La suprématie des forces de l’esprit ou science mentalique sur la puissance physique ou militaire

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 Les forces de l’esprit ou science neuronique dans la Fondation

       Isaac Asimov : Terre et Fondation Tome V

I- Les raisons apparentes d’un exil

         Le quatrième volume du cycle de Fondation d’Isaac Asimov s’intitule Fondation foudroyée. Au regard de l’hyper puissance physique de la Première Fondation et des forces inouïes de la psycho histoire de la Seconde, on pourrait s’attendre à une espèce de cataclysmes intergalactiques. Or, l’auteur nous conduit à une toute autre fin ; plus subtile, plus pacifique et plus inattendue. En effet, les deux Fondations avaient atteint des sommets dans leurs sciences et leurs forces respectives. Et puisque ni l’une ni l’autre ne désirait être souveraine chez soi et assumer l’égalité dans la vaste Galaxie, les deux Fondations se sont engagées dans la domination suprême de l’une sur l’autre ; pire, dans la destruction de l’une ou de l’autre afin qu’une seule puisse assurer le règne du Empire galactique.

   Le quatrième volume s’ouvre sur un conflit doctrinal entre le jeune et intuitif conseiller, Golan Trevize, et Madame le maire Harlan Branno. De quoi s’agit-il ? Golan Trevize ne peut concevoir que le plan Hari Seldon conçu depuis le début de l’histoire galactique, c’est-à-dire soit précisément depuis le début de l’expansion de l’espèce humaine dans toute la Galaxie, soit encore en mesure, après tant de siècles, d’être aussi précis dans la prévision du déroulement des événements humains. Après chaque apparition de ce grand savant sous forme d’hologramme, il est toujours en mesure de révéler comment les choses se passeraient dans l’ensemble au cours des temps à venir ; voire d’en apporter des corrections, s’il y a lieu, de telle sorte que le cours de la psycho histoire ne soit pas déviant. C’est pourquoi, les membres de la Première Fondation, instruits dans la science du Plan Seldon travaillent dans le sens des corrections de celui-ci, de sorte qu’ils suivent toujours la logique de son cours. C’est cette logique si précise dans la prévision ou la prédiction des événements futurs proches et lointains qui pose un réel problème à la raison de Trevize. Selon lui, ou bien il y a une manipulation des données de ce Plan, ou bien il est trop parfait. Ainsi, les Premiers Fondateurs, ayant voué un culte à la véridicité de ce plan, en sont venus à le considérer comme un dogme, une doctrine quasi religieuse par rapport à laquelle on ne transige pas. Or, Madame le maire Branno étant elle-même dans une telle posture mentale, ne peut souffrir les doutes de ce jeune conseiller intrépide, bouillant et quelque peu arrogant en raison de son don d’intuition qui, dans un raisonnement, une analyse lui permet de parvenir très rapidement à des conclusions exactes, précises, voire irréfutables.

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