la mémoire des années, voir des générations après.
Il y a une branche de la psychologie qui étudie cela de prêt. Il paraitrait que nous portons encore aujourd’hui des traces de traumatismes subis par nos ancêtres durant la révolution Française. Notre responsabilité actuelle est donc bien plus grande que celle que l’on imagine car elle s’étire dans la durée au-delà de notre propre vie. Je cite à nouveau Gandhi qui nous ramène à cette notion de propagation dans le temps, de karma et de réincarnation : « l’avenir est ce que tu fais maintenant ».

Ce qui est extraordinaire et réjouissant c’est que le phénomène inverse de la somatisation existe. Il est possible en travaillant le corps, de libérer des émotions ou des traumatismes. Moshe Feldenkrais (scientifique et maitre de judo) a mis au point dans les années 1950 une pratique permettant de retrouver énergie et bien être par le mouvement.
Je cite la 4ieme de couverture de son livre ‘Energie et bien être par le mouvement’ :

« Nous agissons en fonction de l’image que nous nous faisons de nous-même, généralement réduite par des facteurs d’hérédité et d’éducation extérieure. Mais chacun a en soir le pouvoir de s’auto-éduquer par la conscience et l’attention, donc de corriger des programmes physiques et psychiques qui, à priori, peuvent paraitre inamovibles. La conscience, est la plus haute étape du développement humain et plus elle se rapproche de l’intégralité, plus elle permet d’exercer un contrôle harmonieux sur toute l’activité corporelle. Une conscience augmentée rend aussi chacun apte à libérer, pour l’œuvre créatrice, tout le potentiel énergétique en lui »

Une des premières étapes de réappropriation du corps pourrait être de commencer par « le fondement ». Les Yogis nomme le point entre le rectum et les organes génitaux le chakra racine. C’est le 1er des 7 chakras du corps humain. « Chakra » signifie « roue ». Les chakras sont des centres d’énergie qui ont une réalité énergétique mais ne correspond à rien organiquement parlant. Tout comme les méridiens utilisés en acupuncture d’ailleurs.

Ce chakra « racine » est en résonnance avec ce qui touche à la sécurité et à la survie.

Quelle stupéfaction de voir qu’à l’annonce du confinement une des premières réactions a été d’acheter en masse des rouleaux de papier toilette ! Une réaction primaire et très peu rationnelle en apparence mais qui est surement une réaction logique fasse au sentiment d’insécurité. Comme le dit si bien l’expression populaire, en cas de menace on pense d’abord à « sauver ses fesses ». PQFD donc.

Ce sujet est intéressant à plusieurs niveaux.

Au lieu de se demander comment réduire ou se passer de papier WC certains en sont venu aux mains devant le dernier paquet de papier. La preuve en image : https://youtu.be/DtqU-ABhGFw

Ce qui est paradoxal car nous aurions intérêt à ne plus utiliser ce papier toilette mauvais pour notre corps (sans parler du nombre d’arbre qu’il faut abattre). Ce n’est pas recommandé pas les médecins les mieux placés sur la question. D’ailleurs de nombreux pays dans le monde ne l’utilise pas : Asie du Sud Est, Inde, pays Musulmans… Avec un marché mondial de papier hygiénique et ménager qui pèse en Europe 8,5 milliards d’euros les industriels n’ont pas vraiment d’intérêts à nous montrer que l’on peut sans passer.

Pour aller plus loin sur l’impact écologique :
https://www.planetoscope.com/papier/338-arbres-coupes-pour-produire-du-papier-hygienique.html

Et puisque l’on est sur le sujet j’en profite pour dire que la position assise sur une cuvette de WC est très mauvaise. Pour revenir vers la position naturelle le plus simple est de mettre une brique ou un petit repose pied pour positionner le bassin correctement, ou, plus acrobatique mais très faisable, monter sur la cuvette.

Pour résumé j’ai trouvé cette vidéo.de Bernard Clavière qui prône un retour aux choses naturelles et de bons sens. Si vous en avez la curiosité il parle aussi du dentifrice, d’alimentation, etc.

Je parle de ces choses très triviales car il me semble que même sur cet essentiel là, on a déjà dérivé. Il faut essayer de regarder de façon très critique toutes les « facilités » que l’on nous propose ou que l’on nous vend plutôt. Si on y regarde de plus près on nous vend majoritairement de la facilité, de la rapidité, du pas cher, de la sécurité ou du « progrès » ! Le fameux « oui mais…c’est pratique » contre lequel nous devons nous battre. La liste des choses pratiques est longue : allez au mac do c’est pratique, commander sur Amazon c’est pratique, prendre sa voiture etc. etc.)

A propos de « progrès », Etienne Klein aborde cette question dans cette conférence intitulée « quel sera notre futur ? ». Son éclairage de scientifique et de philosophe des sciences est précieux et nous aide à mieux penser la situation actuelle. Dans cette conférence aussi longue que passionnante il nous apprend que le mot de « progrès » a disparu des discours publics et a été remplacé par le mot « innovation » : troublant pour ne pas dire dérangeant.
Le mot « innovation » a même remplacé le mot « connaissance » dans la raison d’être de l’union Européenne. : un glissement sémantique lourd de sens.


…de sa respiration

On peut tenir plusieurs semaines sans manger, plusieurs jours sans boire, encore moins sans dormir mais seulement quelques secondes sans respirer. Cet acte pourtant banal, est au centre de qui nous relie à la vie.

La première chose que l’on fait en arrivant sur terre c’est de prendre une inspiration et la dernière chose que l’on va faire avant de (re)partir sera une expiration. Ce mouvement d’inspiration et d’expiration fonctionne tout seul, sans notre mental, de façon indépendante de notre volonté. En prendre conscience, le ressentir est en soi une expérience méditative.

La respiration est la porte d’entrée pour se rapprocher de ce qui est vivant en nous, de sentir ce miracle d’être en vie de façon autonome. Prendre conscience de cette vie qui nous habite juste en observant le flux et le reflux d’air.

Ce qui est remarquable avec la respiration c’est qu’elle est directement connectée à notre état émotionnel. Sous stress, elle sera courte et rapide et lorsque que nous sommes calme, elle sera lente et profonde. Les évènements extérieurs stressants modifient notre respiration, mais là aussi, le chemin inverse fonctionne. Travailler sa respiration pour l’allonger et l’approfondir va emmener progressivement notre mental et notre corps vers le calme et la détente. Il n’y a pas que sur une plage de Bali que l’on peut retrouver calme et détente #bilan-carbone #tourisme-de-masse #solution-de-facilité.

