Le concept de parentalité confronté aux pratiques du soin et de l’aide sociale

Dominique FAVRE Psychologue à l’Institut Départemental de l’Enfance et de la Famille du Rhône Accueil Mères-Enfants

Intervention au « Pavillon des Causeurs » Gerland

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Qui est autorisé à en juger ?

Introduction 

Je remercie chaleureusement les membres du Pavillon des Causeurs de m’avoir offert une tribune pour présenter et discuter avec vous, cette question de la parentalité, médiatiquement très connue, mais dont l’approche théorico-clinique n’est pas toujours à la hauteur de l’inflation de communication dont elle est l’objet.

   En préparant cette communication, je me suis aperçu qu’il n’est pas facile d’exposer en temps limité, un travail de recherche et une expérience clinique portant sur des années ; aussi vais-je m’efforcer de la rendre moins touffue, en ne cherchant pas à tout dire en une fois !

Dans un premier temps, j’introduirai la parentalité, depuis ses représentations subjectives jusqu’à l’émergence du concept. Dans un deuxième temps je vous présenterai le travail de notre groupe de recherche sur la parentalité[1], dirigé par Didier Houzel, et notre analyse du processus de parentalité en trois axes3. Enfin dans une perspective plus clinique, j’essayerai de mettre en perspective la pratique de l’accueil institutionnel de mères isolées en difficulté, avec nos hypothèses de recherche.

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De la parentalité alternée : une autre forme d’éducation des enfants chez les Lyéla du Burkina Faso

Résumé

   Parmi les diverses figures de parentalité qui existent dans les pays africains sub-sahariens, la plus répandue est la parentalité alternée. Chez beaucoup de peuples de cette zone de l’Afrique, en général, et particulièrement chez les Lyéla du Burkina Faso, la vie, l’éducation, la formation humaine de l’enfant ne se réduisent pas à la seule autorité de ses parents biologiques. D’abord, dès qu’il est sevré du sein maternel, il est sous la surveillance, voire la vigilance des membres proches du groupe familial (la cour).

   Ensuite, à partir de 5 à 7 ans, il est de coutume de confier la tutelle de l’enfant à des parents de « substitution », alliés ou amis de sa famille biologique. Chacun des tuteurs successifs s’emploie, à sa manière et suivant l’éthique, les valeurs sociales et/ou humaines, partagées par toute une collectivité, à accomplir sa mission d’éducateur, de parents alternants, le mieux possible en vertu du bien de l’enfant.

  Enfin, une telle forme d’éducation humaine ne génère pas outre mesure des perturbations, des troubles psychologiques de nature à empêcher l’équilibre, c’est-à-dire une vie sociale « normale » de l’individu. 

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