Le concept de parentalité confronté aux pratiques du soin et de l’aide sociale

Dominique FAVRE Psychologue à l’Institut Départemental de l’Enfance et de la Famille du Rhône Accueil Mères-Enfants

Intervention au « Pavillon des Causeurs » Gerland

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Qui est autorisé à en juger ?

Introduction 

Je remercie chaleureusement les membres du Pavillon des Causeurs de m’avoir offert une tribune pour présenter et discuter avec vous, cette question de la parentalité, médiatiquement très connue, mais dont l’approche théorico-clinique n’est pas toujours à la hauteur de l’inflation de communication dont elle est l’objet.

   En préparant cette communication, je me suis aperçu qu’il n’est pas facile d’exposer en temps limité, un travail de recherche et une expérience clinique portant sur des années ; aussi vais-je m’efforcer de la rendre moins touffue, en ne cherchant pas à tout dire en une fois !

Dans un premier temps, j’introduirai la parentalité, depuis ses représentations subjectives jusqu’à l’émergence du concept. Dans un deuxième temps je vous présenterai le travail de notre groupe de recherche sur la parentalité[1], dirigé par Didier Houzel, et notre analyse du processus de parentalité en trois axes3. Enfin dans une perspective plus clinique, j’essayerai de mettre en perspective la pratique de l’accueil institutionnel de mères isolées en difficulté, avec nos hypothèses de recherche.

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Pourquoi une morale ? – l’Anthropos a-t-il vraiment besoin de morale ?-

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Introduction

Dans l’énoncé même de la question, il y a une polémique qui peut se comprendre au moins de trois manières, selon qu’elle renvoie à l’analyse empirique d’un fait (pourquoi y a-t-il des morales ? ), à la perspective d’une justification en droit (qu’est-ce qui peut fonder une morale ? Et pourquoi celle-ci plutôt que telle autre ?), ou encore à une forme de dérision sceptique, voire nihiliste (une morale, pour quoi faire ? A quoi bon ?). Dans le premier cas, la question appelle une analyse explicative et non normative, pour laquelle peu importent la différence des contenus des diverses morales humaines ou la hiérarchisation de leurs valeurs. Suivant cette optique, il s’agit simplement de rendre compte de leur apparition en traitant les morales comme des manifestations humaines qu’il s’agit d’interroger, de facto, dans leur spécificité et dans leur articulation par rapport à d’autres manifestations culturelles. Dès lors, l’intitulé s’inscrit dans une problématique plus générale (pourquoi une morale ? Pourquoi une organisation sociale, politique, juridique ?) qui renvoie aux difficultés relatives à la sociabilité humaine, et convoque des analyses non seulement philosophiques, mais aussi ethnologiques, sociologiques, anthropologiques, etc. On peut alors examiner la question suivant trois modalités principales : quelle origine pour la morale (droit naturel, convention, culte, rites) ? Quelle fonction (assurer la possibilité d’une vie en commun par la régulation des passions humaines et des tendances agressives) ? Quelle finalité (parvenir, par exemple, à une concorde universelle) ?
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