Les exercices de respirations en Yoga sont appelés des Pranayamas (le Prana étant l’énergie vitale qui est présente partout dans l’univers). Lorsque nous respirons nous prenons de ce Prana. Les pranayamas ont la vertu de nettoyer, évacuer le stress et les toxines accumulées dans le corps. C’est très hygiénique de pratiquer ces exercices régulièrement. Il me semble que ces techniques devraient être pratiquées par toutes et tous pour avoir un mental plus stable et un système en bonne santé. Cela est d’autant plus nécessaire dans nos environnements pollués et étouffants.
Le Sudarshan krya proposé par l’Art de Vivre est un très bon exemple de Pranayama simple et efficace (https://youtu.be/O4HlTfVltjs).


La respiration est directement connectée aux mouvements interne du corps, en particulier du diaphragme, le plus volumineux et le plus important des muscles respiratoires.

La méthode de coordination respiratoire développé par le Suisse Robin De Haas permet d’améliorer les mouvements du diaphragme, des côtes et des poumons. R De Haas grâce à cette méthode a permis à de nombreuses personnes alitées en insuffisance respiratoire de retrouver assez de force pour remarcher.

https://www.youtube.com/watch?v=oZNLawhr57Q

Une faible amplitude du diaphragme signifie moins d’air dans les poumons, moins d’oxygène et un impact sur l’organisme.

Il y a toute une gymnastique interne du corps extrêmement riche à découvrir et à se réapproprier pour renforcer notre santé physique et psychique avec ces techniques.

…de sa voix

Le travail sur le son et la voix est un univers en soi. Je dirais qu’aller à la découverte de sa voix et sa respiration est un « en-chant-ement ». Les courants religieux et spirituels ont intégré depuis leurs origines l’utilisation du son pour leurs effets sur le corps et le mental. Aujourd’hui ces pratiques commencent à entrer dans les sphères médicales. Dans le yoga il y a les chants de mantras (man = mental et trang=vague). Ces mantras sont comme des clefs qui nous touchent directement et peuvent avoir des effets très précis. Même si nous ne comprenons pas les paroles, les écouter ou les chanter aura un effet. Ils portent en eux une vibration particulière. En plus de l’impact issu de la vibration sonore il y a aussi l’impact physique de la langue contre notre palais qui est constitué de 84 terminaisons nerveuses, elles-mêmes connectées au cerveau et à notre système endocrinien (Yogi Bhajan – manuel de Kundalini Yoga).
La langue qui bouge dans la bouche sollicite et active toutes ses terminaisons nerveuses et cela agit sur notre système. Peut-être qu’un mot comme « guerre » provoque une émotion négative, non parce que l’on comprend le sens mais aussi parce que ce mot porte en lui une vibration négative. Cette idée expliquerait d’ailleurs pourquoi les mantras des langues que nous ne comprenons pas agissent tout de même.  

Les mantras peuvent être pensé, parlé, chanté à voix basse ou haute, seul ou en groupe. Les yogis se retrouvent souvent pour chanter en groupe dans des satsangs. Il n’y a pas besoin de savoir chanter ni d’apprendre des textes par cœur, les mantras sont des mots ou des phrases courtes que l’on répète pendant quelques minutes.

Tina Turner a mis en musique de magnifiques mantras.

https://www.youtube.com/watch?v=6XP-f7wPM0A

En Kundalini yoga une des chanteuses de référence est Snatam Kaur. Si vous voulez faire une expérience de relaxation simple, allongez-vous sur un tapis et laissez-vous porter par le chant.

Il y a aussi les soins par le son. Je n’ai pas de connaissances approfondies en musicothérapie mais c’est une pratique qui est à découvrir. Je peux néanmoins témoigner d’une pratique très simple découverte lors d’un stage « son en conscience ». Cette technique consiste à faire sortir « un son », le son qui corresponds à l’émotion qui vous embarrasse. Faite sortir ce son à voix haute en le terminant par « hummmm » et répéter autant de temps que nécessaire. Observer ensuite comment vous vous sentez.

Travailler sa voix, chanter des mantras, assouplir et faciliter le mouvement du diaphragme est une belle découverte, un beau voyage.

…de ses émotions

Nous sommes traversés tous les jours par des émotions positives ou négatives. Ces émotions nous affectent physiquement dans l’instant mais aussi peuvent entrainer somatisation et maladie sur le long terme. Il est donc très important de se réapproprier ses émotions pour son bien être personnel mais également pour une meilleure qualité de la relation aux autres.

Je lie émotion et communication car il est bénéfique de réussir à mettre en mots ses émotions. L’idée et de commencer par un rapide dialogue intérieur avant de communiquer vers l’autre. La Communication Non Violente (CNV) développée par le psychologue américain Marshall Rosenberg est la voie royale pour faire ce chemin de réappropriation. Il s’agit d’un processus en 4 étapes qui commence par la prise de conscience de son état interne émotionnel.

Pour la majorité d’entre nous le champ de perception et de conscience de notre état émotionnel est limité et flou. Nous pouvons facilement ressentir 4 ou 5 émotions de base « je suis en colère, inquiet, content » mais la palette des émotions est immense et pleine de subtilité. Pour illustrer mon propos voici un extrait du livre « les mots sont des fenêtres » de M Rosenberg.

Exemples d’émotions positives : admiratif, béat, confiant, décontracté, ému, fier, inspiré, libre, paisible, revigoré, soulagé, touché, vivant, etc., etc…

Exemples d’émotions négatives : à bout, amer, bouleversé, cafardeux, confus, déconcerté, effaré, ennuyé, hésitant, instable, perplexe, troublé, etc., etc…

Une fois que l’on a réussi à verbaliser notre état émotionnel il faut chercher quel besoin (ou chose importante) se cache derrière cette émotion. Un besoin non comblé génèrera une émotion négative et inversement un besoin nourrit provoquera un sentiment de contentement.

Or nous avons tous des besoins et attentes différentes (par rapport à nos idées, valeurs personnelles) et cela explique que face à une situation identique nous ressentons des émotions différentes. La suite du processus de CNV consiste à exprimer, expliquer à l’autre ce qui se passe en soi et de lui exprimer une demande. Ce mode de communication vise à éviter le jugement rapide, l’agression de l’autre et idéalement réussisse à expliquer puis formuler une demande à laquelle l’autre aura envie de répondre positivement.

