La responsabilité

 

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Symbole de l’incandescence de la pensée humaine

La dissertation de Philosophie de Margot Chambolle-Pacaud

Concours d’entrée à l’ENS – Ulm, Session du 19-04-2018

Sujet : La responsabilité

     Le personnage de Don Juan, dans la pièce éponyme de Molière, peut être pris comme un exemple du libertin par excellence : non seulement il épouse toutes les mains, mais il fuit aussi toutes ses responsabilités, négligeant le déshonneur dans lequel il se jette, sa famille et ses femmes avec lui. Cependant, il comprend qu’il lui faut sauver les apparences s’il veut continuer à mener sa vie de débouche, et prend le parti de se faire faux-dévot afin de se réconcilier avec son père, mais aussi d’obtenir un rang et un rôle reconnu par la société. Malgré cela, les fautes de Don Juan le rattrapent et il est obligé de faire face à cette responsabilité lors du festin de pierre avec le commandeur, et de refuser de les assumer pleinement.
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De la tolérance à la vertu affirmative du respect d’autrui en Philosophie

Introduction : Une inversion des valeurs ?

   Le Philosophe mathématicien et logicien, Ludwig Josef Wittgenstein, dans son ouvrage, Tractatus logico-philosophicus, affirme que « La philosophie a pour but de rendre claires et de délimiter rigoureusement les pensées qui autrement, pour ainsi dire, sont troubles et floues » (Tel Gallimard, Paris 2001). En partant de ce principe, commençons par préciser le sens des concepts en jeu dans cette analyse. D’abord, selon Le Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré, le terme « tolérance » dérive du latin « tolerare » signifiant supporter. De ce mot dérive « tolerantia », signifiant l’endurance, la patience, la résignation. Dès lors, et de façon ordinaire, on entend par tolérance l’action de supporter ou de ne pas interdire ce que l’on désapprouve chez autrui. En d’autres termes, on admet chez autrui une manière d’être ou de penser différente de la sienne. On peut aller même jusqu’à admettre la singularité de la liberté d’autrui. Or, par essence et par définition, toute liberté humaine est différente. Il ne peut en être autrement puisque chacun de nous un prototype génétique de l’Humanité, une unicité différente de tout autre, une singularité irréductible à aucune autre ; donc une manière authentique de s’approprier le sens de la liberté, de vivre sa liberté.
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De l’inhumain ou du monstre ordinaire dans notre être méconnu

Introduction : le mal ordinaire

** FILE ** An undated photo obtained by the Washington Post and released Thursday, May 6, 2004, shows a soldier, identifed as Army Reserve Pfc. Lynndie England, of the 372nd Military Police Company, holding a leash connected to a naked detainee at the Abu Ghraib prison in Baghdad. England, 21, was charged Friday, MAY 7, 2004, by the military with assaulting the detainees and conspiring to mistreat them. She faces four allegations, according to a statement from the XVIII Airborne Corps at Fort Bragg. (AP Photo/The Washington Post, File) ** MANDATORY CREDIT TO THE WASHINGTON POST, INTERNET OUT, WASHINGTON TIMES OUT, NEW YORK TIMES OUT, USA TODAY OUT, NO SALES **/PRISONER_ABUSE_ENGLAND_DCWAP201/MANDATORY CREDIT TO THE WASHINGTON POST, INTERNET OUT, WASHINGTON TIMES OUT, NEW YORK TIMES OUT, USA TODAY OUT, NO SALES/0405080208

Torture-humiliations, les photos qui ont révèlel’horreur d’Abou-Ghraib (Irak)

 

