Philosophie des profondeurs – Du règne du cerveau humain dans la nécessité de le dupliquer en permanence par la frénésie de la procréation[1] ; et des paradoxes insolubles de l’explosion démographique humaine –  


[1] L’essentiel de ces études a été abordé dans ouvrage qui embrasse les problématiques majeures du genre humain (In Pierre Bamony : Anthropologie contemporaine et Philosophie (KDP/Amazon, mai 2019)

L’explosion démographique du genre humain sur la Terre, pendant de la maladie ou de la mort de la Terre ?

Introduction : Les raisons du désordre humain de par le monde ou la malédiction du genre humain

     Penser sous l’angle de la Raison lumineuse, effet, du soleil du cerveau humain, c’est émerger des limites de notre présent, de ses méandres obscurs et de ses miasmes abyssaux, figures de nos préjugés, de notre mal-être immanent à la structure élémentaire de notre nature, pour comprendre qu’il y a des modes supérieurs d’appréhender les phénomènes humains et physiques. C’est déchiffrer les mots et les concepts, voire saisir leur clarté immanente, mais toujours voilée par l’excès de leur usage ou mésusage en vue de rechercher un nouveau ou un haut degré de compréhension du genre humain. Car c’est lui seul qui devrait compter aux yeux de chacun de nous, membres de ses différentes branches. Or celles-ci se sont, respectivement, élevées avec excès, jusqu’ici, au-dessus de tout comme la Valeur incarnée du statut d’être humain. Ce faisant, l’humanité s’est égarée dans des fantasmes qui l’ont abêtie en l’acheminant dans l’impasse mortifère : le « narcissisme des nations » et la pesanteur aveugle, encombrante et aliénante des croyances culturelles. Or en tant qu’un ensemble (perdu !) et malgré cette donnée incontestable, il a connu la séparation initiale des branches humaines. Celle-ci a conduit, comme par nécessité, à la guerre permanente entre elles. Toutefois, cet avènement n’est pas un état de sinécure pour l’espèce humaine. Or bien que ces branches soient les unes autant que les autres immanquablement hostiles, farouches et mortifères, néanmoins, c’est en tant branches humaines qu’elles sont condamnées au même et unique destin : la disparition ou l’extermination inéluctable, quelque jour prochain, de la surface de la Terre, Mère de tous les vivants.

     En ce sens, notre devoir (chacun de nous) est de revenir à la pensée de l’essentiel, soit le sujet fondamental du genre humain auquel nous appartenons tous en tant que descendants, sans exception, de l’Homo sapiens. Certes, nous mourrons quotidiennement sans en être réellement conscient – soit le niveau de la conscience claire et lucide -, malgré la douleur vive de ceux qui sont privés physiquement et définitivement des membres de leurs familles. Car mourir, c’est être privé de la faculté de la visibilité pour les autres ; même si on demeure tel qu’on était avec la combinaison de la biocorpora, de l’âme et de l’esprit.

     Mais, du point de vue de la totalité – le genre humain -, tout se passe comme si les uns et les autres disparaissent de la sphère du monde humain visible, sans douleur ou à dose homéopathique. En revanche, concernant le Sort fatale de cette totalité, l’extermination du genre humain se ferait dans le chaos, figure du sommet de l’atrocité, de la douleur exquise, c’est-à-dire aiguë, intense, de la souffrance profonde, de l’océan de l’enfer[1]… Étant nous-même exactement comme « chacun de nous », notre intention est de contribuer, par nos investigations tous azimuts, à l’éveil de notre conscience par rapport à ces phénomènes du fond diffus du genre humain.

      A l’instar de Schopenhauer, posons que l’être humain obéit, sur le plan de la reproduction sexuelle, à une force naturelle qu’on appelle communément l’instinct. Sur ce point, il n’est guère différent des membres de toutes les espèces animales vivantes. Et, d’abord, qu’est-ce que l’instinct ? Selon le Robert[2], ce mot dérive du latin « instinctus », soit « instigation » ou encore « excitation, impulsion ». Pour atténuer son caractère naturel de force à laquelle on ne peut résister, le latin chrétien lui attribue un sens plus culturel en le définissant comme un « penchant », « une tendance naturelle. » De ce point de vue, l’être humain garde toujours la possibilité d’une liberté par rapport à l’impulsion irrésistible de sa nature biophysicochimique. Par-delà ces nuances, le Robert pose, en dernier ressort que l’instinct « est l’ensemble des pulsions naturelles qui régissent le comportement animal ou humain. » L’instinct est plus complexe que le réflex en général. Celui-ci est propre à un individu en tant que réponse, voire réaction motrice inconsciente ou involontaire provoquée par une stimulation sensitive ou sensorielle extérieure ou intérieure. Il a ceci de commun avec l’instinct qu’il est incontrôlable, irréfléchi. Quant à l’instinct, il ne change ni durant la vie de l’individu ni avec les différentes générations d’individus d’une même espèce. En ce sens, il est universel, transversal et spécifique à tous les genres de vivants quant à l’attachement atavique des membres de chaque espèce à se reproduire et à perpétuer son genre.

       Les physiologistes et autres éthologues, par leurs observations du comportement sexuel des animaux, nous enseignent comment la loi de la perpétuation de l’espèce inspire toutes les malices ou « cruauté » aux mâles ou aux femelles pour se reproduire. A ce titre d’exemple, Jared Diamond[3] analyse le comportement reproducteur d’une espèce d’oiseaux qu’on appelle gobe-mouches. Le mâle poly-femelle a une activité sexuelle si débordante qu’elle dépasse l’entendement humain. En effet, à chaque printemps, le mâle cherche un trou d’arbre tout à fait convenable pour y faire un bon nid. Il se hâte de marquer son territoire. Puis, il séduit une femelle pour s’accoupler avec elle. Quand cette première femelle pond son premier œuf, il est confiant, d’une part, de l’avoir effectivement fécondée, d’autre part, de l’occuper à couver ses œufs, car, pendant ce temps, la femelle ne peut s’intéresser à d’autres mâles ; d’autant plus qu’elle est devenue stérile. Pendant ce temps, il se hâte de trouver un autre nid pour séduire une seconde femelle, s’accouple avec elle en la soumettant aux mêmes conditions temporaires de vie. Lorsque les œufs de la première femelle commencent à éclore, il revient vers elle pour participer à l’alimentation de leurs petits – il fait environ quatorze livraisons de nourriture par heure à cette première nichée -. Quant à la seconde nichée, il n’y parvient que sept fois – ce qui n’est pas le cas des autres -. En ce sens, selon cet auteur « le plaisir n’est en aucun cas la motivation première de l’activité sexuelle, ou du moins n’est-elle pas dissociée de la fonction procréative. » (p.13). Chez les mammifères comme les carnivores, il y a presque toujours une lutte à mort pour avoir accès aux femelles, constituer un harem vigoureusement bien défendu contre la prétention des autres mâles du groupe. Contrairement à la conception de Konrad Lorenz[4] selon laquelle dans le règne animal la lutte n’a pas pour finalité la mort du rival, mais sa soumission qui signe l’arrêt du combat, quand il s’agit d’avoir accès aux femelles pour se reproduire, l’affrontement peut entraîner la mort du rival, l’enjeu (s’accoupler pour se reproduire coûte que coûte) l’emporte sur toute autre conduite.