Cela demande un peu d’entrainement mais la connaissance du processus de CNV même basique apporte déjà beaucoup. Il est aisé de se l’appliquer pour soi-même lorsque on ressent une émotion de façon à repérer le besoin qui lui est attaché. Cela évite de s’égarer dans des pensées stériles ou d’être submergé par l’émotion (je pense dans ce cas aux émotions négatives).

En France nous avons quelques dignes représentant de la CNV, des formations sont également possibles partout sur le territoire. Sinon, il y a une littérature fournie de Marshall Rosenberg ou des conférences facilement accessibles sur internet (https://youtu.be/53_qlO_8qqo)
Si vous voulez découvrir la CNV plus en détail je vous recommande cette video passionnante du père de la CNV.

Je peux aussi recommander l’écoute des videos ou podcast d’Isabelle Padovani qui a fait un long chemin spirituel et en CNV. Ses conseils et ses paroles sont riches, sages et souvent rassurantes pour celui-celle qui cherche à approfondir son dialogue intérieur et sa communication avec les autres.


…de son mental

C’est LE sujet. On peut l’aborder par plusieurs faces : les neurosciences, la psychologie, le yoga, par la philosophie… Je crois que toutes ses approches plus ou moins incarnées permettent d’avancer vers le même objectif, une plus grande connaissance de soi, de son fonctionnement, pour un agir éclairé, une réappropriation de soi (du moins d’une partie), une harmonie et un équilibre.

Prenons l’exemple du point vue neurologique.
Sebastien Bohler (ingénieur et titulaire d’un DEA de pharmacologie – source wikipedia) est l’auteur du livre « le bug humain », nous dit qu’une partie de notre cerveau, le striatum, nous incite à toujours prendre plus plus car il n’a pas de fonction ‘stop’. Le striatum, est une partie archaïque de notre cerveau qui s’est avérée fort utile lorsque l’homme chasseur cueilleur ne savait pas quand il allait manger à nouveau.  Désormais dans une société de consommation ou tout est disponible cela aurait tendance à nous jouer des tours (référence aux addictions de toutes sortes, avidité, comportement compulsifs, etc.). Le monde du marketing a bien compris que nous avions à l’intérieur de notre boite crânienne ce striatum insatiable. Maintenant que nous avons l’info, nous avons la responsabilité d’être au-dessus de ses instincts. Pour illustrer ce mécanisme des chercheurs ont fait des expériences dont le terrible test du chamalow…

Du point de vue de la psychologie, et selon la théorie Freudienne nous aurions 3 grandes instances qui coexistent et nous gouvernent : le Moi, le Surmoi et le ça. Le ça, entièrement inconscient, est très exigeant et demande un assouvissement de ses pulsions et de ses besoins (peut être un copain du striatum). Le Surmoi, est une sorte de « gendarme interne » avec des règles et des normes qui censure le ça. Il est principalement construit sur nos bases éducatives. Le Moi a une position plutôt de contrôle et d’observation des 2 autres instances. C’est l’instance la plus consciente des 3.
Le travail d’analyse consiste à démêler, à creuser l’histoire du sujet et mettre à jour les parts inconscientes agissantes. Une fois encore il s’agit d’éclairer, de « remettre la lumière à tous les étages » comme le dit l’expression populaire.
J’ose l’hypothèse que ces étages correspondent aux 7 niveaux de chakras.

L’approche par le yoga est différente, presque diamétralement opposée à l’approche psychanalytique. Il ne s’agit pas de tout regarder et d’analyser pour comprendre mais plutôt de faire table rase. Effacer les traumatismes, purifier le corps et le mental par les exercices (asana (posture), pranayama (respiration), relaxation, méditation) pour clarifier le corps et la pensée.
L’idée sous-jacente est que tout est impermanent, tout est renouvelé en permanence. La possibilité de l’action juste est donc tout le temps possible. Il n’y a pas de place pour le remords, les regrets, les complaintes, la colère, l’avidité etc. Il y a la croyance forte que nous sommes amour, comme toute forme d’énergie, que nous avons tout en nous. Les pratiques sont faites pour nous permettre de faire cette prise de conscience.

Le yoga et tout l’art de vivre yogique incluant le spirituel, l’alimentation offre un grand champ de réappropriation. Le yoga ne limite pas à une pratique hebdomadaire d’1h30 comme on pourrait le faire avec nos activités de loisirs ou de sport. C’est un art de vivre. Il est possible de vivre sa vie selon les préceptes du Yoga : du levé jusqu’au couché. Par exemple, se réveiller d’une certaine façon, puis se doucher d’une certaine façon, de prendre soin de son hygiène buccale (se rincer la bouche avec de l’huile de sésame est excellent pour éliminer les toxines accumulées pendant la nuit), de manger d’une certaine façon, puis faire des pranayamas et une méditation avant se lancer dans l’activité de la journée. Enfin le soir quelques exercices pour trouver le calme et avant de fermer les yeux penser à une chose positive (pourquoi pas une prière ou une lecture inspirante). Il paraitrait d’ailleurs que la dernière chose à laquelle on pense sera la première chose à laquelle on va penser au réveil.

…de ses besoins physiologiques
 

A propos de la vie de célibat et sur comment gérer son énergie sexuelle, Yogi Bhajan créateur du Kundalini yoga, propose un exercice spécifique à pratiquer tous les jours pour je le cite : « ne pas devenir dingue ».

La réappropriation de cette énergie est primordiale pour ne pas faire subir de violences aux autres. L’actualité récente avec les scandales dans le milieu artistique #metoo ou dans les sphères religieuses #affaire-barbarin montrent que des hommes de tous milieux socio-culturels exercent des violences à des femmes ou des enfants.

Il y a sur ce sujet de l’éducation du corps et de son fonctionnement un manque de connaissance évident. Lorsque le sujet est abordé, il est souvent abordé sous l’angle sexuel ou médical alors qu’il me semble que l’énergie libidinale et sexuelle peut passer par de nombreux canaux plus subtiles que ceux proposées par la société de consommation.

Les 2 mois de confinement nous ont permis de ressentir ce besoin de contact physique. En période « non confinées » il est important de nourrir de ce besoin.
Il y a la danse comme le tango. « L’abrasso » est un contact d’une grande intensité (lorsque le torse des 2 danseurs sont en contact).

