
Une superbe figuration de la manifestation de la puissance de la volonté sous la conduite du cerveau humain
Introduction – De la nécessité de définir les mots pour les rendre intelligibles et pour accéder à une nouvelle vision des phénomènes humains et physiques –
Dans l’Avant-propos de notre Essai[1]…, nous avons commencé par clarifier une donnée fondamentale, qui se donner à comprendre comme l’une des figures de l’essence de la philosophie. Il s’agit de la clarification des concepts. C’est en ce sens que nous avons apporté quelques nuances à la formule élégante de Hegel : “C’est dans le mot que nous pensons”[2]. Cette thèse de Hegel, qui a donné lieu à une foisonnante production de commentaires philosophiques, est, en soi, erronée, voire ambiguë.
D’une part, l’usage courant du mot sert de moyen de communication ordinaire entre les Humains. Mais, très vite, l’habitude le fige dans des sens usuels et tellement particuliers qu’il devient obscur. Sur ce point, nul n’ignore le mépris de Platon par rapport à l’opinion (la doxa) dénuée de tout souci de rigueur et de précision dans l’usage des mots qui structurent ce bas niveau de la pensée imaginaire. Car toute conscience s’approprie le mot à sa manière, lui confère un sens propre suivant sa façon de s’en servir pour exprimer un sentiment si singulier qu’il finit par perdre sa signification universelle. Le mot[3] déchoit donc de son statut d’Organon de l’intelligibilité mutuelle et de la pensée universelle. En ce sens, on pourrait dire que le mot, suivant sa signification courante, sert seulement de piédestal à la Raison philosophique qui, seule, peut le hisser au rang d’entendement universel par le nécessaire travail de conceptualisation. Il convient alors de dire plutôt : c’est dans et par le mot que nous construisons le concept ; et c’est dans le concept que nous pensons. Seule la conceptualisation permet à l’intellection du particulier d’opérer des effractions dans l’univers du langage en ouvrant des visions indéfinies des phénomènes humains ou non. Tel est le sens de nos investigations présentes sur la volonté dont la signification et le fonctionnement ne pas sont si simples comme le croyaient ou le pensaient nos Maîtres. Or c’est une complexité en soi qui, pour être intelligible, exige de passer par le cerveau humain. Car c’est lui seul qui conditionne la pleine puissance de la volonté en nous.
D’autre part, Hegel rejette l’« ineffable » dans l’obscurité d’« une pensée à l’état de fermentation et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot ». Il comprend l’ineffable dans son sens courant, là où l’opinion domine. Or l’ineffable traduit bien ce qu’est l’Humain en son essence fondamentale et profonde. Car il est, d’abord, totalité absolue dans sa structure élémentaire cohérente, soit son entité biophysique, par-delà ses facultés diverses – la conscience, la raison, l’esprit, l’âme -. Ensuite, il est multiplicité indéfinie par la diversité des individus et des cultures qui en émanent. Dès lors, l’ineffable c’est ce qui, dans l’Humain comme complexité – et non pas simplicité tels les objets qu’étudient les sciences modernes avec leurs champs de savoirs spécifiques -, s’enracine dans le numineux. Ce terme est issu du latin numen, numinis, signifiant, selon l’un de ses sens, « la puissance agissante ». Il s’agit de force immanente en soi-même
Par ailleurs, dans un autre ouvrage[4], nous avons montré que la rigueur philosophique diffère de celle-ci qui a cours dans les sciences dites de la matière. Car il y va de la nécessité d’éclairer le sens des mots usuels en Philosophie. En effet, La Philosophie est une Raison universelle qui, pour prendre corps et réalité et se faire, ainsi, comprendre du genre humain, use des mots des langues humaines. Puisque les mots ont déjà des sens divers et variés, la Raison philosophique s’est fixée comme exigence propre de préciser le sens des termes qui sont flous dans le langage courant afin de les acheminer vers le niveau de la pensée universelle et intelligible par tous, notamment par les esprits compétents. Elle a même imposé cette exigence, tel un critère d’intelligibilité, aux mathématiques qui utilisent, pourtant, des symboles supposés intelligibles en eux-mêmes et par tous, pour rendre démontrable un énoncé. C’est pourquoi nous commencerons par préciser le sens des concepts en jeu dans les investigations présentes.
Ainsi, d’après l’usage commun du mot, la volonté apparaît comme un principe d’activité au sens où elle désigne le mouvement qui nous porte à accomplir une action. Mais, Le Robert[5], qui fait l’histoire quasi exégétique des mots, nuance quelque peu ce sens actif de la volonté. En effet, le mot volonté « est emprunté au latin classique voluntas « bonne volonté », « bienveillance, zèle », puis « volonté exprimée »… Il signifie aussi « dispositions, sentiments à l’égard de quelqu’un et « vœu, désir ». Mais voluntas est employé dans la langue philosophique « avec un sens abstrait », « dérivé de veille, vouloir ». Il résulte de ces définitions aux sens multiples que le terme volonté n’est pas réductible à ce qu’on en pense ordinairement, à savoir dominé par le principe d’activité ; d’autant plus que l’acte volontaire suppose la mise en œuvre d’une intelligence qui soit capable de poser un objet précis visé par le mouvement de la volonté. A cet effet, l’on procède, par après, à l’élaboration d’une série de moyens spécifiques de manière à l’obtenir.
Toutefois, puisqu’on a pris l’habitude de les penser ensemble, il est manifeste que l’activité conviendrait mieux à la définition du terme désir. De manière ordinaire, on conçoit le désir comme une inclination ou penchant vers un objet duquel nous espérons un plaisir immédiat. Tout se passe comme si, dans le désir, il y a la recherche d’un objet dont on a l’assurance ou, à tout le moins, l’espoir qu’il peut être source de satisfaction. L’une des définitions proposées par Le Robert insiste sur l’idée que « le verbe latin signifie littéralement « cesser de contempler {l’étoile, l’astre » ; d’où, moralement, « considérer l’absence de » avec une forte idée de regret ». Cependant, au cours des mutations du sens de ce terme, selon ce dictionnaire, l’idée initiale de « regretter l’absence » de quelque chose comme objet d’attrait, de fascination s’est effacé pour donner lieu à une signification plus affirmative et prospective : le désir devient la recherche qui vise à obtenir, par-delà le simple souhait, quelque chose comme rechercher « les faveurs d’une femme ».
De la nécessité philosophique de clarifier le sens des mots, en particulier les concepts, comme forme de faire advenir une vision nouvelle des phénomènes humains et non humains, nous nous donnons pour mission d’entrer au cœur des concepts en tâchant de cheminer dans la clarté de ceux-ci, autant que faire se peut. Comme l’affirme Boileau, sans doute, sous l’influence de la philosophie de Descartes :
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément »[6].
I- De la volonté et du désir : spécificités et singularités
1) En respectant les exigences propres à la philosophie, il importe de commencer par comprendre le sens des concepts en jeu dans les investigations présentes. Il s’agit de la volonté et du désir. Ainsi, Le Robert donne diverses significations de la volonté en parcourant son histoire. Toutefois, nous allons nous en tenir au sens qui nous paraît conforme à celui que nous recherchons. Selon son étymologie courante, volonté « est emprunté au latin classique voluntas, « bonne volonté, bienveillance, zéle » ; d’où « dispositions, sentiment à l’égard de quelqu’un » et « vœu, désir ». Voluntas également utilisé dans la langue philosophique avec un sens abstrait, est dérivé de velle (vouloir) ». Dans le langage courant, on appelle volonté la qualité du caractère d’un sujet humain, comme nous l’avons vu précédemment. Par exemple, faire preuve de volonté, c’est montrer la persévérance dans ses choix qui construisent et guident sa vie. Elle désigne, aussi, une personne qui fait preuve de fermeté dans ses décisions. En ce sens, on valorise d’emblée la volonté en tant qu’elle est ce par quoi une personne exprime sa force d’affirmation. Si l’on s’en tient à ces caractéristiques de la volonté, celle-ci apparaît alors comme un principe d’activité dans la mesure où elle désigne le mouvement qui nous porte à accomplir une action. Aussi, et en vertu de ce caractère de la volonté est-on porté à la distinguer d’une autre faculté qui lui est tout à fait voisine, en l’occurrence le désir
2) En effet, dans son sens courant, ce concept se donne à comprendre comme une inclination ; voire un penchant – ce qui revient au même – vers un être humain ou un objet dont on espère une satisfaction sensible immédiate. D’après son étymologie latine (In Le Robert), le terme désir est issu desiderare, qui est « composé en de (à valeur privative) de sidus-eris « astre », sans doute sur le modèle de considerare (considérer). Le verbe latin signifie littéralement « cesser de contempler (l’étoile, l’astre), d’où moralement « constater l’absence de » avec une forte idée de regret » ; nous l’avons montré ci-dessus. Néanmoins, au cours de ses mutations et en vertu de ses usages variés, l’expression de « regretter l’absence » s’est progressivement éclipsée par rapport à une autre signification prospective, voire affirmative ou positive dès lors que désirer, selon Le Robert, « c’est chercher à obtenir, souhaiter » (mander la lune). C’est ce sens qui est passé en français, spécialisé pour « aspirer aux faveurs d’une femme ».
3) Venons-en à l’articulation de l’un et de l’autre de ces concepts. De manière générale, le vouloir suppose dans son dans son agir, un mouvement ou un pouvoir que l’on incarne. Ceci pourrait sous-entendre, initialement, qu’elle se montre, dans la vie du sujet humain, comme une faculté virtuellement passive. Il en est de même du désir qui n’est pas non plus originellement une action, mais un rêve, un vœu ou une prière. C’est, pourrait-on admettre, que le désir porte sur le futur qui nous échappe parce que la puissance du vivre le présent, tout entier, nous incline à négliger ce futur que nous ignorons totalement. Demain apparaît comme le temps projeté, soit le futur insaisissable, inconnu. A l’inverse, aujourd’hui, et nous en faisons tous l’expérience au quotidien, c’est le moment, l’instant de l’action. Dès lors, peut-on soutenir que l’acte volontaire s’insère dans le présent, contrairement au désir dont la tension porte sur le futur ?
C’est, d’ailleurs, l’une des raisons qui peuvent conduire le désir au désastre comme dans les phénomènes de la passion amoureuse. Ceci résulte de ses caractéristiques ; notamment en vertu de la représentation initiale d’un objet comme source de satisfaction espérée. Aussi, dans sa tension vers un tel objet, l’individu se livre tout entier à ses états présents et, donc, il est comme dénué de force de contrôle par rapport à ces phénomènes qui semblent le dépasser par leur puissance d’invasion de son être. Dans tel cas de figure, il est incapable de se gouverner. Et le désir n’est plus en mesure de rester isolé. Au contraire, il s’amplifie en prenant possession de toute la conscience de l’individu au point d’être confronté avec l’ensemble de sa personnalité. En d’autres termes, il se laisse envahir par toutes ses autres formes de désirs : ses idées, ses sentiments, ses souvenirs, ses croyances morales et autres. Néanmoins, le désir est-il alors, dans ses manifestations, absolument isolé par rapport à la volonté ?

En effet, pour des philosophes comme Charles Bonnet, il est évident que désir et volonté sont indissociables puisqu’il définit le désir comme « une volonté exaltée ». Or l’exaltation désigne une force supérieure au niveau de son point culminant, figure d’un enthousiasme débordant. Dans cette perspective, du désir ou de la volonté laquelle des deux facultés l’emporte en puissance ? D’autant plus que nos maîtres philosophes nous enseignent que la condition pour s’élever au-dessus du désir, considéré comme une pure impulsion par rapport à la volonté, figure de la maîtrise de soi, il faut d’abord inhiber le désir en raison de ses excès. Ceci sous-entend que la volonté agit comme une force de synthèse au sens elle peut mieux se manifester quand le calme, la sérénité se font jour en soi. Car il faut lui donner des buts, avoir la science des moyens qui sont de nature à se substituer à l’automatisme des stimulations des sens. La volonté se tient, alors, par ces processus conscients, dans la clairvoyance ou la clarté de la situation présente. En ce sens, la volonté, libérée de la pesanteur des charmes et confusions du corps en ébullition sous l’effet du désir, acquiert un avantage en le gouvernant.
