L’insoutenable précarité du bonheur humain dans la philosophie d’Arthur Schopenhauer

Le Monde comme volonté et comme représentation

 

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I- Introduction et définition du terme de bonheur

 

 

     Si l’on s’attache à l’étymologie du mot, on s’aperçoit très vite que le bonheur est lié au hasard, à la chance. Bonheur signifie, en effet, « bon heur », dérivé du latin augurium, qui signifie « augure », « chance ». Le bonheur, comme le malheur est alors quelque chose qui arrive, qui nous échoit, sans qu’on s’y attende. Mais il est, du même coup, précaire, et échappe à toute tentative de maîtrise. En effet, il ne suffit pas de déclarer « je veux être heureux » pour l’être effectivement. Il y a quelque chose dans la nature qu’on pourrait assimiler à ce que Leibniz appelle « le mal métaphysique »[1]. Celui-ci tient à l’imperfection du monde comme l’incompatibilité des choses ou de leurs états qui ouvrent la voie à toutes les possibilités du meilleur et du pire. Certes, dans la tradition philosophique, le bonheur suggère l’idée d’un bien. Mais de quelle nature est ce bien ? Le bonheur est-il le bien suprême ? Comment cela est-il possible puisque le bonheur est parfois frivole ? Arrivons-nous jamais à être heureux ?

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