Cela peut être tout à fait déstabilisant pour un danseur débutant car les 2 corps, le temps d’une chanson, fusionnent. L’effet produit n’est pas une excitation sexuelle mais plutôt une sublimation de cette énergie.
 
https://www.youtube.com/watch?v=-TRpGDThHII

Pour ceux qui ne se sentent aucune affinité avec les danses académiques, il y a le « contact impro ». C’est une pratique de danse libre ou les mouvements sont guidés par son « ressenti ». Cette danse permet de libérer ce qui a besoin de s’exprimer. Encore une fois il y une sorte de transformation d’une énergie, que l’on laisse s’exprimer au travers du corps.

Cela peut aussi passer par les arts, la sculpture ou le dessin de modèle vivant par exemple. Dessiner un modèle n’a rien d’excitant et se rapproche plus d’une méditation. Le regard précis que l’on doit porter est un voyage sur les creux, lignes, bosses, ombres et lumières du modèle. Par le regard seul, le dessinateur doit retranscrire l’harmonie du corps humain et l’émotion perçue. Il y a un flux d’énergie qui circule entre le dessinateur et le modèle tout à fait vivifiant.

Extrait du film de Jacques Rivette, La Belle Noiseuse.

…de son alimentation

J’ai entendu ou lu un jour une citation qui m’a marqué : « l’homme est le seul animal sur terre qui empoisonne sa nourriture ». On peut aussi le voir du côté positif en se référant à cette citation supposément d’Hippocrate : « que ton aliment soit ton médicament ». Offrir à son corps une nourriture saine et non contaminée par des pesticides ou des antibiotiques devrait être notre priorité.

Le minimum est de savoir qui a produit les fruits & légumes et selon quels procédés. L’idéal est d’avoir son propre jardin potager et fruitier. Si vous n’avez pas de terrain, il y a des AMAP et des jardins collectifs. A Lyon, il y a 2 grands jardins potagers collectifs, de plus de 1 hectare, exploités par une centaine de famille (Coté Jardins à Tassin la Demi Lune et Les Pot’iront à Décines).
S’occuper du jardin collectivement allège considérablement la charge de travail et la pénibilité (entre 7-10 jours de travail dans l’année/personne). La contrepartie de ce système semi-autonome est la nécessité d’un apport financier pour payer le matériel, le jardinier professionnel qui travaille toute la semaine au jardin. L’association Côté Jardins estime que grâce à cette réappropriation collective de la production les adhérents ont accès à des légumes 100% naturels pour un prix inférieur aux légumes conventionnels du marché.
Dans ce type de jardins collectifs les adhérents décident de tout et la transparence est totale. On ne parle même pas de bio, c’est juste naturel, sans label. « Plus d’éthique et moins d’étiquette » .
Mais surtout, un des grands bénéfices de ce type de gestion collective est la convivialité et les relations sociales entre les membres du collectif ce qui contribue aussi à la bonne santé.

Le contact avec la nature, même s’il n’est pas permanent apporte un bienêtre et un équilibre évident. Le « syndrome de manque de nature » est quelque chose aujourd’hui de reconnu. A chacun de trouver des moyens d’être en contact régulièrement avec la nature. Plus que de nous manquer, la nature peut aussi nous soigner. Les japonais pratiquent les bains de forêt (Shirin-Yoku) pour se ressourcer et se débarrasser du stress. Cette pratique est même officiellement encouragée par les autorités sanitaires du pays. En plus de nous nourrir avec de bons légumes, je pense que la nature nous harmonise et est capable de nous donner les choses dont nous avons besoin et de nous débarrasser du reste.

Et si l’on ne peut pas avoir accès à un jardin il reste les marchés de producteurs bio, les épiceries locales et en dernier recours les supermarchés bio. A savoir que le marché du bio est complétement contaminé par les logiques industrielles et financières avec les conséquences que l’on connait (exploitation de la terre et des hommes, pesticides, antibiotiques, OGM etc…). Parmi les grandes enseignes du bio, seul Biocoop et Biomonde sont des Scoop (Société Anonyme Coopérative) indépendante donc des grands groupes industriels) ce qui garantit plus d’éthique qu’ailleurs. Naturalia appartient au groupe Casino et Bio C Bon s’est allié en 2016 avec Amazon pour des services de livraison en 1 heure (source wikipedia).. Tout ce que l’on aime ! Il y a donc bio et bio.

La nature offre également de la terre…que l’on peut manger. J’ai découvert récemment l’argile verte et ses propriétés. Apparemment les animaux sauvages se soignent avec l’argile…je vais peut-être essayer de mettre un pain d’argile à côté de la gamelle des chats…
Pour en savoir un peu plus voici le lien wikipedia à propos de la « géophagie » et 2 vidéo. Une naturopathe donne des conseils pour faire une cure et dans l’autre, il s’agit d’un reportage avec Micheline Dextreit, la fille de Raymond Dextreit (1908-2001), grand thérapeute soignant à l’argile. Son best-seller fût « L’argile qui guérit » s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

https://www.youtube.com/watch?v=z6Zocxk9RfM
 
https://www.youtube.com/watch?v=hoQeZxLPEWc

En Inde, la médecine à garder leur médecine ancestrale (> 6000 ans), empirique pour certains, « téléchargée » pour d’autres. L’Ayurveda vise à garder le bon équilibre interne par l’alimentation mais aussi par quelques exercices complémentaires (respirations, méditations).

Le principe de l’Ayurveda est que nous avons tous dès notre petite enfance une « identité » qui nous est propre. Cette identité est constituée des 3 doshas (pitta, vata, kapha) qui sont des associations des éléments terre, eau, feu, air et espace. Par exemple une personne est 60% pitta, 30% vata et 10% kapha. Chacun sa composition. Si au cours de notre vie, pour des raisons internes ou externes, nous nous éloignons de cette « identité » nous nous exposons à l’apparition de maladies.

Le médecin Ayurvédique grâce la prise de poult peut déterminer notre « identité » et relever tous les écarts actuels par rapport à nos 3 Doshas initiaux. La prescription médicale est très surprenante « mangez plus de brocolis, plus d’huile de colza, moins de betterave et de pâtisseries » …que des changements alimentaires, nul besoin d’aller à la pharmacie pour acheter des médicaments, pas d’effets secondaires !

