L’expérience d’un enseignant humaniste en banlieue nord de Paris

Présentation

      Après quelques années d’enseignement en Côte d’Ivoire, j’ai dû revenir en France en 1990. J’avais un égal attachement à l’un et à l’autre de ces deux pays auxquels j’appartiens en vertu de ma naissance ; ce qui a eu pour effet, pendant des années, de me mettre dans une situation d’instabilité, d’indécision quand il s’est agi de m’installer durablement quelque part. Jean Daunay, avec lequel j’avais lié amitié depuis Bouaké (Côte d’Ivoire), m’avait embauché dans un CFA qu’il dirigeait alors. Il avait pris soin de m’informer que j’aurais affaire à des élèves de niveau 5. Comme il se rendit vite compte de mon étonnement et de mon ignorance sur ce sujet, il me précisa : « ce sont des apprentis qui préparent un diplôme professionnel, comme le CAP (Certificat d’aptitude professionnelle), le BEP (Brevet d’aptitude professionnelle) de vente, de boulangerie, de mécanique, de coiffure, d’électrotechnique etc. Autant dire qu’il s’agit d’élèves qui n’ont rien à voir avec l’enseignement de la philosophie dans les classes terminales. D’ailleurs, ce n’est pas la philosophie que tu vas leur enseigner, mais des rudiments de français ».

Lire la suite

De la difficulté d’enseigner la philosophie en Terminale

    Quelques interrogations d’un professeur de philosophie en classes Terminales générales

1- Enseigner en terminale est une tâche éminemment difficile et délicate

     Comment m’exprimer ici en des termes simples ? Je crains de ne pouvoir le faire, eu égard à la nature même de l’objet en question. Qu’on me pardonne pour mon langage particulier sur une matière singulière et tout à la fois complexe. La Philosophie est, en effet, singulière pour les raisons suivantes.

Lire la suite