II- La place du désir dans la philosophie classique
1) La dialectique immanente en nous de la volonté et du désir
Si l’on s’en tient à un philosophe classique, par exemple Maine de Biran, il va de soi que c’est l’expérience de l’effort musculaire, même le plus banal, qui révèle le mieux notre volonté. Dans un effort quelconque, par exemple, le fait de soulever une chaise à bras tendu, au bout d’un certain temps, on en vient à prendre acte rapidement que l’on a mal au bras. Malgré cette douleur, il nous est toujours tout à fait possible de continuer à maintenir notre effort. Ainsi, nous nous rendons compte que nous sommes ce corps douloureux et crispé, mais même qu’une volonté supérieure au corps nous anime et nous meut ; un fait « hyperorganique »[7] poursuit son effort malgré la douleur. C’est ce qui amène Maine de Biran à affirmer que notre volonté semble comme une « une force hyperorganique en rapport avec une résistance vivante ». Il entend par « effort volontaire » l’action de la force hyperorganique qui meut tout notre corps. Le sentiment de l’effort, c’est-à-dire celui du moi, c’est l’expression de la force spirituelle se heurtant à une résistance, à une inertie organique[8], selon Maine de Biran.
Toutefois, quand on effectue soi-même cette expérience de l’effort musculaire, on se rend vite à l’évidence que les choses ne passent pas exactement comme ce philosophe l’enseigne. Par exemple, nous pouvons tout à fait ordonner à nous-même de nous lever du lit sans, pourtant, qu’il y ait un quelconque effet. Nous avons beau répéter nos commandements, ils sont sans effet possible. A l’inverse, nous pouvons nous lever spontanément sans ordre ni commandement exprès de notre volonté. De même, nous pouvons dire à notre bras de se lever sans que notre ordre soit suivi de résultat manifeste. Mais il peut se lever sans ordre volontaire. Dès lors, quel est réellement l’effet de la volonté dans ce genre d’expérience où l’énergie de notre biocorpora semble fonctionner de manière tout à fait autonome ; c’est-à-dire en dehors d’un commandement exprès de la volonté. Celle-ci a-t-elle quelque part d’action dans les mécanismes autonomes de notre corps ?
On comprend tout à fait l’objection de William James[9]. Selon lui, le fameux effort volontaire de Maine de Biran n’est rien d’autre qu’un effort mental. Dans son ouvrage, Précis de psychologie, il écrit, en effet que « la volition est un acte exclusivement psychologique et moral ». En revanche, pour ce qui concerne la manière dont notre corps exécute la décision « c’est un phénomène tout à fait accessoire qui relèvent de ganglions nerveux fonctionnant hors de la conscience. Le détail des mouvements n’est jamais voulu mais vient par surcroît : je veux écrire ma lettre et non faire mouvoir mes doigts de telle ou telle majeure, je veux ramasser la pièce que j’ai laissée tomber et non plier mes jambes de cette façon. L’effort ne concerne pas la motricité organique qui s’effectue en moi sans moi ». L’effort porte essentiellement sur les représentations mentales. Par exemple, il faut faire un effort pour sortir de son lit bien chaud par une froide matinée d’hiver : mais l’effort n’est pas musculaire. L’acte qui consiste à se dresser dans le lit, à poser les pieds par terre est très facile et s’effectue, d’ailleurs, par toute une mécanique neuromusculaire dont je n’ai pas conscience. Or ce qui est difficile, c’est de prendre la décision de se lever, de maintenir cette décision dans la conscience, de chasser les tentations de paresse. En somme, selon James, l’effort volontaire se reconnaît au pouvoir de maintenir dans notre conscience une représentation désagréable. À l’inverse de Maine de Biran, James reconnaît que, dans l’effort musculaire, notre volonté s’éprouve contre les sensations pénibles qui viennent de notre corps.
En somme, quelle est cette puissance en nous qui dit : « je veux » tout en résistant aux désirs et aux tentations du désir ? Dans son rejet de l’effort ou genre de volonté de Maine de Biran, James observe que l’effort est une « force additionnelle, indéterminée ante rem. Nous pouvons l’augmenter ou le diminuer à volonté ». Toutefois, une telle affirmation ne revient-elle pas à expliquer par l’effort et l’effort par la volonté ? Dans ses Précis de psychologie (p.599), on découvre la présence d’un « fiat » à la racine de la décision volontaire. Plus exactement, le « fiat » est un pur pouvoir de dire oui ou non à un désir qui traverse notre conscience. Or dans ce cas de figure, le corps n’exécutera la consigne qu’à la condition de consentir à la décision, c’est-à-dire au fait de porter l’attention sur elle. C’est en ce sens qu’il écrit encore dans ce même ouvrage : « Le vouloir le plus volontaire qui soit se trouve essentiellement réalisé dans l’attention que nous donnons à une représentation difficile pour la maintenir énergiquement sous le regard de la conscience. C’est cela même qui constitue le fiat ».
Tout se passe comme si ce philosophe entend donner une existence authentique, souveraine à la volonté et à l’expression de celle-ci en nous. Il ne s’agit plus de relier la décision au champ complexe de nos tendances et de nos impulsions animales ou biologiques. A cet effet, la volonté est mise à distance de notre épaisseur charnelle. Elle accède, ainsi, au statut d’une entité désincarnée, montrant de la sorte qu’elle est totalement différente du désir ténébreux, aveugle et impur selon la conception de celui-ci par les philosophes chrétiens comme Malebranche ou par les religions issues du judaïsme. A ce niveau d’élévation, elle endosse le rôle d’une faculté transcendante ; plus exactement, , elle acquiert le pouvoir absolu d’affirmer ou d’infirmer, de faire ou de ne pas faire quelque chose. Donc, elle devient une pure décision libre. En acquérant un pouvoir immanent absolu, elle peut dire désormais ceci : « Je le veux parce que je le veux ainsi ».

2- Un aperçu de la pensée de la vengeance du désir par rapport à la volonté
A travers de nombreux courants philosophiques de la pensée du désir, tout se passe comme si l’on tente de nier la puissance inhérente au désir. Ce faisant, de tels efforts permettent d’élever la volonté comme la faculté éminente en nous qui nous confère notre humanité profonde ou notre subjectivité. Or, selon Spinoza, dans son Éthique, « Le désir est l’essence même de l’homme »[10]. Cette définition nous montre à quel point le désir est chevillé au corps qui donnent lieu à une totalité. Nous autres qui sommes témoins des réalités humaines contemporaines, connaissons cette évidence : avec l’invention des outils technoscientifiques comme la télévision les outils des génies des cinq plus grandes entreprises états-uniennes du monde, soit les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), nous assistons à une exposition universelle, voire à une exposition même de la chair intime devenue indécente. Or, comme la biologie nous l’enseigne, l’être humain est essentiellement une soumission aux pouvoirs et aux charmes de ses hormones. Dans ce contexte, la volonté n’a plus part à rien du tout. Pire, elle est superbement dominée, c’est-à-dire totalement soumise à l’empire du désir constamment éveillé, conquérant en permanence par l’exposition indécente des corps nus. Telle est la preuve manifeste que le désir et le corps sont des données constitutives fondamentales de l’essence humaine. Car notre corps, au sens classique du terme, mais pauvre au regard des puissances indéfinies de la biocorpora, est une structure matérielle visible et tangible. Mieux, c’est une donnée immédiate de la conscience en tant qu’il est mien. En effet, le corps nous visible puisqu’il est la seule et première réalité de mon être qu’ils connaissent. En outre, c’est lui qui nous meut vers les autres. Si le désir est considéré comme un espace, une force ou un réseau de forces dynamiques, alors il se manifeste telle une motion obscure.
C’est en ce sens qu’il échappe à une appréhension intellectuelle précise dès lors qu’il s’exprime sous la figure d’une intensité affective cousue d’images, de formes, de représentations diverses et variées, de fantasmes, etc. Il agit comme un vecteur dont la source inhérente à tout le vaste univers de la biocorpora nous étourdit et nous conduit, nous meut irrésistiblement, parfois nous emporte follement vers l’objet de possibles satisfactions ou de plaisirs. Tout cela nous échappe et frappe d’impuissance l’usage ordinaire de la raison d’un grand nombre d’individus. Car nous chutons dans la zone féroce, aveugle, passionnée ou foudroyante du magma inexplicable de la manifestation de la puissance de la biocorpora. Elle actualise, par la vue ou par la proximité des corps des autres et l’interaction de notre biocorpora avec les leurs, le désir comme une vibration, voire une pulsion vibrante. Dans un tel cas de figure, le désir devient la raison expressive du corps. Et l’on comprend aisément que le corps et le désir en viennent à envahir, de nos jours, presque tous les champs, c’est-à-dire le courant de la civilisation contemporaine qui se chevauchent, se heurtent même chaque jour. Dans un tel bouleversement, qui effleure un ouragan, la volonté a-t-elle encore quelque place, quelque dynamique pour s’affirmer ?
Nolonté, figure même de la faiblesse ou de l’inaction, ou alors volonté, affirmation de puissance en acte ?
A- Illégitimité de la volonté souveraine ?
La philosophie classique considère la volonté comme une activité inhérente à l’esprit et à l’expression de la subjectivité consciente d’elle-même. Puisqu’elle est pensée en lien avec la raison ou l’intellect, alors elle est élevée au rang d’une faculté éminente, absolument, parmi les facultés nobles de l’esprit. Toutefois, la question se pose de savoir comment une telle prééminence doit être comprise et expliquée ? Tel est l’un des principaux problèmes de la pensée philosophique. Ainsi, dans la philosophie grecque, une tendance prévaut de subordonner la volonté comme principe d’action à la raison en tant que faculté de connaître, de savoir. Cette conception de la volonté a prévalu dans la spéculation chrétienne et qui a influencé l’histoire de la philosophie classique et moderne. La raison ou l’intellect propre au vouloir est pensé avec ses contenus, ses finalités ou ses intentions. Cette conception de ces phénomènes dérive d’une évidence : on ne peut pas vouloir ce qu’on ne connaît pas. C’est ce que Socrate et son immense disciple Platon soutiennent : le vouloir est soumis au connaître, alors que la mauvaise volonté est réduite à l’ignorance. Donc, la sagesse découle de la bonne volonté, c’est-à-dire de la volonté sciente. Car qui connaît vraiment le bien ne peut pas ne pas le vouloir. En conséquence, nul n’est volontairement méchant, etc.
B- La volonté, prisonnière de ses méandres, comme faculté purement formelle, voire passive
Dans sa « Quatrième Méditation », Descartes insiste sur la nature des relations respectives de l’entendement passif et de la volonté active dans le jugement, entre autres. Car l’entendement humain – contrairement à celui du Divin – est tout à fait fini puisqu’il nous montre qu’effectivement, nous ne savons pas, malgré notre culture savante qui, parfois et chez certains individus, frôle une grande amplitude. Malgré toutes ses possibles erreurs, l’entendement est tout à fait sain. Dans l’articulation ou le jeu des deux facultés éminentes en l’être humain, c’est-à-dire l’entendement et la volonté, le premier se contente de présenter ses conceptions des phénomènes aux décisions de notre libre vouloir. En effet, écrit Descartes dans cette Méditation citée ci-dessus « Par l’entendement seul je n’assure ni ne nie aucune chose mais je conçois seulement les idées des choses – on peut dire qu’il ne se trouve jamais en lui aucune erreur » Mais alors, d’où qu’il arrive qu’il nous trompe ?