     Chez les êtres humains, la culture et le phénomène religieux tâchent de masquer la brutalité et la naturalité de l’instinct de survie reproducteur. Ils ont inventé des mots pour couvrir d’un voile pudique, plutôt hypocrite et inhibiteur, cette forme d’expression de leur nature. Et pourtant, malgré cette tentative de sauver son humanité de sa nature instinctive, selon Schopenhauer[5], au-delà de l’apparence culturelle et religieuse, au fond, on retrouve la même pulsion de la nature pour perpétuer l’espèce. Il suffit d’observer le comportement des individus, mâles et femelles, pour s’en persuader aisément. Déjà, dès la préadolescence, avec les premiers éveils ou les premiers émois des hormones sexuelles, se dessine, chez ces jeunes gens un attrait irrésistible pour l’autre sexe. Passé le stade de la curiosité pour son propre sexe et pour l’autre sexe, ils s’engouffrent dans le stade de la découverte et de l’activité sexuelles. Si la jeune fille met du temps à s’y adonner avec un certain bonheur à l’exception de quelques « philosexe », le jeune masculin découvre à la fois l’extase du plaisir sexuel et l’orgueil de la conquête des femelles. Il devient insatiable sous l’empire de son scrotum. Si on le laissait faire, un seul mâle avec ses 150 à 200 millions environ de spermatozoïdes par jour et ses 5 millions qu’il libère à chaque éjaculation, est capable d’ensemencer des milliers de femmes par an et de couvrir toute la surface de la terre de ses progénitures en quelques décennies. Il y a donc une impulsion, une rage de procréer entre 16 et 45 ans chez le masculin et le féminin qui est la négation ultime du rationnable.

     D’où la ruse inventée par l’espèce humaine pour duper l’individu, c’est-à-dire le freiner dans sa frénésie reproductrice tout en le contraignant à accomplir cette nécessité de son espèce. De façon générale, l’individu est canalisé par le groupe en vue de trouver une femme de son choix, en apparence. En réalité, il n’y a pas vraiment de choix. Hormis le phénomène hormonal particulier, violent et passager qu’on qualifie ordinairement de passion « amoureuse », toutes les figures d’amour sont, à l’insu de l’individu lui-même, imposées par l’inclinaison des familles et du groupe social dont il est issu. En revanche, il n’est pas lui-même conscient de cette duperie. Il croit agir librement, faire le choix de son cœur. Il est agi et impulsé dans le sens voulu par sa famille, sa société. Veut-il épouser une blonde, une rousse, une femme aux yeux bleus, une brune aux yeux bleus, une grande, une petite, une grosse, on fera en sorte de nouer les alliances. On célèbrera en grandes pompes le mariage rituel qui est prétendu sauver l’union humaine de son instinct. Or, selon Schopenhauer, l’individu s’illusionne sur le fait d’agir et d’accomplir tout ce qui émane de sa propre volonté dans ces rites cérémoniels culturels ; il ne fait qu’obéir à l’instinct qui commande en lui et qui ordonne le comportement général de la société et de son espèce dans le même sens : se reproduire coûte que coûte et perpétuer l’espèce. « Cet instinct, écrit-il, peut être considéré, généralement, comme le sens de l’espèce, chargé d’avertir la volonté de ce qui est profitable à l’espèce » (p. 1293).

     Cependant, dès que cette obligation est accomplie, en l’occurrence, la procréation, signe de l’assurance de la perpétuation de la famille, surtout de l’espèce humaine, on n’a nul souci du bien-être de l’individu. Son devoir est désormais de prendre en charge la survie de sa progéniture, même s’il est pauvre, démuni ou handicapé.  Dans certains contextes culturels, comme les sociétés du type communautaire, les autres membres de la famille peuvent apporter quelques contributions aux soins des enfants d’un couple démuni, en cas de nécessité ; mais sans excès. Dans les pays européens chrétiens, c’est l’État, sous forme d’argent public, qui, par devoir vis-à-vis des enfants, prend en charge ces soins. C’est le cas des parents au singulier ou familles monoparentales.

       Nonobstant ce, outre la joie des parents, des membres de leurs familles respectives, du sourire sarcastique de l’espèce elle-même dans les profondeurs de son être, il n’y a pas forcément de véritables compensations dans le fait de satisfaire l’impératif catégorique de l’espèce, c’est-à-dire la nécessité de procréer. D’une part, selon les contextes culturels, les parents sont astreints aux soins de leur progéniture pendant près de 25 à 30 ans, de sa naissance à son autonomie financière par l’exercice d’un métier, d’une occupation quelconque dans la société. Or ces soins ne sont pas toujours une partie de plaisir pour les parents en question : le bébé, selon certains médecins, est essentiellement un tube digestif. Il faut le nourrir en permanence sans cesser de nettoyer ses multiples rejets. Au cours de sa période dite négativiste, c’est-à-dire trois à cinq ans, dans son expression inconsciente de se poser, de s’affirmer en s’opposant à ses parents ou à ses frères et sœurs, il peut être absolument odieux, nuisant par ses pleurs et grincements de dents au repos de ses parents ; ce qui est d’autant plus difficile que les deux parents sont des actifs, selon le langage courant. C’est, aujourd’hui, la situation de la majorité des couples.

       Pire, la période de l’adolescence ne se passe pas toujours dans la douceur. C’est le temps des conflits freudiens entre enfants et parents : la fille avec sa mère et le fils par rapport à son père. Telle est, du moins, la thèse de Freud : « …le père développe l’inimitié naturelle, qui est en germe dans ses relations avec son fils, en ne lui permettant pas d’agir à sa guise et en lui refusant le moyen de le faire. Le médecin remarque souvent que le chagrin causé par la mort du père ne peut empêcher chez le fils la satisfaction d’avoir enfin conquis sa liberté. Les pères s’accrochent d’une manière maladive à ce qui reste de l’ancien potestas patris familias dans notre société actuelle… Les occasions de conflit entre la mère et la fille apparaissent quand la fille grandit et trouve dans sa mère une gardienne, au moment où elle réclame sa liberté sexuelle. La mère, de son côté, voit dans l’épanouissement de sa fille un avertissement : il est temps pour elle de renoncer aux prétentions sexuelles »[6].

     Pendant ces 20 ou 25 années en moyenne de prise en charge quotidienne des enfants, des soucis et autres préoccupations que leurs inconduites, leurs échecs, leur paresse génèrent parfois, les parents ne donnent pas assez de place à leur propre vie : entre le travail et les servitudes domestiques, quand bien même ils le désireraient ardemment, ils n’ont pas souvent accès à leur propre bonheur, à leur propre épanouissement. Les frustrations quotidiennes, quand ils en sont pleinement conscients, c’est-à-dire quand ils ne sont pas totalement abrutis, aliénés par leur obligation de procréateurs et, donc, la survie de l’espèce, sont généralement causes de l’amertume de la vie du couple et, conséquemment, de celle de la famille. Autrefois, avec la forte prégnance de la morale judéo-chrétienne sur les consciences individuelles, les divorces étant mal perçus par le groupe, c’est-à-dire les membres des familles, les couples étaient contraints de vivre dans l’amertume, les frustrations, les conflits sourds, parfois violents afin de protéger l’éthique familiale, voire de préserver l’équilibre psychologique supposé des enfants. La vie contemporaine a fait voler en éclats de tels scrupules et libérer, ainsi, les couples de leur existence amère ; sans l’assurance de trouver un bien-être ni des sources de joie. Il n’y a rien de plus frustrant pour une conscience humaine que d’être contraint de tout faire par devoir ; y compris l’accouplement comme le voulait l’église catholique, le plaisir sexuel étant considéré comme un péché, une chose qui n’est pas bonne, et même mauvaise.