L’Ayurveda ne parle pas de maladie mais de « déséquilibres ». Il y a 6 stades de déséquilibres de gravité croissante. Au premier stade le corps gère tout seul et retrouve son équilibre par lui-même jusqu’au dernier stade où il n’y a pas de guérison possible. La médecine Ayurvédique permet d’aider le retour à l’équilibre dès les premiers stades, avant que les symptômes apparaissent (ce qui correspond au stade 5). C’est d’ailleurs à ce stade que la médecine moderne intervient (et fait des miracles il faut le dire). Par contre, notre médecine occidentale intervient trop tard et le coût d’une telle médecine est colossale pour la société…et pour soi.

Nous avions en Europe des connaissances sur les remèdes naturels mais beaucoup n’a pas été transmis avec l’aide de la puissante industrie pharmaceutique. L’exercice de certaines pratiques ancestrales ont même été mises « hors la loi ». Heureusement, le bon sens revient et il devient possible désormais d’avoir des avis éclairés de produits alternatifs pour soigner à bas prix nos maux de tous les jours sans passer par la case médecin, pharmacie, médicament et hôpital.


…de sa cuisine

C’est une marche supplémentaire et sur le chemin de la réappropriation signifiant l’envie de « ne plus se laisser servir la soupe ». C’est un acte de résistance et d’émancipation à part entière de prendre la responsabilité de cette activité vitale.

Il y a quelques mois, j’ai découvert un restaurant collectif dans le quartier qui s’appelle « les Petites cantines ». Ce restaurant a comme particularité que ce sont les invités (volontaires) qui font la cuisine. Ce concept génial existe dans plusieurs villes et se développe. Le prix du repas est libre mais un prix d’équilibre est indiqué pour payer les salariés, le loyer et la matière première.
Cette expérience m’a « remis le pied à l’étrier » côté cuisine et en quelque sorte débloqué. Je cuisine désormais plus et avec plus de plaisir.

Tout comme le principe des jardins collectifs, préparer à manger ensemble est un moment convivial ou toutes les générations et les milieux sociaux se mélangent.
Le monde de demain doit se construire sur ces valeurs et dans cette direction. Faire ensemble autant que possible et autant que nécessaire selon un principe général d’action « par le groupe, pour le groupe et sur un territoire limité ou un quartier ».

L’environnement anxiogène généralisé par cette crise sanitaire, additionné à une obligation de rester à la maison m’a mis dans des conditions idéales pour cuisiner.

1) j’ai plus de temps à y consacrer
2) je n’ai plus les solutions de facilité comme les restaurants
3) une petite voix me dit ‘fait du bien à ton corps et à ton moral’
4) je m’autorise des expériences nouvelles
5) manger devient un moment agréable de ces journées confinées.

Je tente des plats, je cherche des recettes, je mélange, j’ajoute plein d’épices et de condiments. J’ai le temps d’essayer de nouvelles habitudes, comme celle de manger des fruits 15/20 min avant le repas et de faire régulièrement un repas 100% cru. C’est très intéressant d’observer comment son corps réagit avec de nouvelles habitudes alimentaires.


…de ses ressources financières

Le niveau de connaissance de la population concernant les choses de la finance me semble vraiment faible. Nous ne savons pas grand-chose de son histoire, des systèmes, des processus, des organes de régulation, des règles et des lois qui gouvernent ce milieu.
Tout comme notre connaissance des médecines naturelles ne fait ni la une des journaux ni la une des orientations du ministère de la santé, notre ignorance du monde de la finance présente quelques avantages pour ceux qui font tourner le système et pour ceux qui en tirent des bénéfices (financiers ou de pouvoir).

Un You-tubeur, un peu exalté mais passionnant, nommé Gérard Fouchet, a posté de nombreuses videos pour nous aider à comprendre les tenants et les aboutissants.
Aujourd’hui il a quitté sa vie en appartement et habite dans une cabane en forêt. Il continue à faire des vidéos avec le même enthousiasme mais au sujet du chant des oiseaux ou de ses sensations après une journée de travail manuel !

Si vous cherchez de la motivation pour habiter en forêt, je vous recommande un passage à l’école G Fouchet. La monnaie et le crédit n’auront plus de secrets pour vous !

Pour en savoir un peu plus, Frederic Bosquet nous éclaire sur la monnaie et son rôle (issu d’un Mooc des Colibris).

Pour se réapproprier une partie de l’usage de son argent, il y a les Monnaies locales :  un moyen d’action simple et accessible dans de nombreuses régions de France. Les vertus sont multiples et le principe est simple !
Prenons l’exemple Lyonnais avec « la Gonette ». Le taux de change est 1 euro = 1 gonette. Les euros convertis sont placés dans une banque éthique et solidaire (choisie par l’association). Vous savez donc ou sont vos euros et vous avez la garantie que cette argent ne va pas servir à la spéculation financière.

La différence avec l’Euro est que Les Gonettes ne peuvent être dépensées que sur le territoire parmi un réseau de commerçants respectant une charte éthique. Donc, en tant que client vous savez que si un commerçant accepte les Gonettes il respecte les critères de la charte ». L’argent reste ainsi piégé sur le territoire, ce qui dynamise l’économie locale.

Il ne s’agit pas tant de « dépenser » ou de « capitaliser » de l’argent mais de le faire circuler !

Pour plus d’informations sur les monnaies locales :


Maintenant parlons de nos économies, de notre « bas de laine ».
Vous avez peut-être eu l’occasion de voir votre conseiller bancaire déplier son catalogue de produits financiers.  Il déroule en général un argumentaire bien rodé pour nous proposer des placements « avantageux » plus ou moins risqués. Clin d’œil à la scène culte du film Podium avec Couscous face à son banquier.

Souvent, par manque de connaissances ou d’intérêt , on suit les recommandations du conseiller sans vraiment savoir comment cette argent va « fructifier ».
De façon intuitive je me dis que tout placement supérieur à l’inflation va alimenter un système qui devra mettre d’autant plus de pression sur l’économie réelle (l’industrie par exemple) que les rendements financiers attendus seront hauts.
Et nous savons ce que fait une entreprise pour avoir les meilleurs résultats financiers : elle se conglomérise, elle flexibilise, elle productivitise, elle délocalise, etc…il me semble qu’un placement sur un livret A ou sur des placements « éthiques » sont à privilégier si l’on ne veut pas continuer à alimenter « le monstre ».

De nouvelles entreprises de l’innovation sociale, comme Villages Vivants, permettent de faire des placements utiles comme acheter d’anciens commerces de village pour le compte d’entrepreneurs qui n’ont pas les moyens d’investir.

lien : village vivant

De façon similaire, Terre de lien rachète des terres et des fermes pour permettre à de jeunes agriculteurs, éleveurs de se lancer.

