RÉFLEXIONS SUR L’ACTION POLITIQUE ET LA VIOLENCE

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Répression d’un mouvement populaire. La violence de l’Etat est-elle toujours légitime ?

Introduction

    La violence est aujourd’hui partout dans le monde et, particulièrement, dans le monde dit civilisé. Mais si, de notre temps, elle atteint parfois le paroxysme de l’horreur, elle est un fait permanent parce qu’elle procède du fonds de la nature humaine : c’est la « bête humaine immonde » qui trouve à se manifester, jusque dans la société civile, lieu de l’existence politique.

   La montée de la barbarie correspond à une violence polymorphe qui peut être physique ou psychologique et qui peut connaître tous les degrés en allant du simple délit au génocide. Mais ce phénomène social qui s’étend de l’agressivité, de la torture et de la criminalité au terrorisme, à la révolution, aux guerres exterminatrices … ne peut pas être traité globalement. La phénoménologie de la violence discerne en elle non seulement des degrés, mais des catégories irréductibles.

   Il en résulte que le phénomène de la violence entretient, à des niveaux nettement différenciés, des rapports étroits avec la sphère politique : soit que la violence naturelle soit antérieure à l’institution politique ; soit qu’elle trouve place en elle ; soit, enfin, qu’elle se manifeste contre l’ordre politique.

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De la décadence comme fatalité inhérente à l’essence même des phénomènes

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L’Humanité peut-elle échapper à une forme de décadence ?

I- Etudes théoriques : émergence et mort des peuples et des mondes

Introduction

     La décadence est une notion confuse, d’un point de vue philosophique, qui mêle le psychologique et l’historique ; elle est à fois descriptive et normative, et comporte une forte dimension axiologique : il y a toujours quelque chose comme un verdict dans le diagnostic de décadence. Cette notion se revendique traditionnellement comme un concept opératoire dans l’historiographie. Dans cette perspective, elle doit être distinguée de la déchéance, qui renvoie à l’histoire personnelle d’un sujet, de la dégénérescence, qui relève d’une corruption d’une pureté raciale – si ce mot race a un sens s’agissant des descendants d’Homo sapiens -, et du déclin, qui se mesure, et qui est de l’ordre du constat plutôt que du diagnostic. Corrélativement, elle doit être articulée à deux concepts clés : celui d’origine, d’une part, comme point de référence et commencement absolu, et celui de progrès dont la décadence est comme l’envers, d’autre part.
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