A – Corriger les aberrations de la nature pour éviter le désastre

      Certes, la société, le groupe ou la famille ont une influence considérable  sur les prétendus désirs d’enfants de l’individu. Mais, au fond, il n’est nullement acteur dans cette impulsion de sa propre nature. Le particulier pris dans les mailles des sourdes décisions de son groupe est un objet manipulé par des forces obscures qui le dépassent, qui le meuvent essentiellement en raison d’un impératif majeur de l’espèce qui a le souci de se conserver soi-même par-delà la valeur et le bonheur du particulier. Car son importance, sa valeur pour la famille et la société elle-même réside dans sa soumission aux injonctions des différentes strates de commandements : la société, le groupe, la famille. C’est en ce sens que se conçoit fort bien la remarque suivante de Schopenhauer : « tout amour a donc pour fondement un instinct visant uniquement l’enfant à procréer » (p. 1297).

Sources possibles de l’attrait du sexe ou des figures sous-jacentes des modes séduction érotique ?

      Une telle remarque nous conduit à penser autrement les phénomènes humains ou ceux du vivant en général. En effet, ce que ni les philosophes ni les scientifiques n’ont perçu jusqu’ici est le fait suivant : au-delà de la forte prégnance du groupe et de la famille sur l’individu quant à la nécessité impérative de procréer pour perpétuer l’espèce, on a occulté l’origine effective de ce phénomène qui réside, en réalité, dans l’influence du cerveau sur la totalité du vivant. Nous l’avons montré dans nos récents travaux[7] : c’est le cerveau qui, en dernier ressort, gouverne tout dans les comportements des espèces vivantes. Nous avons ainsi découvert que le cerveau est aussi vieux que l’univers lui-même. Car l’espèce singulière que nous sommes, nous descendants d’Homo sapiens, nous avons en partage, dans la structure élémentaire de notre nature, les mêmes composants de l’Energie du Cosmos. Il s’agit, entre autres, parmi les éléments mis à jour par la physique quantique et l’astrophysique, des protons, des électrons, des neutrons. Ces derniers, reconnaissent les physiciens, sont contemporains  de l’origine de l’univers, si origine il y a. Ils sont comme l’univers lui-même, atemporels ; l’âge supposé de l’univers n’étant rien d’autre qu’un repère pour l’homme, une organisation de son être dans le monde. Aussi, si l’espèce humaine disposait de moyens adéquats pour explorer les méandres de l’univers de son cerveau, il y découvrirait tous les vestiges, la Mémoire, la bibliothèque, toutes les traces du passé du Cosmos, si passé il y a. En ce sens, le cerveau aspire à une espèce d’immortalité dans et à travers le temps, à défaut de l’éternité comme celle du Cosmos qui l’a engendré pour le reconnaître et faire son histoire après coup ; du moins tant que l’espèce humaine serait épargnée par la fatalité des fins ultimes des phénomènes qui prennent corps avec l’apocalypse annoncée par toutes les sciences contemporaines.

      Aussi, dans la frénésie de la perpétuation des espèces vivantes, ce n’est pas tant la pression de la société, du groupe ou de la famille sur l’individu qui est en cause, qu’essentiellement, le « vouloir-vivre »  du cerveau. Celui-ci se manifeste alors comme une supra-puissance cosmique à travers les espèces vivantes depuis l’amibe, la bactérie, les variétés d’acariens hôtes des corps vivants jusqu’aux mammifères. A travers la pression de la sexualité, la recherche du plaisir et autres formes d’extase dans l’accouplement, le cerveau ne veut rien d’autre que se dupliquer perpétuellement. D’autant plus que c’est lui seul qui gouverne ces formes d’extase. En effet, l’orgasme n’est pas le résultat de la copulation, quelle que soit la nature de l’orifice préféré, mais il se produit bien, en dernier ressort, dans le cerveau de chaque individu[8]. Car la recherche d’un partenaire sexuel est un leurre qu’il a inspiré aux cultures pour se dupliquer plus aisément. Comme l’écrit Bernard Dugué avec raison, « avant que le jeu ne se déroule, il faut qu’il y ait des êtres individués, capable de se répliquer à l’identique. Le mystère de la vie et de son évolution résiste à l’entendement »[9]. Il n’y a plus de « mystère » si l’on reconnait que c’est le cerveau qui est l’acteur, le « moteur » principal du jeu de la vie, de ses spéciations à l’infini et de son devenir dans le temps. Le cerveau, à travers les espèces vivantes, quelles qu’elles soient, incline fortement les individus à se reproduire en le dupliquant. Donc, chaque procréation le reproduit à l’infini quasiment, comme le nombre des individus qui l’accroît ausssi, d’une certaine façon, à l’infini en transmettant le patrimoine génétique par la continuité et la généralisation d’une information dans le temps présent et futur. Une telle reproduction en masse des individus le fait, du même coup, perdurer.

     Dans cette perspective, les temps des guerres sont ennemis du cerveau ; et les temps de paix ceux de son expansion aveugle à travers et dans l’intemporel. Dès lors, le sens et l’instinct de perpétuation des espèces ne sont rien d’autre que le jeu du cerveau, sa libre et dynamique expansion à travers l’espèce humaine en particulier. Puisque l’espèce humaine elle-même et ses diverses cultures qui manipulent le particulier, manigancent perpétuellement des plans pour faire tomber celui-ci dans le piège de la reproduction sexuelle sont l’œuvre du cerveau, on comprend mieux qu’il est si difficile d’échapper à son empire. Il nous suffit d’un aperçu général des comportements sexuels au quotidien pour comprendre le sens de cet empire. Puisque la morale, œuvre de la culture de l’être humain, n’a aucun sens sur le plan de la nature, il n’est pas étonnant que le cerveau secrète des hormones de plaisir à tout moment pour susciter l’attrait réciproque des individus. On comprend tout à fait la transgression des règles et des interdits moraux et sociaux, tels que les actes incestueux. On le remarque bien dans le règne animal. L’impulsion sexuelle fait voler en éclats les barrières de la nature comme chez les bonobos. Le cerveau, dans tous les cas de figure, s’ «amuse » perpétuellement à sécréter des hormones de plaisir pour qu’il y ait accouplement. Or, qui dit accouplement dit possibilité de fécondation et de reproduction. Le cerveau n’a cure des conséquences morales, génétiques de tels actes, comme l’amour incestueux entre frères et sœurs, pères et filles, mères et fils. Autrement, on ne comprendrait pas qu’en dépit de sa conscience du danger qu’il encourt, l’amour-passion, qui n’est rien d’autre que la rage de la procréation, d’un homme pour la femme de son voisin prenne des risques majeurs pour parvenir à ses fins : l’accouplement. Dans cet attrait incontrôlé, il peut y perdre son honneur, par exemple, d’épouse, de père, ou, pire, sa vie même s’il est pris en flagrant délit par le mari de son amante. Il est totalement ignorant du fait qu’il est le jouet de l’empire de son cerveau. D’autant plus que celui-ci l’abandonne quand il juge qu’il a atteint son but par la frénésie et la répétition des actes sexuels : se reproduire.