L’erreur ou sa possibilité relève d’un « concours de deux causes à savoir de la faculté de connaître qui est en moi et de la faculté d’élire ou bien de mon libre arbitre, c’est-à-dire de mon entendement et ensemble de ma volonté ». Suivant leur nature propre, de l’une et de l’autre de ces facultés éminentes qui ne souffrent, intrinsèquement, d’aucun défaut. Bien au contraire, elles sont en elles-mêmes parfaites puisqu’elles sont l’œuvre de Dieu. Ainsi, la nature de la volonté n’est ni viciée ni imparfaite. Mieux, elle comprend une qualité éminente ; car, selon Descartes, « elle est si ample si ample et si étendue qu’elle n’est renfermée en aucune bornes ». En ce sens, comme l’affirme encore Descartes, dans la même « Quatrième Méditation », c’est la volonté « principalement qui me fait connaître je porte l’image et la ressemblance de Dieu » en tant que nous sommes aussi libres que lui en vertu de la puissance égale de notre propre volonté.

Toutefois, l’erreur de nos maîtres tient au fait de concevoir et de penser des notions qui ont une place majeure dans nos modes de fonctionnement. Néanmoins, nous sommes incapables, pour employer un terme d’un outil technologique, soit l’ordinateur, de mettre le curseur sur l’emplacement précis de l’une et de l’autre des notions en question. Tel est le concept de la volonté dont nous avons eu un bref aperçu des conceptions et des débats dans l’univers de la Philosophie. En effet, si l’on nous pose la question : où plaçons-nous notre volonté in situ, dans notre être ? » Nous serons bien incapables de trouver un tel emplacement. S’il en est ainsi, la volonté a-t-elle-même une existence effective, tangible quelque part en nous malgré l’importance exceptionnelle que nos maîtres lui accordent dans le fonctionnement de l’être humain ? Dans le cadre des investigations présentes, nous avons laissé de côté le champ des sciences philosophiques dans leur ensemble pour nous plonger dans une introspection au sens classique – c’est, plutôt, la philosophie des profondeurs et ses concepts propres, comme l’Intellection, la suraperception qui voit par-delà des phénomènes – par laquelle nous pouvons cheminer jusqu’à la volonté, in situ, dans son être et au sein de notre cerveau.
D’ailleurs, quiconque peut tenter cette expérience qui ne nous est pas propre. Cependant et dans cette voie singulière, comme celle de toute quête, en raison de ses difficultés et embûches spécifiques, il se rendra, à l’évidence, que ses efforts de quête sont voués à l’impasse, à l’échec. Car nous sommes vite handicapés par notre habitus traditionnel de penser, voire la pesanteur écrasante de nos croyances culturelles, intellectuelles, etc. Aussi, on serait tenté de croire qu’au fond, l’on a bâti, sans doute, le fonctionnement de l’être humain sur un château de sable élégant. Autant il semble difficile de remettre en cause ou de récuser le concept de désir dès lors qu’il émerge des complexités de la biocorpora sous sa figure d’entité bio physicochimique. On peut penser aux effets des hormones pour réguler les fonctions de l’organisme ; c’est-à-dire le fonctionnement substantiel, global et fondamental de l’être humain, entre autres vivants. Quant à la volonté, pensée de manière si éminente, mais abstraite, on peut en douter.
Sans doute, sous l’angle de l’Intellection ou de la Philosophie des profondeurs et par suraperception, on peut concevoir autrement les phénomènes qui ouvriraient la voie à une figuration effective de la fameuse volonté. Nous avons reconnu dans notre Essai[11] que les facultés éminentes émergent toutes des pouvoirs de notre cerveau et de ses méandres complexes, mystérieuses et voilées. C’est le cas de la conscience duonique ou de la conscience claire et lucide, de la raison, de l’Intellection, des pouvoirs du sensible, etc. Parmi les phénomènes perceptibles par notre conscience sous ses deux modalités – elle est l’une des sources essentielles des puissances de la perception -, qui apparaissent comme le miroir plus ou moins adéquat des divers modes de fonctionnement de l’être humain, tout se passe comme si cet ensemble de faits est pensé et perçu comme évident. C’est le cas de l’idée de volonté, entre données abstraites, etc. Que ces facultés soient abstraites ou tangibles, tout s’explique non par soi-même, mais par les forces immenses du cerveau. ; tout autant que l’harmonie, l’adéquation de leur articulation. Toute cette complexité interne, en apparence inintelligible par nos propres moyens classiques (l’art du concept classique), eux-mêmes produits et mis à notre service (champ de la conscience claire et lucide) par le cerveau, se déploie comme en pleine lumière sous son inspection vigilante et permanente. Mieux, lorsqu’une faculté, comme la volonté, se conçoit sous l’angle d’un déficit substantiel dans son fonctionnement, le cerveau y supplée. En d’autres termes, il remédie le plus efficacement possible à une telle insuffisance par la création d’une substance ou d’un organe qui agit comme une autorité qui détient le pouvoir de décision. En tant que telle, elle sert d’instrument ou de levier pour impulser, voire pour stimuler, dynamiser, propulser la faculté qui souffre d’insuffisance par et en soi-même.
Ainsi, dans le cas de la volonté, qui manque de substance activante, tout se passe comme si le cerveau construit ou crée du dedans de l’être humain un acteur que l’on pourrait qualifier de « syntonie ». L’origine de ce terme, selon Le Robert, par son usage courant contemporain, dérive de l’anglais « syntony », qui provient lui-même du grec savant « suntonos », soit ce qui est « fortement tendu », « qui est d’accord avec » ou « qui résonne en accord ».En d’autres termes, en dehors de son sens en physique, la syntonie manifeste la conformité avec ou en soi-même. Elle prouve l’idée sous-jacente de « tendre ensemble ». Un tel agent, soit la syntonie, par son assistance permanente aux facultés défaillantes (manque de tonus) a pour fonction essentielle d’être en état de tension continue auprès de telles facultés. Elle leur permet de maintenir dans leur posture tout en les préparant à l’action spontanée en cas de besoin. Dès lors, la syntonie est l’état d’harmonie, de résonance pour un ensemble de facultés qui sont comme conjointes dans leur modalité de fonctionnement et dans leur finalité. Tout se passe comme si la syntonie insuffle à la volonté privée de force consubstantielle propre apparente dans le fonctionnement général de l’être humain, lui injecte de l’énergie, de la vitalité, voire du dynamisme. Elle agit sur lui comme une vigueur physique alors que la volonté se manifeste sous l’angle d’une vertu morale, suivant la conception et la pensée classique de cette notion. Autrement, sans l’action de la syntonie, agent d’un ensemble de facultés régies de concert par leur fonction propre, la volonté, entre autres, n’est rien d’autre qu’une faculté amorphe. Cette privation de vigueur essentielle l’incline fortement à demeurer apathique.
En effet, la volonté comme faculté inefficiente, est manifestement prouvée par l’expérience qu’en fait Paul de Tarse. C’est dans la concentration portée en son for intérieur, que l’on découvre qu’au-delà des phénomènes ou des mots évidents, il y a une densité d’être qui empêche leur compréhension effective. Ainsi, Paul de Tarse, contrairement à la belle édification conceptuelle de la volonté, découvre que la volonté est, en soi-même, privée de motivation intrinsèque. Donc, elle ne nous est, dans la majeure partie de nos conduites quotidiennes, d’aucune utilité. En effet, dans sa « Lettre aux Romains », Paul de Tarse commence par prendre acte d’un fait évident, et qui n’est pas si évident : « Ma façon d’agir, je ne la comprends pas ». Il s’ensuit que « ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas ; mais ce que je déteste, c’est cela que je fais ». (Verset 16). Dès lors, comme explication à nos diverses faiblesses, Paul de Tarse se réfugie derrière le fameux péché originel dont le poids en soi écrase totalement la volonté réduite à son état d’inefficience dans son intention de bien se conduire. Après moult hésitations et une apparence d’explication, il finit par avouer l’incapacité effective de la volonté à lui être de quelque secours en cas de besoin. C’est en ce sens qu’il affirme : « Je ne fais le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas ». (Verset 19).
En ce sens, qu’est-ce donc que la magnificence de la volonté en vous ? Mettons-la en scène pour voir comment elle fonctionne et, sans doute, mieux la comprendre. Comme nos maîtres l’ont enseigné et montré, la volonté est la clé du voûte du statut ou de qualité de s’affirmer comme un être humain souverain. Ainsi, Descartes conçoit notre liberté comme une émanation ou une suite logique de notre être, créature du Divin, et c’est l’expression même de notre libre arbitre. Celui-ci n’est rien d’autre que la capacité du sujet humain à décider de tout, sans aucunes contraintes ni de l’intérieur de soi-même ni de l’extérieur.
Or nous savons tous que nous sommes un nœud de déterminations diverses, de conditionnements psychologiques, sociologiques, religieuses, morales, etc. C’est pourquoi nous sommes incapables de nous déterminer librement et absolument en dehors de ces processus et mécanismes obscurs qui nous paralysent dans nos décisions. Supposons un instant que notre pauvre volonté, en dehors de la syntonie, aspire à devenir réellement libre par rapport aux croyances culturelles qui minent chaque conscience claire et lucide – espace de la raison souveraine – en l’obnubilant quasi totalement. Or au regard de la pesanteur conquérante de celle-ci dans notre conscience, son royaume, que ferait la volonté face à un tel handicap ? Descartes nous l’a bien fait comprendre : l’entendement se comprend comme la faculté de concevoir les idées, les phénomènes de toutes natures et, en ce sens, de savoir. Il en est tout autrement de la volonté initialement insciente, en conséquence, elle est comme une faculté en errance, c’est-à-dire soumise aux hésitations, à la quête du meilleur choix parmi toutes les représentations que l’entendement lui présente. Car il lui faut de l’attention, de la concentration, c’est-à-dire de la contention pour éviter de se tromper par un mauvais consentement aux idées de l’entendement. Dans le cas des croyances culturelles, par nature complexes, en raison de leur enchevêtrement, de leur enracinement au cœur de la centrale énergique de la conscience, la volonté est réduite à se contenter de contempler le fait en question.
En effet, elle ne peut faire aucun choix clair, dès lors qu’elle est cernée de toutes parts par des forces conquérantes en raison de leur dynamisme ; des puissances dominantes. Elles sont si fortes qu’elles réduisent à néant ses velléités. Ses efforts, sa tension manquent de tonus pour s’affranchir de tous les liens qui la tiennent prisonnière comme les serres d’un rapace s’enfoncent fermement dans la chair de sa proie. Réduite à se tenir coite dans un espace de la conscience, la volonté ne peut nullement émerger du plus bas degré de ses efforts et de son pouvoir d’agir. Et son élan ou aspiration s’égare dans les méandres et l’impasse de ses croyances multiples et diverses, notamment les croyances culturelles qui s’érigent en face d’elle comme un rempart, une impasse par rapport à son élan vers la liberté, l’élévation. La tension dont elle fait preuve dans ses épreuves est vouée à l’échec : sa tension vers la transcendance lumineuse et salvatrice est inactive, inefficace. Il en est de même de son penchant, comme démarche ponctuelle, à se délester de ses préjugés. Car ceux-ci sont de même nature que les croyances culturelles. Les uns autant que les autres sont issus des mêmes causes, des mêmes sources, soit le champ de l’inscience des peuples don est soi-même originaire.
Sur le plan de la morale ou de la vertu éthique, la volonté n’a plus la puissance nécessaire (elle souffre initialement de déficit d’être) pour mettre à distance les fondements clés de ces notions clés, soit le bien et le mal. Dans ce domaine, elle voit clairement le bien, mais elle préférera le mal, comme Paul de Tarse l’a montré ci-dessus ; même après un examen approfondi de chaque notion. En d’autres termes, quand bien même elle accorde une attention appliquée à l’instar de la contention de l’esprit, c’est-à-dire une tension forte et prolongée par rapport à ces deux notions, elle se débat néanmoins, malgré ou dans les handicaps multiples. Mais sans une émulation stimulante qui lui donnerait comme des forces vives pour briser ses chaînes, elle s’entortille en vain : elle tente de s’élever et pour se redresser, mais elle n’y parvient pas. Elle s’étire jusqu’à une certaine hauteur, mais elle retombe aussitôt sur elle-même. Aussi, quels que soient les efforts qu’elle fournit, elle ne parvient guère à se lever au-dessus de son assise ; et à se tenir debout fermement pour agir efficacement. Alors, elle se relâche avec lassitude, préférant seulement se tenir dans la position de l’aspiration ou de la contemplation passive des idées ou notions morales, quitte à émettre des jugements qui sont de l’ordre de l’erreur si le cerveau ne vienne à son secours en activant la syntonie, seule capable, par son efficience et son efficacité inhérentes, de l’activer, de l’animer, voire de l’éclairer dans ses choix adéquats aux idées ou notions vraies.