Ses structures éthiques existent grâce à nos placements financiers et permettent de revitaliser nos villages et nos campagnes. On est dans l’économie réelle et dans le concret !

Une autre solution pour éviter l’embarra de choisir des placements, vous pouvez changer de banque et prendre une banque ‘éthique’. En France la seule alternative pour l’instant est le Credit Cooperatif. A l’avenir, il est prévu que la NEF offre également des services aux particuliers avec un compte courant, mais à ce jour le choix est limité. Les politiques et les financiers ne se pressent pas pour autoriser la création de nouvelles banques sociales et solidaires.

…de son habitat

Parmi les causes d’inégalité sociales criantes de ces dernières années, il y a les difficultés d’accès au logement.
La hausse du prix au m2 des appartements dans les grandes villes de France laisse de côté et éjecte en périphérie des villes une grande partie de la population (#voiture #gilets-jaunes). Sachant que 70% de la population vit en ville le problème est sérieux.

Voir ci-dessous la hausse depuis 2008 : + 22% en moyenne dans les grandes villes de France.

Ce phénomène découle de la loi du marché et de la non régulation des prix à la vente. Pour enrayer cette logique ou les plus riches s’enrichissent et les moins aisés se retrouvent exclus, des visions alternatives émergent et constitue un espoir pour se réapproprier ce besoin fondamental : avoir un toit.  

A Lyon, par exemple, il y a l’initiative du « groupe du 4 mars » situé dans le quartier de la Croix Rousse qui propose une alternative intéressante pour ‘s’extirper’ du système conventionnel. Il s’agit d’un nouvel immeuble avec pour moitié des appartements sociaux et d’autre part des appartements ouverts aux copropriétaires adhérents au système d’habitat collectif. 
Le principe est un hybride entre la propriété et la location. En effet, pour accéder à un appartement il faut avancer une somme d’argent (disons par exemple 15 000 euros), comme le ferait une personne voulant acheter, puis il y a un loyer mensuel (environ 20% moins cher que le prix de marché).

Par ce système, on devient à la fois propriétaire et locataire. Ce n’est plus la personne qui fait un emprunt mais le groupe, ce qui facilite l’accès au crédit ! L’autre gros avantage est que ce système empêche la spéculation immobilière. Quand la personne part de son appartement elle récupère sa mise de départ quel que soit le prix du marché (15 000 euros + inflation si on reprend l’exemple précédent) et le futur acquéreur pourra accéder à l’appartement pour cette même somme.

Au-delà du mécanisme financier et de ce statut hybride de loca-propriétaire, les futurs résidents prennent en charge en co-gestion la vie de l’immeuble. Par exemple dans cet immeuble de Lyon il y a un bâtiment commun dédié pour des expositions, musique, sport, yoga, etc. Il y a un jardin potager pour les résidents, des chambres communes à chaque étage pour accueillir les amis de passage (évitant ainsi d’avoir de grands appartements à chauffer). Et bien sûr, la vie du groupe se fait avec des modes de gouvernance alternatifs et adaptés. La philosophie dans ce type d’habitat pourrait être « Ensemble, mais chacun chez soi, pour le bien de tous ».

Je suis persuadé que dans ce genre d’immeuble, l’adhésion à un beau projet autour de valeur partagées, la mise en commun tout en préservant l’intimité de chacun nourrit les âmes et le cœur des résidents.

…de son pouvoir d’agir

Quel que soit le domaine abordé nous avons de multiples bénéfices à reprendre conscience de notre pouvoir d’agir individuel et collectif. Corinne Maurel Darleux (conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes) nous dit « pour reconstruire un horizon il faut nourrir notre puissance d’agir ».
Il s’agirait donc de transformer notre « volonté de puissance » en « puissance d’agir ».

Pour les salariés (20 millions de personnes en France) la réappropriation du pouvoir d’agir en entreprise est le credo de l’association Réseau Feve (https://www.reseaufeve.fr/) qui accompagne et forme les salariés à bouger leur entreprise sur les valeurs du Développement Durable. On retrouve là encore une force de bas en haut qui agit et propose des solutions au plus près du terrain (le terrain étant là où se trouve les graines, rappelons-le).

Ces actions volontaires en entreprise sur les valeurs du Développement Durable apporte un regain d’énergie à celui ou celle qui porte ces projets. Les collègues embarqués dans ces initiatives retrouvent également du sens au travail et l’entreprise bénéficie de façon indirecte de l’engagement des salariés.


…de sa spiritualité

Les religions se sont retirées de nos sociétés occidentales. Soi elles n’ont pas apporté toutes les réponses ou comblé les aspirations des citoyens, soi elles se sont trop institutionnalisées et ont perdue de leur sens. Ou bien quelque chose de plus fort, de plus facile à « raflé la mise » et remporté la bataille…le fait est qu’aujourd’hui les populations des pays « développés » se sont éloignées des pratiques spirituelles. Je parle d’une spiritualité au sens de vie intérieure, une pratique incarnée ou les actes sont en cohérence avec les valeurs. Répéter « tu ne tueras point » le dimanche matin à la messe et au moment des élections élire un industriel vendeur d’équipements de guerre m’afflige #Dassault. Quelle incohérence pour ne pas dire cynisme !


J’ai entendu lors d’une émission de radio que ceux qui avait le plus survécu à l’atrocité des camps de concentration n’étaient pas les plus robustes physiquement mais ceux qui avait la vie intérieure la plus développée, une croyance, un ami imaginaire.

Je crois que se rapprocher de soi éloigne du sentiment de solitude. C’est prendre conscience de la vie en nous et autour de nous, c’est réaliser que l’ensemble de ce qui EST ou n’EST pas fait partie de quelque chose d’infini et que pour cela il faut le/la «respecter ».

La crise du Covid19 nous montre que ne pas respecter le vivant, en l’occurrence des animaux regroupés, entassés, mélangés comme des choses dénuées d’émotions, de sensibilité n’est pas une très bonne idée et s’oppose aux logiques de vie. Avant le Covid, l’épisode du Sras avait des causes similaires.

Pour développer en soi ce sentiment d’appartenance, faire croitre sa spiritualité il n’y a pas qu’une seule voie. Nous connaissons tous des personnes qui ont développé cette foi sans passer par des gurus (GU = ombre, RU = lumière) ou des religions. La vie même peut être un maitre.