     Cette puissance du cerveau à vouloir  se dupliquer à tout prix, qui s’apparente à un véritable empire, au sens latin de  imperare signifiant « commander en maître » en tant que « pouvoir souverain », a même triomphé de la haine des hommes à l’égard des uns et des autres. Il a permis que la nature, qui aime le  différent pour sa vitalité, triomphe  de la culture, qui préfère le semblable. Telle est la raison qui rend compte du métissage à grande échelle au cours des temps modernes. A titre d’exemple : les Etats-uniens blancs s’étaient farouchement et violemment opposés aux relations sexuelles entre les femmes, filles issues de leur rang et les Noirs en vertu du fait qu’ils sont des esclaves. Or, hormis les Amérindiens, du point de vue de l’essence historique, on ne peut pas dire que les uns valent mieux que les autres. Les Noirs, aux Etats-Unis en construction, étaient déchus de leur rang d’êtres humains suivant des considérations culturelles et religieuses. D’un autre côté, la majorité des blancs états-uniens étaient issus d’aventuriers, de vagabonds, de prisonniers comme beaucoup de Britanniques en Australie, en Nouvelle Zélande, de délinquants, de voyous, des exclus et/ou des rejets des sociétés européennes, etc. Bref, c’étaient des rebus ou des éléments de la lie de l’humanité. D’un point de vue de la qualité, de l’éthique et du facteur raisonnable de leur personne, ils n’avaient rien de plus, humainement parlant, que les Noirs. Certes, les uns et les autres ont atterri sur ces vastes territoires par des moyens différents : les uns par leurs propres moyens, ou en louant, à l’avance, leur force de travail aux plus aisés d’entre leurs semblables ; les autres comme victimes à titre d’esclaves. C’est, d’ailleurs, l’une des raisons qui expliquent que le projet du genre humain unifié reste une impasse condisérable. Et les peuples aux Etats-Unis le démontrent manifestement. Ainsi, malgré leurs croyances judéo-chrétiennes (qu’est-ce que Jésus vient chercher dans cette galère de haines mutuelles vives ?), c’est 250 ans de luttes à mort, de violences continues, de la « guerre de tous contre tous », de la mort permanente violentes, de la détestation irrationnelle des uns à l’égard des autres, etc. L’idée même d’unité morale n’effleure la conscience que de peu de gens.

      Sur ce point, faisons une remarque en passant : dans certains pays occidentaux, comme la France, les manuels scolaires d’histoire continuent à enseigner le fait que les Noirs sont des esclaves ; qu’ils soient Africains ou qu’ils soient Noirs du Nouveau Monde. Un tel enseignement biaisé, tronqué par idéologie, sans doute, sème des préjugés dans la conscience des élèves sortant du lycée. Il en est de même en  littérature française, anglaise, espagnole, etc. Puisque certains enseignants n’ont pas forcément un niveau élevé de culture savante pour faire des analyses fines, critiques, ils se contentent de faire du psittacisme en vertu du contenu des manuels scolaires au programme. Or la perpétuation par l’enseignement d’un tel préjugé (les Noirs sont des esclaves) est néfaste à la bonne intelligence des uns et des autres. Nous le savons pourtant : l’esclavage est un phénomène permanent de l’humanité. Comme le prouve le cas de Joseph vendu par ses frères à de riches marchands égyptiens, la Bible (Ancien Testament) atteste de la pratique de l’esclavage chez les Hébreux. Dans la Grèce antique, des esclaves étaient des grecs des cités vaincues. Et à Rome, l’essentiel des esclaves était composé des membres des territoires vaincus : les Gaulois, les Germains, les Angles, les Espagnols, les Thraces, les Grecs etc. Les Noirs sont donc les derniers peuples à connaître ce sort de servitude du XVIe siècle environ jusqu’au du XIXe siècle. Au Moyen-âge, la riche cité de Venise, toute puissante par sa flotte marine, ne se gênait pas de vendre des Européens aux Arabes et des Arabes (pourcour méditerranéen) aux Européens, etc., avant l’arrivée des Noirs sur ce marché.

     Selon Laurent Vissière[10], Venise est au Moyen Age un haut lieu de l’esclavage. A l’origine, ces esclaves ne viennent pas de bien loin : on les enlève ou on les achète sur la côte dalmate – l’Esclavonie.  « Les « Esclavons » sont en fait des slaves, très prisés aussi bien dans l’Occident chrétien que dans le monde musulman, et dont le nom est très tôt devenu synonyme d’esclave…Les Vénitiens qui, dès le XIIe siècle, développent un véritable empire commercial, ne tardent pas à établir la traite des esclaves sur les deux rives de la Méditerranée : ils vendent des slaves en Afrique du Nord et dans l’Empire byzantin et des Sarrasins en Occident ». Il souligne que, malgré, l’arrivée massive  des Noirs  sur le  marché de  l’esclavage,  la traite  des  Blancs  demeure  un  marché lucratif  jusqu’au XIXe siècle. Car les Califes, depuis le VIIe  siècle, avec le djihad, les guerres de conquêtes à travers tout le pourtour méditerranéen, permettent l’ouverture des marchés d’esclaves d’Orient. A ce sujet, il cite un auteur du Xe siècle qui écrit : « le plus bel article importé de l’Espagne, ce sont les esclaves, des filles et des garçons qui ont été enlevés dans le pays des Francs et en Gallice. Tous les eunuques slaves qu’on trouve sur la terre sont amenés d’Espagne et aussitôt qu’ils arrivent on les châtre… » Les jeunes filles aux cheveux blonds et à la peau laiteuse sont prisés par les Califes qui s’en servent pour constituer et diversifier leur harem.

     Ce fut le cas aux Etats-Unis d’Amérique (du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle environ), où le racisme anti-noir a triomphé, entre autres faits, par rapport aux relations sexuelles mixtes. Il en est de même du monde musulman esclavagiste d’alors. Dans tous les cas de figure, le cerveau n’a cure des statuts et des situations socio-culturels des êtres humains. Il est beaucoup plus inventif que les hommes quand il s’agit d’arriver à sa fin : acheminer les individus à l’accouplement pour pouvoir se dupliquer. Même quand les mâles noirs couraient le risque d’être châtrés, pire d’être pendus ou de subir tout autre châtiment corporel avilissant, ils bravaient tous les obstacles pour posséder une femme interdite et pour engendrer ; même si, initialement et consciemment leur but était l’accès au plaisir sexuel et non à la procréation. En fait, ils étaient dupés par leur cerveau.

    C’est ce qui se passe également dans la vie courante. Les êtres humains, de façon générale, ont tendance  à rechercher un bel individu comme objet sexuel : une belle fille/femme, un bel homme ou jeune homme. Leur inclination se fonde sur une fausse croyance : l’illusion  qu’en possédant un individu beau, pure apparence plastique par nature éphémère, ils seraient en mesure d’atteindre le nirvana du plaisir sexuel. En d’autres termes, ils s’imaginent que la possession de la beauté leur procurerait la félicité suprême. Il en est de même des adultes qui recherchent frénétiquement la possession des jeunes filles ou des jeunes garçons en raison de leur belle peau lisse et tendre. En cela, ils se trompent tous car ils ne réalisent pas qu’ils sont sous l’empire de l’illusion. En fait, il n’y a pas, dans l’absolu, de lien de nécessité entre l’expertise en amour et la beauté d’un individu. Schopenhauer, qui aborde ces phénomènes sous l’angle du « vouloir-vivre » animant toute espèce vivante, conçoit que l’erreur des individus dans la recherche de la beauté comme source potentielle de jouissance infinie n’est rien d’autre qu’un complot de l’espèce humaine elle-même. Nous dirons, pour notre part, qu’il s’agit au fond de la ruse de notre cerveau qui commande à tous les vivants de le reproduire.