Mais il n’y n’a pas que la syntonie comme facteur ou moteur d’activité générée par le cerveau. En raison même de ses pouvoirs quasi infinis, il peut tout aussi bien – et c’est justement le cas – créer d’autres organes ou centres d’énergie potentielle et active, pour rendre possibles des modes fonctionnelles de nos facultés utiles ou autres au service du sujet humain.
IV- La volonté comme acte de transcendance absolus sous conduite des organes du cerveau
La Philosophie, Mère de toutes les sciences que le sujet humain est en mesure d’acquérir sur la terre, peut, si elle est sollicitée adéquatement, nous ouvrir sa vision ample et universelle des phénomènes humains ou physiques. Car aucune science – hormis la technoscience – de quelque nature qu’elle soit ne trouve son enracinement dans le Temple des Archives et des bibliothèques immenses, riches, immatérielles du genre humain. La Philosophie nous donne les outils fondamentaux de la Sapientia pour tout comprendre et non pas pour tout savoir – notre finitude nous interdit l’accès à une telle dimension sublime de savoir-. C’est aussi la maîtrise de ces outils, doublée de la culture savante, qui confère la liberté de penser autrement les phénomènes humains et physiques sans être empêché par quelques règles de méthode de rédaction telle que la dialectique, ni par aucune doctrine classique. Nous sommes seulement guidé par un principe : déchiffrer les phénomènes par effraction pour dévoiler de nouveaux sens et significations et pour aller voir ce qui se tient derrière leur apparaître. C’est le cas de la volonté dont la connaissance classique ne nous apportait pas de contentement qui serait de nature à combler nos attentes. Et nous avons voulu nous instruire nous-même d’abord, puis nos amis et connaissances qui nous suivent dans nos investigations depuis des décennies.
Dans cette perspective, si l’on comprend, par l’Intellection, que nous nous mouvons dans l’Energie du Cosmos (voir Essai…), on saisit alors la théorie de l’occasionalisme du Père Malebranche. De quoi s’agit-il ? Ce philosophe du XVII-XVIII e siècle, se fonde sur le fait, essentiel et manifeste, que seul Dieu est la cause unique, réelle, unique et véritable de tout ce qui se produit dans l’univers. En conséquence, il est l’unique cause des mouvements de notre propre corps. Dès lors, aucune créature, esprit, corps, n’a aucun pouvoir causal réel. En effet, si l’esprit et le corps n’ont rien en commun, en raison de leur essence propre, il appert que l’esprit, qui est immatériel, ne peut faire mouvoir mon bras matériel. Inversement, une simple volition ou volonté ne peut faire mouvoir tout ce qui est de l’ordre de la matière. C’est, donc, rationnellement impossible qu’une chose immatérielle ait le pouvoir causal de mettre en mouvement un objet matériel. C’est justement ce que l’expérience courante prouve manifestement, comme Malebranche l’écrit justement : « Tu es pleinement convaincu que Dieu seul meut les corps par la même action par laquelle il les produit ou les conserve successivement en différents lieux ; et tu commences à croire qu’il se fait de changements dans le monde matériel que par le mouvement des parties qui le composent : ainsi tu vois bien que Dieu fait tout comme cause véritable. Mais, outre la cause générale, il y en as de naturelles et tu dois appeler occasionnelles pour ôter l’équivoque dangereux qui naît de la fausse idée que les philosophes ont de la nature. Écoute-moi attentivement.
Dieu, pour former ou conserver le monde matériel, a établi certaines lois générales des communications des mouvements ; je ne dis point qu’elles sont, parce que cela ne t’est pas nécessaire ; et il agit constamment selon ces lois. Si un corps en choque un autre, selon un certain degré de vitesse, le choque sera toujours mû de la même manière. {…}
Car, mon fils, retiens bien ceci : Dieu ne communique sa puissance aux créatures qu’en les établissant causes occasionnelles pour produire certains effets, en conséquence des lois qu’il se fait pour exécuter ses desseins d’une manière uniforme et constante, par les voies les plus simples, les plus dignes de sa sagesse et de ses autres attributs »[12]. Ainsi, dans la vision philosophique de Malebranche, puisqu’aucune faculté n’a d’efficace en propre pour faire quoi que ce soit, comme les mouvements du corps, entre autres, toutes nos facultés sont réduites au rang de causes occasionnelles dans le fait d’agir, de s’élever, de se mouvoir vers l’objet de la prédilection. Cette donnée est aussi valable dans le monde physique tout autant que sur le plan moral/spirituel. Dès lors que Dieu, étant l’unique et seule cause véritable, il s’ensuit que toutes les créatures sont causes occasionnelles ou causes naturelles. Celles-ci agissent nécessairement en conformité avec les lois générales qui sont des relations rigoureuses/nécessaires. Et les causes occasionnelles s’établissent, agissent en conséquence des lois générales établies par Dieu. En somme, dans le système de la pensée de Malebranche, aucune créature spirituelle ou matérielle n’a, intrinsèquement, aucune vertu, c’est-à-dire aucune puissance propre. Donc, elles ne pourraient rien faire par elles-mêmes, étant privées de puissances internes per se, sans l’action de Dieu qui met toutes choses en mouvement.
Toutefois, quelque élégant et logique que la vision de Malebranche du monde physique et du monde spirituel – Dieu seul crée et conserve, de manière permanente le fonctionnement des lois générales et particulières du monde physique et humain -, il est aisé de comprendre qu’on peut la récuser ou douter de sa validité. En effet, dans l’hypothèse où je ne crois pas en un Être créateur et garant de la stabilité permanente des données réelles, alors je puis tout à fait affirmer que, dans la perspective où le monde s’est auto-créé[13] (même si l’emploi de ce terme pose plus questions qu’il n’éclaircit les choses : on n’a pas encore donné un sens précis à ce mot en sciences), que la détermination des lois physiques générales continuera à fonctionner comme tel éternellement. Donc, l’ordre général des phénomènes, physiques et humains, se maintiendra nécessairement et toujours, sans avoir besoin d’un Dieu comme cause unique de cet ensemble infiniment complexes des données.
D’un autre, puisque le genre humain est doué de conscience de tout ce qui est pour en témoigner ou pour rendre gloire de sa supériorité supposée, n’a pas été présent au commencement des phénomènes (Création ou surgissement per se), rien ne prouve que les affirmations ou les négations du genre humain aient quelque conformité aux faits. L’on peut, donc, nier ou affirmer l’Étant. Mais une telle posture n’a aucune incidence sur le sens et la nature des phénomènes. En fait, on se contente de contempler les faits en question en tâchant de les comprendre dans la seule dimension de sa manière d’être présent au monde.
En raison de cette impasse ou, plutôt, de cette indicibilité, il est tout à fait possible que le vivant, dont le genre humain, soit programmé par l’Auteur de la Création, comprenant des données immanentes lui permettant d’exécuter un programme à l’instar des robots, notamment de l’IA. D’ailleurs, le Dictionnaire de l’Académie française définit ainsi le programme : « Suite d’instructions rédigées dans un langage spécifique, qui commande à un dispositif, à un appareil ou à un système informatique d’exécuter une tâche donnée ; ensemble d’opérations, souvent cycliques, ainsi commandées ». Dans ce cas, le vivant dont le genre humain, collectivement ou individuellement, ne fait que dérouler ou suivre strictement un dessein qui le dépasse infiniment et auquel il ne comprend rien. En outre, puisqu’il ne fait que réaliser ee Plan, il n’a aucune figure de liberté.
Ceci ne peut être regardé comme une hypothèse insensée, puisque, dans l’absolu, nous ne savons rien. Même nos sciences modernes et contemporaines, en apparence rigoureuses, ne sont qu’un beau miroir de notre raison romaine (voir Essai) dans la mesure où elle se contente de construire un monde de mathématiques empiriques, c’est-à-dire utilitaires. Tout indique que les savoirs rationnels anciens dont les nôtres s’abreuvent de leurs sources essentielles, ce sont, donc, toutes les sciences, les unes autant que les autres, qui puisent, depuis des millénaires, des sources de savoirs profonds qui leur permettent d’opérer, d’agir et de fonctionner à l’instar des fameuses IA. Or celles-ci, comme tout le monde le sait désormais, sans les données fournies par l’intelligence humaine, seraient réduites à néant, puisque, initialement, cette fameuse intelligence factice n’a jamais rien produit en propre. S’il faut appeler « intelligence » cet automate nourri continûment par l’intelligence authentique, soit par le cerveau humain comme source de tout, c’est à désespérer de notre espèce humaine.
Le sérieux de cette hypothèse tient aux faits suivants : certes, il se pourrait bien que la Terre, Mère de tous les vivants, selon toute vraisemblance, ait mis des millions d’années pour concevoir, élaborer, édifier en vue de parfaire son ouvrage le plus remarquable de tout ce qu’elle a fait émerger de son sein et à sa surface, en l’occurrence le cerveau humain. Il est évident que, dans ses fonctionnalités fondamentales, il ne peut faire autrement que de suivre le programme qui a servi à son institution ou édification, depuis ses structures essentielles, élémentaires même. C’est aussi ce qui explique que, depuis environ 200000 ans – hormis la théorie de Charles Darwin qui a pensé l’archéologie de l’évolution des vivants -, il est certain que le genre humain n’a guère connu de mutations en profondeur. Ce qu’il appelle l’évolution des espèces se réduit, en fait, à des changements biophysiologiques apparents qui ne relèvent pas de son intra-être, son essence, que nul ne connaît toujours pas réellement. Donc, il ne s’agit nullement de son être, mais de son apparaître. En étudiant le genre humain au cours de son évolution, il est question de ses acquisitions : les commodités comme les outils, les armes, les costumes, les modalités de l’éducation, de l’édification de ses cultures et civilisations, etc. Ces apparats ont beau être extraordinaires, ils ne sont rien d’autres que des accoutrements qui se perdent, s’usent et finissent toujours par disparaître tôt ou tard, comme leurs inventeurs. En revanche, quel que soit le niveau de gloire de ses civilisations, il est tout à fait conforme à la nature des faits que l’être essentiel du genre humain demeure le même depuis 200000 ans environ. Les mutations ultérieures qu’il aurait connues n’ont pas été en mesure de le transfigurer en qualité au point de l’affranchir totalement de son enracinement dans la catégorie des mammifères. Dès lors, l’accès à l’Humanité vertueuse – principe de son accomplissement humain réel sous l’angle du développement moral et des progrès de l’esprit humain – se tient toujours devant lui comme un scintillement stellaire inaccessible.
Tout se passe comme s’il a été programmé, dès le commencement de son existence sur la terre, à ne devoir jamais connaître de révolution de qualité eu égard à la manière dont son essence a été planifiée suivant Le Programme. La preuve : depuis cette lointaine époque, la cruauté, la violence, l’agressivité, la passion indéfinie des guerres et leurs lots de milliards de morts, etc., sont sa marque de fabrique. Ces structures élémentaires de son être ne peuvent connaître aucune mutation heureuse, aucune révolution au sens de changement sur le plan de valeurs, qui apporte un plus, une qualité à l’être humain (ou au genre humain) par rapport à son état initial. Donc, durant toute son existence, il est condamné à agir, à se comporter conformément à la nature de son programme. En ce sens, il n’est pas interdit d’appeler l’espèce humaine qui affirme descendre de l’Homo sapiens. Cependant, c’est grâce à l’heureuse influence de la Philosophie et du judéo-christianisme qui ont déployé des trésors d’imagination pour élever au rang d’une singularité, cette espèce de vivants, somme toute banale. Car elle est privée de quelque exception sublime. Donc, dans la perspective du programme dont elle est issue et qui la conditionne absolument, la détermine profondément, on pourrait la nommer « Bot-Vif » en tant que cette espèce serait programmé de la même manière que toutes les autres espèces de vivants qui se meuvent sur et sous la surface de la terre. Cette expression n’a nullement pour finalité de distinguer le genre humain des autres espères vivantes. Au contraire, une telle expression l’inscrit dans la perspective de la Programmation comme modalité de fonctionnement fondamental des vivants.