      D’où vient que l’espèce humaine aime tant à faire le mal à soi-même, à autrui et aux autres espèces vivantes comme le prouve l’exemple de Denis le tyran ? En effet, selon la légende qui nous est parvenue, Denys de Syracuse était un homme cruel et sans scrupule. Il aimait écouter, depuis sa belle demeure, les clameurs des prisonniers qu’il retenait dans ses caves. Il avait fait fabriquer un tube, long de plus d’une soixantaine de mètres, qui lui permettait d’espionner les cris de ses victimes. En collant son oreille à ce trou diabolique, les sons pouvaient lui parvenir amplifiés jusqu’à soixante fois. Ainsi, tous les projets d’évasion de ses prisonniers étaient éventés. Et il éprouvait une jouissance infinie de voir ses semblables dans cet état d’impuissance et de souffrances abominables. C’est pourquoi, l’inhumain a quelque chose à voir avec le terme de cruauté. Celui-ci dérive du latin crudelitas, qui signifie méchanceté, insensibilité, voire férocité de l’esprit. La cruauté, comme l’inhumanité, désigne tout acte qui génère de la douleur et de la souffrance chez autrui ou même chez un animal. En ce sens, la cruauté peut être commise par tout un chacun et à n’importe quel âge, y compris par des enfants dès lors qu’un tel acte peut nuire à toute créature douée de sensibilité. Lire la suite

De l’Amour comme enchantement du Verbe et de ses illusions

Introduction au désir de comprendre les faits humains, objet de ce site Internet

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    Dans l’approche et le désir de comprendre les phénomènes humains, on peut admettre deux perspectives qui sont en même temps deux niveaux de la connaissance.
D’une part, il y a ce qu’il est convenu d’appeler la vulgarisation ou le sens commun de la culture. Cette culture commune, mis à part tout jugement de valeur, est ce que nous avons tous, et d’emblée, en partage en raison de notre longue période de vie passée dans l’enfance. Nous nous mouvons donc dans des idées répandues par et à travers les sociétés et leur niveau culturel ; et même à travers les individus et les différentes occurrences que chacun de nous peut connaître au cours de sa vie depuis l’école primaire en passant par le collège, le lycée jusqu’à l’université. Et si nous n’avons pas assez de force pour nous libérer de la tutelle ou de l’influence de nos formateurs, ces préjugés dominent notre conscience, en s’y installant comme à demeure. Pire, ils nous font voir autrui à travers leurs prismes déformants que nous considérons comme nos propres pensées, alors qu’il n’en est rien. Nous saisissons au vol ces données de la vie courante, nous nous en approprions sans nous interroger sur la validité, la justesse, la solidité de ces idées communes.
C’est en raison du caractère commun et imprécis de ces savoirs que Descartes a entrepris, dans son Discours de la méthode, de les révoquer en doute pour aller chercher ce qui le constitue lui en tant que personne humaine singulière, authentique, et non pas le simple produit d’une culture, d’une famille, d’un milieu social etc. Etre cartésien consiste aussi à effectuer individuellement une telle démarche pour prendre possession de soi, comme lui-même l’a fait avec élégance. C’est aussi au sujet de cette culture commune aliénante et non fondée que Spinoza parle de connaissances « par-ouï-dire » (Ethique). En effet, les connaissances du premier genre correspondent à la perception sensible dont chacun de nous fait l’expérience au cours de sa vie (je vois, j’entends, je ressens), aux opinions courantes ou connaissances acquises par « ouï-dire », comme le reconnaît Spinoza. C’est le domaine de l’expérience sensible et irréfléchie. Ces connaissances sont partielles et douteuses car nos sens nous trompent souvent, les opinions sont diverses et contradictoires, et l’expérience de la vie est relative à chacun de nous.
D’ailleurs, avant Spinoza, Platon avait montré, dans son Protagoras, le caractère inconsistant des savoirs sensibles et l’erreur des Sophistes, qu’il a dénoncée avec vigueur, consiste à se fonder sur une telle expérience commune pour affirmer que « L’homme est la mesure de toute chose ». La vérité est donc relative à la perception de chaque individu ; et ceci de manière irréfutable. Ainsi, en matière de nourriture, ce qui est bon pour moi peut être amer pour toi. Lire la suite

Une théorie de philosophie prospective de la fin de la vie humaine sur la terre

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La FIN possible de l’Humanité sur notre commune Terre

Introduction

   Dans l’absolu, à l’instar de Jésus Christ, qui a refusé de se prononcer clairement sur le moment précis de la fin des temps, laissant à Dieu seul le soin de décider de l’ultime fin du Monde, entendu à la fois comme manifestation des phénomènes physiques et comme réalités humaines, nul être humain n’est en mesure de la connaître aussi. Tel est le sens de ses paroles : « Quant à la date de ce jour, et à l’heure (la fin du monde), personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père seul » (La Bible de Jérusalem, Mt 24, 36).

