Thomas Sankara du Burkina Faso (21 décembre 1949 -15 octobre 1987) : un modèle du respect et du sens élevé des principes d’un Etat contemporain

In PIERRE BAMONY : Pourquoi l’Afrique si riche est pourtant si pauvre ? -De la faillite des élites de l’Afrique subsaharienne- Tome 1 (Editions Le Manuscrit, juin 2010, 449 p)

Thomas Sankara

     Dans cette analyse sans aménité sur la technique gouvernementale des élites politiques africaines subsahariennes – et il semble que toute personne de bon sens, apologue des intérêts vitaux des peuples de cette zone du continent africain, pourrait s’accorder avec moi sur le sens de ma révolte – on ne peut passer sous silence l’expérience politique de deux leaders du Burkina Faso. Malgré la pauvreté de ce pays, les dures conditions de ses habitants, les hommes de ce territoire sont restés attachés à la défense de leur liberté, quelle que soit la nature de leur gouvernement. Car certains parmi les peuples de ce pays, comme les Lyéla, les Nuna, les Kassena etc., ont toujours fait preuve d’un esprit de liberté, d’indépendance et de l’art de la dispute démocratique. Il en est, d’ailleurs, ainsi de la quasi-totalité des peuples africains subsahariens, avant l’instauration du système maffieux des trucages des élections dites démocratiques et qui n’ont de démocratique que le nom, grâce à l’appui des gouvernements français ; plus précisément, de la fameuse et monstrueuse « Françafrique ». A titre d’exemple, les Voltaïques et, de nos jours, les Burkinabés font montre d’un esprit et d’une maturité politiques qui seraient admirables, voire exemplaires si les débats et contradictions politiques ne touchaient, parfois de façon essentielle, à la personne même des adversaires en jeu. Jusqu’à l’arrivée de la fameuse rectification militaire, ancrée résolument à droite, l’essentiel des joutes politiques consistaient dans la défense des valeurs de gauche. Même encore aujourd’hui, on compte un nombre fort important de mouvances gauchistes qui rendent, d’ailleurs, vaines les diverses tentatives d’unité de formation d’un groupe politique solide autour d’une personnalité de grande envergure ; et qui serait en mesure de constituer une formation politique d’opposition crédible. Celle-ci aurait alors pour effet de conduire à une alternance politique en ce pays. Et c’est la forte représentation syndicale, dans l’enseignement, comme dans les autres corps de la fonction publique, voire dans certaines structures importantes du secteur privé qui a toujours avivé la flamme de la politisation en ce pays, avant l’avènement du CDP de Blaise Compaoré. Ce parti politique et son chef lui ont brisé les reins par la baisse des conditions de vie économiques et par la dissémination des germes du venin de la division des syndicats. Cette flamme politique constituait, en amont et en aval, la seule force d’opposition réelle face aux différents gouvernements. Quels qu’ils furent, cette puissance des syndicats les avait toujours fait trembler.

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Nietzsche et Lou ou l’amour et la haine

Nietzsche et Lou ou l’amour et la haine

Extraits In (Recherches en cours de rédaction) ….

C- Les entraves à l’amour de Nietzsche et de Lou

       On peut souligner trois raisons essentielles qui semblent avoir constitué les obstacles majeurs à l’union de Lou et Nietzsche. D’abord, la traitrise et la malhonnêteté de son ami et frère d’esprit Paul Rée. D’une part, avant sa rencontre avec Lou Andréas-Salomé, ce dernier était très inquiet de l’état de solitude de Nietzsche ; et désirait, comme je l’ai montré ci-dessus, absolument, avec Malwida Meysenbug, lui trouver une compagne qui apporterait affectivité, assistance et présence réconfortante. En outre, depuis qu’il tomba sous les charmes envoûtants de Lou, il se montra lâche en n’osant pas avouer à son ami et frère d’esprit son propre amour pour celle-ci. Et dans leur expérience amicale à trois, il tira davantage profit de Lou que Nietzsche. En effet, il dut la voir plus souvent que lui. Ensuite, par pure jalousie et par bassesse d’âme, il se pourrait fort bien qu’il ait pu informer Lou que Nietzsche n’était pas aussi abstinent que sa sœur Elisabeth le croyait ou en répandait le bruit. En effet, elle racontait un peu partout que son frère avait quelque chose du Surhomme. En réalité, Nietzsche n’était ni un « saint homme », ni un extraterrestre. Sur le plan de sa vie sexuelle, Paul Rée semblait mieux le connaître que la  sœur de ce dernier. En effet, il était complice de la vie et/ou de l’activité sexuelle cachée de Nietzsche. Dans la discrétion la plus totale, Paul Rée organisait la visite d’une femme du peuple dans un hôtel à l’intention de  Nietzsche. Et il dû révéler à Lou le fait que Nietzsche souffrirait d’une infection syphilitique. Dès lors, avec un tel fardeau, même si Lou avait été séduite par Nietzsche, elle n’aurait pas osé courir un si grand risque pour sa vie et sa santé.

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