Violences conjugales et problèmes existentiels : la vie humaine pas n’est une sinécure

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Introduction

 

   D’un point de vue de La Bible, notamment le Premier livre de la Genèse, le monde est l’œuvre créatrice de Dieu. Et il a créé l’homme et la femme suivant l’idée d’une égalité puisqu’il est écrit « Homme et Femme il les créa ». Il les enjoint de se multiplier et de remplir la terre, avec intelligence et liberté, comme une « seule chair », c’est-à-dire, comme une communion et une totalité.

      Malheureusement, une autre version de l’Ancien Testament pose que Dieu, après avoir créé toutes choses, crée Adam. Se rendant que, seul, ce dernier est malheureux, malgré son statut de roi de la création, Dieu plonge ce dernier dans un sommeil profond. Il prend l’une de ses côtes et de celle-ci il crée Eve. C’est Eve quittera ses parents pour son mari auquel elle sera soumise et qui dominera sur elle (voir texte biblique). C’est cette dernière version que la tradition judéo-chrétienne et musulmane retiendra comme un fait institué par Dieu lui-même. Et c’est qui explique, depuis le IVe siècle après J-C, la domination sans partage, du masculin sur le féminin ; et l’une des figures ou des causes des violences faites aux femmes.

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De l’impossibilité du bonheur humain et du « réalisme » philosophique

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Introduction 

   Le bonheur, de par sa définition étymologique même, est un leurre. En effet, si l’on s’attache à son étymologie, on s’aperçoit qu’il est lié au hasard, à la chance. Bonheur, sous cet angle, signifie « bon heur » du latin bonum augurum ou quelque chose qui annonce ou présage un événement favorable. Le bonheur, même si on consent à le définir comme un état de satisfaction suprême, qui dépasse le plaisir résultant de la simple possession des objets désirés, il est ce qui nous advient, ce qui nous échoit. Et quand bien même il est indépendant de mon désir, de ma volonté, il n’en demeure pas moins qu’il se présente comme une fin universelle. En effet, le bonheur est recherché par tout le monde car tous les hommes, sans exception, désirent être heureux. Mais peut-on jamais être heureux au regard des scories de la vie qui troublent continûment notre existence, notre sérénité ? En ce sens, tout indique, au fond, que c’est l’homme lui-même qui est inaccessible au bonheur. Certes, toute circonstance de la vie donnerait à chacun une chance de bonheur, à condition d’en être, hic et nunc, conscient et de savoir l’accueillir et le vivre pleinement.

    Une autre difficulté aporétique de cette notion réside dans le fait de lui donner un contenu spécifique. Car le bonheur, en fonction du mode d’être de chacun de nous, véhicule des représentations différentes, des choix divers et variés comme si chacun avait le sien et que les formes de bonheur des autres ne s’accorderaient pas avec le nôtre : son sens est relatif aux modes de vie et même aux préférences sexuelles. En outre, parfois, au moment précis où il nous est donné de connaître une figure de bonheur, nous n’en sommes pas nécessairement conscients et nous ne sommes capables de reconnaître notre bonheur qu’après coup. Mon bonheur, dans ce cas de figure, apparaît comme une idée fugace, parfois frivole, donc insaisissable. D’où une forme de frustration existentielle. Au fond, le bonheur figure parmi ces notions absurdes que l’espèce humaine a inventées pour s’infliger une souffrance métaphysique dès lors qu’il s’agit de quelque chose de réellement impossible comme le prouvent les propos acerbes de ces passages de l’un des livres de Martin Winckler.

I- Le désastre de la vie humaine et sa souffrance rédhibitoire

« Dans un vieux cahier

     La vie à deux, le plus souvent, ce n’est pas une vie de couple, mais une vie de coups, une vie de cons. J’ai vu tant de couples mal assortis, à la fois haineux et complaisants, pour lesquels le seul enjeu était le pouvoir – imposer la couleur du canapé et le carrelage de la salle de bains, choisir le nom des enfants et la façon de les habille, refuser le plaisir au nom du devoir ; voler des plaisirs au nom de la liberté individuelle, rejeter le désir de l’autre pour justifier ses propres frustrations, le laisser baiser à droite et à gauche pour ensuite, avec magnanimité et compréhension, mieux l’enchaîner en lui pardonnant.

   Dans la mythologie commune, vivre en couple, se marier, avoir des enfants, c’est « créer la vraie famille dont on a rêvé et qu’on n’a jamais eue ». En réalité, c’est surtout reproduire la mauvaise famille dont on est issu, restaurer en plus caricatural la foutue famille sur laquelle on a craché jadis, donner un semblant de légitimité à une association équivoque, de circonstance ou de convenance.

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Nietzsche et Lou ou l’amour et la haine

Nietzsche et Lou ou l’amour et la haine

Extraits In (Recherches en cours de rédaction) ….

C- Les entraves à l’amour de Nietzsche et de Lou

       On peut souligner trois raisons essentielles qui semblent avoir constitué les obstacles majeurs à l’union de Lou et Nietzsche. D’abord, la traitrise et la malhonnêteté de son ami et frère d’esprit Paul Rée. D’une part, avant sa rencontre avec Lou Andréas-Salomé, ce dernier était très inquiet de l’état de solitude de Nietzsche ; et désirait, comme je l’ai montré ci-dessus, absolument, avec Malwida Meysenbug, lui trouver une compagne qui apporterait affectivité, assistance et présence réconfortante. En outre, depuis qu’il tomba sous les charmes envoûtants de Lou, il se montra lâche en n’osant pas avouer à son ami et frère d’esprit son propre amour pour celle-ci. Et dans leur expérience amicale à trois, il tira davantage profit de Lou que Nietzsche. En effet, il dut la voir plus souvent que lui. Ensuite, par pure jalousie et par bassesse d’âme, il se pourrait fort bien qu’il ait pu informer Lou que Nietzsche n’était pas aussi abstinent que sa sœur Elisabeth le croyait ou en répandait le bruit. En effet, elle racontait un peu partout que son frère avait quelque chose du Surhomme. En réalité, Nietzsche n’était ni un « saint homme », ni un extraterrestre. Sur le plan de sa vie sexuelle, Paul Rée semblait mieux le connaître que la  sœur de ce dernier. En effet, il était complice de la vie et/ou de l’activité sexuelle cachée de Nietzsche. Dans la discrétion la plus totale, Paul Rée organisait la visite d’une femme du peuple dans un hôtel à l’intention de  Nietzsche. Et il dû révéler à Lou le fait que Nietzsche souffrirait d’une infection syphilitique. Dès lors, avec un tel fardeau, même si Lou avait été séduite par Nietzsche, elle n’aurait pas osé courir un si grand risque pour sa vie et sa santé.

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