En effet, dans « Bot-Vif », le mot « bot » renvoie à un programme informatique autonomisée visant à simuler le comportement d’un modèle qui l’a conçu et conditionné ainsi. Wikipédia donne les définitions suivantes : «Un bot informatique est un agent logiciel automatique ou semi-automatique qui interagit avec des serveurs informatiques. Un bot se connecte et interagit avec le serveur comme un programme client utilisé par un humain, d’où le terme « bot », qui est la réduction par aphérèse de « robot ».
Selon Andrew Leonard, un bot est « un programme informatique autonome supposé intelligent, doué de personnalité, et qui habituellement, mais pas toujours, rend un service ». Le terme « personnalité » est justifié par l’auteur par l’anthropomorphisme plus ou moins prononcé dont le bot est l’objet ».
La supposée « intelligence » du bot renvoie à la notion d’intelligence proposée par Marvin Minsky et qui consiste à « fabriquer des machines qui font des choses qui, accomplies par l’homme, demanderaient de l’intelligence ». Le (ou les) programmeur(s) du bot ont donc bien conscience de l’absence d’intelligence humaine pour leur bot, alors que les autres humains, comme les internautes, ne sont pas nécessairement dans ce cas »[14]. Quant au terme « vif », naturellement, il désigne ce qui a la caractéristique du vivant par sa vivacité, son activité, son intensité sensible ou encore son allant, etc. En somme, le genre humain, objet de nos investigations depuis plus de deux décennies, que nous définitions comme « Bot-Vif » signifie un vivant programmé au même titre que tous les autres vivants ; et, ainsi, privé de quelque qualité qui en aurait fait un être vivant d’exception ; ou qui serait doué de quelque attribut singulier.
Toutefois, dans ce programme général, qui conditionne et détermine tout vivant, il y aurait des desseins propres aux diverses espèces vivantes comme il y a des particularités parmi les différentes catégories d’êtres humains. Il s’agit des individus du commun, des particuliers et des singularités[15]. Donc, le programme en soi-même n’est ni parfait ni homogène ni modifiable par des vivants comme les « Bots-Vif ». Concernant ces derniers, quelques exemples montrent qu’ils sont effectivement conditionnés par leur dessein ou plan ; et qu’ils ne pourraient jamais le modifier en aucune façon. Dans ce cas de figure des données figées, comme l’eau s’éprend de la glace, on ne peut plus parler de la volonté qui aurait le pouvoir souverain de se déterminer librement, ou de prétendre changer quoi que ce soit dans les événements qui tissent le cours de la vie. Elle est réduite au rang d’une faculté vaine et spetcatrice des phénomènes qui se passent en nous.
Nous emprunterons à l’œuvre de Platon les deux exemples qui démontrent une figure de réalité que nous (les vivants) ne sommes rien d’autre que les acteurs d’un dessein universel programmé par l’auteur de la Création et de la Créature (ensemble des vivants). Certes, on entend souvent les êtres humains protester dans certaines circonstances, contre l’état des événements dans lesquels ils sont impliqués « Nous ne sommes pas des robots ». Il se pourrait bien que nous le sommes effectivement. Le premier exemple est tiré de La République (Garnier Flammarionde, Paris 1966) de Platon. Il s’agit d’un moment où ce monument de la Philosophie ait concentrer toute la puissance de son esprit sur les lumières de son Intellection, éminente faculté du cerveau humain, pour déchiffrer l’énigme des phénomènes et, ainsi, surapercevoir, au-delà de leur apparaître, leur manifestation cachée aux savoirs ordinaires ou classiques. Il s’agit de la circularité multimillénaire des âmes humaines. En effet, au terme des cycles des durées des vies sous la forme des vivants invisibles fixées par la Nécessité, les âmes doivent opérer une révolution dans leur modalité d’existence. En d’autres termes, elles doivent quitter leur vie de vivants invisibles pour s’incarner dans des corps sur la terre ; autant dire qu’elles redeviennent visibles suivant la dimension des nouveaux corps dans lesquels elles vont s’incarner pour retrouver la lumière conférée par les sens du corps. C’est ce que Platon nous explique à travers le passage suivant de son livre : « Un hiérophante prit alors la porale et leur annonça qu’une nouvelle carrière les attendait, et qu’elles allaient rentrées dans un corps mortel. Seul l’ordre dans lequel vous procéderez à ce choix sera désigné par le sort.
« Vous aurez, dit-il, à choisir vous-mêmes le genre de vie qui vous plaira. Seul l’ordre dans lequel vous procéderez à ce choix sera désigné par le sort.
Sachez que la vertu n’a point de maître ; elle s’attache à celui qui l’honore et fuit celui qui la méprise. Chacun est responsable d’un choix que Dieu n’a pas point dicté »[16].
Ayant dit, l’hiérophante détermina l’ordre de leur choix et plaça ensuite devant elle des modèles de vie en grand nombre et de toute espèce… Et les âmes, ajouta Er, s’avancèrent une à une dans l’ordre prescrit, pour faire leur choix. Spectacle curieux et plein d’enseignement ! Aveuglés par leur désir, la plupart ne voyaient pas, dès l’abord, les risques de la condition qu’elles adoptaient, mais quand elles les aperçus, elles exhalaient, d’ailleurs regrets, accusaient Dieu d’une infortune qui n’était pas due qu’à leur propre folie. Certaines, plus avisées, se laissaient guidées par l’expérience d’une vie antérieure »[17].
Selon la vision philosophique de Platon, il n’y a pas de rupture entre les modalités d’existence des êtres humains : celle des vivants visibles, par la dimension du sensible, c’est-à-dire les puissances des cinq sens, soit le monde présent et celle des vivants invisibles, qui sont privés de la visibilité par la perte d’un habit ou d’un vêtement qu’est le corps. Par cette mutation brutale, l’être se libère de ses puissances vitales ; définitivement et en laissant derrière soi l’impossibilité de communiquer visuellement. Toutefois, Platon a suraperçu la continuité de ces deux figures majeures du mode d’être de l’être humain. En effet, la vie du monde humain présent est une suite logique, voire une continuité avec celle des vivants invisibles. Car les êtres humains, suivant l’ordre du présent, sont incarnés et conditionnés dans leurs faits et gestes par la puissance impulsive de l’âme qui a vécu antérieurement avant sa réincarnation dans un autre corps qui rendra les lumières et la visibilité de la vie sensible.

Dès lors, aucun être humain des réalités présentes ne peut rien faire d’autre que de perpétuer, quasiment, les conditions ou les modalités d’être d’une âme antérieure. Dans cette perspective, rien de nouveau ne peut advenir dans la vie des êtres humains sur la terre puisque les âmes, par leur manque de vertu ou de sagesse, des enseignements des expériences de vies antérieures, surtout par l’aveuglément de leur désir, se hâtèrent de choisir des modèles de vie qui perpétuent des actes mortifères et habituellement néfastes à la coexistence intelligente des uns avec les autres. Les méchants, les criminels, les voleurs, les meurtriers, etc., saturent l’existence humaine quelle que soit l’époque considérée. Donc, ces « Bots-Vifs » restent toujours, sempiternellement des « Bots-Vif » incapables de changer quoi que ce soit au dessein ou au programme conditionnant et déterminant. Dans cette dimension de pensée les réalités humaines, les notions de liberté, de progrès de l’esprit sont de vains mots. Ils se contentent de flatter l’ego des êtres humains-Bots-Vifs.
Quant au second exemple, il se comprend suivant la manière dont le discours d’Aristophane[18] où il rend compte d’un mythe qui a rapport à la nature primordiale des Humains. Dans cette élégante présentation de l’auteur de ce discours, nous retiendrons la leçon d’un avènement majeur dont la conséquence est devenue comme une pesanteur sempiternelle pour ces premiers êtres humains en raison de la manière dont ils ont été conditionnés. De quoi s’agit-il ? Aristophane montre que les premiers êtres humains étaient tout différents de la manière dont ils sont devenus après cet avènement. Puisque leur forme initiale (sphérique) leur conférait une puissance exceptionnelle de mouvement véloce dans l’espace, alors ils conçurent le projet d’aller à la conquête de l’espace des Dieux pour les y suppléer. Face à cette audace, à ce désir insensé des Humains, Zeus, au lieu de les détruire définitivement, décida, en guise de punition, de les transmuter pour les affaiblir. Il coupa la sphère de chaque type d’êtres humains en deux parties les sphères étaient formées d’homme et de femme, de femme et de femme, d’homme et d’homme. Depuis lors, les Humains ont la forme telle qu’on leur reconnaît aujourd’hui. Auparavant, chaque sphère d’humain se suffisait à elle-même pour assouvir ses désirs sexuels ou pour se reproduire. Désormais, cette auto-suffisance souveraine est rendue impossible : pour assouvir leurs désirs sexuels ou pour se reproduire, ils sont condamnés à chercher leur partenaire idéal en dehors de chacun d’eux ; ce que les uns et les autres ne trouvent pas nécessairement. C’est pourquoi, désormais, la faille, la faiblesse et l’incomplétude se sont inscrites dans leur être en y opérant des blessures indélébiles.
C’est pourquoi les êtres humains sont condamnés à chercher, toujours, en tâchant de retrouver leur moitié initiale qui constituait leur totalité. Ainsi, au cours de leur existence terrestre passagère sur la terre, les individus passent l’essentiel de leur existence à vivre dans la nostalgie de la complétude, soit la figure de l’amour premier comme idéal de la perfection, de la plénitude bienheureuse, de la totalité de et en soi éternitaire. Ainsi, chacun erre continûment à travers la terre et durant son existence à chercher a apaiser sa souffrance en tâchant de retrouver l’unique objet constitutif de sa totalité et sa plénitude, c’est-à-dire de son bonheur total. Dès lors, l’acte de Zeus apparaît comme une figure de programme qui fait le malheur permanent des Humains et les conditionne à vivre dans un état de malheur et de misère psychique. Aussi, quoi qu’il fasse, il ne peut rien changer à son état. Et la volonté n’est point en mesure de lui être de quelque utilité dans cet état scabreux, cause de toutes ses misères existentielles. La seule chose qui lui reste à faire revient à se soumettre à son sort ou au programme en déployant le fil invisible des faits et événements de sa vie qui le conduiront à sa mort. En ce sens, en quoi un « Bot-Vif » serait-il fondamentalement différent de ses outils technologiques que nous appelons les « Robots ».
Toute la question est de savoir si l’Entité suprême qui l’a ainsi programmé, dispose soi-même d’ample liberté pour manipuler ses automatiques, soit la Créature, sans être soi-même compris dans ce dessein qui est tout sauf l’expression du moindre degré de liberté, telle que le libre-arbitre. Nonobstant ce, tout se passe comme s’il est différent et éloigné de sa Créature. En ce sens, il est alors un Créateur qui dispose d’un immense programme universel dont l’essence de la Créature est faite et dont elle ne peut s’affranchir ni se libérer pour agir autrement que ne le commande, ni l’exige Le Programme.