       Nous savons qu’en raison des bornes de notre raison, fille superbe de notre conscience, qui est elle-même un hublot ridicule de notre cerveau sur le monde, aucun être humain, quelles que soient l’ampleur et la profondeur de son génie, n’est pas capable de savoir avec exactitude ce qu’est la Fin ultime ni ce qu’est le commencement absolu. Etant nous-mêmes, descendants de l’Homo Sapiens, fruits de l’expansion de l’univers il y a, dit-on aujourd’hui, 13 milliards 700 millions d’années, nous les derniers venus de cette Histoire universelle, nous sommes comme situés au milieu du gué.

Cependant, même si nous savons, par ailleurs, que notre intelligence est essentiellement réactive par rapport aux accidents que notre action ou notre volonté cause à la Nature, ou aux uns et aux autres, nous sommes seulement en mesure de penser les phénomènes. Et nos analyses concernant le destin des descendants d’Homo sapiens – pourquoi pas ? – peuvent s’inscrire dans le sens fondamental d’une philosophie prospective, non pas dans le sens des experts en économie qui prétendent révéler la réalité sur les futurs mouvements des marchés financiers. Il s’agit plutôt une contemplation pure des possibilités d’une temporalité grosse de demain en germe en elle suivant le destin que l’orgueilleuse Humanité inflige à tout ce qui est de façon inexorable. Tel est exactement le sens de ces deux extraits de livres.

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Qu’est-ce que Le mal ?

« Vendredi 13 novembre, 21h 20, LA TERREUR A PARIS »

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« Au Bataclan, « du sang partout, des cadavres»

Au moins 80 personnes ont été tuées dans cette salle de spectacle du 11e arrondissement de la capital.

Dans les premières secondes, les spectateurs croient à une pétarade accidentelle. « J’ai pensé qu’une enceinte avait explosé, puis les lumières se sont allumées. Les tireurs que j’ai vus avaient le visage dissimulé par des capuches et des écharpes », raconte Benoît. Il se trouvait près d’une des sorties de la salle et a réussi à s’échapper avec son amie.

A l’intérieur, la panique gagne la foule. Les gens se jettent au sol. « J’étais allongé dans la fosse, la fille à côté de moi est morte. Ils ont beaucoup tiré…

A l’intérieur de la salle de spectacle, les otages vivent un cauchemar. Les assaillants ont achevé les blessés au sol. « J’avais un morceau de chair sur moi, il y avait du sang partout, des cadavres », raconte un jeune homme, l’air hagard, des traces de sang séché sur son pantalon beige. Il fixe le parquet du bar dans lequel il s’est réfugié. Il assistait au concert avec son père, mais ignore à présent où se trouve ce dernier. « Peut-être avec les pompiers, peut-être mort ». Quand la fusillade commence, père et fils sont dans la fosse, près des barrières, à quelques mètres de la scène. Certains de leurs voisins tombent sous les balles. Tous sont à terre, les membres paralysés par la peur, corps contre corps, vivants contre morts … Dans les poches, les téléphones vibrent. L’attente dure presque deux heures, jusqu’à l’assaut{…}.

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Une brève définition de l’anthropologie

 

L’Homme comme thème central de la science anthropologique : Philosophie et Anthropologie

     L’anthropologie est une théorie générale : d’un point de vue philosophique, c’est l’étude générale de l’Homme en tant que totalité profonde, holistique même ; d’un point de vue scientifique, elle comprend un ensemble de disciplines scientifiques qui étudient les êtres humains sous leurs multiples dimensions, en l’occurrence, physiques comme l’anatomie, la morphologie, la physiologie etc., culturelles tels que les rites religieux et funéraires, les actes liés au mariage, les initiations des individus à leur vie d’adultes ; voire les arts, la parenté, l’habitat, les représentations ou visions du monde, du temps et de l’espace etc.

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