De 21 à 25 ans : le plus bel âge de la précarité

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Mémoire de DCSF – Session 1996-1997 – Grenoble

Par Denis E.
Dirigé et corrigé par Pierre Bamony

INTRODUCTION

     Le rapport entre « jeune » et « exclusion » est difficile à définir puisque, à première vue, la jeunesse est un état de dépendance. Or, on remarque qu’actuellement, cette phase de vie tend à se prolonger, à s’amplifier à un point tel qu’elle devient un facteur ou un risque d’exclusion sociale. En effet, les jeunes ont de plus en plus de mal à accéder aux principaux attributs d’intégration de notre société : un emploi, un revenu, un logement indépendant…

   Le chômage est la cause de cette transformation. Les difficultés grandissantes que rencontrent les jeunes pour rentrer dans la vie professionnelle et s’y stabiliser, ont des conséquences importantes sur l’autonomie financière et matérielle qui est censée définir l’âge adulte. Par exemple, 30 % non diplômés ou titulaires d’un CAP-BEP sont, cinq ans après la fin de leurs études, sans emploi stable.

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L’expérience d’un enseignant humaniste en banlieue nord de Paris

Présentation

      Après quelques années d’enseignement en Côte d’Ivoire, j’ai dû revenir en France en 1990. J’avais un égal attachement à l’un et à l’autre de ces deux pays auxquels j’appartiens en vertu de ma naissance ; ce qui a eu pour effet, pendant des années, de me mettre dans une situation d’instabilité, d’indécision quand il s’est agi de m’installer durablement quelque part. Jean Daunay, avec lequel j’avais lié amitié depuis Bouaké (Côte d’Ivoire), m’avait embauché dans un CFA qu’il dirigeait alors. Il avait pris soin de m’informer que j’aurais affaire à des élèves de niveau 5. Comme il se rendit vite compte de mon étonnement et de mon ignorance sur ce sujet, il me précisa : « ce sont des apprentis qui préparent un diplôme professionnel, comme le CAP (Certificat d’aptitude professionnelle), le BEP (Brevet d’aptitude professionnelle) de vente, de boulangerie, de mécanique, de coiffure, d’électrotechnique etc. Autant dire qu’il s’agit d’élèves qui n’ont rien à voir avec l’enseignement de la philosophie dans les classes terminales. D’ailleurs, ce n’est pas la philosophie que tu vas leur enseigner, mais des rudiments de français ».

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