Toutefois, le problème de la volonté dans la vision de Malebranche, n’est pas tout à fait le sens de nos questionnements présents. Notre thèse ne s’inscrit pas dans le cadre de la métaphysique, mais dans la compréhension, suivant une vision nouvelle des phénomènes, de la fonction éminente du cerveau humain et dans le jeu élégant de l’articulation des facultés qu’il a générées en son sein. Il s’agit, entre autres, de la conscience, de la raison, du désir, de l’Intellection, de la volonté, etc. Concernant cette dernière, tout se passe comme si le cerveau a fait émerger des puissances, à l’instar de la syntonie, qui lui permettent de suppléer les défaillances de certaines facultés. Car, jusqu’ici, ces esprits ou génies de l’Humanité que nous appelons les Philosophes, ont toujours pensé les phénomènes humains et physiques grâce aux facultés éminentes du cerveau. Il s’agit, quitte à nous répéter, de la raison sous sa double dimension de raison grecque et de raison romaine, de la conscience sous sa double dimension de conscience duonique et de conscience claire et lucide, de l’Intelligence, de l’Intellection, etc. Ce faisant, ils ont complètement oublié l’auteur de ces facultés, données à l’être humain par son cerveau. Si, à l’instar de Daniel Tammet, on considère que notre cerveau dans on amplitude, organe sommital de chacun de nous, nous apparaît comme « Le Ciel immense »[19], alors on peut tout à fait admettre qu’il peut accomplir beaucoup plus de créations merveilleuses qu’on ne peut l’imaginer. Certes, cet auteur pense la singularité du cerveau des génies, puisqu’il parle de « Les secrets du cerveau des génies » en sous-titre de son ouvrage. En fait, bien soit lui-même compté par les 100 grands savants ou génies du monde grâce à sa fabuleuse mémoire, il n’hésite pas à expliquer lui-même les secrets de sa réussite, somme toute banale : « En mars 2004, quand j’ai réussi à réciter de mémoire la constante pi (3,141) jusqu’à la 22514e décimale, certains ont cru à un miracle. En réalité, ce record européen est d’abord le résultat de plusieurs semaines de travail et de discipline » (p.72). Cet aveu prouve qu’il n’a rien trouvé d’exceptionnel concernant les « secrets du cerveau des génies ».
Et, pourtant, par les lumières de l’Intellection, on peut avoir la possibilité de sonder, par ses multiples modalités de fonctionnement, que notre cerveau est capable de tout dont l’art harmonieux de faire articuler ses multiples et diverses qualités ensemble. En ce sens, il est l’unique cause de la possibilité de transcendance et de transfiguration de la volonté. Ces transformations de la personne humaine, sous sa dimension spirituelle, sont le fait du cerveau humain, qui peut agir au-delà de toutes les apparences, en créant une sorte d’organe semblables à la synergie ; un concept que nous empruntons à la technoscience. Selon le Dictionnaire de l’Académie Française, ce terme se comprend ou se conçoit aussi comme l’«action coordonnée de plusieurs éléments, organes ou personnes qui travaillent ensemble pour produire un résultat supérieur à la somme de leurs actions individuelles » En d’autres termes, par rapport aux failles, aux défaillances et aux faiblesses initiales de certaines de ses facultés telle que la volonté, le cerveau active, par une puissance de combinaison de divers éléments d’intenses potentialités, pour communiquer de l’énergie nécessaire pour l’activité de la volonté ; et, ainsi, conférer de l’efficacité à son action. Le cerveau parvient, par ce truchement, à opérer une parfaite coïncidence, c’est-à-dire par un rapport de congruence ou d’adéquation parfaite entre soi-même et la volonté, grâce à une synchronie, pour arriver, par concomitance, à des actes, à des faits physiques ou moraux ou spirituels éclatants de lumière et de puissance. Alors, la volonté accède à une dimension de la transcendance absolue par la transfiguration de ses phénomènes physiques ou spirituels. Chacun peut aisément le comprendre en examinant le fonctionnement propre de son organisme ; ne serait-ce qu’au niveau sexuel. Dans tous les cas de figure, la mise en branle des organes sexuels n’est possible que par le concours actif de notre cerveau, comme l’activation des hormones.
C’est exactement ce que démontrent les deux exemples ci-dessous dans d’autres champs d’intervention du cerveau.
Tout d’abord, nous avons montré dans un précédent article comment s’opère la transfiguration de certains êtres humains dans le domaine de la manifestation de la puissance spirituelle. Un tel changement d’état spirituel permet à la volonté d’accéder à la dimension où elle devient souveraine. L’avènement d’une telle transfiguration de soi est conditionné ou favorisé par la nécessité d’une ascèse, d’une abstinence sexuelle ; et, de façon générale, d’un jeûne. Car celui-ci soulage la biocorpora de sa pesanteur comme les déchets organiques, les résidus de toutes sortes, les scories, etc. Ce sont les aliments que nous lui fournissons tous les jours qui donnent lieu immédiatement un travail de broiement. D’où la nécessité d’ascèse et de jeûne pour atteindre l’état d’extase, signe de puissance exponentielle ; ou d’illumination.
En effet, de tels pouvoirs humains exceptionnels proviennent d’une transfiguration du cerveau d’un sujet humain. Précisons : une transfiguration fondamentale est comme une illumination prophétique. L’avènement de cette crise essentielle ou illumination s’opère dans les profondeurs d’un être humain ; ce qui n’est pas nécessairement perçu par les gens au milieu desquels l’on vit. Parfois, quelque puissance extraordinaire peut enfermer un tel individu dans un mutisme profond. Dans ce cas de figure, et par hypothèse, il s’agirait d’une distorsion des potences[20] du cerveau humain, qui ouvre des voies, des chemins ou des rayons lumineux conduisant directement au nœud initial de l’Être éternel, en tant qu’il est Noûs, soit l’Intelligence universelle par excellence ou Cosmique primordial Créant. Comme tel, il nous est accessible et intelligible par nous à la fois suivant les lois dynamiques mentales et spirituelles et sous celle de la Matière-Cosmos-Energie (In Essai sur la réunification de…). Et le pont central de jonction de tout cela est le cerveau humain, ou plus exactement, le cerveau quantique. Mais, que signifie ce concept dans l’économie de nos investigations ? En effet, dans un ouvrage[21] publié il y a quelques années, nous avons admis qu’il est nécessaire de redéfinir autrement notre cerveau en raison même des dispositions immanentes à sa nature propre. Car la sorcellerie, ou ce qui est reconnu comme telle, est une structure psychique symbiotique disposant de capacités inhérentes ou acquises, voire des forces transpsychiques émergentes, susceptibles de métamorphoses diverses et de perception suprasensible dans l’être des « transhumains » ou symbiotes : il s’agit de ceux, parmi les êtres humains de par la terre, que nous reconnaissons tels des êtres doués d’un cerveau quantique. Un tel panpsychisme appréhende les phénomènes au-delà de leur apparition à travers l’expérience sensible communément partagée. En somme, quand on observe « le fond diffus » des phénomènes, on s’aperçoit que tout est énergie dont la lumière est synonyme d’Esprit et d’Intelligence.
Or les membres de notre espèce connaissent l’effondrement de leur être avant le terme échu par la nature, c’est-à-dire de la fin de leur voyage sur cette terre. Car les problèmes liés à leur activité sexuelle occupent la majeure partie de leur existence. Contrairement aux autres êtres vivants dont la quasi-totalité des mammifères, les membres de l’espèce humaine n’ont pas été conditionnés dans leur accès aux plaisirs sexuels par les cycles de la menstruation de leurs femmes. Ils peuvent s’y adonner à tout moment et continûment. C’est tout le contraire de ce qui se passe chez les autres animaux, voire chez certaines espèces végétales. Sans phéromones émises par la femelle, il n’y a pas d’actes sexuels. C’est le repos durable pour tout le monde, mâles et femelles, pendant une année. Au sujet de la suractivité sexuelle de l’être humain, Odette Thibot[22] considère que la dé gérescence physiologique ou le vieillissement qu’on constate chez certains individus est dû à une activité sexuelle excessive ; ce qui participe aussi aux processus de la mort.
Nous verrons par l’exemple ci-dessous que les Anciens avaient raison quant aux conditions de la manifestation des phénomènes extraordinaires comme l’orage qu’un dieu, Baal, provoque, à deux reprises sur la cité de Carthage. Ici, la conjonction de deux types de volonté extraordinaire, la divine et l’humaine, concourent aux résultats obtenus suite à de nombreux sacrifices humains au dieu Baal.
Tels sont les faits météorologiques exceptionnels qui ont été rapportés par Diodore de Sicile, l’un des plus grands historiens de l’Antiquité, dans son fabuleux ouvrage, Histoire universelle[23]. Celle-ci contient plus de 1000 histoires différentes. En effet, en 310 av. J-C., les Grecs de la Sicile avaient pu vaincre l’orgueilleuse Carthage. Comme la ville était privée d’eau en raison de la sécheresse qui sévissait depuis quelque temps, les prêtres de Baal, dieu suprême et universel au Proche-Orient, organisèrent un holocauste, appelé aussi Moloch, pour demander au dieu de pardonner les péchés dont les hommes s’accusaient, notamment la classe des nobles. Diodore de Sicile mentionne cinq cents enfants de la noblesse qui furent atrocement massacrés. Les Carthaginois avaient édifié une statue géante de Baal sur la place publique de la cité. Puisqu’il était creux, on entretenait un immense brasier dans ses entrailles. Ses bras articulés engloutissaient les enfants enveloppés dans un tissu noir, victimes de l’expiation des péchés du monde des adultes. Par la gueule de ce géant, ils étaient jetés dans le brasier sous les yeux d’une foule en délire. Pire, en raison de cette transe collective, des femmes, des hommes, pris par la folie de l’atmosphère électrique, se poignardaient mutuellement, se jetaient eux-mêmes dans la gueule de Baal en flammes et fumant encore des corps calcinés pour purifier la collectivité de ses fautes commises par rapport au dieu protecteur de la cité ; et implorer son pardon afin qu’il fasse pleuvoir. Effectivement, au bout d’un certain temps, et après l’immolation de très nombreuses victimes humaines, ce dieu dût agréer la supplication des fidèles puisqu’un violent orage éclata au-dessus de la ville donnant lieu à des trombes d’eau si denses qu’elles noyèrent la cité et l’assemblée des fidèles. Ces eaux miraculeuses des cieux remplirent aussi les citernes en les faisant déborder.
Certes, du point de vue de la raison contemporaine, on ne peut admettre qu’un tel fait inouï ait été l’œuvre de ce dieu cannibale qui déclencha un déluge en guise de compensation de sacrifices humains innombrables et abominables. On pourrait alors tenter d’expliquer le phénomène en question par l’aléatoire absolu ou par la concomitance de phénomènes de différente nature. Ces Molochs auraient coïncidé avec un changement adventice de la météorologie locale. Même si une telle explication peut être séduisante, elle ne s’accorde nullement avec les faits historiques tels que Diodore de Sicile les a rapportés dans son ouvrage. En effet, ce ne fut pas un cas unique, puisqu’il y a eu d’autres phénomènes du même genre à Carthage.

En effet, suite à la première guerre punique (264 av. J-C.), au cours de laquelle les Romains et les Carthaginois s’étaient affrontés violemment, les mercenaires au service des armées carthaginoises, lassés d’attendre leurs soldes, assiégèrent la cité en la privant d’eau. Au lieu de s’acquitter de leurs dettes envers leurs mercenaires, les prêtres de Baal décidèrent de réitérer des Molochs. Cette fois, toutes les familles carthaginoises durent livrer un enfant pour le sacrifice. De nouveau, près de soixante ans après le premier holocauste, les fidèles se massacrèrent tout autant que des membres du clergé, notamment les dévoués, qui se supplicièrent avec rage. Un prêtre prit le premier enfant, étendit sa main sur lui pour le charger de tous les péchés du peuple et adoucir la colère de Baal avant de le jeter dans le brasier à l’intérieur de la statue d’airain du dieu. Pendant ce temps, la foule des fidèles criait en chœur : « Seigneur, mange ! » ; « Verse la pluie, enfante ! » Après avoir été gavé de corps humains suite à des assassinats en masse, des mutilations physiques, des sacrifices improvisés, Baal, satisfait, fit encore éclater un orage qui remplit les réservoirs, obligeant les mercenaires à lever leur siège au tour de la cité[24].