      Ce philosophe observe en effet : « Si tel est bien le caractère de cette passion, il est tout naturel que chaque amante après avoir enfin assouvi son désir, éprouve une prodigieuse déception et s’étonne de n’avoir pas trouvé dans la possession de cet objet si ardemment convoité plus de jouissance que dans n’importe quelle autre satisfaction sexuelle : aussi ne se trouve-t-il guère plus avancé qu’auparavant. Le désir était en effet à tous ses autres désirs ce que l’espèce est à l’individu… Mais la satisfaction n’en est profitable qu’à l’espèce seule et ne pénètre pas dans la conscience de l’individu, qui, animé par la volonté de l’espèce, a travaillé avec dévouement à une fin qui n’était pas du tout la sienne. Aussi chaque amant, après le complet accomplissement du grand œuvre, trouve-t-il qu’il a été leurré. Car elle s’est évanouie, cette illusion qui a fait de lui la dupe de l’espèce ». En ce sens, et en ce sens seulement, nous pouvons dire que l’individu souffre de la malédiction du génie de l’espèce ou, plus exactement, de la malice de son cerveau. En somme, tout au long de son existence sur la terre, au regard de cet état de conditionnement sournois, de son incapacité de transcendence, l’individu se croit seulement libre ; mais, en fait et en réalité, il ne l’est jamais. Il se contente d’illusions superbes.

     Mais, cette puissance aveugle à l’œuvre dans la nature, sous l’impulsion du cerveau et sous celle des espèces vivantes, conduit à des aberrations monstrueuses. En effet, la plupart des individus, même s’ils peuvent échapper aux pressions sociales, familiales ou à celles du groupe, sont incapables de résister aux injonctions des hormones du plaisir ; autant dire à l’emprise du cerveau. Cependant, et en un autre sens, en fixant des bornes aux capacités reproductrices du féminin, la nature a trouvé de mauvais gré une forme de raison. Et le cerveau, malgré sa rage d’expansion, ne peut dépasser cette limite. Nous l’avons dit : un seul masculin, s’il en avait la liberté, est capable de féconder plus d’un millier de femmes dans une année alors que celle-ci ne peut procréer qu’une fois par an. Cette remarque est fort bien illustrée par Bryan Sykes à propos du satyriasisme du grand empereur mongol Gengis Khan (1162-1227). L’empire de ce grand conquérant, à sa mort, s’étendait sur huit mille kilomètres environ, c’est-à-dire de la mer de Chine, à l’Est, au golfe Persique, à l’Ouest. Couvert de gloires militaires, le grand Khan ne semblait pas s’attacher outre mesure à ces considérations apparentes. Il  était plutôt obsédé par une même chose : coucher avec les plus belles filles et femmes de tous les territoires conquis. Tel était le seul bien, dans ces conquêtes, qui avait du prix à ses yeux. D’où, aujourd’hui, sur une vaste zone des territoires d’Asie et d’Orient, une distribution, une propagation impressionnante du chromosome Y de Gengis Khan. Du moins, c’est ce qu’écrit Bryan Sykes[11] : « le chromosome de Khan s’est multiplié à une vitesse stupéfiante, de un à seize millions en l’espace de trente générations. Il a été comblé de tous les avantages, faisant ses débuts les reins d’un conquérant sexuellement vorace et irrésistible » (p. 245).

     En réalité, le problème de l’humanité – nous disons bien de l’humanité et non pas de toutes les autres espèces vivantes qui sont, sans exception, victimes de celle-ci -, réside dans le fait fondamental que la nature a, pour ainsi dire, accordé au seul féminin le pouvoir d’enfanter. Est-ce un plan heureux de celle-ci ? Certes, lorsqu’on observe les êtres humains dans leurs comportements, notamment sexuels, on se rend à l’évidence que le féminin l’emporte en sagesse, sur le masculin. Dans le cas du couple, elle est presque toujours moins infidèle que le masculin dont l’organe sexuel fonctionne comme un chaudron en perpétuelle ébullition entre ses jambes. Cependant, cette sagesse dont fait preuve le féminin est souvent mise en échec par les ruses sexuelles du masculin. A titre d’exemple, tous les peuples de la terre ont toujours géré une situation singulière qui est celle des jeunes mères, souvent isolées et sans ressources financières pour assumer les charges de leurs progénitures. Diverses raisons rendent compte de ce phénomène dont la plus fréquente est naturellement la recherche du plaisir sexuel. Mais, de façon générale, en Occident, on peut dire, avec raison, que l’état de mère isolée est l’échec d’une ambition de compensation du manque d’un amour maternel. Sur ce sujet, nous retiendrons deux exemples. D’abord, certaines filles, issues elles-mêmes de mères célibataires et dans une situation sociale permanente de précarité, se retrouvent placées soit en institution, soit ballotées de parents de substitution en parents de substitution. Or la mission de ceux-ci n’est pas de donner de l’amour, mais des soins pour lesquels ils sont payés. Aussi, pour briser le cycle infernal de misère sociale et psychologique, il advient qu’elles ambitionnent ou, plutôt, qu’elles rêvent de fonder un couple stable. Malheureusement, elles vont d’illusion en illusion tout en procréant.

     Ensuite, comme cela se conçoit fort bien, elles rêvent d’un grand amour. Et elles sont vite trompées par des garçons mal intentionnés qui ne désirent qu’une chose : les posséder sexuellement, puis s’en aller chasser ailleurs. Certains d’entre eux tirent profit de la grossesse de leur victime, voire de la naissance de l’enfant pour vivre à ses dépens en partageant la pension allouée à la mère pour assurer les soins de son enfant. Ainsi, en France, selon l’Insee de 1987, on dénombre 1 076 000 foyers composés d’un seul parent. Ces filles/femmes seules élèvent environ 1 521 320 enfants[12]. D’où l’extrême fragilité psychologique de ces « mères » comme le reconnait l’un des rédacteurs de Parents au singulier : « elles sont dans leur fonction maternelle, beaucoup plus mères potentielles que mères actuelles, obéissant à des certitudes primaires, tyranniques certes, qui ont précisément pour fonction l’étayage un peu magique de leur moi chancelant » (Dominique Favre, psychologue, p. 146).

     A ces données il faut ajouter le fait qu’il y a une ignorance de leur anatomie. Suite à l’assouvissement de leurs besoins sexuels occasionnels, elles sont étonnées d’être enceintes, dans la mesure où, malgré les programmes de prévention des grosses accidentelles, la sexualité des adolescent(e)s est toujours dans l’ombre d’une ignorance répétitive et permanente. La connaissance des moyens contraceptifs demeure encore lacunaire dans beaucoup de pays. D’où le recours massif des mineures à l’IVG (interruption volontaire de grossesse). En France, une enquête de l’IGAS (Institut générale des affaires sociales) de 2010 le prouve. « Sur les 210 000 avortements pratiqués en France métropolitaine en 2009, 29 000 femmes étaient âgées de 15 à 19 ans. Parmi elles, 11 600 étaient mineures »[13].

     De façon générale, et au-delà de ces cas sociaux insolubles, une fille est en mesure, dès ses premières menstrues, de procréer. Certaines filles, financièrement autonomes, sont capables d’abuser de la naïveté d’un géniteur pour arriver à ses fins : procréer. Or, de telles décisions arbitraires, instinctives, génèrent des conséquences gravissimes pour l’humanité. Car le fait d’être doué de l’organe procréateur, c’est-à-dire du pouvoir unique de donner la vie, ne devrait pas donner lieu à un tel abus de pouvoir. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’on possède cet organe qu’on est autorisé, habilité à faire n’importe quoi ; c’est-à-dire à procréer de manière fantaisiste sans avoir mûrement réfléchi aux conséquences de son acte. Il y a incontestablement un empire du ventre de la femme qui est capable du meilleur comme du pire.