Yoga veut dire « union », ce qui en dit long sur la « vastitude » du programme. Les 2 yogas et courants spirituels qui m’accompagnent sont le Kundalini Yoga avec le maitre spirituel Yogi Bahjan et Art of Living fondée par le maitre spirituel Sri Sri Ravi Shankar.
Le Kundalini Yoga est un yoga dynamique et puissant qui permet de « remettre les pendules à l’heure ». 2 à 3 années de pratique modérées suffisent pour apporter une transformation notable.
L’Art de vivre, propose une approche plus holistique et porte l’accent sur les clefs de sagesse et la méditation.
Ces 2 approches du Yoga sont très complémentaires.

Il y a beaucoup de choses que le yoga ne prend pas en compte mais je crois qu’une personne qui pratique le yoga ou qui a une vie équilibrée ne peut pas œuvrer contre ce qui fait la beauté de ce monde et la qualité de la vie. Par le travail sur le corps et le mental nous augmentons la possibilité d’une vie moins violente, plus harmonieuse en nous et avec les autres.

 Know yoga, Know Peace
 No Yoga, No Peace



…de ses besoins matériels

Cela est certainement la chose la plus conditionnée en nous : nos achats.


Une méthode efficace est de choisir uniquement des magasins ou enseignes avec une vraie politique RSE (Responsabilité Sociale et Sociétale). Ainsi, on ne se pose pas de questions car on sait que cet achat est de fait ‘responsable’. Par exemple, il y a des entreprises Françaises de Jeans (1089) ou d’ameublement (la Camif) qui garantissent des fabrications locales et une éthique vis-à-vis de leurs fournisseurs. Il est donc possible d’éviter les grandes marques Levis, Ikea & co, si on prend le temps de sortir de la solution automatique. La « facilité » et le « low cost » coûte très cher à la planète.

Dès que l’on a besoin de se procurer un bien, notre premier réflexe doit être de regarder la pyramide géniale ci-dessous et envisager les solutions alternatives avant d’acheter comme un robot.

Les alternatives existent pour quasiment pour tous les biens matériels.
A titre d’exemple pour le matériel informatique, il y a le site Commown et l’entreprise MCarré qui militent pour une informatique libre et contre l’obsolescence programmée.

 

…de son bilan carbone

En introduction de ce chapitre je vous invite à regarder la video du génial David Louapre (chercheur en physique et créateur de la chaine « science étonnante »)

La terre se réchauffe et on a grandement besoin d’un thermomètre, non pas pour mesurer le réchauffement de la planète, mais savoir comment on se situe individuellement en émission de C02. Cela est un exercice confrontant mais indispensable si on veut sortir la tête du sable.

Manger végétarien ou ne plus prendre l’avion ? Si vous ne savez pas lequel de ces 2 gestes est le plus impactant dans votre bilan carbone, je vous recommande la lecture du rapport de Carbon4 « que valent les éco-gestes du quotidien » (lien Carbon4). L’effort à faire/habitant d’ici 2050 est énorme pour éviter un dérèglement climatique dramatique. L’ordre de grandeur est de diviser par 5 notre empreinte carbone pour passer de 11 t CO2 / an à 2 t CO2 / an.

Notre responsabilité est d’avoir les idées claires pour agir efficacement. Pour information, le rôti de veau dominical (1kg) est équivalent à un trajet de 200 km en voiture. J’ai vu cette info sur le site de Planetoscope au chapitre C02. Ce site affiche en temps réel l’évolution d’une multitude d’indicateurs. Il n’y pas que la terre qui tourne…  https://www.planetoscope.com/.


Selon Carbon4, si l’ensemble de la population française applique individuellement 100% des meilleures pratiques, cela ne suffira pas pour atteindre l’objectif. Les pessimistes diront que cela perdu d’avance. Les optimistes diront que c’est une étape nécessaire et que pour le reste ils ont leur bulletin de votre pour élire des responsables politiques capable de changer le système actuel (industrie, agriculture, fret, construction).
Nous avons également tous le pouvoir de faire vivre les systèmes vertueux par nos achats. On vote tous les jours en consommant. Décider ne plus acheter de légumes issus de l’agriculture intensive affaiblira ce système perfusé au pétrole. Comme le disait Coluche « il suffit que l’on achète pas pour que cela ne se vende pas ».

Il est aussi possible d’agir sur les grands acteurs de l’énergie en changeant votre fournisseur d’électricité pour aller vers des producteurs locaux et plus éthiques (Enercoop, Energie d’ici).
Je parle aussi d’éthique sur ce sujet de l’énergie car le nucléaire, bien que bon pour les émissions de CO2, n’en reste pas moins polluant pour nos sols…et nos finances. Pour comprendre mon propos écoutez ce que dit Marc Eichinger interview par Denis Robert sur l’affaire Areva. On a beau le savoir, c’est toujours décevant d’entendre ce genre d’affaires concernant de l’argent public.

 …de ses choix

Si on décide d’arrêter le fonctionnement automatique des pensées pilotées par les émotions, les conventions, les pulsions et autres intentions non raisonnées on se retrouve devant une chose très embarrassante : choisir.
Pour faire un choix il faut être dans de bonnes dispositions et le faire avant que la tempête se lève. Si cela secoue trop on va chercher à sauver sa peau et le matériel en attendant que ça passe. Comme dirait Marcel un ami Marseillais qui a été pris dans une tempête au milieu de l’atlantique pendant 15 jours… « on a fait le dos rond ». Cela signifie donc qu’il est préférable d’anticiper, de penser et choisir les alternatives avant qu’il ne soit trop tard.

Les religions orientales associent les choix, au concept de Karma. Un Karma se travaille. La pratique du yoga permet de se libérer des anciens Karma et d’agir pour préparer son futur Karma (dans cette vie ou celles d’après). Cela n’est pas une assurance tous risques et l’erreur arrive quoi que l’on fasse. Sri Sri Shankar nous dit qu’en cas d’erreur il faut vite tirer les leçons et passer à autre chose.
 
Pour les spirituels indiens tout est impermanent, tout est changement. Les cellules de notre corps d’aujourd’hui ne sont pas du tout les mêmes que celles de la semaine dernière. 100% des cellules de votre corps d’aujourd’hui sont différentes de celles d’y a 15 ans. Qui a dit que l’on ne changeait jamais ?

Le monde de l’infiniment petit et de l’invisible est en transformation perpétuelle. ‘GOD’ serait les initiales pour « Generate Organize Destroy ».
Nous sommes tous des grumeaux de la même pate a crêpe alors à quoi bon imaginer que nous sommes séparés ou si différents…on va tous finir dans la même grande poêle cosmique en délicieuse crêpe (parfumée à la fleur d’oranger si possible).