Or, si on ne peut admettre l’existence de ce Dieu, qui serait à l’origine de ces mystères troublant singulièrement les lois de la physique, il est possible d’avancer l’explication suivante, dans le cadre de la philosophie spinoziste, du Deus Sive Natura. En effet, selon Spinoza, le Cosmos peut être conçu comme un quantum d’énergie et/ou de forces. Et en dehors de celui-ci, il n’y a rien d’autre. Dieu est la Nature créante ou naturans, et, ainsi, tout ce qui a été créé par lui ou naturata, est aussi maintenu par lui dans l’Etre. En d’autres termes, « l’ordre et la connexion des idées sont mêmes que l’ordre et la connexion des choses ». Aussi, la réalité des choses et des idées n’a de consistance que si ces deux genres de dimensions de réalité, différentes et les mêmes en même temps, sont compris, c’est-à-dire entièrement contenus dans les attributs de Dieu ou dans son essence même. En ce sens, les corps en général sont des modes de Dieu sous l’attribut de l’étendue, les idées sous l’attribut de la pensée et l’Homme existe comme enté sur l’essence de Dieu. Il se meut en lui, respire en lui, agit en lui. Et s’il prie, il le fait en Dieu. Tout est en Dieu et Dieu est tout. C’est toujours, et en dernier ressort, le même Être, le même ordre de dimension de réalité humaine et non humaine envisagé sous deux angles différents suivant les limites de notre raison ou de notre intelligibilité des choses.
L’on comprend alors que, dans les religions ou les mouvements spirituels, l’ascèse, l’abstinence sexuelle ou le jeûne soient recommandés pour donner à la volonté des ailes puissantes dans son envol vers la réalisation des actions inouïes. C’est en ce sens que les spirituels Burkinabè doués de la bivision (blanche ou rouge) appellent tous les sujets humains, comme nous-même qui sommes privé d’une telle faculté du cerveau, de la boue au regard de notre incapacité à surapercevoir les entités, les réalités des mondes parallèles qui saturent, pourtant, notre propre monde humain. Nous y avons ajouté une autre donnée signifiant la même chose : la chair lumineuse, source de toutes les attractivités sexuelles ou sensibles. Cette boue – le corps brut en tant que tel – qu’il faut épurer afin de s’élever au niveau spirituel transcendant et puissant. D’ailleurs, les religions du genre humain, quelles qu’elles soient, s’appuient sur l’exemple du jeûne de leurs fondateurs pour recommander à leurs adeptes la nécessité du jeûne pour réussir ou avoir de l’efficacité suprême dans les activités spirituelles. Car la baisse du poids du corps brut implique nécessairement l’allègement de sa pesanteur sur l’âme ou sur l’esprit. En outre, tout le monde le sait par expérience personnelle, la biocorpora n’est guère propre. Au regard de toutes les scories de tout ce qu’elle fournit comme suractivité pour absorber, digérer et expulser après la digestion des aliments au quotidien, on peut aisément comprendre qu’elle a besoin d’acteurs pour l’aider à se garder propre. Quand elle déborde en matière de déchets et d’impureté, elle provoque toutes sortes de désagréments, comme les odeurs insupportables pour les autres. Imaginons la surcharge corporelle ponctuelle d’un candidat à un examen ou à un concours : en mangeant plus que de raison, le poids de son corps le conduit inévitable vers un échec. Quels que soient les efforts qu’il ferait, son corps est trop pour y accorder un minimum d’attention.
Concernant le judéo-christianisme, les références au jeûne salvateur sont multiples. Nous nous en tiendrons à quelques exemples exemplaires. Ainsi, Moïse (Livre de l’Exode, chap34, verset 28) passa 40 jours et 40 nuits sans boire ni manger sur le mont Sinaï par deux fois. Le prophète Elie marcha 40 jours et 40 nuits dans le désert jusqu’au Mont Horeb pour fuir le courroux de la reine Jésabel. Il en est de même Jésus qui passa 40 jours et 40 nuits au désert (Mt 4,1-11), etc. C’est exactement ce qui s’est passé dans le premier exemple que nous avons rapporté plus haut, pour démontrer la dimension de la volonté de tout puissance, suivant l’effet de la conduite du cerveau humain.

Partant de notre thèse, qui pose que notre cerveau est un univers quasi infini par sa complexité, comme nous l’avons nous-même découvert depuis près de trente, il nous semble tout à fait concevable d’expliquer les phénomènes, soit les pouvoirs de guérison, de manière novatrice, c’est-à-dire totalement différente de notre entendement sous l’empire du paradigme scientifique en cours. En effet, de tels pouvoirs humains exceptionnels proviennent d’une transfiguration du cerveau d’un sujet humain, qui transfère immédiatement une partie substantielle de sa puissance à la volonté. C’est ce qui explique que cette faculté est éminente en chacun de nous. Car c’est elle, et elle seule qui nous permet de tout faire autant sur le plan physique que spirituel. D’où la nécessité de la trilogie inventée par le cerveau : la concordance parfaite entre la synergie, la synchronie et la syntonie actrices nécessaires mises au service de la puissance et de la surpuissance de la volonté. Précisons : une transfiguration fondamentale est comme une illumination prophétique, entre phénomènes spirituels ou psychiques. L’avènement de cette crise essentielle ou l’illumination s’opère dans les profondeurs d’un être humain ; ce qui n’est pas nécessairement perçu par les gens au milieu desquels il vit. Parfois, quelque puissance extraordinaire peut enfermer un tel individu dans un mutisme profond. Dans ce cas de figure, et par hypothèse, il s’agirait d’une distorsion des potences[25] du cerveau humain, qui ouvre des voies, des chemins ou des rayons lumineux conduisant directement au nœud initial de l’Être éternel, en tant qu’il est Noûs, soit l’Intelligence universelle par excellence Créant ou Cosmique primordiale. Comme tel, il nous est accessible et intelligible par nous à la fois suivant les lois dynamiques mentales et spirituelles et sous celle de la Matière-Cosmos-Energie (In Essai sur la réunification de…). Et le pont central de jonction de tout cela est le cerveau humain, ou plus exactement, le cerveau quantique. Mais, que signifie ce concept dans l’économie de nos investigations ? En effet, dans un ouvrage[26] publié il y a quelques années, nous avons admis qu’il est nécessaire de redéfinir autrement notre cerveau en raison même des dispositions immanentes à sa nature propre. Car la sorcellerie, ou ce qui est reconnu comme telle, est une structure psychique symbiotique disposant de capacités inhérentes ou acquises, voire des forces transpsychiques émergentes, susceptibles de métamorphoses diverses et de perception suprasensible dans l’être des « transhumains » ou symbiotes : il s’agit de ceux, parmi les êtres humains de par la terre, que nous reconnaissons tels des êtres doués d’un cerveau quantique. Un tel panpsychisme appréhende les phénomènes au-delà de leur apparition à travers l’expérience sensible communément partagée. En somme, quand on observe « le fond diffus » des phénomènes, on s’aperçoit que tout est énergie dont la lumière est synonyme d’Esprit et d’Intelligence.
Quoi qu’il en soit, il faut que la trilogie soit effective comme phénomène déclencheur ou d’éveil de puissance à la fois spirituelle ou physique comme le prouve manifestation ce qui s’est passé à Carthage le prouve manifestement. De quoi s’agit-il ? En effet, en 310 av. J.C., les Grecs de la Sicile avaient pu vaincre l’orgueilleuse Carthage. Comme la ville était privée d’eau en raison de la sécheresse qui sévissait depuis quelque temps, les prêtres de Baal, dieu suprême et universel au Proche-Orient, organisèrent un holocauste, appelé aussi Moloch, pour demander au dieu de pardonner les péchés dont les hommes s’accusaient, notamment la classe des nobles. Diodore de Sicile mentionne cinq cents enfants de la noblesse qui furent atrocement massacrés. Les Carthaginois avaient édifié une statue géante de Baal sur la place publique de la cité. Puisqu’il était creux, on entretenait un immense brasier dans ses entrailles. Ses bras articulés engloutissaient les enfants enveloppés dans un tissu noir, victimes de l’expiation des péchés du monde des adultes. Par la gueule de ce géant, ils étaient jetés dans le brasier sous les yeux d’une foule en délire. Pire, en raison de cette transe collective, des femmes, des hommes, pris par la folie de l’atmosphère électrique, se poignardaient mutuellement, se jetaient eux-mêmes dans la gueule de Baal en flammes et fumant encore des corps calcinés pour purifier la collectivité de ses fautes commises par rapport au dieu protecteur de la cité ; et implorer son pardon afin qu’il fasse pleuvoir. Effectivement, au bout d’un certain temps, et après l’immolation de très nombreuses victimes humaines, ce dieu dût agréer la supplication des fidèles puisqu’un violent orage éclata au-dessus de la ville donnant lieu à des trombes d’eau si denses qu’elles noyèrent la cité et l’assemblée des fidèles. Ces eaux miraculeuses des cieux remplirent aussi les citernes en les faisant déborder.
Certes, du point de vue de la raison contemporaine, on ne peut admettre qu’un tel fait inouï ait été l’œuvre de ce dieu cannibale qui déclencha un déluge en guise de compensation de sacrifices humains innombrables et abominables. On pourrait alors tenter d’expliquer le phénomène en question par l’aléatoire absolu ou par la concomitance de phénomènes de différente nature. Ces Molochs auraient coïncidé avec un changement adventice de la météorologie locale. Même si une telle explication peut être séduisante, elle ne s’accorde nullement avec les faits historiques tels que Diodore de Sicile les a rapportés dans son ouvrage. Car ce ne fut pas un cas unique, puisqu’il y a eu d’autres phénomènes du même genre à Carthage.
En effet, suite à la première guerre punique (264 av. J.C.), au cours de laquelle les Romains et les Carthaginois s’étaient affrontés violemment, les mercenaires au service des armées carthaginoises, lassés d’attendre leurs soldes, assiégèrent la cité en la privant d’eau. Au lieu de s’acquitter de leurs dettes envers leurs mercenaires, les prêtres de Baal décidèrent de réitérer des Molochs. Cette fois, toutes les familles carthaginoises durent livrer un enfant pour le sacrifice. De nouveau, près de soixante ans après le premier holocauste, les fidèles se massacrèrent tout autant que des membres du clergé, notamment les dévoués, qui se supplicièrent avec rage. Un prêtre prit le premier enfant, étendit sa main sur lui pour le charger de tous les péchés du peuple et adoucir la colère de Baal avant de le jeter dans le brasier à l’intérieur de la statue d’airain du dieu. Pendant ce temps, la foule des fidèles criaient en chœur : « Seigneur, mange ! » ; « Verse la pluie, enfante ! » Après avoir été gavé de corps humains suite à des assassinats en masse, des mutilations physiques, des sacrifices improvisés, Baal, satisfait, fit encore éclater un orage qui remplit les réservoirs, obligeant les mercenaires à lever leur siège au tour de la cité. Qu’il s’agisse de leur dieu (Baal) ou des Carthaginois eux-mêmes, la résolution de ces problèmes cruciaux, à plusieurs reprises, est due à la volonté transcendante et transfiguratrice de l’un et des autres par la concordance adéquate de la synchronie, de la syntonie, de la synergie, qui sont des pouvoirs du cerveau humain mis à la disposition des activités essentielles de la volonté.
Dans un autre registre ou une autre dimension des réalités humaines, on sait que le Dieu des religions dites révélées tira, dit-on, l’univers ou le monde sous forme matérielle et spirituelle du Néant par la seule puissance du Verbe. En revanche, dans la perspective de la Pensée du Pantocrator, qui est l’Être Éternel, Majesté Souveraine, Puissance Matérielle et Spirituelle Infinie, l’Énergie qui égale le Cosmos en soi tout en le comprenant et en le transcendant, alors on conçoit et on comprend tout à fait qu’une transfiguration de l’être humain, telle que celle qui advint aux guérisseuses du Burkina Faso, comme les fameuses Adja dont nous avons étudié les cas dans un précédent article publié sur ce même Blog. Il s’agit d’une transmission, d’un transfert de puissance si intense que de telles personnes peuvent commander, par le verbe efficient et efficace, à toutes les forces créatrices de leur cerveau d’agir dans un sens ou dans l’autre selon leur volonté parce que nous baignons dans son Énergie. Cela peut s’effectuer soit sous la figure du corps et de l’esprit, soit suivant la dimension de la matière et de l’énergie invisible en employant un commandant créateur semblable à celui de Pantocrator pour agir sur les phénomènes selon leurs différentes dimensions de réalité matérielle ou invisible. Donc, tout se passe comme si d’infimes charges électriques et magnétiques à l’intérieur du cerveau se généraient et se répercutaient sur toute la personne de l’individu et sur son esprit et son corps. Ces énergies affirmatives causent des effets nécessairement similaires. En d’autres termes, l’intelligence créatrice de l’Esprit divin, que nous avons en partage, est susceptible de se déclencher, par l’usage de mots, des commandements créateurs. Ceux-ci ont pour effet, par les pensées, les paroles ou les sentiments dits positifs, de générer une force créatrice dans tout l’être, comme ces femmes l’opèrent dans leurs actions quotidiennes, en usant de leur volonté transfigurée, pour soigner ou pour aider les personnes en détresse.