       En effet, nous parlons bien de conséquences majeures pour l’humanité. Le fait que la femme puisse disposer à sa guise de l’unique et absolu privilège que la nature lui a accordé est cause de dégâts irréparables. D’une part, les mères de dix à vingt ans sont tout à fait immatures. Leur éducation culturelle (morale, scolaire, éveil de la conscience pleinement humaine, comme l’assomption de la responsabilité, etc.,) est encore inachevée. La part de la nature en elles se trouve toujours à l’état de densité si grande qu’on peut qualifier cet état d’irresponsabilité, c’est-à-dire d’une sorte d’inaccessibilité à la pensée de soi et/ou pensée consciente, soit la conscience claire et lucide. N’étant pas elles-mêmes totalement dans l’ordre de la culture, elles sont généralement incapables de faire accéder leur progéniture au rang d’une élévation au-dessus de leur propre intelligence et, donc, du statut de l’humain. Tel est l’exemple de cette fille brésilienne de neuf ans enceinte suite au viol par son beau-père. La presse en avait beaucoup parlé puisque, pour la sauver du risque éventuel de mort, le médecin avait proposé de la faire avorter. Mais l’église catholique du Brésil s’était opposée à cet acte sous prétexte de la sacralité de la vie de l’enfant, tout en oubliant de prendre en considération celle de la mère. Elle était jugée coupable du péché de la chair par cette église. De tels cas sont très courants parmi les peuples, même si la presse n’en pas fait toujours cas. Lorsque ces pauvres créatures donnent naissance à une progéniture, quelle éducation humaine de qualité seraient-elles en mesure de lui donner ?

Comment et où loger les surnuméraires humains ?

      D’autre part, les problèmes que l’arbitraire du féminin dans la procréation, libre ou contrainte, posent dans le monde sont insolubles. D’abord, dans les pays africains et asiatiques, tout le monde ou presque contribuait, suivant ses moyens propres, à la prise en charge des enfants nés dans les conditions de pauvreté, c’est-à-dire sans moyens de subsistance propres des mères ; du moins, quand les communautés étaient encore soudées, quand les problèmes de la survie au quotidien ne se posaient pas encore avec acuité, surtout en raison de l’iniquité et de l’absurdité du mode libéral d’exploitation des richesses des peuples de la terre. D’autant plus que, selon les croyances propres aux peuples de ces zones de la terre, les enfants sont une richesse. Même sous cet angle, la prise en charge quotidienne des soins de ces enfants n’est pas une sinécure. Tout le monde n’ayant pas toujours la possibilité de manger à sa faim, c’est plutôt une situation de privation, d’insuffisance alimentaire, de malheur et de souffrances pour l’enfant. Ensuite, dans les pays du Nord, nous l’avons déjà dit, c’est l’argent de la collectivité qui assure cette prise en charge. Mais, comme l’éducation relève du devoir de la mère, la collectivité ne peut y suppléer. D’où les dégâts psychologiques incommensurables des enfants et de leurs mères amplement analysés par les auteurs des Parents au singulier.

        Finalement, c’est cette catégorie d’êtres humains nés sans ordre ni logique qui constitue, au sein de toute population, ce que nous avons appelé « la lie de l’humanité »[14]. Celle-ci ne parvient jamais à se suffire à elle-même, à devenir autonome et responsable. Elle dépend toujours de la générosité collective. Nous avons montré dans cet ouvrage comment la Rome antique, avide de soldats, avait fini par accorder un statut particulier aux prolétaires, c’est-à-dire la dernière classe de la société romaine (proletarius). C’est la classe des êtres humains qui n’étaient utiles que parce qu’ils étaient prolifiques, par les enfants qu’ils engendraient. L’élite romaine y puisait des bataillons de militaires pour gonfler les rangs de ses légions. « La lie de l’humanité », dans toute population et à travers le temps, l’histoire, apparaît comme une épine au pied du genre humain. Et elle pèse lourdement sur son possible progrès. Cette pesanteur est insoluble quelle que soit la civilisation.

      C’est même cette « lie de l’humanité », en raison de son « hubris » et/ou excès procréateur qui est la cause fondamentale de la surpopulation humaine. C’est sa contribution involontaire ou arbitraire à l’explosion démographique. Par exemple, le continent le plus riche en matière de ressources naturelles, mais paradoxalement le plus pauvre de la planète, l’Afrique, était jusque dans les années 2000 le plus faiblement peuplé, à savoir moins d’un milliard pour une superficie de plus de 30 millions de km2, soit les Etats-Unis, l’Europe moins la Russie, la Chine réunis. Mais le cap d’un milliard d’Africains vient d’être franchi selon les sources des Nations-Unies. Faut-il parler de bombe « démographique » ou de chance pour le développement économique, même si on constate une forte baisse de  fécondité de la femme  africaine ? Or, on sait bien que les hommes ont moins d’importance, moins de dignité du fait de l’excès des populations humaines. Un tel constat conduit nécessairement au sentiment de désamour, de l’inimitié, voire du rejet absolu des uns et des autres. L’Europe des Temps modernes avait réussi à résoudre ce problème par deux moyens : d’une part, avec la découverte de nouvelles terres immenses, puis les conquêtes, les colonisations de vastes zones en Amérique lui avait permis d’évacuer de ses terres une quantité considérable de gens ; d’autre part, les guerres récurrentes étaient des occasions d’éliminer le plus possible d’hommes.

      Aussi, la tolérance des hommes, les uns par rapport aux autres, n’est effective qu’en Temps de guerres : les rois et les princes ont besoin de soldats pour triompher de leurs ennemis respectifs. S’il en était autrement, on ne comprendrait pas que les Etats-Unis, puis l’Europe se défendent  tant de l’arrivée massive de migrants au point que, aux frontières de l’Europe et des Etats-Unis, c’est un flux continu de migrants (hommes, femmes et enfants) qui bravent tous les dangers pour accéder au sein de ce qu’ils rêvent comme le paradis sur terre[15] : les pays européens ou les Etats-Unis. En Europe comme aux Etats-Unis, un tel état de fait a conduit à l’émergence de partis politiques xénophobes dont l’essentiel de leurs programmes se résume en une seule expression : bouter les immigrés et les émigrants hors de leurs territoires. Cette démagogie de certaines élites politiques européennes contemporaines sonne comme un retour aux nationalismes du début du XXe siècle ; à la soi-disant pureté ethnique.  Et il y a des gens assez peu avisés pour les suivre et pour voter pour eux, oubliant qu’au fond, il s’agit simplement d’une recette pour accéder à des postes politiques, soit une sorte de sinécure qui permet à des individus de vivre aux dépens de l’argent des contribuables. C’est aussi et indirectement la préparation du terrain européen au retour vers des régimes politiques du type hitlérien ; exactement comme au début du XXe siècle, qu’on a déjà tendance à oublier (1910-1945). A ce sujet, le sens commun affirme avec raison, sans doute, que l’Europe n’a jamais fini avec « ses vieux démons ». Ou alors il faut croire que les régimes politiques du désordre, de la haine mutuelle, de l’humiliation de l’espèce humaine, des diverses formes de l’humanopathie (racisme !), de sa misérable condition d’existence dans des souffrances continues innommables excercent un atrait exquis sur la conscience de la « lie de l’humanité ». Ce serait, donc, le triomphe de l’hitlérisme sur la terre, qui meurt par période, mais renaît de ses propres cendres à d’autres périodes du devenir du genre humain. La cruauté humaine immanente prouve bien que c’est une difficulté du typ himalayen d’extraire le désir du désordre du cœur des êtres humains.