La pensée Chinoise est complètement imprégnée de cette notion de transformation. Le signe du Tao en est la plus belle illustration.

(Symbole du Tao avec autours les 8 trigrammes servant de base pour la construction des 64 hexagrammes du Yi Jing)

Je trouve ce symbole d’une puissance incroyable. Parmi les grands textes classiques de la pensée Chinoise il y a le Yi Jing (traduit par ‘classique des changements’ ou ‘livre des transformations’). Premier des 5 classiques, il est considéré comme le plus ancien texte Chinois. C’est un manuel d’aide à la décision. Le principe est simple.
D’abord, on note sur un papier une question (en évitant les questions ouvertes). La 2ième étape est le tirage que l’on peut faire avec 3 pièces de monnaie (il existe un tirage avec des baguettes) qui nous donne un chiffre entre 6 et 9. 6 lancés de pièces consécutifs nous donnent 6 chiffres entre 6 et 9. Ces 6 chiffres nous renvoient à un des 64 hexagrammes que compte le Yi Jing.
L’analyse détaillée de l’hexagramme va nous aider à creuser la question. Lorsque le processus d’analyse est terminé la réponse « apparait ». Le Yi Jing nous guide et nous éclaire mais ne réponds pas par Oui ou Non. Le simple fait d’arriver à « une » réponse est bénéfique car cela permet d’avancer et évite de ruminer.

Quoi qu’il en soit, même si vous doutez de ce genre de méthodologie, franchir l’étape 1 est déjà un pas en avant. On est souvent embarrassé par des questions et on réalise à l’étape 1 que cela aide de poser le problème.

Pour en savoir plus voici le lien vers l’interview de Cyril Javary dans l’émission les Racines du Ciel. C’est en écoutant cette émission que j’ai découvert le Yi Jing : https://www.franceculture.fr/emissions/les-racines-du-ciel/le-yi-jing-une-sagesse-chinoise-avec-cyril-javary


…des modes de gouvernances

Qui dit réappropriation dit responsabilité accrue. Au niveau de la société cela signifie une modification du rapport à l’autorité et au pouvoir. Les collectifs qui décident de se réapproprier leur structure (entreprise, association…) ne souhaitent pas que les responsabilités soient dans les mains d’une ou de quelques personnes placées en haut d’un système pyramidal.
Il est donc nécessaire d’utiliser de nouveaux outils de « gouvernance » pour remplacer l’autorité et la subordination. Il est indispensable de redéfinir comment prendre les décisions, comment répartir les rôles et les responsabilités au sein du groupe.

Etant donné que les individus sont plus libres dans leurs actions que dans un système pyramidal classique, il est crucial de définir dès le début la « raison d’être » du groupe et d’établir une charte décrivant le cadre de référence. Toutes les actions ou les décisions doivent être en cohérence avec la raison d’être et la charte. A noter que ces 2 piliers doivent être mis à jour régulièrement. Comme le dit souvent mon ami Olivier « la démocratie c’est pouvoir discuter de tout, tout le temps ».

Ces modes de gouvernance (sociocratie, holacratie,…) adoptent des principes et modes organisationnels innovants, démocratiques et « horizontaux ». Parmi les spécificités de ces gouvernances alternatives on peut citer par exemple le processus d’élection sans candidat. Cela évite les prises de fonctions par M ou Mme Ego cherchant plus à prendre du pouvoir que de servir la cause du collectif. Je ne vais pas détailler ses modes de gouvernances car tout ceci est très bien expliqué par les spécialistes via leur livres, video, mooc (formation en ligne) etc..

Quelques liens :
Université du Nous : http://universite-du-nous.org/a-propos-udn/ses-outils/

Presentation de l’holacratie :

Sociocratie :  élection sans candidat 

Pour les entreprises, cela se traduit par des organisations du type Scoop (définition). Un des principes est que l’entreprise appartient au collectif, les décisions sont partagées avec l’ensemble des salariés, les salaires nivelés. Ces entreprises innovantes au niveau social et sociétales ont en plus (ou grâce) des résultats économiques tout à fait satisfaisant, et une attractivité certaine pour les personnes en recherche de sens. Certainement un modèle à développer pour l’avenir.

…avant de conclure

Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai beaucoup fait référence à des hommes car ce sont eux qui ont majoritairement jalonné mon parcours mais il y a aussi quelques femmes dont la trop rare Isabelle Sorente (polytechnicienne et romancière). Voici une interview ou elle parle des dangers d’une société qui voudrait tout prévoir. Elle reprend plusieurs thèmes abordés dans cet essai : sciences, algorithmes, spiritualités, risques mais aussi de notre humanité et des espoirs que l’on peut fonder.

Conclusion

La réappropriation joyeuse est à la fois un mouvement vertical et un mouvement à 360° : une spirale vertueuse. Elle part ce qui est au plus profond de nous et nous offre une porte de sortie vers une vie plus proche du vivant. Elle cherche à se réapproprier l’essentiel, l’usage son temps, de sa raison, de ses biens matériels & immatériels, de son corps, des nourritures terrestres & intellectuelles et de redéfinir comment faire société.

C’est au départ une démarche individuelle mais elle ne porte ses fruits grâce aux autres via des réseaux structurés et intelligents pour coopérer, s’aider, comprendre, apprendre, définir un horizon désirable. Elle passe par des prises de consciences successives, par l’apprentissage d’outils et de méthodes qui sont à disposition.
La « réappropriation joyeuse » est une ouverture au monde et au partage. C’est une invitation à développer « son soi » (altruiste) plutôt que « son moi » (égoïste) nous dit Paul Ricoeur. C’est aussi un chemin vers un « nous » plus uni, clairvoyant, lucide et sage. Toute chose réappropriée rapproche de la vie et augmente notre autonomie, notre équilibre, notre force de vie.

Peu importe le chemin pris. Souvent, c’est le fait d’être touché dans sa chair ou dans son portefeuille qui donne l’impulsion du changement. Je souhaite que la crise mondiale du Covid19 soit un déclencheur et un signal suffisamment fort pour que ne pas passer de somnambule à amnésique.

Labourons la terre qui est sous nos pieds pour faire pousser le monde demain. Le faire, ne serait-ce que pour la beauté du geste.

                                                                                                                                                               A Lyon, le 3 mai 2020

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