L’énergie dont parlent, par exemple les Lyéla (un peuple du Burkina Faso) et qui traverse toutes choses est, par analogie, comme un vaste courant de marée de forces cosmiques qui vont du Nœud initial de l’Être aux êtres humains à travers les interstices du Cosmos. Si l’intelligence de l’Esprit cosmique est intérieure et antérieure à tout ce qui est, alors notre propre esprit se meut en elle et se nourrit continûment d’elle. Dès lors, quand on sait comment puiser dans les courants de l’énergie de l’Esprit divin ou l’Energie primordiale du Cosmos, on peut accéder à l’harmonie avec l’Infini et avec tous les pouvoirs métaphysiques/invisibles qui lui sont inhérents. On devient un support de telles forces qui agissent avec bonheur et de manière efficace en nous, à la manière dont Jésus disait : « Ce n’est pas moi, mais le Père qui est en moi. C’est lui qui agit en moi » (Jn, au chap 14, verset 10). En d’autres termes, ma volonté, devenue toute puissante, a reçu, alors, l’Energie du Tout-Puissant qui la submerge en l’élevant à lui. En ce sens, et par analogie, les phénomènes s’opèrent comme les rayons du soleil qui peuvent se concentrer sur une loupe pour enflammer du papier ou un morceau de bois, etc. De même, les énergies mentales créatrices peuvent être mobilisées par un processus de concentration et d’action mentale/invisible efficiente, capables de mettre en branle la flamme créatrice du génie du cerveau humain. Et l’on devient, sur le plan de l’efficience de la parole, semblable au Pantocrator, comme le recommande encore Jésus : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela sera accordé » (Jn, chapitre 15, verset 7). Ainsi, sous l’angle des données ou des dimensions de l’Inellection, tout s’éclaire : ce qui semblait tomber dans le champ de l’irrationnel s’élucide sous l’angle de la Raison ; et son obscurité ou son incompréhensibilité accèdent à la lumière de l’entendement général[27]. Car la vision de la volonté, dans cette nouvelle vision du monde, nous permet de comprendre clairement que notre volonté est la faculté éminente qui nous rend comme semblable au Divin, Seul et unique Maître du Cosmos, qui est totalement compris en son sein tout étant une Entité spirituelle libre, souveraine et indépendante de lui. Il n’est qu’un foyer immense et ardant d’Energie en fusion éternelle.
En conséquence, nous n’avons plus de scrupule à magnifier ce passage de la Bible, qui met un Acteur Divin en scène dans la création des phénomènes, puisque rien ne lui est impossible. Et ceci nous apparaît alors comme une figure majestueuse de la puissance potentielle de la volonté humaine.
Genèse 1 : « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut »

[1] In Essai sur le Réunification de la Philosophie et de la Science – De la Philosophie des profondeurs … et de la théorie du tout ? (Éditions Vie, Berlin décembre 2024)
[2] Georg Wilhelm Friedrich Hegel : Encyclopédie des sciences philosophiques Tome III : Philosophie de l’esprit (J. Vrin, Paris 1992)
3 Nous reviendrons ultérieurement sur l’analyse approfondie de ce terme en soi-même dont la définition exacte pose problème à certains dictionnaires, comme Le Robert.
[4] De l’Impuissance du Puissant– Acheminement vers les causes réelles de l’extinction du genre humain – (Éditions Universitaires Européennes, Londres, Berlin, 2023)
[5] Dictionnaire historique de la langue française -Sous la Direction d’Alain Rey – (Paris 1998)
[6] Nicolas Boileau : L’Art poétique (Gallimard, Paris 1985, p.227)
[7] Maine de Biran : Essai sur les fondements de la psychologie (Œuvres, tome VII Paris, 2001)
[8] Opus cit. Œuvres, tome VII, J. Vrin, Paris 2001)
[9] James William : Précis de psychologie (Les Empêcheurs de Penser en Rond, Paris 2003)
[10] Spinoza Baruch : L’Éthique -Présentation française Henri Lurié – (Edition du Rcger, Paris 1974)
[11] Essai sur le Réunification de la Philosophie et de la Science – De la Philosophie des profondeurs … et de la théorie du tout ? (Éditions Vie, Berlin décembre 2024)
[12] Méditations chrétiennes, pp.58 sq, (In Œuvres Complètes, tome X, J. Vrin Paris 1980)
[13] Le monde s’est-il créé tout seul ? Entretiens avec Patrice Van Eersel avec la collaboration de Sylvain Michelet (A. Michel, Paris 2008)
[14] Wikipédia https://fr.wikipedia.org › wiki › Bot informatiqu
[15] Nous avons défini et analysé amplement les spécificités de cette typologie des sujets humaines dans notre ouvrage suivant : De l’Impuissance du Puissant– Acheminement vers les causes réelles de l’extinction du genre humain – (Éditions Universitaires Européennes, Londres, Berlin, 2023)
[16] C’est nous qui soulignons ces passages pour montrer que les individus choisissent leur condition d’existence sur terre en toute connaissance de cause. Donc, ils sont absolument responsables de leur choix comme mode d’existence.
[17] Cette vision des phénomènes de Platon n’est nullement une spéculative vaine d’un philosophe. C’est même la réalité conforme aux faits humains. Elle perpétue à travers toutes les religions avec ou sans Dieu depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours. Elle n’est une question de croyances ni de posture rationnelle. C’est par ce phénomène qu’on prend conscience qu’il n’y a rien de nouveau dans la circularité des vies humaines ni dans ses mutations de quelque nature qu’elles puissent être. Il nous suffit de nous fonder sur les pratiques du Professeur de physique qui consiste dans l’art de retrouver par « régression dans les vies antérieures ». Voici le témoignage de Patrick Drouet à ce sujet : «
« La première fois que je m’allongeai, je ramenai à la conscience la vie d’un moine au XIe siècle pendant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. Je décrivis avec moult détails non seulement l’abbaye dans laquelle je vivais, mais encore la façon dont Guillaume le Conquérant constitua la flotte qui allait emmener son armée de l’autre côté de la Manche. Je racontai comment il avait réquisitionné jusqu’à la moindre barcasse disponible, comment il avait loué aux hommes du Nord leurs bateaux et leurs services pour transporter les chevaux, le fourrage et les hommes. Je me rendis vraiment compte que j’avais décrit tout cela avec précision en réécoutant la cassette enregistrée de la séance dès mon retour. Éberlué, profondément secoué je me ruai alors à la bibliothèque afin d’y consulter tous les ouvrages possibles sur le sujet. J’y retrouvai des détails que j’avais donnés, des éléments extrêmement précis ».
2) « J’ai longuement raconté dans Nous sommes tous immortels[17] une séance que je fis en 1984, lors d’un voyage éclair à Chicago, avec Gregory Paxson. Cette fois-là, je retrouvai le souvenir de la vie d’une prêtresse celte, Govenka, qui avait vécu quatre mille ans plus tôt. Je racontai sa vie à l’écart du village, l’existence simple, dans une hutte, de celle qui servait de guide spirituel à tous ceux de sa tribu. Mais je ne me contentai pas de raconter. Au cours de cet extraordinaire « voyage », j’eus la sensation de faire en même temps qu’elle toutes les expériences de Govenka. Ce qu’elle vivait je le “vivais” aussi dans mon présent. Et pourtant, j’étais Patrick Drouot en 1984, à Chicago. De cela j’avais conscience, mais en même temps j’étais là-bas, quatre mille ans plus tôt : je vivais littéralement deux époques à la fois. Et ce que je vivais à travers l’existence de cette prêtresse était proprement extraordinaire. J’accompagnai des mourants non seulement dans le passage difficile de la mort, mais au-delà du monde physique. J’assistai à l’apparition dans une clairière d’un être de lumière. Cet être se nommait Veda. Il venait léguer à Govenka une partie de la connaissance du fond des âges oubliée par les hommes, notamment sur le cristal et les potentiels qui semblent être les siens de par sa structure même. Lorsque la clairière s’illumina devant Govenka ; lorsque Veda apparut, je me sentis dans mon présent complètement paralysé, incapable de proférer le moindre son. Cet être était véritablement là. Ce n’était pas une image. Je ressentais sa présence et la fantastique énergie qui en émanait. » J’ai écrit dans mon premier ouvrage que j’avais eu l’intuition – et plus tard la certitude – que cet être d’énergie m’avait communiqué à travers Govenka et en un temps très court – quelques secondes – une quantité fantastique d’informations : le contenu d’une bibliothèque entière. Par la suite, j’ai pu le vérifier et j’y reviendrai. Je voudrais seulement dire ici qu’à partir de cette expérience, le sens de ma recherche a changé. Parce que j’ai eu alors la certitude intime que Govenka et moi ne faisions qu’un, que nous étions la même entité, la même âme et que toute âme contient en elle toutes ses vies passées ».
« Je voudrais seulement dire ici qu’à partir de cette expérience, le sens de ma recherche a changé ». En effet, tiraillé entre la gloire scientifique, les séminaires dans le monde entier, notamment aux États-Unis et en Amérique latine, jugeant qu’il n’était pas en mesure de tout assumer, Patrick Drouot dut choisir de s’adonner entièrement à la maîtrise des méthodes conduisant à l’évocation des mémoires des vies antérieures des individus. Aux États-Unis, la réincarnation n’est plus un phénomène de croyance, mais une évidence sur laquelle beaucoup de chercheurs en sciences ont même élaboré des méthodes thérapeutiques conduisant à l’équilibre psychique des sujets humains. Une méthode infiniment plus efficace que la psychanalyse qui croit qu’on peut se libérer de ses pathologies infantiles ou psychiques d’adultes par référence à un vieux mythe grec, en l’occurrence Œdipe dont les problèmes avec ses parents rendraient compte de ceux de tout être humain de par la terre entière ; même si les modes d’éducation sont totalement différentes de celles de l’Europe chrétienne. »
(In De l’Impuissance du Puissant– Acheminement vers les causes réelles de l’extinction du genre humain – (Éditions Universitaires Européennes, Londres, Berlin, 2023)
[18] In Platon : La Banquet (Flammarion, Coll. GF Philosophie, Paris 2025)
[19] Embrasser le ciel immense – Les secrets du cerveau des génies Trad- Daniel Tammet et Jerôme Tabet- (J’ai lu, Paris 2009)
[20] Du latin potentia. Ce terme, selon le Dictionnaire Le Robert, « désigne la force, la puissance, le pouvoir » etc.
[21] In Pierre Bamony : Le génie du cerveau humain et ses merveilles (L’Harmattan, Paris 2015)
[22] La maîtrise de la mort (Edit Universitaires, Paris 1975)
[23] Traduction de L’Abbé Terrasson, Tome V (Adolphe Delahays, Librairie, Paris 1851)
[24] In Pierre Bamony : Le génie du cerveau humain et ses merveilles (L’Harmattan, Paris 2015)
Tome II – Anthropologie quantique et techno-science (pp72,73, 74)
[25] Du latin potentia. Ce terme, selon le Dictionnaire Le Robert, « désigne la force, la puissance, le pouvoir » etc.
[26] In Pierre Bamony : Le génie du cerveau humain et ses merveilles (L’Harmattan, Paris 2015)
[27] Certains aspects de ces analyses ont été déjà été publiés dans un précédent ouvrage.
In Pierre Bamony : Le génie du cerveau humain et ses merveilles (L’Harmattan, Paris 2015