     Il est certain que, tôt ou tard, l’explosion démographique conduira l’humanité des impasses. En effet, il y a déjà plus de deux décennies, nous avions longuement abordé ce problème crucial de l’humanité dans un ouvrage qui aborde le fait humain sur la terre dans sa dimension universelle[16]. En nous appuyant sur l’étude réalisée par le couple Paul R. et Anne H. Ehrlich et bien d’autres travaux de géographes et de démographes, notre analyse a abouti au fait que l’espèce humaine, dans son expansion sur toute la surface de la terre agit et se comporte comme une espèce virale qui envahit tout et détruit tout sur son passage. Selon les auteurs précités « en quelque milliard d’années, aucun évènement géologique – ni le soulèvement de puissantes chaînes de montagnes, ni l’effondrement de continents entiers, ni la succession de périodes glacières – n’a représenté, pour la vie sur la terre, une menace comparable à celle du surpeuplement humain »[17]. Qu’on en juge par les quelques données suivantes : si on admet que les premiers êtres humains aient apparu au cours d’un passé qui se situerait autour de trois millions cinq cent mille ans, on estime qu’en 800 av. J-C., il y avait environ 50 millions d’individus sur toute notre planète. A l’époque de J-C, elle se situait entre 200 et 300 millions.

Genre humain, une triste figure de l’Oedipe de la Terre-Mère ?

     Mais  elle va  connaître  une augmentation  vertigineuse  en  quelques siècles en dépassant le nombre de 500 millions en 1650. Vers 1850, ce nombre doubla pour égaler le milliard. Vers 1930, on s’aperçoit que ce nombre a encore doublé : 2 milliards d’hommes sur terre. En effet, en 9 000 ou 10 000 années, il y a eu 6 ou 7 doublements de la population humaine sur notre planète. Ces doublements se firent d’abord lentement, soit un doublement environ tous les 1 500 ans. Puis, très vite le rythme s’est mis à s’accélérer à la vitesse grand V. Car celui qui fit passer la population humaine de 5 millions à un milliard ne prit que 200 ans ; et celui qui la fit atteindre les 2 milliards n’en prit que 80 ans. Si l’on s’en tient aux statistiques des démographes et les calculs obtenus à partir du taux actuel de croissance de la population humaine, on obtient des chiffres vertigineux. Ainsi, si ce système de croissance se maintient, dans mille ans, si l’espèce humaine existe encore, celle-ci dépasserait un milliard de milliard d’individus[18]. Dans ces conditions, la densité serait de 2 000 habitants au Km2 ; et les hommes se répandraient tant sur les terres émergées qu’immergées. Suivant ces calculs, dans quelques milliards d’années (si la vie humaine existe encore sur terre), la population humaine couvrirait tout l’univers visible et son diamètre s’allongerait à la vitesse de la lumière etc. La planète devrait compter entre 12 et 15 milliards environ d’habitants en 2050.  

       Autrefois, les rois et les princes, nous l’avons dit, avaient inventé les guerres pour faire baisser inconsciemment le nombre de la population humaine sur terre. Ainsi, et à titre de rappel, les pertes à la fois militaires et civiles de la Première Guerre Mondiale s’élèvent à plus de 40 millions : 20 millions de morts et 21millions de blessés. Le bilan de la Deuxième Guerre Mondiale est dramatique : entre 50 et 60 millions de morts. 30 millions d’Européens déplacés ; environ 45 millions de civils sont morts dans les combats[19]. La question cynique qu’on peut se poser est la suivante : si les hommes ne trouvent pas de moyens rationnels, éthiques, raisonnables pour réduire leur nombre sur la terre en temps de paix, qu’adviendra-t-il de celle-ci ? Il est impératif que les philosophes contemporains triomphent de la pesanteur du monde humain pour penser sérieusement aux solutions de ce problème.

B – L’ordre des valeurs et de la culture comme dépassement de l’ordre de la nature

Multicolored vector illustration. La fameuse transcendance du genre humain : tout envahir sur la terre par son nombre

       Si le cerveau humain se complait dans le jeu de sa duplication indéfinie par la procréation, ce qui n’a aucun sens extrinsèque, il a fait don à l’être humain de la culture et de ses émergences les plus éminentes, en l’occurrence, la conscience et sa superbe fille qu’est la raison. Grâce à celle-ci, l’individu devrait prendre acte que la loi de l’espèce et, au-delà, du  cerveau lui-même qui impose la nécessité de la duplication de soi-même, n’a aucun égard pour la finalité de sa vie, sa liberté affective – je ne puis dire que je suis libre si pendant la majeure partie de ma vie,  je  dois  être   soumis  au  seul  principe des devoirs à tous les  niveaux et,  surtout,  de l’assomption de ma responsabilité de père et de grand-père etc. – et de bonheur surtout. Sur ce point, il y a une indifférence manifeste de deux niveaux d’empire : celui du cerveau et celui de l’espèce. On le sait : de nos jours, les neurosciences ne cessent de découvrir que toutes les valeurs humaines, avant d’être culturelles, sont d’abord des productions du cerveau. En d’autres termes, rien de tout ce que l’être humain crée ou vénère n’échappe nullement au vaste monde du cerveau. Aussi, puisqu’il incline fortement, voire impose à l’individu de sacrifier les plaisirs de son existence pour lui permettre de se dupliquer, ce dernier peut tout aussi bien comprendre que son désir d’exister a autant, si ce n’est plus, d’importance que celui de procréer, c’est-à-dire de dupliquer son cerveau. Autrement, on reste toujours prisonnier de l’ordre de la nature au cours de cette brève et insignifiante existence qu’est la nôtre.

     Certes, c’est cette brièveté de l’existence humaine qui est aussi à l’origine de la rage de procréer entre 14 et 45 ans. Quand les procréateurs prétendent qu’ils aiment les enfants, en réalité, ils ne savent pas ce qu’ils disent. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’on aime les enfants en procréant par égoïsme et par intérêt quelconque. D’abord, par égoïsme : beaucoup de parents reconnaissent volontiers qu’ils ont fait des enfants pour eux-mêmes. C’est un acte irréfléchi ; du moins, il dérive de la croyance socioculturelle qui l’impose comme un accomplissement individuel. Autrement, sans enfants, on conçoit qu’un individu ne peut être heureux. Pire, il est absolument inachevé. Il est amputé de quelque chose de fondamental qui consiste à être père ou mère. Toutefois, la procréation, bien plus que son refus catégorique est le résultat d’un acte égoïste, voire d’une impulsion irréfléchie : « Je ne réfléchis pas, je ne pense pas, j’agis et je procrée, c’est tout ». Tel est le raisonnement, sur ce point, du commun des gens.

      Ensuite, la procréation est aussi une histoire d’intérêt. Dans l’un de ses ouvrages, un exemple donné par Erik Orsenna illustre le sens de nos analyses. Dans la rage de vaincre et les conflits insolubles que cela pose toujours, Palestiniens et Israéliens sont également engagés à se distancer sur le plan de la démographie. Interrogeant des Palestiniens sur la raison d’une si nombreuse progéniture par famille, ils lui répondent en chœur : « nous aimons les enfants. Alors nous en faisons beaucoup. Dans seize ou dix-sept générations, notre peuple aura doublé. »[20]. En réalité, l’auteur analyse les raisons de cet « amour » pour les enfants, ou plutôt l’intérêt qu’ils représentent pour le peuple palestinien de la manière suivante : « croissance démographique annuelle de 4,6 à 4,7 % pour ceux-ci (les Palestiniens), tandis que les colons juifs s’accroissent de 5,8 %. Record mondial, bravo les colons ! Reprenez-vous, les Palestiniens, vous vous faites distancer ! Quelle activité sexuelle en Terre Sainte ! Le climat chaud doit jouer son rôle. Et l’oisiveté, née du chômage. Et la recommandation expresse des religieux de se multiplier avant que de s’aimer. Mais le vrai motif de cette frénésie d’enfantement en Cisjordanie est ailleurs : on engendre pour envahir. On engendre pour résister tout en espérant envahir à son tour. La procréation est la continuation de la guerre par d’autres moyens. La préparation d’autres guerres ». (p. 249)

      Hormis ce contexte singulier propre à une zone du monde en guerre perpétuelle pour l’espace, pour l’eau, pour la domination où l’on se sert de la progéniture comme arme ou comme moyen de triomphe, d’un côté comme de l’autre, les enfants sont les fruits de l’intérêt des parents pour les raisons suivantes : d’abord, dans les pays du Nord, on attend des enfants qu’ils prennent soin de leurs parents quand l’heure du grand âge sonne. A cet âge et en raison de l’indifférence des uns et des autres, on risque fort de pâtir de traitements indignes, parfois inhumains quand on se retrouve dans les « mouroirs » institutionnels. En effet, la vigilance des enfants qui prennent soin de leurs parents âgés et placés en institution oblige le personnel à mieux les traiter, à leur prêter plus d’attention. Cependant, même si on procrée pour avoir l’assurance d’une prise en charge par ses enfants, il advient que ceux-ci n’assument pas toujours cette mission. En effet, les uns et les autres ont leur vie et des problèmes quotidiens à gérer. En outre, l’espace des appartements ne permet pas toujours d’accueillir un parent âgé ou malade. Il y a comme une inadéquation entre ses attentes, ses besoins et les exigences des enfants. Parfois, le spectacle de leurs parents dans l’état de vieillesse extrême ou de pathologies trop invalidantes peut heurter leur sensibilité, leur affectivité même. Comment aimer encore cet être qui n’a presque plus rien d’humain ? Ce corps en état de déchéance avancée ?

      Ensuite, dans les pays où l’on considère que les enfants sont une richesse, il s’agit bien également d’un intérêt selon l’usage qu’on en fait au niveau du travail. Ce peut être le travail des champs, l’aide à la vente de produits commerciaux, ce peut être aussi le travail salarié dans les usines en Inde, au Pakistan, au Bengladesh, en Chine même. Par leur modeste contribution financière, ces enfants esclaves des temps contemporains soulagent les peines et les charges énormes de leurs parents au quotidien, dès lors qu’ils doivent subvenir aux besoins des membres de leur famille et pouvoir se nourrir eux-mêmes.

      Donc, transcender l’ordre de la nature, c’est refuser les deux genres de soumission. Ce n’est plus un égoïsme de préférer sa liberté aux devoirs de responsabilité parentaux. Mieux, c’est s’arracher à la pensée de et à soi-même en prenant en compte, par grandeur d’esprit, de conscience, le devenir de toute l’humanité. En d’autres termes, en agissant ainsi, on prend soin du confort d’autrui, de la possibilité de son futur et du bien-être des générations humaines de demain. Tel est aussi le sens de la thèse de Michel Onfray sur la question des enfants : en avoir ou pas. Selon lui, « seul le célibataire aimant supérieurement les enfants voit plus loin que le bout de son nez et mesure les conséquences à infliger la peine de vie à un non-être. Est-elle si extraordinaire, joyeuse, heureuse, ludique, désirable, facile la vie qu’on en fasse cadeau à des petits d’homme ? »[21]


[1] On peut avoir une idée de ce qui arriverait à notre espère humaine, certainement avant la fin de ce millénaire, dans un petit ouvrage, écrit sous l’inspiration d’un songe. IN Pierre Bamony : L’HORRIQUE DU GENRE H. – Jugement dernier et extermination de l’espèce humaine (Éditions du Net, Paris septembre 2023)

[2] (Sous la direction d’Alain Rey) Dictionnaire historique de la langue française (Paris, 1998)

[3] Pourquoi l’amour est un plaisir ? (Hachette sciences, Paris 1999)

[4] L’agression – Une histoire naturelle du mal Trad. Vilma Fritsch (Flammarion, Paris 1969)

[5] Le Monde comme volonté et comme représentation Chapitre XLIV – « Métaphysique de l’Amour » Trad. A. Burdeau (PUF coll « Quadrige », Paris, 2003)

[6] L’interprétation des rêves Trad. I. Meyerson (PUB, Paris 1973, p. 224)

[7] Pierre Bamony : Le génie du cerveau humain et ses merveilles. Tome I De l’anthropologie quantique comme ultime survie de l’homme Tome II : Anthropologie quantique et technoscience (L’Harmattan, Paris 2015)

[8] Telle est la thèse du Professeur Jean-Didier Vincent, ex-directeur de l’unité de neurobiologie des comportements à l’INSERM. Dans son ouvrage, Biologie des passions (O. Jacob, Paris 1986, p.p. 77 à 80), il montre qu’en fait, selon les expériences sur le cerveau animal en laboratoire, grâce à un substrat chimique, on peut provoquer le désir sexuel. Il suffit d’injecter une substance chimique, la lulibérine, dans une zone de l’hypothalamus du rat pour provoquer tous les comportements sexuels de cet animal « depuis les travaux d’approche jusqu’à la consommation de l’acte ». Mieux, il ajoute que des « dosages ont montré que l’explosion finale du coït s’accompagnait d’une libération massive d’endorphine ». Cette dernière substance est, en fait, sécrétée par l’organisme lui-même en cas de besoin. Une telle expérience prouve, en effet, que les peptides agissent directement sur les cellules nerveuses de l’hypothalamus. Ils sont la cause effective « de la satiété sexuelle ».

[9] Le sacre du vivant Essai post-darwinien sur l’essence de la vie et son évolution (Ed. Le Temps Présent, Coll. « Science conscience » Agnières 2014, p. 14)

[10] In « Historia » – Janvier 2009 – N° 745. « Esclavage – Deux mille ans de mensonges »

[11] La Malédiction d’Adam – Un futur sans hommes – (A. Michel, Paris 2004)

[12] Parents au singulier – Monoparentalités : Echec ou Défi ? (Autrement, Séries Mutations – N° 134 – Janvier 1993)

[13] In « Lyon-Plus »- 29 Juin 2011

[14] In Pierre Bamony, Pourquoi l’Afrique si riche est pourtant si pauvre ? – (Tome 1) La Malédiction du pouvoir politique-Quel  espoir des peuples de demain ?- (Edit. Manuscrit, Paris, 2011)

[15] Pierre Bamony, « Les naufragés contemporains de l’émigration internationale : attrait du miroir occidental, illusions, désillusions et désespoir » (Esprit Critique, Revue internationale de sciences sociales, Printemps, 2004, Vol. 06, No.02)

[16] Pierre Asso-Amien Bamony : To-Esklaton – le triangle de la mort. (Thot collect. « Faits de société », Grenoble 2000 – sixième partie : les limites inavouées de l’homme) p. 558

[17] In Population, Ressources, environnement, problèmes d’écologie humaine (Fayard, Paris 1972, p.1)

[18] Précisons que le calcul de ces données démographiques ne prend pas en compte le facteur aléatoire qui peut faire intervenir des catastrophes gigantesques de nature à porter des dégâts considérables chez les hommes. Ce peut être aussi une épidémie virale à l’échelle mondiale. Nous pouvons dire que l’espèce humaine n’est pas à l’abri d’une catastrophe humanitaire, ni d’un désastre, ni d’un effondrement, ni d’une fin possible qui mettrait fin à cette expansion exponentielle.

[19] Bernstein Serge, Milza Pierre (dir.) : Histoire du XXe siècle Vol. 1 : 1900-1945, la fin du « monde européen ». (Hatier, Paris 1996). Vol. 2 1945-1973, le monde entre guerre et paix (Hatier, Paris 1998)

[20] L’avenir de l’eau – Petits précis de mondialisation (Fayard, Paris 2008, p. 248)

[21] La puissance d’exister – Manifeste édoniste – (Grasset, Paris 2006, p. 134)

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